La Voix De Sidi Bel Abbes

Un pan local de l’Histoire Nationale: La résistance des OULED BRAHIM contre la conquète fr ançaise DE SIDI BEL ABBES : De 1830 à 1847.

Notre gentil ami Hadj Douar que nous avons revu cette matinée au stade de Sidi brahim en marge de la rencontre de foot ball de la V.D.S.B.A et les anciens de cette paisible localité vient ce soir nous proposer un article d’histoire suivons ce qu’il nous dit :Dans toutes les nationalités, quelque soit leur état social, leur religion, leur latitude, on rencontre des hommes doués d’une imagination ardente et inquiète, dont le propre est d’outrer l’esprit du milieu qui les entoure, que cet esprit soit religieux, patriotique ils sont facilement comprimés dans une époque tranquille, et deviennent naturellement les chefs de toute révolution qui se prépare.ces hommes s’appelaient les indépendants ou Darkaouas qui tirent leur nom d’un marabout célèbre appelé Sidi El Arbi Derkaoui de Derka,petite ville de Fès au Maroc. les Derkaouas formaient une secte à la constitution aristocratique des Arabes, rejetaient toute autorité qui ne fait pas servir la propagation de L’ISLAM. En Algérie, ils voulaient substituer la démocratie kabyle, s’adressaient surtout aux classes inférieures connaissant l’énorme puissance de la religion sur les Musulmans, ils frappaient ainsi l’imagination du bas peuple, auprès duquel on est d’autant plus sûr de réussir. Ils finirent par acquérir un tel ascendant dans la province d’Oran, qu’ils y balançaient le pouvoir des Turcs ; alors leur chef Ben Chérif périt au milieu des vastes projets qu’il méditait, et ses partisans furent dispersés; ils n’en continuèrent pas moins à se propager dans l’ombre, et L’Emir Abd El Kader qui trouvait en eux une influence rivale de la sienne, les combattit sans pouvoir les détruire; une haine commune les réunit ensuite contre les conquérants Français, et les émissaires de l’Émir trouvèrent constamment dans les Darkaouas des instruments dévoués de leurs projets, d’autant plus redoutables qu’ils savaient les envelopper d’un mystère impénétrable. Sur ces entrefaites, arriva de l’ouest chez les Ouled-Brahim, fraction des Béni-Amer (tribus arabes de Sidi Bel Abbés) un Marabout publiant partout que l’Empereur du Maroc venait d’être renversé du trône, en punition de son alliance avec les chrétiens, que son successeur l’avait envoyé, lui, le serviteur de Dieu, pour chasser les infidèles de l’Afrique. Il promet à tous ceux qui voudront le suivre de les rendre invulnérables; les Ouled Brahim s’enflamment et se décident à tenter un coup de main sur le poste de Sidi-Bel-Abbès (redoute construite le 17 juin 1843 par le général Bedeau en face de la Kouba du saint Sidi Bel Abbes à droite de l’oued Mekerra qui devait servir de base d’opérations au Général contre les soulèvements de la tribu) ; la plupart des Béni-Amer connaissaient le projet des Ouled Brahim , mais ne voulurent pas les révéler par sympathie pour eux .Le 30 janvier 1845 (jour du marché hebdomadaire); le chef de bataillon Vinois qui commandait le camp de Sidi-Bel-Abbès, en était alors absent avec 2 escadrons de Spahis, pour punir un vol commis dans le voisinage; il restait dans la redoute une garnison de 60 hommes et à la face sud de la redoute campait un bataillon du 6eme léger de 450 hommes commandé par le commandant Ponsard .vers dix heures du matin, 58 Arabes se mettent en marche, leurs armes cachées sous leurs burnous, des bâtons dans leurs mains, sans apparence hostile. Ils étaient précédés de 2 cavaliers et de quelques enfants et récitaient des prières d’un air inspiré ; ils arrivent ainsi en vue des soldats Français dont leur étrange physionomie excite la risée ; la sentinelle qui gardait l’entrée du poste veut la leur interdire, alors un arabe s’approche comme pour lui parler et l’étend mort d’un coup de fusil; et à ce signal ses compagnons saisissent leurs armes cachées sous leurs burnous, ils se précipitent dans la redoute, attaquant tout ce qui se trouve sur leur passage; ils se portent tout droit au logement du commandant, tuent le factionnaire qui veillait à sa porte et envahissent l’intérieur. Mais les Français revenus de leur premier étonnement avaient promptement saisi leurs armes; officiers et soldats fondent sur les Arabes; une lutte acharnée s’engage ; 19 Arabes avaient succombé dans la redoute; les autres cherchèrent leur salut dans la fuite par où ils sont entrés; mais le passage était gardé par l’infanterie du 6 eme léger commandée par le commandant Ponsard. Alors ils essaient de les franchir mais ils trouvent une rangée de baïonnettes, maniées par des hommes. Ils se font tuer jusqu’au dernier; 58 Arabes étaient entrés dans la redoute, et 58 cadavres sont comptés sur la place, un des 2 cavaliers qui marchaient en tète du groupe s’était rué sur la pièce du canon mais la sentinelle le tue lui et son cheval. Parmi les Français on a compté 11 hommes tués et 8 blessés parmi lesquels se trouve le capitaine M.DUBIOS (touché au poignet fut amputé par la suite);un officier-comptable M.Catoire de Biancourt et un officier des Spahis, indigène Mohamed Ben-Slimane…
Le commandant Vinois, averti par un coup de canon, arrive enfin, ne comprenant rien à ce qui venait de se passer. Chemin faisant, il avait rencontré deux douars en pleine émigration, mais qui ne renfermaient que des femmes et des enfants. Il les ramenait au camp, sans avoir éprouvé de résistance; c’étaient les familles des Arabes qui ont été tué. On chercha, mais en vain, à en obtenir quelques éclaircissements. Les femmes, mises en présence des cadavres encore palpitants de leurs maris, ne manifestèrent aucune émotion, et affectèrent de ne pas les reconnaître. Quelque jour après le commandant chef du bureau arabe d’Oran, fut envoyé sur les lieux pour faire une enquête,parvint à découvrir la majeure partie de la vérité. Les Ouled-Brahim furent désarmés; on leur enleva leurs chevaux de guerre et tous leurs moyens de transport; ordre leur fut donné de camper toujours à portée du camp français. Enfin, pour dernière mesure, on changea le Kaïd Mimoune des Ouled Brahim, une partie des Béni-Amer parvint alors à s’échapper, et rejoignit Abd El Kader sur les bords de la Mouilah.

