La Voix De Sidi Bel Abbes

SIDI YACINE ET LE RECIT D’UNE NUIT D’ENFER (54 eme Anniversaire) UN 15 MAI 1962. Par notre ami Mr Boudjakdji Mohamed.

boudjakdji

Mr Boudjakdji Mohamed

Gré d’un heureux hasard Jeudi dernier lors du passage du généreux groupe de BESSMA NET chez le doyen des IMAMS EL-HADJ BENAOUM, notre ami Mohamed Boudjakdji avait tenu à placer quelques mots sur les événements sanglants qui se sont déroulés il y a 54 ans de cela à Sidi Yacine, son intervention faisait suite à celle d’une autre grande mémoire en l’occurrence notre ami et frère le prolifique Mr Kadiri Mohamed qui avait tenu à situer notre bref passage au tour de deux événements historiques à savoir le 08 1945 à Sidi Bel Abbés et en Algérie ainsi que le 19 Mai 1956 avec le sacrifice inoubliable des lycées et étudiants martyres de Sidi Bel Abbés à l’instar d’autres de notre cher pays. Je ne vais pas m’éterniser en vous laissant suivre la totalité de texte relatif aux événements sanglants qui se sont déroulés il y a 54 ans de cela à Sidi Yacine et que notre ami à titré ainsi : SIDI YACINE ET LE RECIT D’UNE NUIT D’ENFER (54 eme Anniversaire) UN 15 MAI 1962 et que notre ami le Kaïd BOUDJAKDJI vient de publier sur sa page facebook ainsi on a estimé de le partager pour marquer ce 54 eme anniversaire et ce après avoir obtenu l’accord de l’auteur. Bonne lecture.
Par Ayadoun Sidahmed.
Mohamed Boudjakdji.3 h • SIDI YACINE ET LE RECIT D’UNE NUIT D’ENFER (54 eme Anniversaire) UN 15 MAI 1962.Par cet article destiné à faire connaître à nos jeunes générations quels sont ceux et non des moindres qui ont soutenus et favorisés les crimes de l’OAS et des partisans de L’Algérie française, en sortant du cadre de leur mission pour bassement se prosterner aux pieds des criminels, je citerai en premier lieu le général Raoul salan et Jean-Jacques Susini qui était l’un des talents les plus actifs de la cause de l’Algérie française. Il n’avait pas 30 ans quand, en 1960, il organisa la Journée des barricades à Alger, puis fonda l’OAS, au côté du général Raoul Salan.Les injures trouaient la nuit et s’abattaient, accompagnées de projectiles divers, sur la patrouille de gendarmerie. Puis, après un coup de sifflet, le tintamarre emplit les rues du centre de la ville. C’était le nouveau jeu. La riposte des pieds-noirs aux opérations de dissuasion policières. A l’abri derrière leurs volets, ou en chemise sur leurs balcons pour les plus courageux, les Européens frappaient sur des casseroles ou des poêles à frire les trois coups brèves et deux longues d’Al-gé-rie Française.
Je me souviens aussi des jours qui ont suivi le 19 mars 1962, et à chaque immeuble il y avait un habitant qui faisait le sentinelle, il m’arrivait de faire le gué avec mon père mais au bout d’une heure je m’endormais et le matin je me trouvais dans mon lit.Par ce témoignage Je voudrais faire appel à tous les Bel Abbésiens qui ont vécu l’après 19 mars 1962 et tout spécialement ceux qui ont habité les immeubles Diar Sidi Yacine .Cette cité était connue par son appellation (batimate el Badsi) .Je ne peut cité le nom de toute les familles qui résidées mais il est de mon devoir de faire appel aux autorités de la wilaya de Sidi Bel Abbes et en occurrence l’association des Moudjahidines pour commémoré la nuit sanglante du Mardi 15 Mai 1962 qu’ont vécus tout les habitants de la dite cité et spécifiquement ceux du Bâtiment F2. Cette nuit ,a été le plus grand cauchemar de notre vie avec l’assassina de six membres d’une même famille ,le père, la mère ,les enfants Boubekeur l’ainé ,Slimane qui avait notre âge Rziga et Khadra ,quant, à la petite Houaria qui n’avait pas encore trois ans, sa maman l’ai mise entre ses jambes et sa poitrine , mais les balles l’ont quand même atteint et c’est a Tlemcen qu’elle a été hospitalisée, et grâce a Dieu elle est toujours vivante et elle vient de prendre sa retraite de l’enseignement. Monsieur Wahrani qui était mon voisin mitoyen a été lui aussi assassiné avec une autre personne qu’il avait hébergée pour les circonstances .Je vis le même cauchemar tout les ans. A cette époque, j’avais 14 ans. Pouvez-vous imaginer le spectacle? Tout au long de cette guerre j’ai été confronté à de multiples scènes de massacres, de violence de la part des légionnaires sinon de la police et ensuite de l’OAS.
Mon souhait et de voir un jour cette cité baptisée au nom de la famille Zaïdi .
Boudjakdji Mohamed dit Hamdan témoin oculaire.

