La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi Bel Abbès : Une autre facette sur l’émir Abdelkader développée par Monseigneur Tessier.Par notre ami A.Belamri

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Hier 20 novembre 2014 à la chapelle de Sidi Bel Abbés à 16h30 ,eut lieu une conférence animée par Monseigneur TESSIER ayant pour thème  » LA RELATION DE L’ÉMIR AVEC LES CHRÉTIENS « ,titre qui pourrait prêter à confusion tant l’islamité prononcée de l’Émir était sans équivoque mais qui démontre ,une fois développé ,la nature humaine de l’Émir qui était en avance sur son temps sur ce qu’on appelle aujourd’hui les droits de l’homme et la croix rouge internationale. Cette personnalité aussi complexe d’ingéniosité et d’humanisme n’arrête pas d’intriguer les chercheurs et les historiens sur sa nature d’homme engagé pour son pays et son peuple mais aussi sa nature humaine généreuse et tolérante envers les autres confessions ,qui lui valurent une reconnaissance et beaucoup de sympathie du camp adverse.

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Bien qu’au début des hostilités, les officiels de l’église étaient en faveur de l’occupation de l’Algérie dans le seul esprit de croisade, la cruauté de l’armée et ses généraux sanguinaires ,en direction du peuple algérien, qui voyaient très mal l’intermédiation de l’église dans le conflit entre l’armée et l’Émir,leur a quelque peu ouvert les yeux sur la réalité du terrain, et leur relation avec l’Émir s’est manifestement portée sur le respect et la dignité de chaque camp. L’Émir était un homme de parole ;il acceptait mal la trahison des généraux français de passer outre le traité de la Tafna qui signifiait son exil dans un pays musulman ,en l’occurrence ALEXANDRIE ,pour l’emprisonner dans des conditions bestiales à TOULON et cela l’a contraint à la méditation et la spiritualité pour vaincre sa condition inhumaine et celle de sa smala;il s’est senti beaucoup trahi par ses proches et ses amis ,qui ont retourné leur veste ,que par l’ennemi auquel il voue du « respect « en tant que prisonnier de guerre et avec qui il continue de mener des pourparlers pour son transfert en Turquie puis en Syrie,sa destination finale.

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Son combat pour les droits de l’homme et sa droiture dans sa relation avec les chrétiens l’ont élevé à un stade où seuls quelques figures de l’humanité y ont accédé ;il sert d’étude de cas dans presque toutes les universités du monde ,il doit servir de modèle pour ce qui se passe dans le moyen orient,actuellement , où les chrétiens subissent les affres de obscurantisme;de son temps il s’est opposé fermement et avec succès au massacre des chrétiens à DAMAS,en les protégeant et leur garantissant leurs droits.Il a même refusé ,par principe ,d’être intronisé ROI de cette contrée qui englobait la Syrie et le Turquie. Tenant à sa parole envers l’état français ,afin de sauver son peuple des affres de la guerre ,de ne plus retourner en Algérie ni de faire de la politique , l’Émir refusa à son propre fils de se joindre à l’insurrection d’ELMOKRANI en 1870 ,pour participer à la guerre. Parmi les indications qui le singularisaient des autres religieux pour sa tolérance et son humanisme en direction des autres confessions ,il répondit par lettre à un évêque qui lui demanda de libérer l’intendant de guerre fait prisonnier en traversant les terres sous sa tutelle : que si vous êtes un homme de Dieu et que vous considéreriez les hommes égaux ,vous auriez signifié la libération des 300 détenus dans nos prisons au lieu du seul intendant.

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L’Émir prôna toujours le précepte religieux « Faites aux autres ce que vous voulez que l’on fasse à vous-même « . Il a autorisé la présence d’un aumônier dans ses prisons pourvu qu’il ne se mêle pas de politique,d’où la question qui pourrait tarauder les esprits ,est-ce que L’ÉMIR était laïque dans son comportement en tant que chef de l’état ? Il disait qu’au nom de la charia et les droits de l’homme,je me dois de me comporter avec les chrétiens comme je me comporte avec les musulmans puisqu’ils sont tous les créatures de Dieu. Monseigneur DUPUCH admirait beaucoup l’Émir et privilégie sa relation dans ce qu’elle a de tolérant ,de juste et d’intelligent à tel point que l’armée voyait du mauvais œil ce rapport humain construit autour du respect et de la courtoisie ,ce qui lui a valu d’être assigné à résidence à BORDEAUX.

