La Voix De Sidi Bel Abbes

ZOUAOUI MOHAMED  » Mustapha le Noir » : Le Belabbésien qui a tourné en dérision toutes les polices de France

Alors qu’un établissement du cycle du moyen a été officiellement baptisé au nom de Zouaoui Mohamed, grand militant de la cause nationale, qui restera gravé dans la mémoire des Bel Abbésiens qui ont eu le privilège de le connaître, de la côtoyer et d’apprécier ses immenses qualités de bravoure, de résistance et d’actes révolutionnaires, et a un moment ou encore dans l’hexagone, les enjeux électoraux font encore ignoble recette au niveau des extrémistes, nos confrères alleux, parents des premières générations, installés en Europe, en particulier en France, ont eux aussi contribuer à l’indépendance du pays. Un devoir de mémoire s’impose ce jour. Il s’agit de celui qui a tourné en dérision toutes les polices de France, indique notre source. En l’occurrence Zouaoui Mohamed, dit Mustapha le Noir, que certainement nos enfants, ou même certains adultes ne le connaissent pas, ou peut être, ont entendu parler de lui. Qui est t-il.

Il est issu d’une famille honorable, il était fier de porter le flambeau de sa génération. Il grandit et vécut son adolescence au faubourg Bugeaud « Graba » devenu « Emir Abdelkader » dans une imposante demeure, située rue de la mosquée et c’est dans son fief populaire qu’il fréquentait ses semblables qui ont connu également au fil du temps, la célébrité tels HASSANI Abdelkader, les Frères AZZA, BENALI, ALLAL, TALEB, ABDEDDAÏM, LALOUT, ISSAD, MAMI, TABET DERRAZ, DRIDER, BORSALI, SAÏM, BENAOUM, BENKAOU et bien

D’autres qui furent ses compagnons dans ses études primaires et secondaires et dans les relations militantes.

Se sentant capable de voler de ses propres ailes, bien que son père fût propriétaire terrier très aisé, il prit la décision de quitter sa ville natale pour s’installer en France, afin de poursuivre l’enseignement supérieur. C’est à Paris qu’il retrouvera les nationalistes Bel-Abbésiens exilés en à l’époque, les frères BENAOUDA, ABDEDDAÏM et BOUAÏT Ali « Marabout »

Au moment où la guerre d’Algérie battait son plein, une pléiade d’intellectuels algériens, bien intégrés dans les milieux universitaires, en patriotes convaincus, ont fait preuve de courage pour se lancer dans un combat libérateur dont l’issu nécessitait beaucoup de sacrifices. C’est dans cette capitale qui grouillant de Nord-Africains et particulièrement d’Algériens, que la flamme grandissait dans l’esprit de ZOUAOUI pour tisser des réseaux qui ont abouti à la naissance de la fédération FLN de France. L’amitié se resserrait davantage et les difficultés se multiplièrent, mais le mouvement nationaliste avait gagné toutes les régions de l’hexagone. S’il est inutile de signaler toutes les entraves et les vicissitudes encourues par le regretté ZOUAOUI dans son itinéraire révolutionnaire, dans une ville fortement encadrée par des forces de police aguerries et expérimentées, il convient de souligner que lors de l’arrestation de celui qu’on surnommait « Mustapha le Noir », toute la presse dans sa diversité aussi bien en France qu’en Algérie, avait consacré des pages à la Une, pour relater les exploits de cet être doté d’une intelligence et d’un savoir faire exceptionnels. Comme tous les responsables éveillés de sa génération, devenus des cibles  privilégiées, il fut emprisonné, puis relâché durant la période transitoire de cessez-le-feu, indique Mr Mustapha Hassani, frère du Dr Aek Hassani.

Son domicile parental a été le cadre d’une rencontre entre les représentants militaires du FLN et des Officiers français pour conclure la paix définitive des deux communautés. Après l’indépendance, il était député à la première Assemblée Constituante aux côtés de feu TAYEBI Larbi et d’autres ténors de la révolution et c’est lui qui a donné plus d’ardeur, pour contribuer à l’avènement d’une jeune nation tournée vers le progrès et la construction.

Après son mandat, et fier d’avoir accompli son devoir national, il se retrancha sur les bords de la Mekerra, pour s’occuper de sa cellule familiale. Atteint d’une maladie incurable, il demeura chez lui au milieu de ses deux garçons et ses deux filles, pour résister dans la discrétion à la douleur, et c’est dans la nuit du 3 Octobre 2000 que le prestigieux et inoubliable ZOUAOUI, rendit l’âme pour se séparer définitivement de ce monde. Il décéda le 3 octobre 2000 à Sidi Bel-Abbès à l’âge de quatre-vingt ans. Il fur ainsi l’une des cheville ouvrière des manifs d’octobre 1961 à Paris

Figure marquante du mouvement nationaliste algérien, le défunt a été identifié par la DST, le jour de son arrestation le 10 novembre 1961, sous le nom de code de ‘Maurice’ comme étant «le chef des opérations du FLN sur l’ensemble du territoire de la France métropolitaine» et sous le commandement duquel «toutes les décisions cruciales concernant l’organisation des manifestations des 17-20 octobre 1961 ont été prises par le comité dit des quatre». Quant a notre confrère Abbed (La Voix d’Oranie), il signale d’autres éléments lors de la commémoration de la journée du 17 octobre à Sidi Bel Abbes. Ce fut là une autre source que nous avons exploité.