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Posté par le Mai 15 2016. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

10 Commentaires pour “SIDI YACINE ET LE RECIT D’UNE NUIT D’ENFER (54 eme Anniversaire) UN 15 MAI 1962. Par notre ami Mr Boudjakdji Mohamed.”

  1. Mme CH

    Merci pour ce récit émouvant…!!! Une vraie nuit d’enfer, mais ce n’est rien devant l’enfer que ces criminels barbares vont subir la haut…!!!! Ce sont des traumatismes intentionnels qui vont rester pour toute la vie et vont peser lourdement sur la santé (surtout morale) des victimes et des témoins et sur leur avenir affectif et social…!!!!! La preuve, l’auteur de ce récit a dit: « j’avais 14 ans. Pouvez-vous imaginer le spectacle? Tout au long de cette guerre j’ai été confronté à de multiples scènes de massacres, de violence de la part des légionnaires sinon de la police et ensuite de l’OAS…. »…!!! Et maintenant , les Pieds noirs nostalgériques et les Sionistes profitant de la situation politique et économique de leur pays sont en train d’ériger des stèles, ici et là, à la gloire de ces terroristes, et on se demande d’où vient le terrorisme……?? Enfin si les stèles peuvent apaiser leur rage et leur haine…….????!!!! Comment peut-on oublier ou pardonner ce que FaFa a fait aux algériens,………… aucun colonisateur n’a fait ce que la France coloniale a fait aux colonisés…!!!

    Par ailleurs, les autorités doivent réagir à la demande de Mr Boudjakdji, concernant la commémoration de la journée du 15 mai 1962 et la baptisation de la cité au nom de la famille Zaïdi dont 6 membres ont été décimés d’un coup, car pour moins que ça, certains ont eu leur nom gravé sur des rues ou des établissements…!!!

    « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » …!!!!

  2. SBA

    Merci et bravo pour ce rappel.

  3. Amirouche

    BOUDJAKJI,

    Salam,

    C’est avec beaucoup de mal et de peine que je lis ce genre de récits. On assassinait partout les « algériens »…Mes cousins Balale, Youb, Abdelkader et cinq autres hommes d’Amarnas, travaillant leur terre, ont été enlevés, assassinés et jetés au cimetière de Moulay Abdelkader…Allah yarhamhoum
    Si Mohamed, pour les chouhadas de SidiYacine, s’agit-il du bâtiment F3 ou F2 ?….J’y reviendrai avec plus de détails car je connais un témoin oculaire que j’appellerai ce soir .

