La Voix De Sidi Bel Abbes

« Travelling… » avec Hassan

« Des vacances à la campagne » suite et fin…

—–Comme la meute de chiens se rapprochait des enfants, un vieillard sortit sur le pas de porte de sa zriba et les rappela. Les enfants se dirigèrent vers ce vénérable vieillard qui était chef du douar, le saluèrent très respectueusement et demandèrent où se trouve la maison de leurs oncle . Le vieillard leurs dit de continuer jusqu’au bout du douar et que les deux gourbis recouverts de diss avec un figuier devant la porte de la zriba faite branches de karouche est celle de leur oncle. Ils furent accueillis avec beaucoup de joie par leur tante. Après les questions d’usage sur la famille et sur leur douar elle leur dit d’attendre un moment et disparut dans une petite cuisine mitoyenne. Elle prépara vite vite une sebouguia en attendant le repas et le retour de son mari qui travaillait chez le colon propriétaire de la ferme qui se trouve dans la plaine où la terre était noire et grasse.

Photo d’Amirouche/VDSBA/Archives.

—–Le temps passa vite et la guerre de libération nationale éclata. Les deux frères dont le plus grand s’appelait Abbés et le petit Rabah, y prirent part chacun à sa manière. Abbés rejoignit les moudjahidines qui opéraient dans la région. Il devint par la suite caid el Arche puis chef de zone. A l’Indépendance on le nomma président d’une ferme autogérée. Lors de la décennie noire il rejoignit les patriotes et fut tué dans la région de Tanezara, non loin d’un arbre solitaire au milieu d’un champs. Il parait que les fellahs des environs ont accroché des rubans de couleurs verte-rouge et blanche aux branches de cet arbre. Si vous passez dans ces environs vous remarquerez que des femmes accompagnées de leurs enfants viennent se recueillir en ce lieu.
Rabah quand à lui rejoignit la ville de Sidi Bel Abbés où il travailla comme vendeur à la sauvette dans les alentours du marché des grabas. Il vendait tout ce qui lui tomba sous la main. Pendant le cessez le feu il rejoignit le secteur cinq de la zone 6 de la wilaya V. Très vite on le nomma responsable de la logistique (Messoul el mouna). Après l’indépendance il rejoignit la mouhafadha de… ou il se distingua par ses compétences à faire de l’argent avec tout et rien. On dit qu’il vendit même des fiches communales pour augmenter le nombre de militants. Bientôt on l’appela à de hautes fonctions à Alger durant la période du règne du Président Chadli. A force de courir à droite et à gauche dans toutes les sensibilités et les autres sensibilités il tomba malade et fut , comme grand cadre de la nation, admis à l’hôpital de Ain Nâadja. Les médecins lui dirent que son cœur était en piteux état et qu’il fallait faire une transplantation cardiaque. Mais où trouver un cœur compatible avec le sien?. On chercha partout mais rien pas de cœur disponible. Un jour le chirurgien prit la décision pour sauver la vie de son imminent patient de lui transplanter un cœur de chien. Sitôt dit sitôt fait. Si Rabah guérit et reprit son travail qui consistait à parler partout et sans arrêt. Il était sur tous les plateaux de télévision , dans les assemblées, dans les journaux etc… Il parlait tellement vite que son cœur reprit sa nature première et il se mit à aboyer partout partout et sur tout le monde. A ce qu’on dit le seul lieu ou il n’aboie pas c’est à l’assemblée nationale ou il lève sa patte sans arrêt.

NB: toute comparaison avec une personne réelle est fortuite Lire Boulgakov  »Sabatchi serça.

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@ nos Aînés par Hassan :

La solitude.

Mes enfants ont quitté la maison,
mon épouse se traîne sans raison.
entre-nous il y a comme une cloison,
qui petit à petit distille son poison.

On m’accuse de vivre à leurs dépend,
comme un gueux, un chenapan.
Moi qui n’avait qu’un désir,
protéger ma famille et la nourrir.