Sa famille formée de militants nationalistes qui a eu le privilège de recevoir chez elle, au quartier mythique de Graba, de grandes figures du mouvement national (ulémas, responsables politiques…) à l’image du cheikh Abdelhamid Ben Badis et Hamou Boutlelis, cette personnalité hors pair, de formation universitaire (facs d’Alger et de Toulouse), s’est illustrée par un itinéraire politique particulièrement riche de son vivant pour être à l’origine de la création, à Sidi Bel-Abbès, des premières structures du PPA (Parti Populaire Algérien) et de l’OS (organisation secrète) ainsi que de la formation des cellules de militants qui vont constituer plus tard les éléments fondateurs du CRUA à l’échelle régionale.

Mais c’est surtout en France, où il est parti parachever ses études universitaires, qu’il n’aura de cesse de poursuivre son action militante dans la clandestinité la plus totale et d’assumer, à ce titre, des responsabilités importantes à des échelons divers de la fédération FLN, parmi lesquelles celle de chef de la wilaya 36, région de Marseille, avant d’être appelé à Paris à la tête de la cellule de l’information du comité fédéral et diriger ensuite le fameux réseau qui portait son nom.

Pour de nombreux historiens algériens et étrangers, Zouaoui Mohamed est reconnu comme étant le chef suprême du FLN en France et l’un des principaux artisans des manifestations des 17-20 octobre 1961 à Paris. Un précieux ouvrage consacré à ces douloureux évènements par deux chercheurs britanniques, Neil MacMaster et Jim House, sous le titre «Paris 1961 – Les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire», nous apporte le meilleur éclairage qui soit en ce qui concerne «le rôle de ce meneur d’hommes qui, des années durant, sous le pseudonyme de Mustapha le noir, tourna en dérision toutes les polices de France réunies, en particulier la DST…» Dans leur analyse, les deux éminents historiens n’ont pas manqué en effet de donner des détails précis sur le rôle des structures et acteurs impliqués dans l’organisation de ces manifestations parisiennes» (…) et d’en arriver à la conclusion que Zouaoui Mohamed, en sa qualité de responsable fédéral résidant en France, «était l’unique source de contrôle de toute l’action du FLN en France métropolitaine…» et la cheville ouvrière des manifestations en question, manifestations qui s’achevaient, souligneront-ils, «par l’une des répressions les plus sanglantes de l’histoire européenne moderne».

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=1981

Posté par le Mar 28 2011. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

7 Commentaires pour “ZOUAOUI MOHAMED  » Mustapha le Noir » : Le Belabbésien qui a tourné en dérision toutes les polices de France”

  1. Un lecteur

    A « On ne fabrique pas l’histoire,on l’a fait! »

    Nous attendons depuis mars 2011 « votre » 2ème partie de l’article sur Mustapha le Noir qui remettez en cause le rôle exclusif et déterminant de Mohamed Zouaoui alias Réseau Maurice dans la réussite totale de l’opération des manifestations du 17 octobre 1961,malgré la trahison de Younsi Abdellah du FLN de Marseille que commandait notre Héros Si Zouaoui en 1959 !
    L’Historien émérite Mohamed Harbi a accusé Ali Haroun d’avoir occulté (Pourquoi?) le rôle essentiel de Zouaoui Mohamed en tant que chef exclusif des opérations FLN en France pendant la dite période sous le nom de réseau « Maurice »!

    • un lecteur

      Attention amis lecteurs.
      Vous n’avez pas affaire au même  » un lecteur » qui, lui, est resté depuis le 24 Août sagement en retrait dans son rôle de lecteur.
      Méfiez vous des imitations !

  2. C est grâce à de grands hommes comme mon defunt oncle, que nous
    Vivons libres!

  3. Arbi

    J AIMERAI SAVOIR SI VOUS HABITEZ CAYASSONE PUISQUE LA FAMILLE DE MUSTAPHA HABITE,?

  4. Kfaraoun

    Des gens étrangers et inconnus du monde belabésiens sont venus établir des cartes de moudjahid dans notre ville alors que le fils du bled Zouaoui Mohamed est passé inaperçu pourtant il était un grand responsable du FLN en France

  5. Kfaraoun

    Lire monde bélabésien

Répondre