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Je pourrais ne pas finir d’écrire tant la conférence était pédagogique ,circonscrite au sujet mais dense dans son contenu. Le débat qui s’en suivit fut d’une haute facture et cerise sur le gâteau ,n’est pas sorti de son contexte et tourna autour du dialogue inter-religieux entre la communauté musulmane et chrétienne ,la franc- maçonnerie de Abdelkader et son caractère antinomique avec l’islam , l’ambiguïté de la position de Abdelkader sous le règne de Napoléon III etc….. En tous les cas ,jamais une conférence autour de la vie de Abdelkader organisée à Sidi Bel Abbès  et à laquelle j’ai assisté n’avait suscité autant d’intérêt d’un débat fructueux et utile dans le contexte actuel.

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URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=56482

Posté par le Nov 21 2014. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont actuellement fermés.

27 Commentaires pour “Sidi Bel Abbès : Une autre facette sur l’émir Abdelkader développée par Monseigneur Tessier.Par notre ami A.Belamri”

  1. Fethi

    c toujours intéressant de savoir sur ce grand combattant et héros national mais je crois que beaucoup ne savaient pas sur cette conférence

  2. Ourrad khaled

    @Si AEK B Vous êtes toujours actif .l’émir a toujours besoin de nouveaux éclairages surtout pour nos enfants qui n’ont pu accéder a toutes ces données supplémentaires.

  3. LACARNE ABBES

    Dommage que l’information n’a pas suffisamment fonctionné pour permettre au grand nombre d’assister à cette conférence donnée par un grand engagé et ami pour l’Algérie .D’après les échos,cette conférence fut une réussite et confirme la grande valeur humaine et spirituelle reconnue à L’EMIR ,en plus de son courage et sa bravoure en sa qualité de guerrier ,combattant émérite.
    Nous a

  4. LACARNE ABBES

     »(SUITE ) de mon commentaire:
    Nous apprenons,à chaque occasion , davantage sur cette icone algérienne qui a ébloui de par son humanisme et sa tolérance ,la terre entière alors que nous assistons actuellement sans brancher à toutes les cruautés et les sévices alimentés par les extrémismes religieux de tout bord.Bravo à la voix de SBA de nous alimenter en informations sur ce genre d’événements sur la vie de nos héros.

  5. jamel

    Même pas sur Facebook. Peut être à cause de l’exiguïté de la salle Heureusement ça est companse par le résumé et photos.

  6. tewfik adda boudjelal

    Monseigneur Henri Teissier, confirme, que l’Emir Abdelkader a donné, un fondement à la réflexion sur la tolérance inter interreligieuse et un véritable engagement pour les droits de l’homme.
    L’engagement de l’Emir, pour protéger les chrétiens à Damas en est la preuve concrète et remarquable de cet engagement. Les motivations, religieuses et droits de l’homme de l’Emir, donnent « une véritable base  » à la relation interreligieuse. Ces principes, confortent une approche pacifiée entre Christianisme et Islam.

  7. Hamid

    Espérons que la communication ne soit pas un maillon faible pour faire tâche utile.

  8. BELAMRI abdelkader

    Vous auriez assisté à cette conférence ,vous seriez très affectés par la modestie de monseigneur TEISSIER,son sens de l’écoute et de la tolérance en acceptant sans aucune saute d’humeur les critiques parfois acerbes de certains intervenants en répondant sans certitude aucune ,mais seulement par les connaissances acquises en terminant son intervention par :WALLAH A3LEM ,laissant le débat se dérouler et aboutir à une forme de consensus qui a fait que la conférence fut une réussite et en appelle d’autres de ce genre ,relativement courte et donc non ennuyeuse,accessible à tous de par son contenu et la méthode utilisée,permettant à chacun de se construire son idée sur le thème développé afin de participer au débat.

  9. Le Roi est mort ,vive le Roi

    Je reprends mon commentaire ;Une question qui vient à l’ESPRIT et qui puise sa raison de la littérature française prolifique faite autour de la personnalité de l’EMIR ABDEL-KADERet qui vise à encenser le seul véritable héro de l’Algérie contemporaine de par sa stature ,sa bravoure et sa dimension spirituelle ,je veux dire est-il innocent de la part des français d’accorder de tels éloges à un ennemi juré sinon pour augmenter l’ambiguïté cultivée en toute pièce concernant ce vaillant guerrier qui a tenu tête à toute une armée avec ses centaines de généraux ,dans le seul but de diminuer de sa stature en laissant croire qu’il s’est rendu mains et pieds liés alors que dans sa stratégie et les rapports de force en place ,il a évité à son peuple de subir le génocide d’une armée cruelle et sans vergogne ,épargnant ainsi aux civils de subir la vengeance de ces légionnaires de la colonisation.La question mérite ,à mon sens ,d’être posée .

