La Voix De Sidi Bel Abbes

Souhaïla Benabid : «Mon sort est entre les mains de notre ambassadeur en Egypte»

Divorcée depuis un mois après un mariage qui a duré dix-neuf ans, Souhaïla Benabid, native de l’est du pays, maman de quatre enfants, vit l’enfer à Ghaza. Piégée, elle n’arrive pas à quitter le territoire palestinien via le point de passage de Rafah. Son ex- mari déploit ses « connaissances » et use de son influence pour la punir.

C’est une femme traumatisée que nous avons réussi à joindre hier par téléphone. Délestée de ses affaires et séparée de ses enfants, sans resources, c’est grâce à la générosité de quelques amis qu’elle réussit à survivre depuis un mois. Tout le monde ou presque l’évite et n’ose pas intervenir, de peur des représailles de son mari, un homme très influent dans la bande. Pis encore, l’administration locale lui met les batons dans les roues sur instruction de son ex-mari, directeur des affaires des ex-prisonniers et un cadre influent du Hamas qui contrôle la bande de Ghaza. « Pour avoir mon acte de divorce,  j’ai dû faire appel à une ONG, l’association « El Hayat » qui défend les droits des femmes battues ici à Ghaza, en plus, de l’intermédiation d’une organisation de défense des droits de l’homme. Mon ex-époux a accepté enfin sous leur pression, de me remettre mon acte de divorce et d’effacer mon nom de la liste des personnes interdites de quitter Ghaza via le point de passage de Rafah, seule issue de sortie ».

Elle nous raconte sa dernière tentative de passage vers l’Egypte. Munie de son passeport algérien en cours de validité et délivré par nos services consulaires au Caire, elle est descendue du bus à quelques mètres des frontières. « Le passage n’est ouvert que trois fois par semaine pour quelques heures seulement. Les Egyptiens ne font aucune différence entre Palestiniens et Algériens. C’est la même règle pour tous. Pourtant, une femme russe dans la même situation que moi a mis quelques heures pour quitter Ghaza et cela, grâce à l’intervention rapide du consulat de son pays au Caire. Je ne me sens pas en sécurité ici. Mon mari est capable de tout. Même divorcée, je suis toujours à sa merci. Il m’a battue durant des années, je sais de quoi il est capable ». Pourquoi dois-je attendre tout ce temps ?  Je suis une Algérienne détentrice d’une carte consulaire délivrée par notre ambassadeur en Egypte. Il suffit d’une simple coordination entre notre ambassade et le ministère des Affaires étrangères égyptien pour que la situation se débloque et que je sois prise en charge. Notre consul peut facilement m’aider. »
Selon nos sources, notre interlocutrice peut bénéficier d’une « évacuation sécuritaire urgente ». Une fois sur le sol égyptien et grâce à l’intervention du consul algérien, elle est escortée jusqu’à un aéroport pour quitter l’Egypte vers l’Algérie. Désespérée par sa situation et les agissements de son ex-époux, qui utilise son pouvoir pour la retenir, notre interlocutrice persiste et signe, « basta, basta, je ne veux plus rester dans cette bande, après avoir tout perdu, je n’ai plus envie de rester.

Je veux rentrer chez moi dans les plus brefs délais, et avant la fin de la période des trois mois de ma «aida», qui se terminera le 20 février prochain ». Cependant, là où le bât blesse, c’est qu’il faut attendre un mois pour pouvoir s’inscrire sur la liste de Rafah. « Après s’être inscrite, une sorte d’autorisation de passer, je dois  attendre également une quinzaine de jours . Autrement dit, je dois patienter  jusqu’à la mi-janvier, si mon mari ne fait pas tout capoter. Je n’ai pas d’argent ni ou aller pour passer encore un mois ici… s’il vous plaît aidez-moi… appellez notre consulat, faites quelque chose». Pis encore, notre interlocutrice nous a fait part d’un autre cas d’une de ses compatriotes vivant à Ghaza, qui a sollicité le consul d’Algérie en Egypte, pour permettre à son fils de quitter la bande pour  poursuivre ses études en Egypte, mais sa demande est tombée dans l’oubli.

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Posté par le Déc 11 2013. inséré dans ACTUALITE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

13 Commentaires pour “Souhaïla Benabid : «Mon sort est entre les mains de notre ambassadeur en Egypte»”

  1. benali

    Oh c’est trés délicat trop touchant Que son appel soit entendu je salue le journal pour permettre de voir ces cas douloureux

  2. Jamel

    Normalement le gouvernement algerien doit agir pour la sauver

  3. hdj

    c’est malheureux, elle est dans l’oubli, il faut que les autorités fassent quelques choses pour elle, c’est une algérienne, vous voyez elle a donné l’exemple de la dame russe que les choses lui ont étés réglés. j’espère pour elle qu’il aura une personne qui a le sang de Algérie pour la sauver in challah.

