La Voix De Sidi Bel Abbes

UN PAN MÉCONNU:Ben Kenadil Ben Djeffel (Héros des Ouled Brahim)La dernière exécution par le YATAGAN au 19eme siècle.

Ben Kenadil Ben Djeffel (Héros des Ouled Brahim)

Au lendemain du 30 janvier 1845 où a eu lieu une audacieuse et meurtrière attaque contre le camp Français de Sidi Bel-Abbès et exécutée par un certain Ben Kanadil Ben djeffel à la tête d’un groupe d’hommes Derkaoua de la tribu des Ouled Brahim,Les représailles furent énergiques et permirent à l’armée Coloniale de mettre la main sur un certain nombre d’entre eux.Celui qui fut reconnu comme l’instigateur principal de l’attaque, le nommé Ben Kenadil Ben Djeffal fut exécuté le 26 mai 1845. Son exécution resta célèbre dans les sinistres annales des exécutions, car elle fut particulièrement et horriblement spectaculaire ; Le bourreau avait raté son premier coup et la deuxième fois le yatagan qui depuis cette date ne fut plus utilisé déchira la chair mais en vain. Il a fallu une troisième tentative pour exécuter le héros des Ouled Brahim. Cette exécution fut la dernière exécution au Yatagan d’Oran. L’horreur à laquelle elle donna lieu, poussa les autorités coloniales d’Oran à se « moderniser » en se dotant du dernier cri en matière de machines à exécuter : la guillotine.

Cette derniere éxecution au yatagan( fut la dernière du 19ème siècle) du héros des Ouled Brahim de Sidi Bel-Abbès, le martyr Kandil Ben Djeffal, et ce à Oran ville. Pour le besoin de cette évocation rappelons que c’est la grande tribu de Ouled Brahim, située au sud de Sidi Bel-Abbès et qui tient une bonne place et réputation dans la grande confédération des tribus des Béni Ameur, qui est à l’origine de cette résistance d’une façon héroïque à l’occupation coloniale française de l’Algérie durant quinze ans de 1832 à 1947, pendant la lutte menée par l’Emir Abdelkader en sa qualité de chef suprême et émir des croyants et frère de la tarika ou confrérie religieuse Kadiria. Notre source, les historiens Tabet Ainad R et Hadj Nehari Tayeb, signale que l’armée française avait construit un camp militaire avec des baraques et des planches servant de logement à la troupe et aux magasins de subsistance militaire. Les habitants algériens de la région croyaient que simplement c’était un poste de campement de transit qui est provisoirement installé, mais pour les Français stratégiquement c’est un poste militaire avancé afin de se porter rapidement sur les tribus dans lesquelles l’agitation se manifestait. C’est la nécessité d’observer et de contenir les riches et nombreuses tribus qui formaient la puissante confédération des Béni Ameur, et particulièrement la turbulente tribu de Ouled Brahim, l’une des plus remuantes et plus habilement travaillée par les partisans de l’Emir Abdelkader, qui déterminera l’autorité française à occuper leur territoire et la riche plaine de la Mekerra. Les notables de Ouled Brahim en réunion après la prière du soir à Messer ont évoqué l’ampleur de la construction en dur de la redoute (garnison) du poste français à Sidi Bel-Abbès en face de la koubba de Sidi Bel-Abbès. L’appartenance à la tarika ou confrérie religieuse Kadiria a joué à cette époque un grand rôle dans la société pour la résistance et la défense du territoire. C’est alors le 30 janvier 1845 que les moudjahidine de Ouled Brahim décidèrent de passer à l’action pour attaquer et enlever la redoute ennemie. Ils usent d’une ruse guerrière pour s’avancer vers le poste après avoir appris qu’une forte colonne était partie faire la razzia dans la tribu voisine de Ouled Slimane (Tiliouine-Sfisef). Pour s’approcher du camp militaire ennemi sans apparence hostile, les groupes se composent de moudjahidine n’ayant qu’un simple bâton à la main, cachant leurs armes et récitant les prières en faisant semblant qu’ils vont aller en pèlerinage à la koubba voisine de Sidi Bel-Abbès. Ils pénètrent au camp militaire, tirent les armes cachées sous leurs burnous et attaquent les soldats de la garnison française. Selon les documents français, presque tous les Algériens sont exterminés dont 58 tués et une vingtaine de prisonniers. Du côté français, six hommes tués et vingt-six blessés. Les représailles furent énergiques. Les plus compromis furent condamnés à mort dont leur chef nommé Kandil Ben Djeffal fut exécuté le 26 mai 1845 à Oran. Celui-ci avait dirigé le 30 janvier 1845 à la tête d’un groupe d’affiliés Derkaoui une audacieuse et meurtrière attaque contre le camp français de Sidi Bel-Abbès. Il fut d’un courage extraordinaire. Le bourreau avait raté son premier coup et la deuxième fois le yatagan qui depuis cette date ne fut plus utilisé déchira la chair mais en vain. Il a fallu une troisième tentative pour exécuter le héros des Ouled Brahim. Devant l’horreur de ce massacre public, Oran fit peu de temps après l’acquisition d’une guillotine.ce que nous avons évoqué plus haut .