    • Mme CH

      Très perspicace, votre Majesté….!!! Mais comme il y a plus royalistes que le roi, les roitelets n’oseront pas répondre à votre question très pertinente…..!!!
      L’Emir et sa relation avec les Chrétiens s’est passée dans un espace, un temps, une socité, un environnement et des circonstances différents, de la nôtre….!!!! Et « Chaque époque engendre son héros »…!!!

      Je voudrais bien que l’Ex Archevêque d’Alger Mr TEISSIER qui a été installé en Algérie en 1946, nous dise, comment devait-on nous comporter envers les Chrétiens qui ont agressé et colonisé des peuples en leur infligeant toutes sortes d’atrocités, d’esclavagisme, de discrimination…etc…..!!! Des peuples considérés comme une race inférieure que les chrétiens sont venus civiliser…!!??

      Par contre la noblesse, l’humanisme et l’islamité de l’Emir Abdelkader lui ont dicté la conduite à tenir envers les Chrétiens qui ont été persécutés par les Druz en Syrie….!!!

      Seulement, l’église représentée par l’Archevêque d’Alger Charles Lavigerie, pensait autrement:

      « Il faut relever ce peuple, il faut cesser de le parquer dans son Coran, comme on l’a fait trop longtemps par tous les moyens possibles, il faut lui inspirer, dans ses enfants du moins, d’autres sentiments, d’autres principes, il faut que la France lui donne, je me trompe, lui laisse donner l’Evangile, ou qu’elle le chasse dans les déserts, loin du monde civilisé… Hors de là , tout sera un palliatif insuffisant et impuissant ». (C. Lavigerie : Lettre pastorale du 6 avril 1868).

      « Pour rappel, dès 1827, le marquis de Clermont Tonnerre, ministre des Affaires étrangères de Charles X, écrivait à propos de la Régence d’Alger : «La providence a permis que Votre Majesté fut brutalement provoquée dans la personne de son consul, par le plus déloyal des ennemis du nom Chrétien. Ce n’est peut -être pas sans des vues particulières qu’elle appelle ainsi le fils de Saint-Louis à venger à la fois la religion, l’humanité et ses propres injures…Tout porte à croire qu’une véritable croisade est prête à éclater, ou plutôt qu’elle est commencée, malgré la perfidie de ceux qui sont alarmés, malgré la perfidie de ceux qui sont Chrétiens, favorisant secrètement les sectateurs du Prophète… En résumé, Alger doit périr si l’Europe veut être en paix. C’est pour tous ces motifs que je supplie Votre Majesté…de prendre une détermination par suite de laquelle vous vengerez la Chrétienté en même temps que vos injures »…..!!!!

      Que pensez-vous…..????

      • Mme CH

        Votre Seigneur est un homme d’expérience, sage et sait ce qu’il est entrain de faire….!!! C’est sa mission dans la vie….!!! Je respecte son dévouement pour sa religion….!!!! Ebki 3lina Hna….!!!
        Heureusement , que vous avez dit: « selon ma lecture », car chacun à sa propre lecture…..!!! L’archevêque n’a pas choisi ce thème pour rien, mais il faut savoir lire entre les lignes pour percevoir son message et c’est de bonne guerre…!!!

        Question pertinente, « que vient foutre Lavigerie…? » dites vous…??? Eh bien, Messieurs Lavigerie et Teissier font partie de la même Eglise catholique, même s’ils n’ont pas la même approche, peut être même certaines idées différentes…mais, leur objectif est le même, c’est servir leur religion….???!!!! J’espère que j’ai été claire sinon tant pis….!!!! Parce qu’en général, je m’adresse à ‘Eli Yafehmouha W Hiya Tayra’

        Bonne continuation à La Chapelle de Sidi Bel Abbés…!!! Petit à petit l’oiseau fait son nid….!!!!

