La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi-Bel-Abbès /Rendez-vous des « 4 A », ce samedi 25 Avril à partir de 09.30 h au lycée Azza Abdelkader/ Par Benyahia Lakhal.

 

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Mr Benyahia Lakhal .

Allez les nostalgiques, sortez vos mouchoirs car je vous invite à la lecture de ce formidable essai d’Anatole France (1844-1924) dédié à la rentrée des classes. Il écrivait : « Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans, le ciel agité de l’automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent ; je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le Luxembourg (il s’agit du Jardin du Luxembourg à Paris) dans les premiers jours d’octobre, alors qu’il est un peu triste et plus beau que jamais ; car c’est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues.  
Ce que je vois alors dans ce jardin, c’est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s’en va au collège en sautillant comme un moineau.
Ma pensée seule le voit ; car ce petit bonhomme est une ombre ; c’est l’ombre du moi que j’étais il y a vingt-cinq ans. Vraiment, il m’intéresse, ce petit : quand il existait, je ne me souciais guère de lui ; mais, maintenant qu’il n’est plus, je l’aime bien.

Il valait mieux, en somme, que les autres moi que j’ai eus après avoir perdu celui-là. Il était bien étourdi; mais il n’était pas méchant, et je dois lui rendre cette justice qu’il ne m’a pas laissé un seul mauvais souvenir ; c’est un innocent que j’ai perdu : il est bien naturel que je le regrette ; il est bien naturel que je le voie en pensée et que mon esprit s’amuse à ranimer son souvenir.

Il y a vingt-cinq ans, à pareille époque, il traversait, avant huit heures, ce beau jardin pour aller en classe. Il avait le coeur un peu serré : c’était la rentrée.

Pourtant, il trottait, ses livres sur son dos, et sa toupie dans sa poche. L’idée de revoir ses camarades lui remettait de la joie au coeur. Il avait tant de choses à dire et à entendre! Ne lui fallait-il pas savoir si Laboriette avait chassé pour de bon dans la forêt de l’Aigle ? Ne lui fallait-il pas répondre qu’il avait, lui, monté à cheval dans les montagnes d’Auvergne ? Quand on fait une pareille chose, ce n’est pas pour la tenir cachée. Et puis c’est si bon de retrouver des camarades! Combien il lui tardait de revoir Fontanet, son ami, qui se moquait si gentiment de lui, Fontanet qui, pas plus gros qu’un rat et plus ingénieux qu’Ulysse, prenait partout la première place avec une grâce naturelle !

Il se sentait tout léger, à la pensée de revoir Fontanet.

C’est ainsi qu’il traversait le Luxembourg dans l’air frais du matin. Tout ce qu’il voyait alors, je le vois aujourd’hui.

C’est le même ciel et la même terre; les choses ont leur âme d’autrefois, leur âme qui m’égaye et m’attriste, et me trouble ; lui seul n’est plus.

C’est pourquoi, à mesure que je vieillis, je m’intéresse de plus en plus à la rentrée des classes. »

Pour ma part, je vais vous dire ce que me rappelle tous les ans, le dernier samedi d’avril, une autre rentrée des classes : celle de la rencontre organisée au lycée Abdelkader AZZA (ex Laperrine) par les anciens élèves de cet illustre établissement.
Ils rallient le lycée, individuellement ou par groupes, dès les premières heures de la matinée et l’assistance grossit au fur et à mesure de l’arrivée de ces convives d’un autre genre. Ils viennent de Saida, de Mécheria, d’Ain Temouchent, de Mohammadia, d’El Bayadh, de Sig, d’Ain Sefra, de Hammam Bou Hadjar, de Beni Ounif, de l’arrière pays belabesien, et j’en oublie. La cour du lycée témoignera longtemps après de cette ambiance bon enfant qu’ils ont su, spontanément, communiquer à cette majestueuse bâtisse. «  Ah, tu vois, ils ont carrelé la cour et flanqué en son milieu un jet-d’eau ! C’est donc fini, les parties de foot disputées après le repas avant de rejoindre les classes l’après midi! Te rappelles-tu de la déculottée infligée aux gars de Mohammadia par les potaches de Saida ? »  Brouhaha indicible, bruissements confus. Crépitements des appareils photo, rires et galéjades fusaient de partout.
La plupart d’entre eux ne s’étaient pas revus depuis plus de quarante ans. Vous les découvrirez, par petits groupes de quatre ou cinq dans la cour du lycée. Groupes se constituant par affinités, comme jadis ils aimaient à être ensemble. Après les embrassades et effusions d’usage, chacun allait de sa petite histoire.
Un petit tour furtif parmi ces mêmes groupes et vous entendrez resurgir du plus profond de leurs entrailles des souvenirs tout à la fois si proches et si anciens. Qui des enseignants qui les ont marqués par leur dynamisme, leur sérieux, leur notoriété et leur rigueur. Qui des surveillants qui faisaient régner un ordre et une discipline de fer. Qui des élèves plus anciens que d’autres qui servaient de modèle et  de repère aux plus jeunes. Souvenirs évoqués aujourd’hui non sans un pincement au cœur.
« Ah, notre camarade Djillali est malheureusement décédé il y a cinq ans de cela, Allah yarhmou ». Nouvelle tombée telle une massue. «  Nous ne l’avons pas appris. N’est ce pas Bouziane qui vient vers nous traînant cette grosse bedaine ? Oui, mais toi, tu t’es vu ? »
Une fois passé le moment de grande émotion, ils se dirigèrent tous vers le réfectoire pour une sympathique collation offerte par l’Association. Quelques minutes de retard dans la distribution des repas et ce fut l’occasion d’un tintamarre généralisé, en tapant des cuillères sur les assiettes, comme jadis pour marquer leur impatience à déguster ce succulent couscous de bienvenue.