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Posté par le Déc 25 2011. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

13 Commentaires pour “UN PAN MÉCONNU:Ben Kenadil Ben Djeffel (Héros des Ouled Brahim)La dernière exécution par le YATAGAN au 19eme siècle.”

  1. benhaddou boubakar

    encore un article qui nous plonge dans le droit de savoir plus en notre histoire de nos heros qui ont lutté corps et ames contre le colonialisme,des articles comme ca on en demande encore.l’histoire des hommes ne doit pas etre s’arreter la. boukhanefis mon village natal,messer la region qui a vu naitre mes parents.grand merci mr kadiri,je vous tire chapeau.

  2. kaddous cv sba

    Moi j’ai toujours reconnu le travail d’investigation de notre journal Belabbesien.En effet c’est un vrai pan méconnu cet acte de bravoure.Dans le musée de sba pas de trace et c’est dommage pournotre region.

  3. merabi d h

    Pourtant j’ai de la famille a bouka et on m’en a jamais parlé de cette bataille ni de bendjeffal le héros des Ouledbrahim.

  4. Bouchentouf Ghalem

    Merci Mr Kadiri de nous éclairer sur ce pan de l’histoire encore méconnu de notre patrimoine, bien que je suis natif de Boukhanéfis je découvre ce récit et même ce nom de Bendjeffal inusité dans les environs et pourtant je vous l’avoue nous avions eu une personne décédée depuis du nom de Merrabi Habib véritable archive historique de son vivant qui ne m’en avait jamais soufflé mot fut-il justement un descendant des Ouled Brahim. La seule chose historique de cette époque coloniale qui existe encore à Boukhanéfis est la première prison pour les criminels en transit vers Cayenne qui a été aussi une prison normale du temps de la guerre de libération puis un CEM avec Mr Boukhdimi et maintenant une habitation individuelle c’est bien dommage. Corriges moi Benyahia si je me trompe.
    Bonjour à Mr Benhaddou et Mr Merrabi s’ils lisent ce petit commentaire. Cordialement

    • benhaddou boubakar

      bonjour a toi aussi mr bouchentouf,la prison dont tu as parle je crois qu’elle etait la 1iere prison francaise dans la region,mon defunt pere en a passé quelque jours avant d’etre transfere a baudens ou il a passé 3 mois,j’ai meme une photo de mon pere prisonnier avec un ami de boukhanefis.mon pere m’a parle aussi d’un certain benchinoune qui a ete transfere a la cayenne. fraternellement

  5. Mr mired aek

    je suis heureux de voir nos grands parents ceux de notre guerriere région; sortir des méandres de l »oubli..Cc’est un hebdo étranger qui au départ avait relaté les faits historiques.l’ouvrage devoir de mémoire dédicacé pendant la céremonie le18fevrier 2005 au collége ibn zeidoun par monsieur kadiri aux gens présents nous as etonné en révélations dont l »histoire des héros du jardin public de belabbes reprise dans le journal le quotidien d’oran je ne me rapelle plus sa date j »en avais conservé une copie que je dois rechercher et la remmener au prochain sba en quailite de vainqueur invité par monsieur yahia nouara que je croise souvent.