  10. elhadj abdelhamid

    Bonsoir
    Le Traité de Tafna, conclu entre Abdelkader et Bugeaud le 30 Mai 1937 est un traité de partage.
    L’armistice, et non la reddition ( l’Emir n’a jamais perdu une bataille contre les Français ) est une décision ( politique et non militaire ), concertée au sein de son « Etat Major » et proposée par Abdelkader à Lamoricière le 21 Décembre 1848. Conclue, elle a consacré la situation militaire de « ni vainqueur, ni vaincu », chaque partie ayant posé ses conditions, acceptées mutuellement. Celle, principale, de l’Emir, entres d’autres, une Hidjra « libre » en terre musulmane pour lui et sa deïra, acceptée par Lamoricière et ratifiée par le duc d’aumale ( le fils du roi, gouverneur de l’Algérie, successeur de Bugeaud depuis 1847 ).
    L’Emir, fidèle à l’esprit de la symbolique cher aux Algériens, avait tenu à signer « la paix des braves » dans le mausolée de Sidi Brahim, sa dernière victoire ( contre Montagnac ) et avait, non sans arrière pensée aussi symbolique, demandé, sinon Alexandrie, la ville de Akka ( Saint Jean d’Acre ).
    Dans la campagne d’Egypte, Napoléon , qui avait déjà essuyé de lourdes pertes à Ghaza ( Ah Ghaza ), n’avait pu prendre Akka malgré un long siège. Battu, il se résigne à la retraite en jetant, dit la légende, son chapeau bicorne derrière les remparts de la ville en criant, en substance : A Akka que mes pieds n’ont jamais foulé, j’offre mon bicorne !

  11. SIRGHAZ

    Est-ce que la France même contemporaine ,reconnait-elle sa trahison envers Abdelkader ? non au même titre d’ailleurs que le refus de sa repentance pour son génocide durant la dernière révolution armée algérienne.
    Merci Hadj Abdelhamid pour ce complément d’informations et non comme d’autres qui essaient de casser le débat en introduisant des éléments échappatoires à l’essentiel.EL F’HAMA MECHI SAHLA

    • OUERRAD en squatteur

      SIRGHAZ ???? sa carbure , deux commentaires et pas des moindres , merci et bravo , moi je dirais SUPER SANS PLOMB ????

  12. Mehdi

    J’aurais voulu que l’accent soit plus prononcé sur le fait qu’il a été le premier à donner tous les droits actuels aux prisonniers de guerres qu’il capturait lors de ses batailles avant toutes les conventions de Genève ( surtout 1906-1929-1949..) et que le monde occidental n’arrête pas de se targuer d’être le premier initiateur…ce seul point mérite à lui seul des dizaines de conférences tant que le sujet est important que l’émir n’a pas encore eu les honneurs et la place mérité dans l’histoire de l’humanité qu’il devait normalement occuper …

  13. BADISSI

    est ce que les chrétiens disent notre cheikh pour un Imam ?? alors pourquoi nous on dit Monseigneur c’est leur seigneur plus logique on dit Monsieur le curé

  14. Mme CH

    Dans un article de Chems Eddine CHITOUR, du 29 mai 2012, intitulé:  » La colonisation de l’Algérie : prosélytisme pour les uns, laïcité pour les autres » On peut lire ce qui suit:

    Après la conquête physique, conquête où les militaires français, avec à leur tête, les vaincus de Waterloo, comme de Bourmont, ce fut le tour du projet de conquête morale confiée aux colons et aux hommes d’Eglise. Il n’était pas de ce fait étonnant comme le note M.Lacheraf, « le comportement des colonisateurs prolongeant celui des Croisés du Moyen Age, dont on se réclamait noblement comme d’un titre de gloire impérissable, ne se fut trouvé dans cette longue chaîne de permissivités, d’agressions méritoires, d’actes belliqueux, provocateurs ou d’intimidation envers l’Autre ; l’éternel ennemi ».

    Lorsqu’elle prit possession des biens du trésor algérien, la puissance coloniale feignit de s’engager à « respecter l’exercice de la religion mahométane et à ne pas porter atteinte à la liberté des habitants de toutes les classes, à leur religion, leurs propriétés ; leurs commerces et leurs industries »

    Pourtant en septembre et en décembre 1830, par deux arrêtés, l’Administration coloniale venait de porter un coup mortel au fonctionnement des institutions religieuses. En se substituant au souverain musulman et aux wakils chargés de gérer les biens habous, l’agression coloniale pensait annihiler définitivement la personnalité des Algériens Le gouvernement colonial a mis ainsi en pratique la séparation forcée de la religion et de l’Etat républicain plus de soixante-dix ans avant la loi de 1905, de séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’arrêté de spoliation du mois de septembre 1830 des biens religieux, sera suivi de plusieurs autres ; notamment de celui de 1841 ; qui instaure l’assimilation : (suppression de la justice des cadis et de la chari’aa). Entre 1840 et 1860, la crise syrienne faillit provoquer en Algérie un début de colonisation cette fois-ci religieuse par l’émigration de Maronites.