Après avoir passé une journée mémorable, ils se quittèrent la gorge serrée en prenant date pour l’année prochaine. Ils firent le serment qu’ils reviendront dans un an, plus nombreux encore, en promettant que les suivantes retrouvailles seront tout aussi animées et en formulant le vœu qu’elles soient un exemple de réussite pour les jeunes élèves du lycée, pour qu’ils empruntent le chemin tracé par leurs aînés vers le progrès et la réussite. Peut être, ces rencontres serviront-elles à leur inculquer, à ces mêmes jeunes élèves, les vertus du travail bien fait, du devoir accompli, du sacrifice, de l’abnégation et du dévouement; ces valeurs qui ont tendance de nos jours à se diluer dans la duperie, la malice, l’égoïsme, voire de disparaître.

ALORS, RENDEZ-VOUS AU LYCÉE CE SAMEDI 25 AVRIL A PARTIR DE 9 HEURES TRENTE. SOYEZ NOMBREUX SANS OUBLIER D’EN PARLER AUTOUR DE VOUS.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=59748

Posté par le Avr 15 2015. inséré dans ACTUALITE, ANNONCES, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

42 Commentaires pour “Sidi-Bel-Abbès /Rendez-vous des « 4 A », ce samedi 25 Avril à partir de 09.30 h au lycée Azza Abdelkader/ Par Benyahia Lakhal.”

  1. Amirouche

    Benyahia

    Sallam

    Comme Djillali Allah yarhmehe , moi aussi j’ai perdu un ami , un frère ,un confident ; il est mort à l’age où la mort ne vient pas à l’esprit car il était trop jeune et merci Dieu qu’il voyageait toujours avec sa « sajada » !
    C’est pourquoi j’ai pensé dédier ce poème d’ Henry Scott Holland: « I have only slipped away into the next room » , à la mémoire de Djillali , Abdeljellil (qui a fait aussi Azza) et à tous ceux qu’on aime et qui ne sont pas avec nous ……Si vous pourriez le faire et dans la mesure du possible bien sûr

    « La mort n’est rien,
    je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
    Je suis moi. Vous êtes vous.
    Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.

    Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
    parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
    N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel ou triste.
    Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

    Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

    Que mon nom soit prononcé à la maison (au lycée)
    comme il l’a toujours été,
    sans emphase d’aucune sorte,
    sans une trace d’ombre.

    La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.
    Le fil n’est pas coupé.
    Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
    simplement parce que je suis hors de votre vue ?
    Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
    Vous voyez, tout est bien.  »

    Allah ybareke fikoume et attention à vos bedaines

    A celui qui le veuille de lire une Fatiha ce jour là ………Merci
    Sallam

    • OUERRAD

      Merci , SAHBI .
      C est beau ce que tu viens nous rappeller avec cet ecrit .
      Combien sont ils ceux que l on a perdu depuis RABI YARHAM EL JAMI33.

    • oulhissane

      Amirouche, salam.
      Moi, je pense à la dédicace de Jules Vallès dans sa trilogie:
      « À ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim, je dédie ce livre. »

      • Amirouche

        Oulhissane

        Sallam Ousted

        Pourquoi pas ! surtout que la plupart des anciens de nos lycées ont  » du sang des paysans dans les veines » et leurs parents avaient  » l’instinct de révolte… » ,
        Mon commentaire adressé à monsieur Benyahia était juste « une demande à chaud » quand son écrit m’a fait rappeler un cher ami .
        Pour 2016 inchAllah , je me permettrai de demander juste quelques mini viennoiseries , quelques salés et chwia baghrire au miel pour se mettre en appétit …avant le couscouuuus …..
        Bssahatkoum

    • Benyahia Lakhal

      @Amirouche
      Salam
      Je suis sincèrement navré d’avoir reveillé en toi le souvenir douloureux de la perte d’un ami fidèle.
      Toutes les fois que nous nous sommes retouvés au lycée, nous avons commencé nos « activités » par une cérémonie où le solennel le dispute à l’émotion et au cours de laquelle nous prions pour les chouhada de la liberté, sans le sacrifice desquels nous ne serions pas là où nous sommes, pour nos parents aujourd’hui disparus, sans le sacrifice desquels nous ne serions pas là où nous sommes, pour nos encadreurs disparus, sans le sacrifice desquels nous ne serions pas là où nous sommes et enfin pour nos camarades disparus prématurément et qui nous manquent tellement. A ce titre, je voudrais t’informer que nous envisageons de baptiser chaque salle de classe du nom d’un des chouhada, qui à peine sorti de l’adolescence avait déserté les bancs du lycée pour rejoindre l’ALN puis était tombé au champ d’honneur. Une manière de transmettre aux élèves scolarisés les valeurs dont se sont nourris leurs ainés.
      Si tu promets d’etre parmi nous en 2016, inchallah, je commande d’ores et déja le baghrir, le sfendj, et meme le berkoukes.

