La Voix De Sidi Bel Abbes

Retour a la terre natale:Ces voyages en fraternité a Alger Oran ou Sidi Bel Abbes…

Retour a la terre natale , ces voyages en fraternité a  Alger Oran ou Sidi Bel Abbes C’est ce que nous avons cru résumer  pour le titre de ce papier  d’un confrère du quotidien d’Oran installé à Paris Il y a des moments où l’histoire et son legs pesant s’effacent comme par enchantement devant l’humain et les émotions qu’il peut ressentir. Le présent chroniqueur a pu s’en rendre compte à maintes reprises lors d’un périple algérien de dix jours en compagnie d’une centaine de lecteurs de l’hebdomadaire français La Vie. Venus des quatre coins de l’Hexagone (mais aussi de Suisse), il s’agissait pour certains de revenir sur leur terre natale, oubliée depuis au moins cinq décennies et enfouie dans les coffres-forts de la mémoire avec leurs souvenirs, bons et mauvais. Pour d’autres, c’était l’occasion de revoir les lieux d’un service miliaire passé à  » pacifier  » ce qui était alors une partie intégrante du territoire français. Pour tous, ou presque, ce voyage a été une manière de mettre fin à un refoulement qui n’avait que trop duré. Une possibilité de chasser enfin les cauchemars du passé et de se confronter à un peuple dont nombre de Français ignorent encore qu’il a pardonné depuis bien longtemps même s’il n’a rien oublié.

Et puis, il y avait celles et ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Algérie mais qui s’y sont rendus pour comprendre. Un voyage pour découvrir comment cette terre a évolué depuis ces époques successives où elle faisait la une des médias. Car tel semble être le sort de l’Algérie. On parle de ses embrasements puis elle redevient anonyme le temps d’une accalmie plus ou moins longue. Il y a eu les années cinquante, celles de la Guerre d’indépendance ou d’Algérie, selon l’endroit d’où on en parle. Virent les années quatre-vingt dix, celles de la Guerre civile ou, comme on le dit souvent, de la  » décennie noire « . Que d’articles, que d’écrits et de dits. Et, à chaque fois, est venu ensuite un silence peuplé de fantômes.

Il ne faut pas se le cacher, pour nombre de ces voyageurs, venir en Algérie a relevé de l’acte courageux. Les obstacles à franchir étaient nombreux : la mémoire tourmentée, la blessure cachée, la douleur personnelle ou transmise, sciemment ou non, par la mère pied-noire de Constantine ou le père d’Oran ; mais aussi l’image extérieure, calamiteuse et les mises en garde affolée des entourages contre un tel déplacement. Et pourtant… Hebdomadaire catholique, de sensibilité clairement à gauche, La Vie pensait réunir quelques dizaines de personnes. Au total, elles ont été deux cent (quatre cents autres n’ayant pu obtenir de place !). Voilà qui confirme qu’il y a encore un  » besoin  » d’Algérie en France. Qu’une histoire, certes non officielle, a continué de se faufiler entre les chicanes des reproches bilatéraux et des surenchères politiciennes. Il ne faut pas se tromper. Résumer ce voyage à de la nostalgie (à de la nost-Algérie), serait une erreur. C’est bien plus important que cela. C’est un lien physique qui se (re)noue.

Que dire de ces dix jours sans trahir les confidences et les sanglots des uns, les regrets et les espoirs des autres ? Et bien d’abord, que l’accueil chaleureux et tranquille des Algériens restera à jamais gravé dans la mémoire de ces visiteurs. Bras ouverts et mots simples pour souhaiter la bienvenue, pour dire à quel point la présence de l’Autre dans nos rues signifie que les temps de folies appartiennent au passé. A Oran, comme à Alger, dans les ruelles de la Casbah comme dans celles de Cherchell ou de Tlemcen, rue Didouche Mourad ou dans les allées du Jardin d’essai, partout, des gestes d’amitié, de partage et de fraternité. Pas d’hostilité, pas d’agressivité alors même que le monde musulman s’embrasait à cause d’un film minable et de caricatures imbéciles pour ne pas dire criminelles.