Source: HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DE L’ALGÉRIE DE 1830 à 1847.
(DE M.DE MONT ROND capitaine d’artillerie 1847)

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=25166

Posté par le Avr 5 2013. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

15 Commentaires pour “Un pan local de l’Histoire Nationale: La résistance des OULED BRAHIM contre la conquète fr ançaise DE SIDI BEL ABBES : De 1830 à 1847.”

  1. Samia

    Nous donner des articles sur l ‘histoire est toujours bien merci Docteur Douar

  2. Arbi

    un précieux retour sur le role des ouled brahim merci doct.

  3. Karim10

    Bonsoir, Si Abdehamid. Ne me dites pas que vous avez « avalé l’histoire » du Capitaine M. de MONT ROND ? qui n’est pas un récit Historique mais littéraire (Témoin à décharge) d’un piètre et minable Capitaine sanguinaire de la campagne d’Afrique mis à la retraite en 1847. publié par le Revue littéraire, 1847-VIII. Repris et Raconté par épisode dans le journal PENITENCIER à 3 Centime/franc !
    Un pan local d’une Histoire de résistance Nationale ! Vous dites ! (Le contenu n’engage que son auteur).Désolé !
    Mr Douar. J’ai tjr apprécié vos articles. Mais là ! Un devoir de vérité .Ne PAS dire franchement ce qu’on pense est un « MENSONGE ».Salutations Amicales.

  4. Péas

    Merci docteur Douar pour cette contribution ô combien précieuse pour les profanes que nous sommes! Sans cette mémoire bien illustrée de votre part, la cité des Ouled Brahim deviendrait ( selon certains érudits) un lieu quelconque et c’est tout un pan de l’histoire,une composante de notre unité plurielle qui serait perdue à jamais! Il serait intéressant,par contre,de s’interroger sur les raisons pour lesquelles un PAN de l’histoire de l’empire colonial veut être ainsi mis sous scellés. A moins de faire une confusion avec PAN ,le dieu de la nature et protecteur des bergers et des troupeaux dans la mythologie grecque ! Je vous encourage à aller toujours de l’avant cher docteur Douar, merci et bonne nuit.