      • Amirouche

        Benyahia

        Sallam

        C’est ce qu’on appelle « une vie vraiment remplie » , celle de monsieur Abdelkader AZZA.
        Allez ,un berkoukess pour une confidence , mon grand père Allah yarhmehe faisait partie des conseillers municipaux de Sidibelabbès ,avec monsieur AZZA comme adjoint , ils sont devenus amis .
        En décembre 1955, René Justrabo démissionne et avait déclaré « C’est une décision collective prise par l’ensemble des élus appartenant au deuxième collège (“MUSULMANS”) et au premier collège (ayant la nationalité française) affiliés au PCA ou aux partis nationalistes, avec cette particularité que les élus “musulmans” du deuxième collège qui avaient pourtant eu le soutien de l’administration coloniale pour obtenir leurs sièges, ont eux même démissionné ».
        Jeddi , recherché par l’armée coloniale , s’est évadé au Maroc et (me semble t-il ) il avait ,encore une fois, rencontré monsieur AZZA.
        Allah yarhamhoume ajma3ine
        Sallam

  2. cadre de la dlep sba

    MR BENYAHIA ,dans votre vie active vous avez fait preuve d’un homme intègre et dévoué à la chose publique et je trouve que vous demeuriez un exemple pour cette generation

    • Benyahia Lakhal

      @cadre de la dlep sba
      Je n’ai pas d’autre commentaire à votre post que celui de vous remercier de l’estime que vous portez à mon égard et du témoignage que vous faites pour ma modeste personne. Merci mon ami.

  3. mohamedDD

    frère Lakhal, c’était hier mais très loin pour avoir en mémoire ces beaux visages d’alors et ces prénoms algériens!!! va rencontrer aujourd’hui un jeune s’appellant Lakhal ou Lakhdar ou Kada ou Maachou il avait raison Abdelkader secteur hiiiiiiii(rires) on perd nos valeurs????? excuse pour Bouziane mais il s’appelait Benziane l’omniprésent, je l’ai revu y a 9 ou 10 ans à Oran, Allah yarhamouha hay ou miyet-pour ce 25 avril c’est une invitation?

  4. oulhissane

    Mr Lakhal salam,

    Je vous propose un titre:

    J’étais élève au lycee Azza.

    Suivent 50 textes écrits par 50 anciens élèves.
    Le premier de ces textes est déjà trouvé : c’est le votre.

    Au prochain samedi d’avril 2016, il y aura inchallah une vente dédicace d’un livre. La recette sera versée au compte de l’association.

    Est-ce un rêve ?

  5. OUERRAD

    J etais eleve au lycee LAPERRINE , puis au lycee EL DJALAH et enfin au lycee AZZA .
    Mais , sans pour autant quitter les murs que j ai franchi un automne post independance .
    Ceux qui ont eu , le meme privillege que moi ; de frequenter trois lycees sans quitter les murs du premier doivent se lever et saluer les chouhadas en disant TAHYAH EL DJAZAIR .

    • mohammed d'aix

      Sallem.laperrine general francais dans le sahara responsable de la colonisation dans le grand sud de l’evangillation dans cette region et sans doute de masacre.abdelkader azza enfant de la ville et chahid qui represente nos valeurs et notre fierte.ce lycee s’appele desormais et a jamais lycee azza arretez de porter des eloges a des gens qui etaient jadis responsable de la colonisation brutale du pays.

      • mohamed senni

        A Mohammed d’Aix;
        Cher Monsieur,
        Veuillez m’excuser d’intreférer dans vote commentaire. J’y ai relevé que vous avez cité Azza comme Chahid alors qu’il est décédé bien après l’Indépendance. Paix à son âme.

        • mohammed d'aix

          Merci cher mohamed de me reprendre azza n’est pas chahid puisqu’il etait le proviseur de ce fameux lycee.mais personne ne me dira que laperrine n’etait pas un general sanguinaire(?) qui a servie la colonisation.soyons fiere de nos heros et nos chouhadas.merci.

          • Benyahia Lakhal

            MARIE Joseph François Henry Laperrine d’Hautpoul est un officier général français du début du XXe siècle, né le 29 septembre 1860 à Castelnaudary, mort le 5 mars 1920 dans le Tanezrouft (Algérie). Il était général de division et ami de Charles de Foucauld. Fils de Alphonse Laperrine d’Hautpoul, receveur des finances à Castelnaudary. Il entre à l’ école Saint-Cyr en octobre 1878. Capitaine au 2e régiment de dragons en novembre 1891, attiré par l’aventure, il est volontaire pour servir en Afrique. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en avril 1892. En 1897, il recrute et organise les Compagnies méharistes sahariennes, qui ne deviendront officielles que le 30 mars 1902, par décret, tout en restant des troupes semi-régulières. En 1901, il est nommé commandant supérieur des oasis.
            LORS d’une “ tournée d’apprivoisement ” des populations du grand Sud, il fait découvrir le Sahara à Charles de Foucauld qu’il connaît depuis longtemps. L’un veut gagner les Sahariens à la France, l’autre à la chrétienté. Peut-être Laperrine s’imagine-t-il, à l’aide du missionnaire et celle de l’Aménokal Moussa ag Amastan, qu’il pourra mettre en place “ une confédération targuie du Sahara, sorte de royaume franc du Centre-Afrique, à dominante chrétienne, socle de la colonisation africaine ”. C’est oublier que Moussa ag Amastan (né en 1867 et mort le 23 décembre 1920 est un chef touareg (amenokal) du Hoggar qui est resté à la tête de la confédération des Kel Ahaggar de 1905 à 1920 et faisait partie de la tribu noble des Kel Ghela) est un musulman pieux et sincère ce qui lui valait d’ailleurs l’estime de de Foucauld .
            EN 1904, Laperrine est commandant supérieur des oasis sahariennes. Son action au Sahara lui vaudra le surnom de ”pacificateur du Sahara”. .
            GENERAL de brigade en 1912, il participe aux batailles d’Ypres et de Verdun.
            EN 1917, il est appelé au Sahara par le général Lyautey. Il exige que ses officiers parlent parfaitement Arabe et montent à dos de chameau. Il est nommé général de division en 1918.
            AYANT appris à piloter un avion, il part à la recherche de la tombe de son ami Charles de Foucauld mort le 1er décembre 1916. Victime d’une panne, à court de carburant, il doit se poser dans le Tanezrouft, en plein désert et, après plusieurs jours sans nourriture, meurt d’épuisement le 5 mars 1920. Son corps est ramené à Tamanrasset, il est inhumé le 26 avril 1920 à Carcassonne.

