La Voix De Sidi Bel Abbes

Un café littéraire à la mesure de l’événement.

La salle de conférence de l’hôtel  » BENI TALA » a pu contenir une foule nombreuse,en se samedi 25 janvier 2014 à partir de 15 heures ,composée essentiellement d’hommes de cultures diverses,allant de personnalités confirmées dans leurs domaines que de simples amateurs mais portés quand même sur la chose littéraire,pour assister ou participer à ce café littéraire réservé à la parution du 1er livre de notre ami ,le Dr REFFAS Driss ,édité en FRANCE et intitulé  » De ROBBA à l’arbre de fer,j’écris mon nom  » titre évocateur d’un sentiment patriotique prononcé de l’auteur mais qui ne dévoile le contenu de sa pensée que lors de la lecture du livre.
L’engagement du Dr REFFAS Driss est connu depuis toujours ,à travers ses contributions dans la presse écrite où ses articles s’inscrivent dans un cheminement sans faille dans la défense du patrimoine historique et la mémoire de notre histoire,dont certains pans sont complètement occultés par omission ou par idéologie,car la recherche n’est pas assistée ni appuyée par l’état et les quelques initiatives enregistrées ça et là sont l’oeuvre de volontaires et à titre privé.
Ce livre qui relate des faits historiques mais traités à la manière littéraire, intervenus dans la région de BENI TALA justement ,d’où la symbolique de l’organisation de ce rendez-vous littéraire à l’hôtel du même nom,bien que romancés ,indiquent la prise de conscience des peuplades de diverses régions du pays et le rôle déterminent de la femme dans la lutte contre la discrimination et l’oppression dont fut soumis le peuple algérien.Ce livre est développé en deux parties ,la première concerne justement ROBBA ,cette femme merveilleuse,berbère et chrétienne, qui prit la décision de s’investir dans la lutte sans merci contre la condition humaine de l’époque en faveur de sa communauté et inscrit la révolte comme moyen d’expression de sa lutte mais avec une certaine intelligence pour éviter aux siens d’être persécutés par la soldatesque romaine catholique de l’époque et ainsi bénéficier des compensations de leur fausse allégeance pour jouir et vivre de la culture des terres que le pouvoir romain consentait à leur accorder; et la deuxième partie tout aussi intéressante , marque le choix des hommes de l’époque contemporaine qui maintiennent le même principe de lutte contre l’oppression de l’occupant en optant pour la poésie comme moyen d’expression et de communication en vue d’alerter les consciences sur les méfaits de ces envahisseurs dont le seul souci est l’asservissement des habitants légitimes de ce pays à leur bénéfice et en puisant délibérément ses ressources pour en jouir illégalement au détriment des autochtones.Ce moyen de lutte trouva en la personne du chantre de la poésie MOSTEFA BEN BRAHIM le digne représentant et le dialogue imaginé et institué littérairement par l’auteur dans son livre ,entre le poète et l’Emir Abdelkader en dit long sur la détermination du peuple à se défaire du joug du colonialisme.Ce rapprochement imaginaire de l’auteur montre combien le peuple de cette région( les ouled Slimane ) était estimé pour son courage et son hospitalité,puisque le peuple de MASCARA portant allégeance à l’EMIR ABDELKADER fut pourchassé par l’armée du Général TREZEL et trouva refuge chez les ouled Slimane,sur conseil de l’EMIR.
En écrivant ce livre ,l’auteur a expressément montré sa volonté et la nécessite de se remembrer et de se reconstituer car ses idées ,bien qu’elles revêtent un caractère historique étaient éparpillaient sous forme d’articles dans la presse écrite et ne peut de ce fait constituer une référence utile pour une recherche quelconque.
Son combat permanent pour la culture de l’histoire et la préservation du patrimoine dans toutes ses formes l’a poussé à réunir ses idées et sa réflexion déjà exprimée auparavant pour en faire un premier livre réussi qui en appelle d’autres ;c’est un travail de longue haleine qui a exigé une dizaine d’année de recherche et la nature est pour beaucoup dans la découverte des traces romaines dans la région qui ont confirmé la légende,ce qui a valu au site d’être classé comme patrimoine archéologique national par le ministère de la culture.
L’auteur a orienté l’assistance sur les éléments constitutifs dans l’élaboration de son livre qui puisent leurs origines dans des faits réels bien que romancés mais qui a nécessité un travail de recherche et d’investigation assez conséquent et donc une approche plus réaliste des faits produits et des personnages ainsi que leur appartenance religieuse unique dans le monde,le DONATISME qui prouve que nos origines religieuses sont diverses et c’est tout à notre honneur de lever le tabou et d’en parler sans complexe puisque nos proches ancêtres ont pu se convertir en totalité à l’ISLAM comme choix de vie et de conviction.
Le débat ouvert n’a pas permis aux présents d’intervenir puisque l’auteur n’a rien laissé au hasard et en homme averti,il a devancé les éventuels questionnements et aussi parce que le livre n’est pas disponible en Algérie et donc inaccessible à la libre lecture des uns et des autres.
Il faut dire que l’auteur a traité également de la discrimination et de l’obscurantisme dont il a fait une raison autobiographique tant les sujets lui tenaient à cœur ,il s’agit d’un rêve amoureux, traduit dans les faits ,vécu par son cousin et qui lui a valu d’être démasqué et torturé mentalement pour un droit humain qu’on ne pouvait tolérer pour des indigènes relégués au grade de sous hommes à l’époque et l’assassinat des 11 enseignantes par la horde sauvage du coté de Ain ADEN dont il fit une lecture ,non sans larmes,de ses souvenirs pénibles et insupportables que vécurent toute la population dans son ensemble ,éprise de savoir ,de liberté et de progrès.