  5. Karim10

    PAN ! Si confusion il y’a ! Ce n’est pas avec le PAN de la mythologie grecque. Mais avec les PAN ! PAN ! PAN ! PAN ! PAN !…….. de la déflagration des Pistolets et fusils à baïonnettes triangulaires et dentelées des régiments Infanterie 11e ,13e, 15e et 17e légers (le 6° n’existe pas) de l’armée coloniale. Pourchassèrent afin de punir toutes les tributs Béni-Ameurs jusqu’aux territoires des Ouled-Slimane et des Ouled-Ali exterminés vite fait. Le reste fait prisonnier ensuite condamnés à MORT dont le dernier fut Kandil Ben-Djeffal, exécuté face à « un pan de mur » le 26 mai 1845 à Oran. Mais le Capitaine MONTROND à mémoire oublieuse à sans doute oublié « d’illustrer » tout le récit !
    Tout était calme chez les Ouled-Brahim et PAN !! ! La nouvelle est tombée. « Ils » arrivent ! Pardonner ! Oui ! Oublier Jamais !
    Bonne nuit et Faites de beaux rêves

  6. Lecteur peu assidu

    Un historien est appelé a réagir pédagogiquement et ne pas aller frontalement descendre le prochain Je m’attends a une autre lecture des faits sinon je douterai..Fraternellement

    • Karim10

      Sinon koi ? Suis-je sous menace de saisie ! Laissons parler la différence.SVP. Encore que personne n’oblige personne à accepter les points de vue des autres. Néanmoins vous pouvez toujours essayer de comprendre et de concevoir une construction intellectuelle quand il s’agit Hist/Nationale .Mr Douar (Dr) Un intellectuel connu. Il comprend « l’enjeu » de cette construction intellectuel, j’en suis sur. Cher Lecteur assidu, il n’y a qu’une façon d’avoir raison par le cœur : C’est de ne pas en avoir !
      Merci.

  7. samia

    Acceptons le vrai débat pour savoir

  8. Douar

    Salam Karim10
    Ce général De Mont Ront de Sidi bel abbés n’était pas prêtre de Béni abbés (Charles Foucauld) il est (resté ) militaire sanguinaire(comme étaient tjrs ces successeurs) armés jusqu’aux dents jusqu’à sa retraite et son récit ne devait être que littéraire bien sur ,il n’était pas historien, et vous dites qu’il a illustré que le début des évènements (massacres des 58 ) et a oublié le reste que vous avez cité (mais en bref )dans votre 2eme commentaire mais ce reste n’était que des massacres des massacres que nous nous ne devrons pas oublier grâce à nos historiens qui devront nous éclairer d’avantage de la vérité tant rechercher dans notre histoire.
    Merci Karim 10 de votre appréciation de mes articles (autres que l’histoire).
    cordialement.

  9. lecteur assidu

    Salam si karim !S’il vous plait et pour qu’il n’y ait pas de confusion je ne suis pas lecteur peu assidu et vous semblez me répondre! Je tiens à préciser que je suis un de vos grands admirateurs et apprécie beaucoup vos écrits et vos contributions qui ajoutent toujours un plus à notre cher patelin!Fraternellement !