        • Benyahia Lakhal

          LE docteur ABDELKADER AZZA était un intellectuel de renom. Il naquit à Sidi Bel Abbes le 5 décembre 1905. Il grandit dans une atmosphère d’attachement à ses racines. Le jeune enfant est, en ce début du 20ème siècle, parmi les très rares à être admis à l’école. Faisant figure de privilégié, il fréquenta l’école primaire (école Marceau de Sidi Bel Abbes), puis fit des études supérieures à la Médersa de Tlemcen puis celle d’Alger. Il obtient à 24 ans une licence d’arabe à la faculté de Paris et commence alors une carrière professionnelle comme professeur d’arabe à l’école Sonis puis comme professeur au collège colonial à partir de 1929. Il est alors le premier Algérien à occuper la chaire d’arabe dans ce collège, qui deviendra en 1936 le lycée Laperrine. Il restera enseignant dans ce lycée plus de vingt années. Sa carrière professionnelle commence donc en 1930, année au cours de laquelle les colons commémorent avec arrogance les fêtes du centenaire avec un faste provocateur. De façon générale, les populations algériennes vécurent ces fêtes avec un profond malaise. Même les rares bourgeois indigènes “ intégrés ” et les notables musulmans les plus acquis à l’administration coloniale ne purent cacher leur gêne et leur embarras devant l’étalage impudique des manifestations des colons. Cela est encore plus vrai pour Sidi Bel Abbes qui célèbre, en plus des fêtes du centenaire de l’occupation d’Alger, le centenaire de la Légion étrangère. Dans ce berceau de la légion, les manifestations sont encore plus arrogantes et plus provocatrices qu’ailleurs.
          LE jeune Abdelkader AZZA, comme les très rares lettrés et notables indigènes de la ville, vit l’étalage de la puissance coloniale comme une sourde et douloureuse humiliation. Un indigène lettré, aussi modéré fût-il, ne pouvait rester insensible aux provocations des colonisateurs qui rappelaient aux Algériens leur état de vaincus. Intellectuel indigène, il se posait, souvent malgré lui, comme le représentant de ses coreligionnaires. Et, de fait, dès 1932, en réaction probablement à l’attitude impertinente des colons, Abdelkader AZZA sera l’un des fondateurs du premier cercle culturel musulman de Sidi Bel Abbes. On n’a pas assez d’informations sur les activités de ce cercle culturel musulman. Il a du être très prolifique. Mais on peut cependant s’interroger sur les éventuels rapports qu’auraient eu ce cercle et le professeur Abdelkader AZZA avec le mouvement islahiste (réformiste), très dynamique à cette époque dans diverses régions du pays. C’est, en effet, à cette époque (1934-35) que cheikh Mustafa Benhalouche vint s’établir à Sidi Bel Abbes en qualité de Alem (savant), chargé de propager la doctrine de l’Association des Oulémas réformistes algériens. Le cheikh tentera de sensibiliser la population aux idées de l’Islah. La population indigène, en majorité prolétarienne, était, dit-on, peu sensible aux discours des confréries maraboutiques, mais plus près des slogans des syndicats de travailleurs. Mustafa Benhalouche y anima toutefois de nombreuses causeries sur l’islam, l’éducation de la jeunesse, la nécessité d’apprendre la langue arabe et le Coran.
          Y aurait-il une relation entre cet enseignement du cheikh Benhalouche et l’initiative prise quelques années plus tard par le professeur Abdelkader AZZA de lancer l’Association El –Irfane pour venir en aide aux étudiants musulmans nécessiteux. ? Quoi qu’il en soit, Abdelkader Azza, en dehors de ses activités culturelles, son activité politique n’était pas encore très définie. Il faut attendre la création de l’UDMA, en 1946, parti des notables et des intellectuels indigènes, et aux positions politiques modérées, pour émerger.
          QU’EST-CE-QUI explique cet attrait relativement tardif pour la chose politique. A-t-il été choqué par les massacres du 8 mai 1945 ? Probablement. Se sentait-il plus proche, intellectuellement, de ce courant modéré et moderniste ? Certainement. A-t-il été séduit par le nouveau programme politique développé par Ferhat Abbes ? Surement.
