La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi Bel Abbès : Le 17 Octobre 1961 retour sur un crime impuni.

A Sidi Bel Abbes, plusieurs initiatives sont a citer dans le cadre de la commémoration du 50éme anniversaire des tragiques et douloureux évènements relatifs à la répression d’une manifestation pacifique organisée en plein Paris. La préfecture de police a considéré ça comme un acte de guerre et lâcha sa police. Nuit noire de chasse à l’homme et de matraquages meurtiers. Morts et blessés jetés dans la Seine. Tas de corps dans la cour de la Préfecture. Sans doute plusieurs dizaines, ou centaines. on ne saura sans doute jamais car rarement le silence et l’amnésie publique auront été organisés et imposés avec autant de force. Pendant 50 ans…A Sidi Bel Abbes, la section du 8 Mai  1945 a organisé une grande conférence débat ou l’assistance du intervenir pour exiger dans une pétition la reconnaissance de ce crime, se joignant ainsi à d’autres appels allant vers le même objectif. Et au cours du riche débat, le nom de Mustapha Le Noir (de son vrai nom Zouaoui Mohamed) un grand acteur de cette manifestation a été évoqué. Qui est-il ?

Alors qu’un établissement du cycle du moyen a été officiellement baptisé au nom de Zouaoui Mohamed, grand militant de la cause nationale, qui restera gravé dans la mémoire des Bel Abbésiens qui ont eu le privilège de le connaître, de la côtoyer et d’apprécier ses immenses qualités de bravoure, de résistance et d’actes révolutionnaires, et a un moment ou encore dans l’hexagone, les enjeux électoraux font encore ignoble recette au niveau des extrémistes, nos confrères alleux, parents des premières générations, installés en Europe, en particulier en France, ont eux aussi contribuer à l’indépendance du pays. Un devoir de mémoire s’impose ce jour. Il s’agit de celui qui a tourné en dérision toutes les polices de France, indique notre source. En l’occurrence Zouaoui Mohamed, dit Mustapha le Noir, que certainement nos enfants, ou même certains adultes ne le connaissent pas, ou peut être, ont entendu parler de lui. Qui est t-il.

Il est issu d’une famille honorable, il était fier de porter le flambeau de sa génération. Il grandit et vécut son adolescence au faubourg Bugeaud « Graba » devenu « Emir Abdelkader » dans une imposante demeure, située rue de la mosquée et c’est dans son fief populaire qu’il fréquentait ses semblables qui ont connu également au fil du temps, la célébrité tels HASSANI Abdelkader, les Frères AZZA, BENALI, ALLAL, TALEB, ABDEDDAÏM, LALOUT, ISSAD, MAMI, TABET DERRAZ, DRIDER, BORSALI, SAÏM, BENAOUM, BENKAOU et bien

D’autres qui furent ses compagnons dans ses études primaires et secondaires et dans les relations militantes.

Se sentant capable de voler de ses propres ailes, bien que son père fût propriétaire terrier très aisé, il prit la décision de quitter sa ville natale pour s’installer en France, afin de poursuivre l’enseignement supérieur. C’est à Paris qu’il retrouvera les nationalistes Bel-Abbésiens exilés en à l’époque, les frères BENAOUDA, ABDEDDAÏM et BOUAÏT Ali « Marabout »

Au moment où la guerre d’Algérie battait son plein, une pléiade d’intellectuels algériens, bien intégrés dans les milieux universitaires, en patriotes convaincus, ont fait preuve de courage pour se lancer dans un combat libérateur dont l’issu nécessitait beaucoup de sacrifices. C’est dans cette capitale qui grouillant de Nord-Africains et particulièrement d’Algériens, que la flamme grandissait dans l’esprit de ZOUAOUI pour tisser des réseaux qui ont abouti à la naissance de la fédération FLN de France. L’amitié se resserrait davantage et les difficultés se multiplièrent, mais le mouvement nationaliste avait gagné toutes les régions de l’hexagone. S’il est inutile de signaler toutes les entraves et les vicissitudes encourues par le regretté ZOUAOUI dans son itinéraire révolutionnaire, dans une ville fortement encadrée par des forces de police aguerries et expérimentées, il convient de souligner que lors de l’arrestation de celui qu’on surnommait « Mustapha le Noir », toute la presse dans sa diversité aussi bien en France qu’en Algérie, avait consacré des pages à la Une, pour relater les exploits de cet être doté d’une intelligence et d’un savoir faire exceptionnels. Comme tous les responsables éveillés de sa génération, devenus des cibles  privilégiées, il fut emprisonné, puis relâché durant la période transitoire de cessez-le-feu, indique Mr Mustapha Hassani, frère du Dr Aek Hassani.

Son domicile parental a été le cadre d’une rencontre entre les représentants militaires du FLN et des Officiers français pour conclure la paix définitive des deux communautés. Après l’indépendance, il était député à la première Assemblée Constituante aux côtés de feu TAYEBI Larbi et d’autres ténors de la révolution et c’est lui qui a donné plus d’ardeur, pour contribuer à l’avènement d’une jeune nation tournée vers le progrès et la construction.

