La Voix De Sidi Bel Abbes

Téléfilm: la guerre d’Algérie racontée par les deux camps. Faites un film, plus la guerre.

Le scénariste jean-Claude Carrière, ancien soldat du contingent, et le commandant Azzedine, ex-fellagha », ont choisi de confronter leurs mémoires.

Résultat : « C’était la guerre », un télefilm franco-algérien. Dialogue

Commandant Azzedine. — Ce film est né de ma rencontre avec Jean-Claude Carrière et du désir de mêler nos mémoires de guerre. A chaque fête commémorative de notre guerre de libération, je piquais une vraie colère. Tout ce que je lisais dans la presse de mon pays était une version falsifiée de l’histoire que j’avais vécue. Le pouvoir prétendait servir la Ré- volution, alors qu’en fait il la discréditait. En 1976, j’ai publié mon livre « On nous appelait fellaghas», avant tout pour dénoncer les mensonges officiels et témoigner de mon expérience.


Jean-Claude Carrière.  — J’avais un blocage. J’ai mis plus de vingt-cinq ans à pouvoir écrire sur e ma » guerre d’Algérie en tant que soldat du contingent. En 1989, enfin, je publiai « la Paix des braves ». Quand un producteur m’a proposé d’en faire un film, j’ai eu tout de suite l’idée de proposer une oeuvre double franco-algérienne.
Cdt Azzedine. — Ce film n’aurait pas pu se faire en 1988. Jusqu’à cette date, tous les films sur notre guerre d’indépendance étaient obligatoire￾ment triomphalistes. Il aura fallu trente ans pour se libérer de la prison de la censure et de l’autocensure.
J.-C. Carrière.’ — Mes souvenirs algériens sont très divers. Ce sont des souvenirs sur des couleurs, sur des parfums ou des petits faits de la vie quotidienne, sur l’ennui et les rapports étranges avec les gens. La grande différence entre le commandant Azzedine et moi, c’est que son histoire est celle d’un homme qui a choisi la guerre, alors que la mienne est celle de quelqu’un que la guerre avait choisi. Nous, les troufions, on ne savait pas pourquoi on se battait alors que le FLN n’avait aucun doute sur ses motivations. Il y a eu aussi chez moi le violent désir de comprendre comment cela s’était passé de l’autre côté, celui de ceux qu’on appelait nos ennemis Je n’ai jamais vu un « fellagha » autrement que captif. On ne savait rien de ce qui se passait dans les montagnes. Ils étaient beaucoup mieux renseignés sur nous que nous ne l’étions sur eux. Quand le commandant Azzedine m’a raconté pour la première fois l’histoire de la pénétration d’un village par ses troupes, il y mettait une telle vie que l’on voyait la scène. Elle était pratiquement écrite. On aurait pu la transcrire telle quelle. Mais nous avons voulu aller plus loin en utilisant l’arme suprême de la fiction. Nous n’avons pas raconté l’Histoire, mais une histoire qui aurait pu se passer pendant la guerre.

Le commandant Azzedine avec Jean-Claude Carrière: « Jamais deux
pays n’avaient fait ensemble un film sur
une guerre qui les avait, trente ans plus
tôt, opposés. »