    Elle n’eut pas lieu pour des raisons financières. Il en est de même de l’implantation de quelques familles irlandaises à l’Est n’eut pas de suite. En1846, une ordonnance royale rattacha le bureau de la justice et des cultes à la direction des affaires de l’Algérie ; et on créa un Service spécial de l’administration civile indigène dont les attributions étaient liées à la sécurité et au contrôle. Le 20 mars1879, une loi est promulguée en France, à l’initiative du ministre Jules Ferry ; elle consacre la séparation de l’enseignement public de l’enseignement religieux, de plus, elle interdit aux missions religieuses l’enseignement sans autorisation de l’Etat. Les Missions de Jésuites sont en voie de conséquence dissoutes en France. Tollé dans le milieu ecclésiastique à Alger. Le cardinal Lavigerie refuse d’appliquer cette loi en Algérie, pourtant territoire français. Le motif du prélat est que cette loi doit aussi s’appliquer à l’enseignement coranique, qu’il faut de même interdire. Elle ne fut pas appliquée. L’Eglise continuera son entreprise prosélyte sous le couvert de l’assistance aux pauvres et de l’éducation.

    Est ce que vous avez pigé…???

  15. Mme CH

    Voici d’autres passages du même article….!!!

    Après la promulgation du Code de l’indigénat, le gouvernement français publie en 1905 une loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le décret restera lettre morte en Algérie, en ce qui concerne les Musulmans qui ont constamment réagi contre les ingérences de l’administration dans les affaires religieuses. Enfin en 1933, continuant sa logique du mépris, l’Administration coloniale décide de retirer la puissance des Mosquées à la culturelle d’Alger et confie à un Français non musulman la présidence du Conseil consultatif musulman. Il faudra attendre le statut de 1947 pour que, pour la première fois, il est fait mention, certes de façon évasive, du culte musulman. Ce statut ne sera jamais réellement appliqué.

    S’agissant du pèlerinage, dès le début de la conquête et jusqu’en 1962, la circulation des Algériens est restée soumise à l’exigence d’un passeport que l’Administration coloniale délivrait d’une façon discrétionnaire. Officiellement, l’attitude des autorités reste fondée sur la convention de 1830 : « L’exercice de la religion mahométane reste libre… » En revanche de 1871 à 1914, les autorités seront extrêmement sévères et réduisent les autorisations, au profit des interdictions de pèlerinage. Une circulaire du 6 juillet 1880 prescrit de restreindre autant qu’il est possible les pèlerinages à la Mecque pour « éviter que les pèlerins ne prennent contact avec les agitateurs réfugiés dans les pays musulmans ».

    Pendant toute la période qui va de l’invasion française en 1830 et jusqu’au début de ce siècle, le prosélytisme direct ou indirect bat son plein ; après les tentatives des cardinaux Dupuch et Lavigerie, une autre tentative d’évangélisation plus insidieuse a consisté à aider socialement les miséreux, cette méthode connut quelques succès dans les régions les plus déshéritées du pays, où sous l’impulsion de Pères blancs, des Algériens en petit nombre, surtout pauvres se convertirent pour une bouchée de pain. En ce qui concerne le culte israélite, il bénéficia de deux atouts majeurs ; d’abord en 1845, l’ordonnance royale de Saint Cloud aligne le Judaïsme algérien sur le judaïsme français. Ensuite, il y eut les fameux neuf décrets de Adolphe Crémieux en 1870.

    Pour pouvoir rendre compte correctement de l’installation de l’Eglise en Algérie, et de sa tentative d’évangélisation des Algériens, il faut globalement distinguer trois périodes : la première de 1830 à 1845, qui est une période euphorique avec l’arrivée de plusieurs missions, la deuxième de 1845 à 1863 qui marque en fait une pause et qui a permis de stabiliser les différents mouvements, et la troisième la plus importante. Elle commença à partir de 1863 et eut pour acteur le cardinal Lavigerie, elle devait durer jusqu’à la mort du cardinal en 1898.