    Fraternellement

  4. boudjakdji mohamed

    Si Amirouche , Bonjour! il s’agit du Bt F2 , l’appartement qu’occuper la famille Zaidi se trouvait au 4eme étage et elle portait le n° 209 quand a mon voisin Wahrani , il habitait le n°194 et moi le 195. C’est l’immeuble ou habitaient les Chadli, les Mérad, les Hamidi, les Kébir, les Sid Mrabet, les Morsli, les Bouasria,les Zaidi. les Wahrani, les Bentala,

    • Amirouche

      Boudjakdji Mohamed,

      Salam,

      Avant de « raconter » mon histoire, je tiens à vous dire que votre commentaire est clair, net et précis. El hadj KADIRI a dû, par inadvertance, citer le bâtiment « F3″ dans une de ses contributions, je le cite  » …. Au quatrième étage du HLM bâtiment F3 à 60 mètres de la demeure de votre serviteur, six personnes de la famille Zaïdi ont été toutes passées à l’arme. Un bébé survivra, aujourd’hui enseignante à Sidi Brahim… ».

      Comme promis, j’ai téléphoné à la personne concernée, au fait! c’est mon oncle, il est malade et très fatigué suite à une erreur médicale, il n’a pu donc me répondre « clairement ». Par contre sa femme m’a parlé d’une autre horrible histoire d’assassinat. C’est celle de madame Benabou Moudjillali, fille de Hamdane, qui est encore vivante. Cette dame enceinte à terme, accompagnée de son mari Ahmed et de son père Saïm, ont pris la route pour qu’elle accouche à Tlemcen. En sortant de Sidi-Bel-Abbès, une rafale d’arme automatique s’ouvre en direction de leur voiture, tuant sur le coup son mari, son père, avec une balle dans l’omoplate, a pu prendre la fuite, et la pauvre Moudjillali, ayant son pouce amputé, a fait la morte, en s’aspergeant de son sang sur son visage. Malheureusement le salopard d’assassin a su qu’elle était vivante et il lui a visé directement le ventre, tuant ainsi le « bébé »…Après avoir passé plusieurs opérations à Tlemcen, puis à la clinique Raynal ou (René) à SBA, Moudjillali survivra miraculeusement à ses blessures, . Dieu lui a prêté longue vie malgré les balles qui lui ont déchiquetées l’abdomen… et oui ! elle est encore vivante et habite le Long d’eau( Lando) …
      A nos historiens de bien vouloir prendre le « vrai » témoignage de cette femme, et des familles de tant d’autres civils lâchement et sauvagement blessés et tués. Faites le au moins pour la mémoire des morts « oubliés et inconnus » de notre histoire Bélabessienne, dont vous êtes tenus responsable..et c’est plus « sûr » que du bouche à oreille.
      NB: Cette histoire m’a été racontée aujourd’hui par une dame âgée, il peut y avoir donc une confusion de noms…Corrections « bienvenues ».
      Si Boudjakji, avec toutes vos connaissances, nous serions très heureux de lire un livre en votre nom…
      Merci encore une fois.
      Fraternellement.

  5. Cheniti Gh.

    @ mon frère Hamdane , Salam,
    Le titre ,en lui -même , résume les souvenirs douloureux de cette nuit sanglante vécue par
    la famille Zaidi et les citadins.Les Sid el Mrabet étaient 4 frères ( Mohamed El khadar( local
    au Bt F1 de fruits et légumes ) Okacha ( Bt F2 ) Kouider (Bt F2) et Hocine (Bt A )mon grand père maternel.. Cet événement , je me le rappelle …………..cette nuit là, nous étions chez mon grand père Hocine , qui avait déménagé dans sa nouvelle grande maison sis rue Descartes , prés des bâtiments ,et le lendemain avec mon cousin , Ali ,nous nous sommes déplacés sur les lieux et nous sûmes que la horde sanguinaire avait emprunté le chemin non gardé de « Jnane ammi Bekhaled  » et se sont faufilés jusqu’à l’appartement des ZAIDI ( Allah yarhamhoum). La guerre, on la croyait ( dans nos très jeunes esprits de gosses de bas âge)
    entre soldats mais là le choc était tout aussi immense que notre tristesse de voir une famille civile massacrée et…dans leur sommeil en plus !!!!!!! Monsieur Boudjakji , mon frère vénéré, je te remercie pour ce rappel . Oui ce n’est qu’un rappel d’ une histoire traumatisante qui nous
    oblige tous à demander avec force la réalisation de ton souhait (Allah yeklef ââlik ) à savoir :
    baptiser au moins le bâtiment F2 du nom de la famille ZAIDI . Bonne soirée , Allah yerham
    Echouhadas .