Cdt Azzedine. — Tous les films réalisés en Algérie depuis l’indépendance sont d’un unani￾misme consternant. Comme si le jour même du déclenchement de la lutte armée le peuple s’était levé, instantanément, comme un seul homme. Ce qui est archifaux. L’intérêt du film vient, je crois, du fait que nous montrons pour la première fois comment nous, les fellaghas sommes parvenus patiemment à enrôler la population rurale. Notre mission était autant politique que militaire. Il nous fallait bien souvent « bousculer » les paysans pour les convaincre de nous rejoindre. Ça, aucun film n’avait osé le montrer.
J.-C. Carrière. — Le cinéma algérien n’avait produit que des films de type héroïque et, comme toujours, la réalité est beaucoup plus complexe que ce que racontent les manuels ou les films officiels. Nul film français sur cette période n’avait montré l’exécution sommaire d’un fellagha par l’armée française, ni la lente montée du racisme ordinaire au sein du contingent. Il fallait raconter comment des garçons de 20 à 25 ans, partis de la métropole avec des sentiments confus et une immense ignorance de la question algérienne, reviennent en France, trois ans après, xénophobes et racistes. La guerre est une sale école d’ignorance, de culpabilité et de connerie. Quand j’étais sur place, j’avais le sentiment que cette guerre me rétrécissait le cerveau.
Cdt Azzedine. — Du côté des maquisards, nous étions au contraire très motivés. C’est sur le terrain que nous avons appris l’importance de la lutte politique. Dès qu’on s’apercevait que l’armée française menait avec succès des opérations de « pacification » dans un village, nous nous arrangions pour provoquer des actions de répression pour que les villageois nous rejoignent. Le général Massu, par ses méthodes brutales, a été le meilleur agent recruteur du FLN. J’avais une confiance aveugle dans mes dirigeants. Mais le jour où la propagande du FLN a fait savoir que nous avions pris un village alors que ce jour-là nous étions au repos, ce fut un choc terrible. Depuis lors, je me suis méfié des mensonges officiels.
J.-C. Carrière. — Rétrospectivement, j’ai eu l’impression d’avoir vécu l’Histoire sans la voir.

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Posté par le Nov 4 2017. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

5 Commentaires pour “Téléfilm: la guerre d’Algérie racontée par les deux camps. Faites un film, plus la guerre.”

  1. Mme CH

    Cdt Azzeddine, la lutte n’est pas encore terminée…!!!

    Qu’est ce que je vous disais, « petit à petit l’oiseau fait son nid »…!!! C’est pour ça que les Corneilles noires avec la connivence des manchots nourris au fromage puant voulaient nous endormir avec leur belle Blablation empoisonnée enrobée de miel…!!! Le temps m’a encore donné raison…hélas…et pour cause:

    « Des pieds-noirs créent un Etat et veulent «un bout de territoire» en Algérie » (A.P, 4/11/2017, Karim.B).

    Dans le sillage des mouvements indépendantistes qui ont défrayé la chronique ces dernières semaines, des pieds-noirs ont décidé de créer un «gouvernement provisoire en exil».

    Le quotidien régional français Midi Libre, qui rapporte l’information, explique que cette initiative insolite «lancée il y a quelques mois (…) entre dans sa phase concrète». Il s’agit, écrit le quotidien paraissant dans le Sud-Ouest de la France, d’une sorte d’Etat «baptisé Fédération des deux rives» et dont la création a été «actée lors d’une réunion organisée près de Montpellier».

    Cette instance est présidée par P. Granès et comprend un «parlement» composé de trente-cinq «députés désignés». Le parlement est présidé par Ch.Schembré, président montpelliérain de l’Association pour la promotion du peuple pied-noir, souligne le journal, qui ajoute que le «gouvernement» est composé de treize ministres et est dirigé par J. Villard, cofondateur du «Cercle algérianiste» en 1973.

    «La création de notre Etat s’appuie sur la Convention de Montevideo du 26 décembre 1933 qui officialise le droit des peuples à se constituer en Etat. Or, le peuple pied-noir est une réalité de 5 millions d’âmes, dont 1,3 million résidant en France», explique J.Villard au Midi.Libre.

    L’«Etat» créé par les pieds-noirs comporte également des ambassadeurs et est doté d’un drapeau et d’un hymne, note-t-on. Les initiateurs de ce projet « excentrique » cherchent à acquérir un territoire «entre Gênes et Alicante». Ils ont adressé un courrier au président A. Bouteflika auprès duquel ils ont sollicité une audience pour lui «présenter l’initiative», a affirmé J.Villard, qui semble vouloir obtenir «un bout de territoire» en Algérie.

    «La création d’un Etat pied-noir n’est pas faite pour regarder vers le passé, malgré les années de souffrance et l’exode. Nous regardons « en face. Notamment vers deux pays : la France, notre mère patrie, et l’Algérie, notre berceau», a confié le «chef du gouvernement pied-noir».

    Quel culot…!! Reste à savoir quel bout du territoire algérien voudraient ils avoir…????