    C’est bon de connaître l’histoire parce qu’en général, elle se répète….!!! Pas pour les benêts qui ne voient rien venir…..!!! ‘Bagra W Chafet Vitrina.’ qu’est ce qu’elle dit: ‘Mouuuuuuuuuuuuuuuuhhhhhhh’

  16. Mme CH

    Très intéressant cet article de Chitour qui est bien référencé aussi….!!!!

    Antoine Adolphe Dupuch, prêtre, reçut la bénédiction du pape Grégoire XVI et s’installa à Alger avec quatre prêtres auxiliaires. Les Lazaristes arrivent en 1835, puis ce sera le tour des Soeurs de Saint Joseph en juillet 1835, elles s’installent à Alger et Annaba. En mai 1841, Mgr Dupuch fait appel aux Soeurs de la Doctrine Chrétienne. Elles s’installèrent à Annaba, Constantine et Skikda. Mgr Dupuch voulait christianiser par toutes les méthodes possibles, notamment par la force et surtout par la corruption. Le cardinal put de même convaincre l’Eglise de Pavie de lui permettre d’exhumer un bras de saint Augustin enterré dans cette Eglise. Enfin, par une chance tout à fait extraordinaire, il rentra en contact avec l’Emir Abdelkader et parvient à faire un échange de prisonniers avec ce dernier, ce qui assit pour un temps son pouvoir.

    Après lui, ce sera Mgr Pavy qui lança la construction de Notre Dame d’Afrique et se fit remarquer par une conférence diabolisant l’Islam. Au début de 1867, le cardinal Lavigerie crée l’Association de Notre Dame d’Afrique et installe les Pères blancs et les Soeurs blanches, principalement en Kabylie.Ces missionnaires avaient la même tenue modeste et les mêmes conditions de vie que les autochtones, ils maîtrisaient la langue berbère pour mieux pénétrer la société kabyle. Deux événements majeurs qui ont permis au cardinal d’engager son action : d’abord la révolte de Mokrani, eut comme conséquence un nombre important d’orphelins et d’orphelines. Le deuxième événement, tout aussi désastreux pour l’Algérie, a été la grande famine et surtout l’épidémie. Ces deux fléaux sont responsables de la mort de plus de 500 000 habitants.

    Le cardinal Lavigerie put ainsi recueillir des orphelins et soulager la misère, seulement, par la force des choses, les personnes ont été pour la plupart encouragées à abjurer leur religion. Les jeunes filles kabyles, futures piliers de l’éducation de leurs enfants, ont été l’objet d’une sollicitude particulière des soeurs. Les jeunes filles suivent un enseignement de français, le tout bien dirigé dans une optique qui rappelle à chaque moment l’omniprésence de la religion chrétienne.

    es enseignants missionnaires sont choisis parmi les meilleurs de l’enseignement catholique. Ils doivent être efficaces et connaître à fond la religion à combattre et les langues, véhicules de leur doctrine (le kabyle et le chaouia). Pour pouvoir attirer les enfants à l’Eglise, les missionnaires distribuaient des bonbons. Par la suite, les missionnaires eurent pour stratégie d’isoler les enfants de leurs parents, ce problème du rapt d’enfants amenés à Alger ou en France créa de sérieux problèmes avec les autorités suite aux plaintes des parents.

    Tiens, ça ne vous rappelle rien….????!!!! Surtout en Kabylie….!!!! Le prolongement de l’histoire et quelqu’un vient me dire que vient foutre Lavigerie…????? Vraiment…..!!!!

  17. Mme CH

    La suite du Menu….!!!

    L’appellation par Lavigerie de « Beit Allah » n’est pas dénuée d’arrière-pensées ; à travers cette appellation, le cardinal par l’analogie avec la Mosquée appelée aussi par cette expression. De plus, dans toutes leurs actions, les missionnaires essaient de ne parler qu’en arabe, en kabyle ou en chaouia (même l’Evangile a été traduit aussi en arabe et en kabyle).Le port même du vêtement est bien choisi, il se rapproche de celui des imams (burnous, chéchia, gandoura).

    Le prosélytisme cessa officiellement après la promulgation de la loi de 1904. Cela ne veut pas dire qu’il cessa dans les faits. Il continua sous une forme plus civilisée ; les attaques contre le culte musulman ne cessèrent pas. C’est le cas par exemple de la part des autorités, la fameuse circulaire Michel (un Français chrétien avait la charge des affaires religieuses musulmanes).