Plusieurs associations amies ,sont venues embellir cette rencontre littéraire et culturelle dont il a manqué juste une exposition pour parfaire les interventions des Dr BENAISSA et HASSAR ,certes medecins de profession,mais tous portés sur l’art plastique depuis leur jeune enfance et qui ont constitué en leur temps, le socle de cet art à SIDI BEL ABBES pour ne pas dire en Algérie ,puisque déjà aux premières années d’indépendance ,ils eurent à affronter la gloire de leur réputation en exposant une première fois à Alger,exposition ayant émerveillé le président de l’époque el marhoum BENBELLA qui les a invité à un banquet en compagnie de leur maître et professeur de dessin au lycée el djala,lycée aek azza actuellement,Mr alberto Lopez ,réfugié politique et un être merveilleux qui a tant fait pour le développement de cet art à sba et qui mérite les honneurs de baptiser une salle en son nom au sein de ce lycée,et c’est la moindre des choses . ( l’association des anciens élèves du lycée AEK AZZA est interpellée dans ce sens ).Il ne faut pas oublier que cet artiste a obtenu le plus grand prix de ROME(Équivalent du prix Nobel dans son domaine ) , sa toile récompensée fut produite dans sa salle au lycée AZZA sur la pièce de l’avare de Molière. Dans l’escarcelle de l’équipe des élèves peintres du lycée ,plusieurs expositions dont celle où ils représentèrent dignement leur pays en suisse dans le cadre des échanges culturels entre les deux pays. Le nom de Feu Boukerche ,allah yarhmah fut souvent soulevé comme un artiste peintre de dimension internationale qui n’a pu trouvé ,malheureusement,une écoute et une aide dans son propre pays et il a fallu son exil en France pour être reconnu ,bien qu’il soit discriminé en raison de ses origines ,il a fallu trouver un pseudo pour trouver sa place légitime parmi les grands et même cela ne l’a pas épargné de l’ingratitude humaine pour des raisons racistes ,selon le Dr Ould Nebia et le généreux Farid Diaz.
Plusieurs artistes peintres de cette fameuse époque furent honorés par des cadeaux que l’association BASSMA a considéré comme l’exemple à suivre, qui n’ont pas fait de leurs études et leur art des antagonismes : il s’agit des Dr Benaissa et Hassar et le sympathique Hosseine ;elle a également honoré le Dr Driss Reffas pour son premier livre réussi et l’encourage à persévérer dans cette voie pour d’autres productions.
Mr Rahmene qui fut primé par L’UNESCO à paris pour son poème sur la condition de l’enfance par la faute de la bêtise humaine ,nous a régalé de trois autres poèmes qui obtinrent l’adhésion et l’approbation des présents pour l’effort fourni et l’encouragèrent à continuer de défendre sa passion puisque le recueil en préparation sera édité en France au printemps prochain ,selon l’auteur.
La nouvelle association « ESPACE – ESPOIR » dont la naissance a entrouvert les portes de l’espoir d’une résurrection du patrimoine matériel et immatériel de la wilaya a été de la partie dans ce café littéraire et fut encouragée dans sa nouvelle et noble mission.
En somme ,nous pouvons dire sans démagogie que ce café littéraire est des plus réussis et invite à d’autres rencontres de ce genre où l’intelligence le disputait à la routine ayant marqué certaines rencontres par le passé et laissé les participants sur leur faim. Une sincère pensée à notre ami Henni Adelkader ,absent à cette rencontre littéraire et culturelle à qui tous les présents souhaitent un prompt rétablissement.

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Posté par le Jan 25 2014. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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