    Dormez les gouvernants et les intellossssss jusqu’au jour où vous serez chassés comme vos ancêtres de leurs terres et leurs maisons , eux au moins ils ont eu le courage de se battre pour la liberté…!!! le grand monsieur Malek Bennabi a bien parlé du principe de « colonisabilité » et des « colonisés colonisables »……. »Il précise aussi que dans les pays du Tiers-monde, ce n’est pas seulement les moyens matériels qui manquent pour le fondement d’une civilisation, c’est la disposition d’esprit de l’individu sans jamais l’attribuer à l’Islam, mais plutôt à la psychologie du musulman. Tout changement radical présuppose, d’après le Coran, -S. 13. V. 11-, un changement profond de l’état d’âme : «En vérité, Dieu ne modifie point l’état d’un peuple tant que les hommes qui le composent n’auront pas modifié ce qui est en eux-mêmes». Verset sur lequel Bennabi a fondé sa pensée. »

    Ding Dang Dong…!!!

  2. Mme CH

    Voici une bonne réponse aux Corneilles noires qui ne cessent de croasser depuis mars 1961, pourtant on dit que leur voix est désagréable dans sa sonorité et à cause des répétitions, alors qu’elles se taisent une fois pour toute au lieu de casser les oreilles de tout le monde..!!!

    « Le juriste Rousseau : «Les pieds-noirs ne constituent pas un peuple» » (A.P, 5/11/2017, R Mahmoudi).

    En réponse à l’idée saugrenue des pieds-noirs de créer leur propre Etat, lancée récemment dans le sillage des revendications nationalistes, notamment catalogne et kurde, le constitutionnaliste français Dominique Rousseau démonte tout l’argumentaire sur lequel ces nostalgiques de l’Algérie française fondent leur démarche pour justifier la création d’un «gouvernement provisoire pied-noir en exil».

    Ils revendiquent dans leurs missives le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Soit, mais encore faut-il que les pieds-noirs soient juridiquement reconnus comme un peuple à part entière, comme les Kurdes, par exemple, qui en ont les éléments caractéristiques. A mon sens, ce sont des citoyens français qui se sont installés à un moment donné en France», explique d’entrée le juriste.

    Autre point dénotant le caractère farfelu d’un tel projet : la revendication d’un territoire, qui est fondamental dans la construction d’un Etat viable. «Les pieds-noirs n’ont pas de territoire. Parce que, précisément, ils ne constituent pas un peuple. Leur territoire est celui de leur nationalité, la France. Ils ne peuvent donc pas se dire en exil», écrit le professeur Dominique Rousseau. Et de poursuivre : «Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne conduit pas à revendiquer automatiquement un Etat.»

    Commentant la suggestion des pieds-noirs de mettre en place un gouvernement provisoire, Dominique Rousseau la juge tout simplement «surprenante». «Le gouvernement en exil, explique-t-il, c’est de Gaulle, à Londres, lorsque son propre territoire est occupé. La première chose qu’il a faite, ça a été de montrer qu’il a un territoire. Là, il n’y a de base ni constitutionnelle, ni juridique, ni territoriale.».

    Si les initiateurs de ce gouvernement en exil tâchent de préciser qu’ils n’ont pas de territoire, puisqu’ils parlent de négociations pour «en acquérir un», l’acquisition d’un territoire, selon le juriste, ne ferait de celui-ci qu’un «territoire privé», donc dénué de compétence juridique pour édicter des règles, un code civil, un code pénal. En conclusion, c’est un territoire «juridiquement impossible».*

    C’est clair et net comme de l’eau de roche…!! Ils font tout cela pour nous empoisonner la vie……Vous êtes d’origine française, espagnole,italienne… ou autre, alors choisissez…puis mettez vos pieds dans la farine et ils redeviendront blancs….comme l’histoire du loup et de la chèvre que ma mère Rabbi Yahfadha me racontait….!!!

