La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi Bel-Abbès: Elus du peuple…ya t’il encore des Ouhibi Abderahmane ?

Le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, a répondu aux questions des députés sur le projet de code communal, qui a du dernièrement soulevé le tollé au sein des élus locaux en général. Vu que le projet de révision du code communal avait déclenche un grand mouvement de contestation dans les rangs des présidents d’APC en Algérie. Ils étaient même nombreux à avoir envisagé de déposer une démission collective, indiquait Mr Mouhib Khatir maire de la commune de Zéralda et président d’un forum regroupant quelque six cents maires. « Comme ils étaient capables de faire passer la loi de finances, le code des marchés publics qui a bloqué le programme quinquennal, ils vont faire passer le code communal. La plupart des maires vont donc déposer une démission collective, jeudi prochain », affirmait ainsi M. Khatir. « Il y a des maires à Annaba et à Sidi Bel abbes qui ont déjà démissionné. S’ils veulent maintenant importer des maires qu’ils le fassent », avait-t-il ajouté a la presse. Ce projet de loi dont l’une des plus importantes caractéristiques est la réduction des prérogatives des élus locaux au profit du wali, « est vide et sans âme », a noté notre interlocuteur. Rappelant qu’ils n’ont pas été associés dans l’élaboration de cette loi, il poursuit : « les gens qui ont élaboré ce code communal n’ont aucune expérience dans la gestion des collectivités locales ». Les maires ont envoyé au ministère de l’Intérieur une plate-forme de revendications concernant l’immunité, un statut particulier et une augmentation de salaire. Mais selon M. Khatir, ils n’avaient toujours pas obtenu de réponse. «On a pas d’interlocuteurs », déploraient-ils. Ainsi ce dimanche, les présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont appelé, dimanche à Alger, à élargir les prérogatives de l’élu local pour lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le processus de développement durable. Intervenant lors de la séance du matin précédant les réponses du ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, M. Daho Ould Kablia, aux questions des députés sur le projet de code communal, les présidents des groupes parlementaires ont appelé à accorder un intérêt particulier à l’élu en l’impliquant davantage dans le processus de développement local et en élargissant ses prérogatives. Dans ce contexte, le président du groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique, M. Miloud Chorfi a indiqué que le projet soumis au débat reflète « le souci d’impliquer fortement l’élu au plan des réformes et au développement local ». Pour notre part, nous souhaitons bien que le pouvoir soit renforcé pour ne pas le cotonner dans des taches dérisoires au delà de l’importance des volets, cadres de vie, environnement, …etc.

Pour ce qui est des démission, et loin de nous l’idée de généraliser ou de faire dans l’amalgame,  ou de jeter  un discrédit vers quiconque de ceux qui sont chargés de cette représentation locale que nous respectons. On est bien tenté de poser cette question (voir titre de l’article), et de signaler, a titre d’évocation repère, une démission qui a fait date, dans l’histoire de la collectivité locale a Sidi Bel Abbes, celle du maire feu Abderrahmane Ouhibi. Elu le 14 février 1971, le deuxième mandat des APC après celle de 1967 qui vit feu Hassani Abdelkader prendre démocratiquement les destinées de l’hôtel de ville. Cette démission historique ravive bien des souvenirs encore présents dans la mémoire collective mais surtout faire tirer les leçons pour l’avenir de la ville et de l’indélébile connivence qu’entretenaient les citoyens dans la gestion en général de la municipalité.

Etant donné qu’une ville n’est point un simple conglomérat de beaux édifices, de belles avenues ou autres lieux publics, c’est toute une histoire de hauts faits d’hommes et de femmes sur lesquels on reviendra. Commençons par feu Abderrahmane Ouhibi, nous dit-on.

Feu Abderrahmane Ouhibi est l’une des figures marquantes de l’hôtel de ville bélabbesien. Elu le 14 février 1971 à la tête de l’APC, la deuxième après la première institution communale élue le 05 février 1967 et ce, après l’adoption du premier code communal (ordonnance 67/24 du 18 janvier 1967), cet ex-diplômé de l’école normale de Bouzaréah des années 42/43 a été un grand creuset des cadres de la Nation. Notre homme, très modeste et humble, poursuivra ses études pour l’obtention du titre de professeur de dessin industriel. Ses débuts en tant qu’enseignant sont signalés par notre source dans la localité de Ouzidane (wilaya de Tlemcen). Ensuite, il est affecté dans sa ville et c’est dans la célèbre école indigène connue par Ibn Sina et appelée également Avicenne et qui constituait avec l’école Ibn Khaldoun, pour la ville arabe, les uniques destinations, outre l’ex-école Turgot dite El-Ghazali… Et ce pour la population arabe sous domination coloniale.

Doté d’une bonne formation pédagogique et en parfait bilingue feu Ouhibi Abderrahmane était d’apparence sévère à l’égard de ses nombreux élèves issus des populeux quartiers de la rive sud de la ville mais son unique credo a été le combat, avec rigueur contre l’ignorance.

Après un premier mandat des plus positifs et lors des 3es élections des APC, feu Ouhibi Abderrahmane est élu le 30 mars 1975 pour la continuité et la consolidation de ce qui a été entrepris dans l’agréable cité de la Mékerra. Hélas le dévoué serviteur de la chose publique vit surgir un sérieux différend l’opposant au wali de l’époque, indique notre source, connaissant très mal le militant sincère et honnête pétri d’intégrité que l’on ne cesse de ré-évoquer, des décennies après son décès.

Il opposa un refus catégorique aux injonctions de sa tutelle en déposant, dans l’honneur et la droiture, sa démission, refusant de laisser violer les attributions du premier magistrat de la ville, donnant un bel et rare exemple de dignité et d’honnêteté.

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Posté par le Mar 20 2011. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE, SBA VILLE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

1 Commentaire pour “Sidi Bel-Abbès: Elus du peuple…ya t’il encore des Ouhibi Abderahmane ?”

  1. Article juste sauf petite correction car il a fait l’Ecole normale d’Alger de 34 à 37. Malgré ses origines, on lui avait proposé (fait rarrissime) de continuer ses études à l’Ecole normale supérieure de Paris réservée à l’élite de l’élite française.Il n’a pu concrétiser cela il avait 2 familles à nourrir, son père (un Taleb très connu à SBA) étant mort en 1935.Parmi eux, ses jeunes frères Abdelaziz et Djelloul, miraculeusement rescapés de la guerre de Libération.Il est enterré à SBA, ville qu’il n’a jamais voulu quitter et pour laquelle il a tout donné et consacré sa vie, comme par exemple le collège technique qu’il a redémarré dès septembre 1962 alors que tous les enseignants étaient partis.La justice et le devoir de mémoire devraient commander que cet établissement porte son nom, car il a beaucoup oeuvré pour cette ville. Tout les Bel abbésiens jeunes et vieux devraient s’engager pour cela.

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