          Le programme préconisait une solution pondérée au problème algérien : “ Ni assimilation, ni nouveau maître, ni séparatisme. Un peuple jeune, faisant son éducation démocratique et sociale, réalisant son équipement industriel et scientifique, poursuivant son renouvellement intellectuel et moral, associé à une grande nation libérale ”.
          UNE année plus tard, en 1947, Abdelkader AZZA réussit à se faire élire au conseil municipal de la ville, où le maire communiste René Justrabo avait comme adjoints AZZA, Goelli, Villela, Laguer, Benamou. Au sein de l’assemblée, il y avait Ben Hassaini, Ouhibi, El Haina, Adim, Bénali, Badsi, Abrous et autres conseillers municipaux. L’activité du militant intellectuel au sein du conseil municipal de la ville a été caractérisée par ses efforts pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse indigène. Les archives de la ville gardent le document de la motion proposée par Abdelkader AZZA et adoptée le 15 avril 1947 par le conseil municipal de la ville. Le texte de cette motion nous renseigne sur la situation de la jeunesse indigène de la ville à cette époque et aussi des préoccupations qui agitaient le professeur Abdelkader AZZA : ” Vous n’êtes pas sans avoir remarqué le grand nombre de yaouleds (enfants) qui circulent à travers la ville, vivant livrés à toutes les tentatives malsaines, désœuvrés, déguenillés, misérables, bruyants. Nul ne se soucie de porter remède à leur situation et tout le monde se plaint de leurs méfaits, de leur humeur chapardeuse, de leur effronterie, de leur insistance, véritable plaie sociale. Leur nombre va croissant d’année en année. Dans leur tendre jeunesse, ils n’ont pas trouvé place dans les écoles et des parents ignorants et insouciants les ont abandonnés à la rue. Ils ont conquis cette rue, les boulevards et les marchés, les cafés, la ville, toute la ville. C’est le tribut que paie au système colonialiste l’Algérie, qui devient progressivement un peuple de mendiants faméliques et misérables. De beaux projets touchant l’enseignement des Français musulmans ont vu dernièrement le jour. Ils concernent la jeunesse de demain, dont ils n’absorberont la totalité que dans vingt ans. Mais, pour le passé, pour le présent immédiat, l’administration n’envisage rien de précis, sinon des opérations policières. Elus conscients de la population, nous sommes obligés de nous pencher sur ce problème social de l’enfance déshéritée, de l’enfance malheureuse. L’enfance et la jeunesse, c’est le peuple, c’est l’Algérie de demain ”, clamait l’intellectuel. En 1957, contraint à l’exil puisque repéré par la police coloniale, il quitte sa ville natale pour la France d’abord, puis le Maroc ensuite, pour occuper le poste de responsable du FLN pour le nord du pays et enseigner. Une fois la souveraineté reconquise, Abdelkader AZZA retrouve Sidi Bel Abbes. Il a alors 47 ans et une solide expérience qu’il met au service des enfants de sa ville en tant que proviseur du lycée El Djala, dès la rentrée scolaire 1962-63. Abdelkader AZZA poursuivit dans l’Algérie libre sa mission d’éducateur.
          EN termes de productions littéraires, et en dehors de son activité avec l’UNESCO avec laquelle il a longtemps collaboré, Abdelkader AZZA, qui a été docteur es-lettres à la faculté des lettres d’Alger, après avoir obtenu à La Sorbonne la mention “ honorable ”, s’est livré à l’enseignement des sciences ethnographiques et ethnologiques. Comme productions littéraires, nous citerons le roman “ le pacte de sang ” SNED Alger 1984, “ Nouvelle nuit sur M’léta ” paru en juillet 1947 chez Forge revue périodique et “ Mostéfa Ben Brahim, barde de l’Oranais et chantre des Beni Ameur ” SNED Alger 1979
          LE militant et intellectuel Abdelkader AZZA s’est éteint le mardi 19 avril 1967 dans la maison qui le vit naitre. Il a été enterré le mercredi 20 avril après la prière du dhohr au cimetière de Sidi Bel Abbes. ” Sous un ciel maussade, il pleuvait ce jour-là sur Sidi Bel Abbes jusqu’au cimetière “ . Il a été accompagné à sa dernière demeure par une foule nombreuse dont des enfants du lycée, l’âme en peine. Un an après sa mort, son nom a été écrit en lettres d’or sur une plaque en marbre qui désigne le plus ancien lycée de Sidi Bel Abbes.