    Merci Mr Rousseau

  3. Imène

    Mme CH : Bonsoir ! tlm..
    J’ai lu l’article sur Ap : Complètement perchés ces PN ! On nage en plein délire dîtes moi!
    L’initiative PN n’est ni insolite , ni saugrenue , mais un projet mûrement, longuement réfléchi : il n’ ya pas de hasard en politique .
    Voilà mme CH : est ce que comme moi , tu ne crois pas que ces gens là ( qui s’érigent en « peuple PN «) n’ont en vérité osé franchir la limite de l’outrecuidance que parce que ils bénéficient de l’appui d’un quelconque parti ou lobby au pouvoir qui les aiderait justement , le moment venu , à concrétiser leur rêve du retour au pays perdu..??
    Les PN nostalgériques n’ont jamais vraiment gobé leur rapatriement, l’exil , ils disent.. est ce que retourner dans son vrai pays peut être considéré comme un exil ? L’indépendance de l’Algérie , 55 ans après , leur est insupportable.
    Les Françalgériques, les apologistes de l’ère coloniale à ce jour sont très actifs et influents , on le sait .
    La démarche des PN est préoccupante egrave : il faut attendre la réponse des autorités. Sans réfléchir une seconde , il me vient à l’esprit cette terrible comparaison ! , le décret enfin , la déclaration Balfour , nov 1917 en faveur d’un foyer national pour les « pôvres « juifs ! un petit bout de terre non pas au Royaume uni ou en France, non ! mais …tel un poignard en plein cœur du monde arabe !!
    Salam Khaytical.

  4. Mme CH

    Salam Chère amie Imènus…!!! Et comment, les orbitons de Hizb França, les gardiens des châteaux en ruine sont toujours là pour veiller au grain pour s’assurer que rien ne leur échappe….connivence oblige…!! Ces drôles d’espèces qui se prennent pour de vrais français, ces colonisés colonisables, sont à tous les niveaux de la pyramide…!

    Ces Corneilles noires ont aussi des amis comme nos larbins écrivains qui reçoivent des prix en contrepartie de leur aplaventrisme , des petites filles ninettes de Bachaghates, des enfants de La Ligeou, des News H, des Aras bleus, des manchots nourris au fromage puant……………….. et la bande des Makistes…!!

    Les autorités ne doivent pas les recevoir et doivent leur répondre par d’autres canaux, car les recevoir, serait en quelque sorte, reconnaître ce peuple mirage qui a pourtant des origines, soit espagnole, soit française, soit italienne…etc….!!! En plus, ce sont des personnes qui ont la nationalité française depuis 1830, alors quand FaFa a déguerpi d’Algérie , ils l’ont suivie, normal, puisque l’Algérie est redevenu algérienne…!! S’ils étaient vraiment algériens, ils seraient restés…mais non ils voulaient nous avoir comme esclaves c’est tout…!!

    Si les pingouins noirs veulent avoir un pays qu’ils le cherchent sur la rive Nord quant à la rive sud, elle appartient aux Autruches…!!! Hé, cessez de prendre vos désirs pour des réalités, Allez circulez, il n’y a rien à gratter….!!

    Salam Khaytical IM-16-05.

  5. Amirouche

    BON A SAVOIR :  » QUE DEVIENNENT LES COLOMBES LÂCHÉES LORS D’ÉVÉNEMENTS ?  »

     » Lors de commémorations officielles, on procède parfois à un lâcher de colombes blanches, symboles de paix et d’espoirs ( alors que ce sont eux qui créent les guerres). Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, à l’issue de ces cérémonies, les oiseaux ne sont pas laissés en liberté, ce qui est d’ailleurs interdit par la loi (en Europe). En réalité, ils rentrent dans leur colombier. En effet, ces volatiles appartiennent à l’espèce des pigeons voyageurs et ont été sélectionnés pour leur plumage immaculé. Ils ont ensuite été dressés, dès leur plus jeune age, à retourner à leur point de départ. Lors des événements, ont fait appel à des sociétés spécialisées, dont le colombier se trouve à proximité, afin de réduire le risque de voir les volatiles se perdre sur le trajet du retour.Un ultime dispositif est également prévu en cas de problème : tous les oiseaux sont bagués, ce qui permet de les identifier. »…
    ILS LÂCHENT LES BOMBES ET LÂCHENT LES COLOMBES…LES COLOMBES REVIENNENT ET LES BOMBES ….!

    A bientôt…Salam

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