    Cependant tout a été fait pour maintenir les Algériens dans un état de superstition par l’instrumentalisation de la religion. Ainsi, le 23 août 1841 au Caire, lors d’une réunion, (présidée par Cheik el Kadiri), demandée par Bugeaud, une « fétoua », stipule que les tribus, ont le droit de ne pas obéir à Abd El-Kader, et qu’il est insensé de faire la guerre aux Chrétiens, du moment que ceux-ci laissent les Musulmans exercer librement leur culte. Bien plus tard, le 16 octobre 1856, à la demande du colonel de Neveu, chef du bureau politique d’Alger, le grand illusionniste français, Robert Houdin, se rend en Algérie. Sa mission consiste à opposer ses tours de « magie blanche » à ceux des marabouts musulmans. Son succès est éclatant. Cette technique qui consiste à instrumentaliser le sacré, grâce à des religieux inféodés, fut une constante de la politique française durant toute la colonisation. En effet au début du XXe siècle, la France demanda au cheikh Mohamed Abdou de promulguer une fetoua pour le port licite du béret. De même en 2002, le ministre de l’Intérieur Sarkozy demanda au cheikh d’El Azhar de déclarer légal pour la France de promulguer l’interdiction du foulard dans les écoles…

    Et le Tour est joué….!!! Très perspicace ce Professeur Chitour

  18. BADISSI

    @Mme CH
    Bonsoir Madame j ai sue qu’il y a du louche dans cette manœuvre , je vous remercie pour ces éclaircissements , a propos je vais enregistrer vos commentaires car hier il y avait ceux de Monsieur Senni très important et ils étaient supprimées .

  19. Mme CH

    L’Emir Abdelkader a dit « Quand on voit des personnes sans lumière s’imaginer que le principe de l’Islam est la dureté, la rigueur, l’extravagance et la barbarie, c’est l’occasion de répéter ces mots : la patience est une belle chose et c’est en Dieu qu’il faut chercher refuge ».

    « Le Maréchal Soult avait déclaré : « Il n’y a présentement dans le monde que trois hommes auxquels on puisse légitimement accorder la qualification de « grands » et, tous trois appartiennent à l’Islam. Ce sont Abdelkader, Mohamed Ali et Chamyl ». L’émir Abdelkader El Djazaïri, a été une personnalité brillante tant sur le plan militaire que dans le domaine de l’humanitaire, ce qui laissa Bugeaud, l’illustre maréchal si infatué de sa personne, la loyauté de qualifier Abdelkader « d’homme de génie » du haut de la tribune de la Chambre des députés…… »

    Au colloque international sur «L’Emir Abdelkader et le Droit international humanitaire» (28-30 Mai 2013), le ministre de la justice Mohamed charfi a précisé dans son allocution d’ouverture que l’Emir Abdelkader est le précurseur incontesté du droit international humanitaire..!!! Le droit international dans une de ses composantes ou implications fondamentales, à savoir l’humanisme ne date pas d’aujourd’hui pour l’Algérie…
    L’Algérie pourrait même et devrait même en revendiquer la paternité car enfanté par le décret signé par l’émir Abdelkader en 1843. C’était par ce décret que l’émir Abdelkader avait fixé les règles qui devaient régir les relations avec l’ennemi. Le droit humanitaire n’est pas une invention des conventions de Genève, mais une innovation de l’émir qui a anticipé sur ces conventions qui balisent le droit humanitaire en situation de guerre. L’émir n’avait pas cherché à exiger de l’ennemi qu’il s’y conforme comme condition pour que celui-ci il en bénéficie. Il l’a imposé à ses propres troupes comme limites à s’imposer dans l’intensité de la guerre avec l’ennemi. Affirmant que la personnalité de l’émir constituait toujours un «champ fécond» pour l’analyse scientifique…..
    L’orateur a noté que le décret de l’émir Abdelkader «devrait être retenu par l’histoire comme la première marche du droit international humanitaire, même si les écritures ont, jusque-là, conféré cette primeur à la convention de Paris de 1857», précisant que l’émir a aussi mis en œuvre une «véritable» politique de droit humanitaire………..Le droit international humaniste, (ou humanitaire) ne s’était pas appliqué uniquement à des ennemis en champ de bataille. Sa position, plutôt sa politique humanitaire, a été une constante même quand il vivait en exil à Damas.