  6. elhadj abdelhamid

    Si Merabi,
    J’ai lu  » l’épopée  » de Ben Knadil Ben Djeffal pour la première fois , il y a une dizaine d’années , dans le livre de Redouane Aïnat Tabet , Histoire de la Colonisation, Sidi Bel-Abbès.
    J’ai écrit un texte sur la mort héroïque de ce grand Résistant bel-abbèsien .. je l’ai conservé et je me ferai plaisir de le communiquer aux lecteurs de notre journal dès que possible.
    Je me suis inspiré de cette  » dernière exécution au yatagan  » à Oran pour ma petite nouvelle de La Voix de la Plume ,  » La Veuve Oranaise  » . A bientôt .

    • Bouchentouf Ghalem

      Bonsoir Mr Abdelhamid El Hadj
      J’ai hâte de lire votre contribution concernant ce personnage de Benkenadil Bendjeffal, j’ai apprécié au passage votre caricature au rasoir du recyclage de la guillotine en Algérie un pays qui rase gratis les droits d’un peuple émoussé par le couperet permanent de la violence étatique j’en conviens. J’ai aussi essayé d’acheter votre dernier livre « Schlomo un été 62 » mais l’éditeur l’a restreint dites-moi où pourrais je le trouver en France ? Merci. Sincères Salutations.

      • elhadj abdelhamid

        Bonsoir , Mr Bouchentouf Ghalem.
        Je dois être forcément un petit cousin à vous car ma grand-mère maternelle est une Bouchentouf, Kheïra épouse Belarbi, née à Boukhanéfis .Il y a quelques mois, je suis allé à la mairie de Boukhanéfis retirer un extrait de naissance de ma grand-mère pour les besoins d’un dossier de ma mère ,nouvelle veuve. Il y avait une dame, seule, assise dans la salle face au guichets ; je me suis assis , à mon tour;lorsque le préposé, qui avait préparé le document, appela Bouchentouf , je me suis levé pour rejoindre le guichet mais la dame m’interpella, surprise :
        – Tu es un Bouchentouf ?
        – Non , je suis ElHadj…
        – Alors , tu es Abdelhamid ould Khadra ma cousine !
        Et elle m’embrassa ; voilà comment avec le nom magique de Bouchentouf , j’ai gagné une bise gratuite!
        Pour Ben Kenadil Ben Djeffal , il s’agit d’un petit  » pamphlet  » où j’ai conservé le titre  » La dernière exécution au yatagan « comme mon ami_ Kadiri.
        Il commence ainsi : Voici une histoire qui n’est pas une légende mais une épopée de la Résistance Algérienne qui s’est déroulée le 30 Janvier 1845…
        Et qui finit de la sorte :
         » Ainsi , tel est pris qui croyait prendre; en voulant terroriser les Algériens pour les dissuader de toute résistance , c’est l’occupant qui, terrorisé par le courage extraordinaire du Belabbèsien devant l’affreuse boucherie de l’exécution , renonça définitivement au yatagan. L’occupant voulut donner une leçon aux Algériens; ce fut lui qui la reçut !
        Le 5 Juillet 1962 , la France renoncera à l’Algérie et reprendra son bijou d’alliance offert, son collier de métal scintillant, cadeau d’amour impossible, la guillotine !
        Mon éditeur m’a rassuré, mon petit roman  » Dar Schlomo, un été 62  » est actuellement disponible . A bientôt

  7. hadj dekar s djillali

    je vois que le patrimoine immateriel et materiel grandit de jour en jour par votre journal qui n’a pas besoin de chitta du wali ni de son mir

  8. benhaddou boubakar

    mr elhadj,pour autre information,ma grand.mere paternelle est une belarbi,d’ailleurs les bouchentouf sont des cousins a benhaddou.enfin boukhanefis est riche en patrimoine.cordialement

  9. feraoun djillali

    je viens d’apprendre cette atroce excution de quelqu’un de notre région.personne n’a parle devant moi .

  10. elkebir

    je veux savoir es ce que la famille ELKEBIR est d’origine de ouled Brahim?

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