          • rouai amina

            Bonsoir Si Benyahia, c’est toujours un très grand bonheur que de vous lire, d’autant que vous êtes la mémoire de ces anciens élèves! Allah yerham ceux qui viennent de nous quitter…je pense particulièrement à Si el Mahi, notre père spirituel qui a toujours était proche de moi avec son affection et ses encouragements, à Abdedaim Salah, Alloula Abdelmalek, qui se sont suivis à un bref intervalles, les larmes versés pour l’un, n’étaient pas encore séchées qu’on pleurait un autre. Je viens te dire que je me fait un grand plaisir de te retrouver ce samedi, avec maman, mais je voulais te demander ton autorisation pour reprendre ce beau témoignage, sur grand-père dans sa biographie qui est sur le point d’être édité, dont le vœu serait que pour le cinq décembre, j’aurais le devoir et le bonheur de le signer à vous tous lors d’une vente dédicace au sein du lycée. ouech dgoul fiha? Respectueusement, et amitiés à tous ceux qui répondent toujours présents pour faire revivre la mémoire de leur illustre professeur-proviseur.A Si Abbés Lacarne notre guwal pourrait-il nous donner une halqa avec sa troupe, je serais là pour lui répondre! Amina

          • Imène

            Mr . Benyahia.L : Bonsoir .
            Merci pour cet éclairage trés complet sur la personnalité de feu le militant et l’intellectuel Azza Abdelkader..moi qui ne le connaissait pas ( excusez mon inculture ) je suis gâtée ! Laperrine – paradoxalement – m’étais plus commun , plus  » familier  » grâce aux endroits qui porte ce nom à Alger ( la fac de medecine , la place de hydra ..) . Cette façon d’ exposer , de ne rien faire à moitié , pour le bonheur de nombreux lecteur (es ) me rappelle ma ( notre ) chère Mme CH , avec sa patte incisive , son audace intellectuelle qui ne lui font pas que des amis !
            ( mais bon ! ) .
            Mr. Benyahia : j’ai bcp aimé le thème de la rentrée des classes , les retrouvailles des anciens du lycée , et le poème de Scott Holland ( proposé par notre ami 3mirouche ) en hommage à ceux qui nous ont quittés et qu’on oubliera jamais !
            Le texte de France .A sur la rentrée est particulièrement nostalgique ! De tout temps , de toutes générations la rentrée des classes est un grand moment !
            un moment fort où se mêlent joie , fébrilité , stress , peur .et même une petite appréhension ( douleur ? ) de rompre avec les vacances ( longues ) la farnienté , et surtout les grasses matinées !…la rentrée des classe le temps est toujours un peu maussade , le ciel voilé , un peu de grisaille ( même si juste la veille , il était ensoleillé ) probablement les signes annonciateurs de l’automne ..aujourd’hui l’ordre des saisons est perturbé : l’été empiète sur l’automne , même que la canicule grignote quelques bouts de l’hiver ! c’est le réchauffement climatique ? c’est ça ? ( Cygnus , Help !! ) La rentré des classes enfin , est aussi synonyme de  » saignée  » pour les parents : comme l’Aid , il faut des vêtements et chaussures neufs !! ensuite c’est la liste ( looooongue ) des fournitures scolaires
            ( cahiers 200 pages dont plus de la moitié restait vierge ,..) on trépignait de bonheur – je me souviens – de ranger nos affaires dans le cartable ( neuf aussi ) de couvrir cahiers et livres ..et papa ( Allah yarhmou ) qui veillait à ce qu’on n’ait rien oublié avant de froisser le papier ( la liste ) ! Oulaaa , j’ai tellement mal en pensant à lui , à tout ça .. Quels temps ! Merci , merci Benyahia !

      • OUERRAD en squatteur

        Ma reponse ,,,,,,, je veux ma reponse sinon je viens pas a la grande zerdah ,,,,, liyah liyah eddirouli hakkah ,,,, chett SAHBI , entee33 PARIS chta rahoum deyyrin fiyyah ,,
        JOUMOU3AH MAKBOULAH A tous et toutes KA MEM

  6. BENATTOU

    Mr LAKHAL merci pour l’invitation à la lecture d’ANATOLE FRANCE (le livre de mon ami
    chapitre x, les humanités) Revivre les souvenirs du lycée Azza Abdelkader
    est une aubaine.Vos rappels des souvenirs , sont sourires, rires et larmes de bonheur.
    Marcel Pagnol disait: voici que pour la première fois j’écris en prose…Par ma seule façon
    d’écrire, je veux me dévoiler tout entier, et si je ne suis pas sincère, j’aurai perdu mon
    temps à gâcher du papier. Allah yarham notre frère et ami Hadj Baghdad qui était avec
    nous l’année passée 2014.

  7. Bensamir

    Mille grâces à qui saurait me donner le titre de l’ouvrage de français employé en 6e au collège Azza (fournée 1971-1975).
    Le premier texte commence par ces mots :  » Nous étions à la djemaa »

  8. Mohammed

    Mr BENSAMIR’ je crois que l’auteur est Mouloud feraoun et l’ouvrage est le fils du pauvre…

    • Amirouche

      Bensamir

      N’était-ce pas Fouroulou ?! le texte portait le titre de « Un enfant gâté  » de Mouloud Feraoun ,(avec un dessin de Fouroulou avec une 3abaya blanche avec sa maman ) ; mais aucun souvenir de « Nous étions à la djemaa » .Dans le fils du pauvre « Foroulou » parle de la place (djemaa) …..Sauf s’il s’agit du jour Vendredi …!

      • Benyahia Lakhal

        @Amirouche – Bensamir
        Salam,
        Au coeur du village est la place où se réunissent les hommes : « la Djemaa » ou « Tajmaait ». De larges dalles sur cinquante centimètres de maçonnerie indécise, contre les pignons des maisons, forment les bancs de la « tadjenait » sur lesquels viennent s’asseoir les hommes et les enfants.
        Une faveur spéciale a doté l’un de ces bancs d’une toiture à claire-voie, c’est la plus recherchée à cause de sa fraîcheur en été, et parce qu’elle abrite des rigueurs de l’hiver.

