La Voix De Sidi Bel Abbes

Souvenirs de la vie quotidiène à sidi bel-abbès

La vie dans notre chère cité ,pour ceux qui l’ont jadis connu ne peuvent pas oublier le parfum social et convivial de la population mixte ,conjuguant toutes les joies orientales et occidentales.

Pour parvenir à une modeste collaboration afin d’évoquer certains souvenirs de notre enfance vécue dans cette si belle ville de la Mekerra si chère à bon-nombre de ses enfants qu’est notre Sidi bel-abbès;je me suis plongé dans les archives et par bonheur j’ai retrouvé une histoire dite par une fille de l’avenue Kléber ( Lt Kheladi) Mme Joseph PUGA

Que d’émotions sur cette avenue qui était bien ombragée et avec tous ses commerces de proximité,que je dédie à mon ami MILOUA , tout en espérant qu’il n’a pas oublié cette vie de notre enfance

Nous habitions au bout de l’avenue Kleber et nos maisons étaient « surveillées » par l’important moulin Cohen, jusqu’au passage à niveau d’où nous avions une belle vue sur la Vallée des Jardins et sur la Mekerra. Le matin, les devants de porte étaient balayés et, en été, arrosés avec un seau d’eau aspergée. Puis les marchands ambulants commençaient leurs parcours en annonçant leurs marchandises en un langage bien à eux, et pittoresque. Très tôt, le poissonnier se faisait entendre de loin ; « saardinas frechcas (sardines fraîches), khourer (saurels) assar y comer (griller et manger), saardinas colcando (?) « .
Les femmes sortaient pour acheter et parfois plaisanter et le taquiner en lui disant que les sardines étaient mortes de rire des mensonges qu’il disait. Puis c’étaient les vendeurs de fruits et légumes, leur petite carriole tirée par un petit âne, qui s’arrêtaient très souvent. Ils criaient : « cancil tiicho, piissoli (artichauts, petits-pois), habas (fèves). D’autres annonçaient : « limon zitron, sasaranges (citrons et oranges).
Au printemps, des petits vendeurs passaient dans les rues en criant : « baaarago (asperges sauvages) » ; parfois ils proposaient des fleurs anémones bleues, marguerites et glaîeuls des champs. le temps venu, la majorité criait, haut et fort : « bimientos (poivrons), cebolias (oignons), tomatches (tomates). Souvent la voix perçante des marchands d’œufs se faisait entendre « beebos diizou (œufs du jour), « beebos de colon », et ils frappaient aux portes : »Chica quierres beebos de colon (Madame, tu veux des œufs de la ferme ?).
Un jour, nous étions quelques voisines autour d’un marchand de tomates, poivrons et courgettes, et nous attendions notre tour d’être servies, l’une d’elle me dit : « La fourière (la parrera) vient par là-bas et regardez Mickey, le chien de M. Ruiz, l’épicier va se faire prendre alors j’ai couru, j’ai pris dans mes bras l’adorable petit chien noir avant que l’employé
n’arrive avec ses grands outils à saisir les chiens.Mécontent ,il s’en alla vers la voiture ou gémissait dans des cages.
En été, l’arroseuse municipale passait et arrosait les rues et souvent donnait plus de pression et les trottoirs étaient mouillés. Les enfants aimaient que le jet d’eau leur mouille les jambes, mais par surprise, des fois cela allait plus haut.
Le vendredi, il y avait plus d’animation car beaucoup de musulmans allaient  se recueillir au Marabout et au cimetière de Sidi bel abbes, après le passage à niveau et c’était un va-et-vient de femmes et d’enfants.
Lorsque l’ombre et la fraîcheur le permettaient, les voisins sortaient leurs chaises devant la porte et profitaient de ces moments en attendant l’heure du dîner. A l’épicerie du coin, les enfants trouvaient leur bonheur : des petites souris, des pièces de cinq francs, des têtes de nègre, des pelles, des torsades en réglisse et des bonbons de toute sortes et de toutes les couleurs, des billes de « chigom ».
Ah ! que les cacahuètes toutes chaudes étaient savoureuses.
Ainsi se passaient les journées de notre rue, comme dans toutes les rues des faubourgs de la ville , sans doute, mais c’était notre coin
.
Moilins Cohen, photo Jean-Claude Rodriguez, détail

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=3944

Posté par le Mai 7 2011. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION, SBA D’ANTAN. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

2 Commentaires pour “Souvenirs de la vie quotidiène à sidi bel-abbès”

  1. COHEN.A

    Que de bons souvenirs que nous ne pouvons partager.Merci de nous les rappeler nous regrettons de ne pas faire profiter nos descendants et les regrets des amitiés que nous avons perdu de notre grand quartier les Ruiz les Maestre et j’en passe.
    Cordialement

  2. un parmi d'autres

    sur la vie quotidienne dans le passé dans notre belle volle de sidi bel-abbès les paroles de la chanson de Charles Trénet en disent long et je dédie ces paroles à tous ceux qui portent un amour profond à cette belle ville qui est notre sidi bel-abbès .
    Que reste -t-il de nos amours

    Ce soir le vent qui frappe à ma porte
    Me parle des amours mortes
    Devant le feu qui s’ éteint
    Ce soir c’est une chanson d’ automne
    Dans la maison qui frissonne
    Et je pense aux jours lointains

    Que reste-t-il de nos amours
    Que reste-t-il de ces beaux jours
    Une photo, vieille photo
    De ma jeunesse
    Que reste-t-il des billets doux
    Des mois d’ avril, des rendez-vous
    Un souvenir qui me poursuit
    Sans cesse
    Bonheur fané, cheveux au vent
    Baisers volés, rêves mouvants
    Que reste-t-il de tout cela
    Dites-le-moi

    Les mots les mots tendres qu’on murmure
    Les caresses les plus pures
    Les serments au fond des bois
    Les fleurs qu’on retrouve dans un livre
    Dont le parfum vous enivre
    Se sont envolés pourquoi?

    Que reste-t-il de nos amours
    Que reste-t-il de ces beaux jours
    Une photo, vieille photo
    De ma jeunesse
    Que reste-t-il des billets doux
    Des mois d’ avril, des rendez-vous
    Un souvenir qui me poursuit
    Sans cesse
    Bonheur fané, cheveux au vent
    Baisers volés, rêves mouvants
    Que reste-t-il de tout cela
    Dites-le-moi
    Un petit village,
    Un paysage si bien caché
    Et dans un nuage le cher visage
    De mon passé

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