  6. Imène

    Un récit poignant !
    Allahoma Arham chouhadaana ..Allahoma Aj3el mathawehoum el jenna ..Amiiiin .

  7. mohamedDD

    Salem à tous, merci pour ce récit et il en y a d’autres pire, surtout dans les villages et douars où ils étaient très vulnérables, Allah yarhamhoum Allah yakhoud el Hak.
    M. Boudjakdji, l’intention est bonne mais baptisée la dite cité ou Bt est votre souhait uniquement ou le souhait de cette famille martyre Zaidi, beaucoup de braves gens ne voudraient en aucun cas baptiser, rapporter un docu, … A propos de baptisation, vous me rappelez mon passage dans ma ville de Sidi Bel Abbés le mois mars passé, et j’ai toujours eu le plaisir de faire un tour au centre ville (mémoire) peut être je rencontrerais une personne de connaissance mais quelle était désillusion, je suis devenu except pour ma famille, un étranger.
    J’ai aperçu de nouvelles plaques – à l’instant, je retrouve un article de presse quotidien national « Reflexion »: SIDI BEL ABBES : Fin de l’opération de baptisation des lieux et des édifices publics Première wilaya du pays à avoir achevé l’opération de baptisation des rues, avenues et quartiers non baptisés Sidi Bel Abbés se distingue, selon la directrice de la gouvernance locale au ministère de l’intérieur et des collectivités locales, Fatiha Hamrit.
    c’est que en longeons de coté la grande mosquée Abou Bakr Allah l’Agrée, l’opposé à la salle d’ablutions, la rue baptisée récemment (une nouvelle plaque ou écriteau,..) au nom de ……………………………………… l’inspecteur clauzet si je me trompe pas, j’ai grandi sur les hauteurs de la dite cité et mes études et travail m’ont en éloigné, et de mémoire auprès de ma famille et les moudjahidines parents et amis à mon père, j’avais entendu ce nom !!!!!!!!!!! d’ailleurs voilà plus de 50 années sont passées depuis l’indépendance et ce n’est que maintenant, qu’ils rebaptisent (des étrangers à SBA, dans l’ignorance totale de l’histoire, …..ceux qui ont vécu ces évenements douloureux sont morts Allah yarhamhoume ou très vieux et …………………aucune réaction bien sûr des services concernés moudjahidines,….
    (j’ai dit à mon frère qui m’accompagnait, c’est pas l’inspecteur clouzot!!!! au moins il est connu à travers tv,……)
    Qu’Allah nous protège

  8. ABBES2

    Bonjour tout le monde.
    @Mr BOIDJAKDJI. Votre récit est vraiment émouvant et poignant. Je connais deux habitants de cet immeuble vous devez surement les connaitre; le premier est Said Sid mrabette, le deuxième est Hbib Taoui. Mais je n’ai pas trouvé l’occasion de les demander si l’école Eugène Etienne a été incendié la même nuit .Et d’après ce qu’on m’a dit les batiments sidi yacine ont été tout évacuer. لاحول ولا قوة إلا بالله

  9. boudjakdji mohamed

    Si Abbes 2 , Bonsoir ! Saïd sid Mrabet habitait au rez de chaussé du Bt F2 au n°186. Coiffeur de métier et il avait le salon de coiffure dans ce Bt même.Taoui aussi faisait parti du décors de la cité comme nous tous. Qand a l’école Eugène Etienne a été incendié bien après l’évacuation de toute la cité ainsi que du bidon ville qui était en face.

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