        Institution essentielle, la « Djemaâ » inspirée par la sagesse de ses membres, est la dernière des formes d’organisation sociale et « économique » que les populations de Kabylie ont héritée de leurs ancêtres.
        « La Djemaa » joue dans le village Kabyle un rôle fondamental: « tous les marmots du village apprennent de bonne heure qu’ils ont leur place à la « Djemaa ». Le moindre rejeton male y a autant de droits que n’importe qui.  »
        C’est là que se règlent les affaires du village, et que l’on fait montre de sa supériorité oratoire, l’age et la fortune ne jouant qu’un rôle limité.
        La démocratie fondement essentiel de l’organisation des Djemaas avant la colonisation était devenue une fiction dans les Djemaas des douars organisés par la puissante occupante qui en a restreint les prérogatives pour mieux les étrangler.

        La Djemaâ, système séculaire par excellence, son rôle exact consistait à organiser et assurer les travaux des champs en mobilisant les gens des villages moyennant un repas quand, par exemple, les plus nantis des villageois, refusant de s’associer aux travaux collectifs, étaient appelés à régler la contrepartie des efforts redevables à la société en espèces sonnantes et trébuchantes ou, faute de mieux, en produits naturels destinés à la consommation. La Djemaâ pouvait ainsi exercer sa légitimité en planifiant ses périodes pour mobiliser les gens sur la base de la touiza, une sorte d’entraide dont le mouvement ne peut être actionné qu’en s’appuyant sur une certaine forme d’intéressement.

        Pour les femmes, l’équivalent de « la Djemaa », le lieu des nouvelles et des papotages, c’est « La Fontaine »….. »Le lieu de réunion le plus spectaculaire est la fontaine. Là, les femmes ne connaissent pas de maître….libres propos, plaisanteries osées, chants… elles sont vraiment déchaînées…et souvent la cruche d’eau n’est qu’un prétexte.

        Mouloud Feraoun dans ses oeuvres : « la terre et le sang », « le fils du pauvre » et « les chemins qui montent »… et Mouloud Mammeri dans « La colline oubliée » en parlent.

    • Bensamir

      Merci beaucoup pour les réponses.

  9. chaibdraa tani djamel

    Avec tout le respect que je dois à mon ami et frére LEKHAL Benyahia ainsi qu’à tout les anciens éleves du lycée AZZA AEK(allah yarhamah) ,ainsi qu’aux 3OUMADAS des scouts musulmans algeriens qui eux aussi se rencontreront ce méme jour à la bibliothéque KEBBATI (allah yarhamah) sans oublier sois disant l’ association de la protection de la ville de SIDI BEL ABBES qui a été créer , qu’on se met coude à coude pour parler et dénoncer les travaux du tramway qui vont défigurer notre belle cité ,surtout le centre ville (arrachage des palmiers centenaires, prochainement destruction de la mosquée ABOU BAKR ,essayez de voir de ce qui s’est passé à la BADR (banque de place carnot) dont son comptoir de bois rouge ainsi que sa caisse arraché par je ne sais quel résponsable parachuté dans notre cité, sans oublier la division du rond point du PETIT VICHY (« sarije el houte » comme l’appelait les anciens de la ville),je ne suis pas contre le TRAMWAY mais contre la défiguration de notre ville , qu’on soit solidaires pacifiquement contre ces actes et je demande pardon à tout le monde intellectuel de ce commentaire et cela que par amour à ma ville .Salutations fraternelles

  10. OUERRAD en squatteur

    Si jamel , ou plutot HADJ jamel il est trop tard la trame est faite ,
    Le TRAM ? a deja defigure la ville
    ,les associations elles sont la pour faire de la figuration ,
    demolition de la mosquee ?
    Il n est pas trop tard , faites quelque chose avant que vous ne soyez pris au depourvu comme pour le TRANSPORT RAPIDE AVANT la MORT????
    JOUMOU3A MAKBOULAH pour tous et toutes ,,,,,, sans rancunes

  11. Anonyme

    A l’heure où l’individualisme destructeur érode les valeurs familiales et patriotiques ,M. Lakehal tient vigile et entretient la mémoire des grands hommes dont nous sommes débiteurs en sachant que deux vies entières ne sauraient être suffisantes pour s’acquitter de cette dette.
    Un seul bémol à cette évocation Feu Abdelkader Azza ne saurait être indigène en son humus. L’indigence morale et l’outrance du langage étaient du côté du colonisateur et usurpateur qui a tenté de violer les identités et les consciences arrimées à cette terre.
    Les lycées de votre promotion contenaient en germe toutes les promesses à venir et qui allaient au-delà d’un emblème flottant au vent.
    Il y avait du nif à disqualifier l’occupant sur son terrain intellectuel.

    • Benyahia Lakhal

      Anonyme
      Toute la classe est privée de sortie dimanche prochain et le suivant. Consignée, faute d’avoir reconnu Smiley et son style pourfendeur et incisif.

  12. OUERRAD en squatteur

    Si c etait de l individualisme,ce n est ni plus ni moins que de l EGOISME .

  13. Hocine C

    Merci Elhadj Benyahia , moustaoua aali jiden . C’est un vrai bonheur de vous lire . Merci .

  14. Un lycéen .

    Le dormeur du valC’est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil de la montagne fière,
    Luit : C’est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme 
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.