Ah, ces discussions improvisées avec des passants curieux de voir autant de  » rwamas  » déambuler dans leur ville. La politique française, Sarkozy, Hollande, la Guerre d’Algérie mais aussi les histoires algériennes, les 200 milliards de dollars de réserves de change, le système politique et ses secrets d’alcôves, la colère contre nos dirigeants quels qu’ils soient, le chômage et la désespérance des jeunes, l’insécurité dans les villes et leurs faubourgs lépreux où sévissent des gredins armés de sabres. Là aussi, grande surprise des visiteurs, notamment pour celles et ceux habitués au mutisme craintif des voisins maghrébins. Quand il rencontre des Français venus comprendre son pays, l’Algérien, jeune ou vieux, ne se prive pas de dire ce qu’il pense à voix haute et même le chroniqueur en a été parfois sidéré. Ces voyageurs venus à la rencontre du peuple algérien n’auront pas été promenés dans des villages Potemkine, loin de là…

Il y a eu aussi des moments de grande intensité comme celui de la visite du monastère de Tibhirine. Instants de recueillements mais aussi d’explications à propos d’une Eglise d’Algérie qui a décidé de rester aux côtés des Algériens durant les temps difficiles. Une Eglise qui refuse que ce qu’elle a subi soit différencié de ce que ces mêmes Algériens ont vécu et, encore moins, que cela soit instrumentalisé pour mettre en accusation l’islam.

Hasan al-‘Atar, érudit musulman du dix-neuvième siècle a écrit un jour que le voyage  » est le miroir des merveilles et la balance des expériences « . C’est aussi le meilleur moyen de découvrir l’Autre et de balayer les préventions réciproques. Bien sûr, tout n’est pas rose dans un monde en vert et des divergences demeureront encore à propos, entre autre, de la période coloniale, de la position d’Albert Camus, du sort des harkis ou de la signification actuelle du port du hidjab. Il n’empêche : en septembre 2012, deux cent voyageurs français ont compris que les Algériens sont passés à autre chose et qu’ils n’ont pas attendu la signature d’un traité d’amitié pour le faire. Rentrés chez eux, ils témoigneront d’une réalité bien différente de celle décrite par les tenants du choc des civilisations. Et c’est là le plus important. Pour l’Algérie comme pour la France.

P.S : Cette chronique est dédiée à la mémoire d’Anne-Sylvie Dat, née en Algérie il y a près de cinquante ans et qui vient de quitter ce monde. Fin décembre 1981, lors de l’un de ses séjours algérois (elle vivait en France depuis l’âge de deux ans) nous avions arpenté ensemble les ruelles de la Casbah puis les sentiers ombragés du centre familial de Ben Aknoun. Nous avions parlé du chagrin que le départ d’Algérie peut engendrer – y compris à l’âge de la première enfance-, de la nécessité de tourner la page et d’aller de l’avant pour se bâtir une vie dans un autre pays, celui qui devient le votre sans jamais faire oublier la terre natale. C’était la première fois que je réalisais concrètement que l’indépendance, celle dont nous célébrons (hélas, avec timidité et un peu trop d’amertume) le cinquantième anniversaire, pouvait être, pour d’autres, synonyme de blessure, fut-elle cicatrisée.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=16638

Posté par le Sep 27 2012. inséré dans ACTUALITE, SBA VILLE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

51 Commentaires pour “Retour a la terre natale:Ces voyages en fraternité a Alger Oran ou Sidi Bel Abbes…”

  1. Giselle de Marseille

    Bonjour , vous me dites prenez le bateau , c’est ce qui se réalisera…le texte est trés bien je dis plus , trés poignant.Je remercie la rédaction..