    En effet, l’émir organisait la protection des minorités, sauvant en 1860 plus de 12 000 chrétiens, considérant qu’il y a « une loi au-dessus des lois : la loi de l’humanité tout entière ». Bruno Etienne a ajouté : « Tous ceux qui invoquent l’incompatibilité de l’Islam avec les droits de l’homme sont au mieux des ignorants », rappelant ces paroles d’Abdelkader : « Si les chrétiens et les musulmans pouvaient m’écouter, je cesserais leurs querelles. Je ferai d’eux des frères à l’intérieur et à l’extérieur. » Bruno Etienne dit : « En opposant l’Orient à l’Occident, l’humanité s’égare « et » c’est la méconnaissance de l’autre qui est la cause des fantasmes et des préjugés. »
    L’Emir Abdelkader, « un pont entre l’Orient et l’Occident et dont la guidance est plus pertinente que jamais », a relevé l’universitaire Bruno Etienne. « Un précurseur du dialogue inter-religieux. Au plus fort des guerres de conquête, il établit un statut des prisonniers, cent ans avant la Convention des droits de l’homme de Genève. »

    Par contre J. Ferry a déclaré : « Les droits de l’homme ne sont pas valables dans nos colonies. »…

  20. Mme CH

    Par un vote du conseil municipal des 15 et 16 mai 2006, la ville de Paris a décidé de donner le nom de l’émir Abdelkader à une place de Paris,

    « Quand j’honore l’émir Abdelkader, je sais que j’honore un nationaliste qui s’est battu contre la France, qui n’acceptait pas la domination de son peuple par le peuple français. C’est aussi le sens de cette inauguration », a déclaré avec beaucoup d’émotion et de sincérité Bertrand Delanoë….. » C’est Paris qui dit merci à l’émir Abdelkader, qui dit merci au peuple algérien, qui a subi la violence et l’injustice de la colonisation. » Faisant allusion aux relations franco-algériennes, le maire de Paris a ajouté qu’« il n’y a pas de possibilité de bâtir cet avenir si on ne regarde pas le passé ». « La colonisation a été d’une violence inouïe en Algérie, une action injuste. » Et il affirme qu’il faut « oser la vérité et le courage de l’égalité ».

    Quoiqu’on dise sur notre Emir ça ne sera jamais assez, car on n’a pas fait toute la lumière sur l’Homme et sur son côté spirituel; toutefois, ça serait une erreur de cantonner l’émir Abdelkader à l’Algérie, car, il a fini par atteindre une dimension quasiment universelle (Il y a une ville de 1500 habitants qui porte le nom de l’émir en hommage à sa résistance à l’occupation coloniale française, et qui se trouve aux États-Unis d’Amérique, dans l’état de l’Iowa ….) et ne pas non plus voir en lui uniquement un homme de guerre et un stratège, il était bien plus que cela……N’oublions surtout pas que l’émir Abdelkader qui est aussi, un Homme de sciences, un penseur et un poète, connu par le monde entier pour son héroïsme ,son savoir , sa sagesse et sa résistance armée contre la colonisation de l’Algérie………..est le fondateur de l’état Algérien…………….!!!!!

    Il est bien dommage qu’il n’ait pas servi d’exemple a beaucoup d’Algériens qui sont venus après lui, peut être parce qu’il pensait en tant que Musulman et non pas en tant qu’Algérien qui aurait fait « l’école française »……..! S’il vivait encore, Il n’aurait sûrement pas été admis à l’académie du cardinale de Richelieu….!!!!!

    Bonne soirée !!!!

  21. lecteur assidu

    Je vais vous proposer une nouvelle réunion ou rencontre avec monseigneur Tessier.

  22. OUERRAD en squatteur

    Seul un sage peut parler d un sage , et monseigneur doit etre un SAGE pourquoi ? Ala fin de sa phrase il disait ALLAHOU A3LEM , il aurait embrasse l ISLAM il dirait ALLAHOU WA RASSOULOUHOU A3LEM ? chose que bon nombre d entre nous ne disent pas ? L EMIR LAIC ?Je ne pense pas il etait tout juste Musulman SOUNNI il suivait la sunnah de MOHAMED SAAWS .Une question quand meme sur la photo on voit monseigneur TESSIER debout a t il tenu sa conference DEBOUT ?

  23. BELAMRI abdelkader

    Il a tenu sa conférence debout alors que nous étions assis ,la foi donne des forces et les vertus humaines,la modestie au service de ses semblables.

    .

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