  10. Karim10

    Salam Docteur Douar.
    Mon commentaire n’est pas un choc déguisé. Le débat « écrit » laisse des traces.(revoir).Je ne suis pas de ceux qui ont la dent dure (nebarr). Qui semble procurer chez certain un sentiment de jouissance voire de supériorité.
    C’est une façon intellectuelle de vous aborder de débattre avec vous ça ne peut être que bénéfique. Mais là je suis sur mon terrain fétiche (sourires).Au match retour j’essayerai de limiter les dégâts (sourires).On n’est pas habitué à ce « choc de différence » c’est tout !
    Vous savez que l’Histoire s’écrit avec des documents.(C.Vous qui/Choisis-Le Capitaine DeMont). A qui et à quoi devait-il servir? Quel était le public visé (en France) ? Dans l’épisode n°7 constatez svp ce qu’il écrit : « Dès l’instant que la race arabe était en armes contre nous, il n’y avait plus qu’une guerre à mort qui pût l’exterminer ou du moins la réduire ». Dont- acte ! N’est ce pas ? Il clair que pour lui le « Méchant » c’est Ouled-Brahim.
    En réalité c’est l’armée coloniale (entrer) qui a construit « un camp militaire» dans le territoire des O/Brahim (l’état de l’émir depuis tafna).Mais dans le texte les méchants entrèrent dans la symbolique « redoute » = « 58 Arabes entrés dans la redoute, et 58 cadavres sont comptés sur la place ». (Est-ce de la résistance ?). (Pourtant le colonel Paul Azan a donné le chiffre« 14 indigènes » ).
    Mr Douar. A mon avis le document et son interprétation par l’analyse (construction) est ce qu’il y’a de plus important. Etaler ce qu’à dit un petit capitaine compteur d’historiettes est-ce suffisant pour cadrer le msg qui est dans le (Titre) ?
    Ma réaction qui est imposé par les règles du débat intellectuel. Vous auriez eu la même réaction si un autre avez écrit que l’apport en iode ,oligo n’a rien à voir avec le fonctionnement de la glande thyroïde.
    Absolument mon cher Abdhamid ce n’est pas vous ni moi ni le cap Demont qui fondent la VERITE historique mais la « METHODE ».
    A fortiori votre méthode c’est-à-dire les analyses extraites de VOTRE source se « fonde » sur la distance entre le message manifesté de la source (Capitaine D ) et son sens voulu (Pan de résistance locale). La nécessité de votre analyse découle de cet écart. Qu’est-ce qui garantit la validité de nos analyses ?
    En conclusion. On sent bien que votre texte n’est pas éplucher méticuleusement. Il n’est pas finit, il clignote, il veut une suite tout de suite ! (2 partie).A vrai dire c’est vraiment un plaisir de débattre avec vous. Vous avez la passion de l’Histoire. Normalement tout les deux on devrait être ami. Amicalement.

  11. Douar

    salam si Karim
    Il me semble que EL TEMBAR est inné et idiopathique, dissimulé au fond de chacun de nous , il se manifeste isolement (seul) dans le sens de la critique ,mais comme vous dites quand il est associé chez certain à la jouissance et au sentiment de supériorité ,là cette trilogie symptomatique signifie une affection (…) incurable. ALLAH y3afina.
    si Karim votre intervention sur mon post ,elle n’est que bénéfique et enrichissante ,et on aimera bien que vous serez tjrs présent(vigilent) quand on mettra les pieds sur votre terrain- c’est un grand plaisir de vous voir à coté de nous dans d’autres matchs et d’autres terrains même avec un peu de Tenbar qui stimulera le débat.
    confusion de nom ; je ne suis pas le Dr Hadj Abdelhamid que je salue au passage.
    Mes amitiés .

  12. Douar

    correction ;je veux dire (dans le sens de l’analyse critique et méthodique )

  13. Karim10

    Salam Si Douar.
    En insérant une « critique à votre post » inattendue et pas envisagé à l’avance. J’ai recueillis un bénéfice qualitatif en votre réponse digne d’un intellectuel connu et reconnu à « esprit scientifique ». Je vous remercie de m’avoir permis d’écrire ces quelques pourtours pour tenter de vous faire partager comme vous aussi ma grande passion de l’Histoire !
    Finalement cette « critique textuelle » cherchait à absorber d’autres approches et d’autres méthodes historiques pour enrichir la compréhension des rapports entre un auteur, son texte et son lecteur intéressé, curieux ou professionnel. L’apport majeur de la critique ne doit quand même pas entraîner son exclusivité. Un écrivain passionné comme vous est quelqu’un qui nous a apprit que l’auteur n’est jamais seul face au texte. Preuve est votre capacité à créer les richesses de ce site. Continuez à nous faire plasir.
    Au fait ! Vos deux lapins (européens) qui se sont échappés de leur cage. Risquent d’être intoxiqués par le coquelicot (Source : vétérinaire).
    Pendant que j’y pense aussi.Je salue amicalement le Dr Hadj Abdelhamid et je m’excuse pour la confusion.
    Merci Dr Douar. Toujours un plaisir de vous lire.

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