La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi Bel-Abbès : Odeurs de Ramadhan

Depuis plusieurs années, le sacré mois de Ramadhan, orrespond avec la rentrée sociale, les odeurs et les prix annonçant ce mois sacré s’installent à un rythme accéléré, même si sur certains étals exposant les fournitures scolaires annoncent une autre rentrée, scolaire cette fois-ci, fort attendue mais… redoutée. Et le tout fait partie du décor dans le coeur palpitant du chef-lieu de wilaya, à savoir l’antique quartier populaire, GRABA, où déjà à 10 heures, le soleil est déjà haut et le brouhaha maître du site. D’ailleurs, l’on ne peut traverser le site sans être happé par ces multiples commerces, surtout ceux relevant du secteur informel, omniprésents sur les lieux où règne, à longueur d’année, un perpétuel mouvement, malgré la disparition de certains symboles et repères qui faisaient du mythique quartier toute sa notoriété. Et si la ferveur d’antan pour beaucoup de nostalgiques n’est plus la même, les vieilles habitudes, ayant trait à ce grand rendez-vous du mois de ramadhan sacré, sont encore là. Des tables achalandées d’épices, d’ustensiles, de denrées alimentaires annoncent la couleur en ces lieux où la fourchette des Maouassim ne s’est pas effritée et où tout le monde est sûr de trouver ce qu’il veut acheter comme provisions et autres nécessités avant que certains prix ne s’emballent comme c’est de « tradition ». En ces espaces là, l’on s’interpelle peu, l’heure est aux achats malgré la chaleur torride et la densité perceptible dans la totalité des venelles et artères marchandes où tout un chacun tient à se préparer activement pour le mois du jeûne, en donnant selon les moyens en sa possession, à ce mois sacré, la dimension divine qu’il requiert, du moins pour certains aspects, dans un air de franche Bonhomie, que ce soit autour du marché central ou dans son intérieur malgré l’exiguïté des lieux.

Dans beaucoup d’endroits, le vieux quartier commerçant a sacrifié un grand nombre de ses minimales échoppes artisanales au profit de grands bazars non loin de Sidi-Mohamed, le saint vénéré des lieux où, non loin de là, l’on continue vaille que vaille, comme de coutume, à sacrifier les taureaux lors du Mawssim. L’atmosphère des couleurs et des senteurs bien particulières aux lieux demeure encore dans les importantes artères, telle celle de feu Sekkal Chaïb et autres artères grouillant de monde. L’activité informelle à pignon sur tous les espaces qui possèdent un créneau horaire connu par les visiteurs et surtout par les ménagères. Vers dix-sept heures, l’activité bat toujours son plein et ce, jusqu’à la tombée du jour.

Mais d’un autre côté, il y a l’amertume de constater que les prix des produits alimentaires essentiels ont déjà pris l’ascenseur, y compris ceux des fruits et légumes, sans omettre le poisson hors de portée pour plusieurs bourses. Ramadhan est le quatrième pilier de l’islam et devrait en principe connaître plein de tolérance et moins d’inquiétudes telle cette hausse vertigineuse des prix au delà des mesures et efforts déployés par l’Etat avec l’ouverture des restos du coeur et le dynamisme débordant de certaines associations locales qui atténuent l’hideux tableau dressé en certains endroits où le gain est sur la première marche du podium.

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Posté par le Mar 5 2011. inséré dans EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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