  2. Danielle B

    en effet trés beau reportage sur ce retour aux sources qui je l’espère seront suivis de bien d’autres pour le bien être moral de nos deux communautés
    si le pays s’ouvre vraiment au tourisme, l’Algérie s’en trouvera grandie car bon nombre de gens ne la connaissent pas et ne savent pas ce qu’ils perdent, sans compter sur le côté pécunier dont le peuple a grand besoin (restos, hotel, transports etc….)et qui lui enlèvera une grande épine du pied
    amicalement à la rédaction du journal qui nous met du baume au coeur

  3. Danielle B

    comme Claude B je ne me relis pas et j’écris des bêtises
    il faut lire beau reportage qui sera suivi et non seront suivis
    mille excuses

  4. Claude.B

    Difficile de ne pas être envahie d’émotion à la lecture de cet article
    Pour être revenue en Algérie en 1986 dans un cadre professionnel puisque j’encadrais une promotion d’ingénieurs en formation dans l’établissement dans lequel je travaille ,qui était reçue à L’ENITA d’Alger ,à l’occasion d’un voyage de promotion ,je peux témoigner de l’accueil qui nous a été réservé partout ou nous nous sommes rendus .Mais ce qui m’a le plus émue et réconfortée étaient les réactions des gens dès qu’ils constataient que j’ étais née en Algérie ;c’était différent ,ils avaient à coeur de me faire sentir que j’étais la bienvenue ,et ce n’était pas des mots en l’air ,ils l’ont prouvé ,et le prouvent encore .Pas d’oubli ,mais du pardon .Je crois que ce qui m’avait le plus touché ,était la phrase d’un douanier à l’aéroport d’Alger ,en voyant mes papiers : Tu reviens au pays ,tu es ici chez toi ,j’avais répondu ,merci ,mais je ne suis plus chez moi ,il avait insisté en disant la page est tournée ,tu es chez toi .Effectivement ,je n’étais plus chez moi ,mais je n’avais pas la sensation d’être à l’étranger ,comme lorsque je me rends aux USA ou ailleurs .C’était une impression difficile à décrire ,mais quelque chose de très fort me liait à ce pays ,et rien ne pourrait l’effacer .
    Je suis certaine que mon prochain séjour ,qui sera cette fois ci un voyage d’agrément ,sera encore plus émouvant puisqu’il me permettra de revoir sidi bel abbès

    • Nabila t sba

      bienvenue madame ; la dame aux propos térs mesurés.

      • Claude.B

        Merci Nabila t sba ,pour vos propos et vos souhaits de bienvenue ;vous voyez on est souvent pris par l’émotion au point que je viens d’oublier une chose importante , je m’empresse de réparer cet oubli .
        Un grand merci à la rédaction de ce journal qui nous permet jour après jour de tisser des liens amicaux dans un climat serein et respectueux autour d’articles toujours plus variés et passionnants .Vous vous investissez beaucoup pour satisfaire les lecteurs auxquels vous offrez la qualité d’un grand journal .

        • Mr ouhibi reda

          Moi je prononce pas ou je poste pas le mot, bienvenue puisque vous y étes chaque jour par votre lecture de votre journal qui est arrivé a créer ces liens virtuels et plus chez certains lecteurs.

  5. Nabila t sba

    Relisez trés mesurés.

  6. Mme Mostefaoui SAB

    Bienvenue a tous et a toutes.

  7. terkmani de gambetta

    Du beau travail journalistique de laVDSBA ? Ceci refléte tout un été d »esprit que tient a véhiculer le journal qui a résisté par ses fidéles a la chasse des lecteurs peu sensiblisés a ces intrusions externes et qui reviennent petit a petit.commenter pour le bien de tous.

  8. gherbi s sba

    lLa photo de la une est celle des Gongora du quartier ABBOU venus a belabbes.

  9. OULD HAMA

    La devise du pouvoir est de nettoyez bien les grandes avenues ou passent les responsables qui rendent visitent dans nos villes .Donc les APC sont habituées à nettoyer ces grandes avenues et laisser les quartiers pleins de saleté et en dernier lieu on parle de nettoyage. Est-ce qu’avec cette devise on peut parler de tourisme ?

  10. benhaddou boubakar

    bienvenue a tout ce qui veut revoir sa terre natale,c’est ligitime ;on les comprend bien ;un bon article en perspective!

  11. meradi

    Ceux sont nos amis ces natifs de belabbes oran ou constantine

  12. kerroum retraité

    L’espoir existe madame Danielle B .Moi je vous dis bienvenue ceux ne sont pas des mots…allez y décider vous ; projetez vous en 2013…Allez y.