Je n,ai plus de valeur marchande,
aprés moi personne ne demande.
Je suis seul dans ce monde,
seul je tourne sur cette terre ronde.

Mon cœur est triste,
comme un squelette sur une piste.
Tout dans ma mémoire s’efface:
Il ne reste aucune trace.

Seul dans un appartement,
je tourne comme un dément,
personne avec qui parler un moment,
ni âme, ni livre, ni roman.

La solitude est sans âme,
autour de vous tisse sa trame,
vers le gouffre tu rames,
sans te rendre compte du drame.

La vieillesse n’est pas la joie,
plus de santé et d’intelligence à la fois.
Tout ce qui était beau et plaisir,
petit à petit se fane et se met à dépérir.

A l’horizon des nuages noirs s’annoncent,
tout autour tangue et se balance.
La terre sous les pieds s’enfonce,
il ne reste plus ni musique ni dance.

Je n’ai pas de rancoeur,
seulement je suis triste,
ceux qui remplissaient mon cœur,
ont quitté sans avertir la piste.

Je suis seul sur la route,
plein d’angoisse et de doute,
ballotté comme un sac dans la soute,
d’un navire qui n’a plus de marche-route.

Je suis fatigué de marcher dans ce désert,
sans chaleur humaine et sans repère.
je voudrais mourir comme la vague de mer,
qui aprés avoir voyagé atteint la terre.

Mes enfants ne sont plus la,
mes amis m’ont quitté,
ma femme comme un prélat,
elle est tout de noir habillée.

La vieillesse n’est pas de la joie!

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-Ndlr : L’équipe de la Rédaction de la VDSBA a pris la liberté de republier un commentaire et un poème de notre ami Hassan , aujourd’hui de circonstance à la limite du prémonitoire, d’un article de notre frère Amirouche à qui appartient le titre et la photo « Des vacances à la campagne » qui avait cartonné à 68 commentaires ! Nos sentiments fraternels à tous nos expatriés sans oublier Si Mokhtar Alfrid et…les autres !La VDSBA gardera toujours ses pages …ouvertes à ses compatriotes !

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=75444

Posté par le Jan 26 2019. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, CULTURE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

1 Commentaire pour “« Travelling… » avec Hassan”

  1. Hassan

    Ma Patrie

    J’aime ma patrie à tous les temps,
    l’été, l’automne, l’hivers , et le printemps.

    J’aime l’Algérie pendant les soirs d’hivers,
    quand le froid pénètre dans les cœurs.
    J’aime le vent qui se promène dans la forêt,
    et poursuit le chacal et le renard vers l’orée.

    Quand la pluie tambourine sur les toits,
    alors qu’on est à l’abri chez- soi,
    et l’on écoute le vent qui siffle dans les champs.
    Il nous raconte les histoires d’antan.

    J’aime les flocons de neige qui se balancent,
    et quand partout s’installe le silence,
    dans les rues, le bazar et les instances,
    en attendant le soleil avec patience.

    Puis la campagne se couvre d’herbe verte,
    de perce-neiges, de narcisses et de pâquerettes.
    Le coquelicot dans les champs se balance,
    et le blé, l’orge et l’avoine sont en abondance.

    Les oiseaux chantent dans les amandiers,
    les passereaux se rassemblent sur les oliviers.
    Les perdrix rousses courent vers leurs nids,
    ou’ les attendent avec impatience leurs petits.

    Enfin arrive la reine des saisons
    que tout le monde attend avec raison.
    Les gens accueillent enfin l’été
    et leurs visages s’éclairent de gaité.

    Puis les émigrés sont tristes,
    en colonne ils se dirigent vers la piste.
    Les vacances sont vite terminées,
    ils fond des projets pour la prochaine année.

    J’aime ma Patrie en tous temps,
    l’automne, l’hivers, l’été et le printemps.

    @ mes frères et soeurs algériens.

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