La Voix De Sidi Bel Abbes

Smain Habbar : Le musicien comédien de la troupe du théâtre régional de sidi bel abbes.

Smail Habbar le musicien artiste a tiré sa révérence  discrètement sans faire de bruit dans  la grande indifférence  du milieu artistique après avoir consacré toute une vie notamment la grande aventure qu’a été le répertoire théâtral de l’action culturelle des travailleurs  alors dirigée par Kateb Yacine puis  celle du théâtre
régionale de sidi bel abbés .On ne dira jamais assez que cet enfant de Bad Jdid, cet enfant  élevé dans la horma du «chaâbi», cet enfant a vécu comme toute la génération de la guerre  trop d’épreuves douloureuses  et l’art a été le moyen d’exprimer ce chant profond du peuple d’autant que sa rencontre avec l’auteur de Nedjma a été
décisif dans sa voie artistique. Avec  ses compagnons  alors installés à Alger puis à sidi bel abbès  où ils seront adoptés  par les bords de la mekerra et même Smain épousera une Bélabésienne pour dire que la rencontre avec la ville a été intime  intense et émouvante. Avec  Boudiaf Tahar dit « hikma » les deux musiciens lyriques que d’airs populaires ont été les supports  lyriques de scènes tragi-comique que ce soit
dans «la guerre de 2000 ans», «Palestine trahie», «Le roi de l’ouest»    . Pour l’histoire, et selon le témoignage de kadri Mohamed  autre comédien de cette épopée nous révèlera qu’à la suite de la mort de cheikh Imam , le grand poète engagé Fouad Nejm  proposa  Smail  de travailler avec lui sur ses poèmes mais les choses n’avaient malheureusement pas abouti pour dire l’envergure internationale de cet  artiste . A bel abbès Smail était très estimé, respecté pour sa simplicité, très abordable et que de fois quand il nous arrive de prendre un café avec lui l’on ressent  une grande présence et une sorte d’aura naturelle digne des grands. Le souvenir qu’on gardera de lui sera celui d’un homme fraternel  et qui jusqu’au bout est resté poète de cœur. Smain  a tiré sa révérence laissant derrière lui un parcours honorable  certes  avec ses difficultés, ses embûches, sa mal vie, ses déceptions dont le milieu artistique  est très friand mais aussi  des grands moments de partage collectif.  Le TRSBA l’a honoré  lors du festival professionnel  et l’a inscrit sur les tablettes des grands artistes algériens.   Ainsi ses compagnons des planches que sont l’actuel directeur du TRSBA Hacene Assous , Fadela Assous , Mahfoud Lakroun , Tahar Boudiaf, Kadri Mohamed , Lemir Bensaid , Djouzi Hsissen , Krimo Bouguettouf , Djelloul Djeddi , feu Mustapha Nedjar  et Djegdou Rezki, Habieb Mohamed , Dahmane Ikariouane , et tant d’autres qui sont passés par l’ACT et les  travailleurs du TRSBA là depuis les années 1978 font partie désormais  du grand peuple du théâtre algérien…On dira à  Smain , Sidi Bel Abbès ne t’oubliera pas, tu es un de ses enfants cheikh !

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Posté par le Sep 20 2011. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

4 Commentaires pour “Smain Habbar : Le musicien comédien de la troupe du théâtre régional de sidi bel abbes.”

  1. foughali tenes

    nos condoleances a la famiille du defunt artiste.sans la voix desba je laurai pas su je remercie waheb mouar.

  2. Massilia

    La presse de proximité a le devoir d’informer l’opinion publique sur le vécu de cette troupe théâtrale de Kateb Yacine dont faisait partie feu Smaïn Abbar.Les non dits font souvent plus de mal qu’un demie vérité.
    Non seulement la troupe de Kateb Yacine eût un parcours artistique transnational mais elle reste aussi une troupe d’exilés politiques à l’intérieur du pays;elle représente la culture algérienne réprimée et éloignée d’Alger par le pouvoir de l’époque qui ne pouvait emprisonner Kateb Yacine et ses camarades tant il était célèbre dans le monde et aurait fait de l’ombre à ces soi-disant redresseurs révolutionnaires du 19 juin 1965.Redresseurs qui « chassèrent » tant d’intellectuels de la post Indépendance comme l’illustre Boudia assassiné par le Mossad en 1973 à Paris pour son engagement avec la Révolution Palestinienne.Mohamed Zinet s’en alla lui aussi après la sortie de « Tahya ya Didou » et joua dans le film français «  »Dupont la joie »puis déambula d’asile en asile psychiatrique jusqu’à y en mourir !
    Redressement « révolutionnaire » qui sacrifia tant d’artistes et autres algériens au nom du pouvoir aveuglant et charismatique d’un mortel comme les autres créatures d’Allah !

  3. mouloudsaidani léveilley

    c’est aujourd’hui que j’ai appris le décès de mon frère feu smail abbar de léveilley par un chanteur chaabi de léveilley et j’ai su que la commune d’el maqqaria ne pense jamais à sa culture, elle oubli ses enfants qui ont honorés la commune

  4. D.Benchenouf

    Je viens juste de découvrir cet article. Quelle grande perte! Rabi yerhmou Smain. C’était mon ami. Ainsi que Mahfoud, Ait Mouloud. La dernière fois que je l’ai rencontré, il y une douzaine d’années, il était fortement déprimé, ébranlé dans son mental. Il ne pouvait plus jouer du banjo. Ya hasrah 3la eddenia. Queelle tristesse.

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