  13. Danielle B

    bonsoir mr Kerroum
    promis je serais parmi vous en 2013 , quand???? je ne sais pas encore, une fois sur place je vous le ferais savoir par le journal pour que nous puissions manger un couscous ou une calentica sur la place Carnot, vous êtes d’accord????
    amitiés

  14. MIMOUN

    Danielle B bonsoir
    Chez nous on dit si la cocotte est préparée pour un elle peut etre préparée pour dix et dieu a créer ses etres humains pour les faire vivre IL y a 50 ans nous étions trois milliards sur terre maintenant nous sommes sept milliards Donc dieu est grand et fait nourrir tout le monde mais il y a que l’homme qui fait ses mauvais calculs pour se programmer dans l’avenir. Dans 50 ans on sera peut etre dix milliards et dieu peut faire vivre tous ses habitants sur sa planète.Donc venez acheter un logement et vivre dans votre terre natale.
    Salutations amicales

    • jamel

      le sujet en ligne est trés bien je salue son auteur

    • Danielle B

      bonsoir Mr MIMOUN ET MERCI pour votre gentillesse et votre proposition, mais je viens de répondre à mr Lecteur de la VDSBA qui n’est pas de votre avis et c’est son droit, je ne suis plus chez moi en Algérie , il faudrait que je finisse par l’admettre, revenir vivre en Algérie (même pour un mois ou deux par an) j’ai toujours su que ce n’était qu’un rêve , Mr Lecteur vient de balayer cet infime espoir comme un fétu de paille, tout au fond de moi je le savais, mais peut-être qu’il fallait qu’on me le dise clairement c’est fait et je n’en veux à personne sauf à l’histoire qui nous a malmenés, vous et nous
      amicalement et bonne soirée

  15. MIMOUN

    HAY ALA TORI ELCOMMENTA

  16. le justicier

    peut-on souhaiter la bienvenue à quelqu’un qui vient chez lui?

  17. chaib draa tani djamel

    Sur la photo il n’y a ni EL OMRANI ni l’USMO,ni khelladi kaddour ou voyez vous ça

  18. kalifa

    pardi souhaiter a une personne de regagner sa patrie natale c est de l invraisemblable une patrie n est jamais monopolisee par une frange une tribu une communaute une race certes l algerie a present est peuple d origines diverses (turcs berberes romains pheniciens espagnols juifs minorite arabe) que dire tous individu ne dans cette patrie est proclame algerien .il peut a tout moment resider visiter et faire ce que bon lui semble . et que dire de ces milliers d etrangers venus de divers horizons meme pas nes en algerie et qui embrasses la nationalite. a bon entendeur salut.

  19. Azziz

    attendez vous aux phéniciens , romains et ottomans qui vont à leur tour visiter leur ville natale quel Fourbi !

  20. hami de sba

    la négation résulte de votre étroitesse d »esprit.Bienvenue a tous

  21. kalifa

    qui a parle de visite des pheniciens et autres il faut reconnaitre qu on est algerien par l arrivee de nos ancestres (ascendants) la population algerienne est majoritairement constituee de differentes races ( ce que l histoire nous a appris ) personne ne peut se prevaloir d etre ne a part entiere arabe musulman turc romains juif espagnol berbere) alors allez y et chercher votre prehistorique votre arbre genealogique et vos arrieres grands pere pour plus d assurance qui sait peut etre de quelle race on est issue alors ne monopolisons pas le droit d etre algerien par le droit de race mais par le droit de sol . une fois nous algeriens on a ete traites d envahisseurs par les premiers habitants d algerie et ils se reconnaissent a travers mon commentaire. soyons realistes . a bon entendeur salut

  22. mourad sba

    et dans quel fourbi tu t’es fourré cher ami aziz .si ton etat d’ame est spontanneé , alors tu as un esprit de refus ; et c est dommage pour toi .

  23. Lucie

    un grand bonjour à sidi bel abbès ma ville et à l’Algérie en particulier.

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