  4. badsi

    Sans bruit et sans réactions de nous tous il ya risque Je crois qu’il faut interpeller les autorités du pays tel que le dit le précédent intervenant C GRAVE

  5. tewfikhayii

    Salam,
    Normalement et dans tout pays qui se respecte,cette citoyenne aurait dû être secouru sans que cela paraisse dans les médias.Malheureusement,nos représentations diplomatiques,sont surtout des retraites dorées pour les privilégiés du système et des récompenses pour les services rendus au clan qui est au pouvoir.En principe,la Palestine est un pays  »frère »,où des cas pareils ne doivent jamais arriver.Encore,une fois où la fraternité arabo-musulmane est un vain mot.ALLAH IKOUNE FI AOUNEHA INCHALLAH,et que pour une fois, les services diplomatiques,daignent bouger leur arrière train énorme et fassent que cette pauvre dame soit assistée.
    Salam.

    • Hakim

      Mon cher Tewfikhayii ne prends pas tes rêves d’illusion à la réalité,on est pas frères du tout ,on a tendance de partir du principe qu’on est frères tu te trompes ce n’est que de la poudre aux yeux. En réalité quoi qu’il arrive compte que sur tes compatriotes et surtout pas nos consulats ou Ambassades c’est pire quand il s’agit d’aider on te demande un tas de papiers or il suffit d’un laisser passer et tu es rapatrié.On est la dent dur pour le reste du monde (arabe) d’ailleurs ils ( les arabes) ne nous considère pas arabes en particulier le Nord de l’Afrique, si ils préfèrent les « anglos-saxon » et si on a cette niaque on ne serait pas dans cette mouise,parfois je n’ai que de la haine envers le reste du monde arabe vu leur comportement et en particulier ici en Europe y’a de quoi devenir fou allié quand je lis le récit de cette compatriote Elle ne demande qu’à rentrer au pays pas plus,en espérant d’ici là que les (autorités) algérienne aurait entendu ses doléances inch’Allah.

  6. Abdelhak

    Il faudrait que des personnes de Ain Mlila contactent leur depute pour qu’il intervienne aupres des AE. Il faut bien qu’ils servent a quelque chose ces branleurs (les deputes).

  7. Abbes

    je suggére que nous écrivons au MAE Ministére des affaires étrangéres La femme est algérienne

  8. benasa

    salam alikou;voila encore une situation critique pour une de nos compatriotte ;certainement cette bonne femme a ete tromper par son ex mari a l’epoque ou les palestinien grouillet dans notre pay et c’etait man hab wa daba pour ce marier a une algerienne dupee il y on a des milliers comme elle .Actuellement ces des chinois qui font pareil et surtout les black subsaharien eux ils sont sans papier ni demeure alors conseil que je donne a nos filles qu’elles face tres attention a ces mariage mixte qui en general ne reussice jamais .Allah maakoum

  9. Mokhtaria D

    faites quelque chose de concret pour la pauvre femme

  10. abbassi mdegouti

    Regardez ce qu’avait israel pour SHALIT son gouvernement l’avait echangé avec mille palestiniens. Alors que cette pauvre femme ainsi que le jeune algerien( je m’excuse j’ai oublié son nom) qui est en train de soufrir dans les géoles du maroc personne ne pense à eux nos services consulaires ne feront rien,rien,rien c »est qu »il sont en vacances à l’etranger et n’en parlons pas des affaires.La meilleure solution c’est l’idée de ABDELHAK c’est les parents des 2 victimes algeriennes dont j’ai cité d’aller voir les députes de leur daira ou wilaya et j’éspére que ces députés ne sont pas en vacances (ragda oua tmangi) comme leurs amis des consulats

  11. zoheir

    Quand ma carte d’identité avait expiré en 1994,alors qu’il n’y avait pas encore de services consulaires à Montréal,j’ai dû me déplacer de la banlieue Montréalaise jusqu’à Ottawa la capitale pour régulariser mes papiers.Arrivé à l’ambassade,on me dit que le consul général et le secrétaire général se sont déplacés justement au patelin oû j’habite pour intervenir sur un problème d’un algérien avec les autorités policières.Au début j’étais très content que nos représentants se déplacent pour leurs compatriotes,tellement que je n’étais plus fâché d’être obligé de passer la nuit à Ottawa.Le lendemain,je rencontre le consul général et le remercie de s’inquiéter pour ses compatriotes,il me répond que c’est tout à fait normal.Il m’avait demandé de lui rendre visite et de lui remonter le moral.
    Arrivé chez moi ,je commence à faire des démarches pour le rencontrer ,et un ami à moi me dit que ce gars là,est un fils d’ambassadeur en poste dans un pays de l’europe de l’est.Pour conclure,les services consulaires interviennent pour une catégorie de personne de la nomenklatura et c’est tout.
    Ce gars là ,je ne suis jamais aller le voir et ensuite il a été renvoyer chez lui.
    Salam

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