Après son mandat, et fier d’avoir accompli son devoir national, il se retrancha sur les bords de la Mekerra, pour s’occuper de sa cellule familiale. Atteint d’une maladie incurable, il demeura chez lui au milieu de ses deux garçons et ses deux filles, pour résister dans la discrétion à la douleur, et c’est dans la nuit du 3 Octobre 2000 que le prestigieux et inoubliable ZOUAOUI, rendit l’âme pour se séparer définitivement de ce monde. Il décéda le 3 octobre 2000 à Sidi Bel-Abbès à l’âge de quatre-vingt ans. Il fur ainsi l’une des cheville ouvrière des manifs d’octobre 1961 à Paris

Figure marquante du mouvement nationaliste algérien, le défunt a été identifié par la DST, le jour de son arrestation le 10 novembre 1961, sous le nom de code de ‘Maurice’ comme étant «le chef des opérations du FLN sur l’ensemble du territoire de la France métropolitaine» et sous le commandement duquel «toutes les décisions cruciales concernant l’organisation des manifestations des 17-20 octobre 1961 ont été prises par le comité dit des quatre». Quant a notre confrère Abbed (La Voix d’Oranie), il signale d’autres éléments lors de la commémoration de la journée du 17 octobre à Sidi Bel Abbes. Ce fut là une autre source que nous avons exploité.

Sa famille formée de militants nationalistes qui a eu le privilège de recevoir chez elle, au quartier mythique de Graba, de grandes figures du mouvement national (ulémas, responsables politiques…) à l’image du cheikh Abdelhamid Ben Badis et Hamou Boutlelis, cette personnalité hors pair, de formation universitaire (facs d’Alger et de Toulouse), s’est illustrée par un itinéraire politique particulièrement riche de son vivant pour être à l’origine de la création, à Sidi Bel-Abbès, des premières structures du PPA (Parti Populaire Algérien) et de l’OS (organisation secrète) ainsi que de la formation des cellules de militants qui vont constituer plus tard les éléments fondateurs du CRUA à l’échelle régionale.

Mais c’est surtout en France, où il est parti parachever ses études universitaires, qu’il n’aura de cesse de poursuivre son action militante dans la clandestinité la plus totale et d’assumer, à ce titre, des responsabilités importantes à des échelons divers de la fédération FLN, parmi lesquelles celle de chef de la wilaya 36, région de Marseille, avant d’être appelé à Paris à la tête de la cellule de l’information du comité fédéral et diriger ensuite le fameux réseau qui portait son nom.

Pour de nombreux historiens algériens et étrangers, Zouaoui Mohamed est reconnu comme étant le chef suprême du FLN en France et l’un des principaux artisans des manifestations des 17-20 octobre 1961 à Paris. Un précieux ouvrage consacré à ces douloureux évènements par deux chercheurs britanniques, Neil MacMaster et Jim House, sous le titre «Paris 1961 – Les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire», nous apporte le meilleur éclairage qui soit en ce qui concerne «le rôle de ce meneur d’hommes qui, des années durant, sous le pseudonyme de Mustapha le noir, tourna en dérision toutes les polices de France réunies, en particulier la DST…» Dans leur analyse, les deux éminents historiens n’ont pas manqué en effet de donner des détails précis sur le rôle des structures et acteurs impliqués dans l’organisation de ces manifestations parisiennes» (…) et d’en arriver à la conclusion que Zouaoui Mohamed, en sa qualité de responsable fédéral résidant en France, «était l’unique source de contrôle de toute l’action du FLN en France métropolitaine…» et la cheville ouvrière des manifestations en question, manifestations qui s’achevaient, souligneront-ils, «par l’une des répressions les plus sanglantes de l’histoire européenne moderne».

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Posté par le Oct 15 2011. inséré dans ACTUALITE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

6 Commentaires pour “Sidi Bel Abbès : Le 17 Octobre 1961 retour sur un crime impuni.”

  1. Dahmani Abdelrahmane

    Hier j’ai participé a cette conférence et à la fin de cette rencontre on a signé une pétition elle se trouve chez le secrétaire général de la section du 8 Mai 1945 Mr. Nehari Ali, pour monsieur Zouaoui Mohamed, ce n’est qu’en écoutant Hassani Mustapha parler de lui que j’ai appris ce que vous venez de nous l’écrire ce soir. Que dieu le bénisse et on vous encourage pour sauver ces mémoires.

  2. chaib draa tani djamel

    allah yarham echouhadas et les vrais moudjahidines

  3. Hamid D ( SBA)

    C’est bien de commémorer le massacre des Algériens à Paris , en Octobre 1961. Mais il faut aussi commémorer les massacres des Algériens à Bentalha , Had Chekala , Ramka , Beni Messosus ,…en 1996 et 1997.

  4. mekki b de vdsba

    si vous suivez bien ce journal le27septembre passe une delegation de nous lecteurs est partie a ain aden sfisef observer une halte pour reprendre le mot utilise par un redacteur.aux dens de ces localites de faire dememe le 17 oct connait des ceremonies un peu partout.

  5. gherbi a abbasi

    je ne conaissis pas ce militant jze viens de lire son iteneraire a la radio belabbes on ignore ces hommes.

  6. mokhnache d birkhadem

    je viens moi aussi de prendre connaissance avec ce grand revolutionnaire.qui m’etait inconnu

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