    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. 

    Arthur Rimbaud

    n ce jour de rencontré des anciens du lycée Laperrine, el djala puis Azza.
    moi j’irai m’as soir sur une chaise au jardin du Luxembourg en pensant â mes anciens camarades de classe des années 62 63 64 encore vivant ou bien disparus et qui nous ont quitté et dont nombreux que je n’ai plus revu.
    je relirai le poème qu’ Arthur Raï baud avait écrit à l’âge de 16ans

    • OUERRAD

      Ce jour là , tu seras seul permet moi de te tutoyer lyceen des trois lycees en un , tu seras seul LUXE EN BOURGEOIS .
      SALUT LYCEEN 62.63.64.BON VENT .

  15. aidouni

    vous nous avez presenté le general Laperrine el merhoum azza Abdelkader mais rien dit sur monsieur eldjala alors benyahia presente nous ce monsieur….qu a t il fait de grand pourdonner son nom a notre lycéé allez releves le défi…….

    • Benyahia Lakhal

      @aidouni
      El Djala signifie l’évacuation de l’Algérie par la puissance coloniale et ses forces armées, au lendemain de l’indépendance.

  16. OUERRAD

    Quel veinard , ce CHIBANI de là bas chez nous :se permettre le jardin du LUXE M BOURG , alors que nous MOUT WAGUEF d ici on ne peut meme plus se permettre le jardin public qui est devenu JARDIN ROU BOU BLIC .

  17. Un lycéen .

    Je me souviens qu’en français nous étudions beaucoup Moilère ,Racine,Corneille,et Boileau.
    Et les troupes de théâtre françaises passaient chez nous au théâtre de notre belle ville .
    je me souviens avoir vu le Cid , le malade imaginaire ,le bourgeois gentilhomme , l’avarice.
    C’était le bon temps où l’éducation était à son niveau malgré les aléas de la révolution et une jeune indépendance . Alors comme je l’avais dit plus haut j’irai rêvé au jardin du Luxembourg ce beau parc créé à la demande de Marie de Medicis et que les titulaires parisien appelle le Luco avec son beau palais du Sénat .
    Je dirai que l’éducation lors de mon passage dans ce lycee m’a beaucoup servi et beaucoup aidé .Ce fut un temps que certains ne peuvent pas connaître.
    Ainsi va la vie.

  18. OUERRAD

    C etait encore , l euphorie de l independance et notre systeme educatif, tout comme d autres secteurs continuaient a fonctionner français .D ailleurs , beaucoup de nos enseignants nous ont suivi au lycee par manque de professeurs . Puis , ce fut la periode cooperation technique qui aurait du nous mener a bon port , mais le grand BOSS avait decide autrement en arabisant a outrance avec des gars venus du moyen orient et surtout d EGYPTE . Et le resultat , est là ,,,
    EL DJALAOU ,,, n est ni savant ni martyr , mais juste une signification , qui a pris le relais pour ne pas garder le nom de laperrine .En l absence de martyrs de notre region , les decideurs du moment n ont trouve que l EVACUATION , pour baptiser notre lieu de savoir Et c est tant mieux , car ALLAH EST GRAND quelques temps apres celui qui meritait de prendre cette place decede le 18 AVRIL 1967 et c est son nom qui fut inscrit en lettres d OR sur le frontont de notre lycee bien aime .Ce n est que JUSTICE .

  19. Abdeddaim N

    Très belle initiative que de baptiser les salles de classe de noms de chahid.Oui quelques uns étaient mes camarades de classe. Baghdadi .Sekkal. Liabes. Alfrid. Allah yarhamhoum et à Samedi pour les retrouvailles.

  20. zlaoui

    moi j’etais jeune en 71 pour entrer a ce lycee..tout ce qui me plaisiat c’etait de s’accrocher aux barodage pour regarder les lyciens et lycienne joueaient au sport..le terrain etait dégagé..
    la polémique s’aclate’t apres cela sur le sport si c’est hlale ou harame car a cet epoque s’habiller en joging c’etait scandaleux …ils ne pouvaient rien faire contre la note ministeriel qui obligeait tout le .monde de faire du sport fille comme garçon, certain parents ont accepté a condition de lever un mur autour du stade afin d’empecher les gens de les voir de l’exterieur..et le mur fut lever…voila un peu l’histoire du stade du lycee telle qu’on l’entendait
    vrai ou pas vrai en tout le mur a une raison de se lever..a cause des filles en veteme’t de sport ça je suis sure….donc pour moi il fallait se deplacer vers lycee el haoues pir voir un match de basket..meme aujordhui je reste debout pour le voir car je prend prend cette route pour aller vers la banque tirer un peu d’arge’t ensuite pre’dre un café passé sur renault pour voir s’il ya du nouveau comme des credits bancaires par exemple…bon rien la marche est bonne
    dans le temps ceux qui n’avait que deux pieds pour marcher on lui dit  »t’as une R2..par rapport a celui qui avait une renault 4 ou R4…je suis en R2 et je suis bien en R4 je ne vois jamais de match sur elhaoues….en R2 si,,vive la R2..

  21. ami d'enfance

    salam mon cher Labyad,

    Je voudrais avoir de tes nouvelles. Comment te contacter (skype par exemple)

    Porte toi bien et salam a tout les boukanefisiens.

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