La Voix De Sidi Bel Abbes

Une centaine de morts dans un nouveau naufrage près des côtes Tunisiennes

Un nouveau drame est venu s’ajouter aux catastrophes de la migration clandestine à travers la Méditerranée, avec le naufrage d’un chalutier, avant-hier à l’aube, à sept miles marins au large des îles Kerkennah. Ces derniers mois, c’est la Tunisie qui commence à prendre la vedette et entrer en concurrence avec la Libye dans le domaine de la migration.

Les Tunisiens viennent en seconde position après les Erythréens parmi les nationalités de migrants arrivant à l’île italienne de Lampedusa. Selon les chiffres officiels italiens, le nombre de Tunisiens arrivés illégalement en 2017 sur la Péninsule italienne a atteint 6150 personnes, soit 7,5 fois plus qu’en 2016.

La saison ne fait que commencer en 2018 et le bilan est déjà lourd. La catastrophe d’avant-hier a confirmé cette affluence des Tunisiens vers l’Italie. Parmi les 68 rescapés, 60 sont Tunisiens.

L’archipel de Kerkennah n’est pas l’endroit de Tunisie le plus proche de Lampedusa, distante d’à peine 160 kilomètres au Nord-Est. Mais, la recrudescence des départs, à partir de ce point, montre que les réseaux de passeurs s’y sentent plus à l’aise que partout ailleurs en Tunisie. Kerkennah est située à 20 km au large de Sfax, la capitale du Sud tunisien (270 kilomètres au sud-est de Tunis).

Mahmoud, un enseignant à la retraite, qui préfère que son nom de famille ne soit pas publié, raconte à El Watan comment «les migrants en transit ici vers Lampedusa ne se cachent plus de peur d’être reconnus par la police, comme c’était le cas à partir de 2013. Ils se promènent désormais dans les villages et s’installent dans les cafés, comme en 2011, lorsque les départs pour l’Italie se négociaient dans les cafés».

Pour ce qui est de la police et de la Garde nationale et maritime, Mahmoud déplore l’absence de l’autorité publique en nombre suffisant. «La crise de l’entreprise pétrolière Petrofac a montré les limites de ce déploiement», dit-il avec amertume, en ajoutant que «la crise économique a renforcé la tentation chez les jeunes Tunisiens, de plus en plus nombreux, à vouloir traverser la Méditerranée, à la recherche d’un avenir meilleur en Europe».

Interrogations

La recrudescence des départs vers l’Italie suscite des interrogations légitimes sur le contrôle des côtes tunisiennes, longues de plus de 1300 kilomètres. Les autorités disent avoir renforcé le contrôle dans les zones connues pour la migration, comme la ligne Chebba-Mahdia, Haouaria, Ghar El Milh et, principalement, les îles Kerkennah. Les autorités affirment avoir resserré les contrôles sur le ferry qui fait la jonction entre Sfax et Kerkennah.

Mais, les chiffres élevés d’arrivées de Tunisiens, annoncés par les autorités italiennes, démontrent que les côtes tunisiennes sont poreuses. D’où des suspicions concernant des pratiques de corruption, pouvant faciliter ces mouvements vers l’Italie. Aux autorités tunisiennes de prouver le contraire, en limitant les flux vers Lampeduza, appelle l’enseignant retraité Mahmoud.

Concernant le procédé, le retraité explique que la recette est simple et connue de tous. «Plusieurs barques participent à l’opération. Chacune embarque une dizaine de passagers.

La flotte partant d’endroits différents converge vers le chalutier mouillant à quelques kilomètres au large, où se regroupent les migrants», raconte-t-il.

La catastrophe d’avant-hier n’est pas le premier incident en 2018. Déjà, en mars dernier, 120 personnes, en majorité des Tunisiens, tentant de rejoindre clandestinement les côtes italiennes, avaient été secourues par la marine tunisienne. Avec l’approche de l’été, le phénomène va s’accélérer. Des habitants de Kerkennah ont déjà constaté un regain de mouvements migratoires ces dernières semaines.

Mourad Sellami/El Watan/Tunis

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Posté par le Juin 6 2018. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE, MAGHREB. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

1 Commentaire pour “Une centaine de morts dans un nouveau naufrage près des côtes Tunisiennes”

  1. Meki

    Laissez les faire l’expérience ils vont des couvrir que l’Europe n’est pas le paradis et qu’enfin de compte que la Tunisie et l’Algérie vue d’ailleurs sont les unes des meilleurs région du monde. On est ici on ne vois pas la différence c’est tout. Une fois las l’Algérie et la Tunisie sont de très belle région. S’ils vont en Europe pour etudier et apprendre ma3lich c’est toujours bien

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