La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi bel abbes : « Basma » organise « un café littéraire » Au menu une rencontre avec notre ami le Doct Driss Reffas et les artistes peintres de post indépendance (Lycée el djala)

L’ association , culturelle  des arts plastiques Basma de la ville de Sidi bel abbes, organise ,demain ( 25 janvier 2014,à 15h)a  l’hôtel Beni Tala de Sidi bel abbes , une rencontre littéraire, avec le Dr Driss reffas , autour d ‘un récent livre « De Robba à l’arbre de fer , j’écris mon nom  » paru aux éditions Edilivre, paris 2013, Il est prévu également une deuxième  activité et ce avec les artistes peintres  (ex élèves du lycée El Djala) de post indépendance ; qui  ont dignement représenté l’Algérie à la semaine culturelle Algéro Suisse , à Lausanne 1964. Cette manifestation culturelle se déroulera, avec la participation en autres de la nouvelle association ESPACE pour la sauvegarde du patrimoine architectural ,culturel , et environnemental de la wilaya de Sidi bel Abbes nous précise son président.notre cher ami ;monsieur Talha djelloul ou notre lectorat  est cordialement invité.;et bien sur tout le large public y est convié

Autour de l’ouvrage qui sera présenté notre journal en avait parlé relisons « Nous venons d’apprendre qu’un roman sur le parcours de la donatiste Robba intitulé « Robba d’El M’cid à Benian » est fin prêt pour l’impression. Ceci est l’œuvre de notre ami, je dis bien ami et frère docteur Driss Reffas, qui inlassablement a mené une recherche pendant plus dix ans sur l’antique Robba en parcourant les sites de djebel Robba situé dans les alentours de Sfisef ( M’cid), la citadelle donatiste de Benian (Ala Miliaria) où se trouve ensevelie la basilique de Robba et s’entourant d’une très riche bibliographie a démystifié le mouvement prolétaire donatiste de la Numidie et des Maurétanies (Sitifienne et Césarienne) c’est-à-dire l’Algérie de nos jours. A travers une imagination fertile, un  dialogue riche et captivant, l’auteur tout en respectant les dates, les noms des personnalités et quelques évènements a mis en exergue le combat de la donatiste et de son église Africaine pure face à Rome et son église expansionniste de 329 au 25 mars 434 date de son assassinat. Sa découverte fortuite du site archéologique situé au douar Souabria en 2009, daté et confirmé par le musée national Ahmed Zabana d’Oran ( IIè et IIIé siècle AJC) a soulagé  l’auteur sur l’éventuelle présence , et peut être même la naissance de Robba ( née en l’an 384) dans notre région, d’autant plus que son frère Honoratus était évêque à Aqua Sirense (Bouhanifia). Djebbel Robba en est une preuve aussi. Ayant été mise au courant sur le travail du docteur D. Reffas, madame la ministre de la culture envoya une correspondance à l’auteur (04 mai 2009) en précisant : « …Je partage pleinement votre point de vue car l’Algérie insurrectionnelle et révolutionnaire ne peut s’inscrire que dans le prolongement des révoltes donatistes portées des siècles auparavant par un peuple berbère qui a refusé l’ordre impérial…..Je vous félicite d’interpeller la mémoire collective pour aller à la rencontre des traces encore fraîches de cette importante phase de notre histoire, et je conviens avec vous que ce sont des personnages de la dimension de Robba qui doivent nous inciter à revisiter notre histoire. »Le docteur D.Reffas souhaite vivement que son roman soit préfacé par madame la ministre de la culture. » A cette parenthèse en guise de rappel ;nous ajoutons que notre ami et cousin le docteur DRISS REFFAS fut  parmi les premières personnalités honorées par la V D  S B A dans le cadre du SAMEDI  BELABBESIEN comme il a été l’un des premiers hôtes du journal; le sien aussi. Relisons l’entretien qu’il a eu avec nous.

« Notre journal a le plaisir d’accueillir le Docteur Reffas Driss, comme hôte. Néanmoins, il n’est pas aisé de présenter cet intellectuel très engagé en quelques lignes. tant que son itinéraire et son cursus sont très riches, au vu du dynamisme  débordant de notre ami, qui demeure très entreprenant, tant dans la défense de ses confrères de sa corporation du syndicalisme en général, que dans son implication effective et surtout désintéressé dans le mouvement associatif local et même au niveau international. Et comme nous venons d’avouer qu’il est difficile de résumer un cursus, c’est comme un palmarès ou le risque des omissions est toujours possibles. Ainsi nous avons opté au classique interview, que nous vous invitons à suivre, pour « extraire »  le maximum  d’information de la bouche du chirurgien dentiste, qui nous a répondu très courtoisement, et son répondant spontané, honore toute notre wilaya, et par ricochet l’Algérie que notre invité à plusieurs reprises dignement représenté. A d’autres conquêtes mon ami.

VDSBA : C’est comme un rituel connu, a savoir la présentation, alors khayi fais comme si je te connaissais pas. Présente toi à nos lecteurs.

Mr Reffas : Je suis natif de Sfisef, d’une modeste famille dont le père était préparateur en pharmacie, bien avant l’indépendance. J’ai fait toutes mes classes de primaire et, la sixième à Sfisef. Ensuite, j’ai rejoins la prestigieuse école nationale des cadets de la révolution de Koléa. Je suis père deux grands enfants, Fatma Zohra Imène, et Mohamed Sofiane Abdeljalil. Tous deux à l’université.

VDSBA : Pourquoi  Koléa ?

Mr Reffas : Dans le temps, il y avait une mission militaire qui faisait le tour des collèges pour des éventuels recrutements au niveau des écoles des cadets. Une bonne moyenne annuelle était exigée. Pendant les vacances scolaires, mon défunt père a reçu une lettre de la direction des écoles des cadets du ministère de la défense. Il m’en a parlé, et il a insisté  à ce que la décision me revient à moi seul. En fin de compte j’ai décidé de rejoindre l’institution et, je vous assure que je n’ai jamais regretté. La scolarisation était rigoureuse, et le président défunt Houari Boumediene veillait au grain. Souvent, il nous rendait visite, et s’entretenait avec nous sur les conditions de vie et de nos études. A chaque fin d’année, il présidait la cérémonie des remises des prix. Il avait une idée noble. Aujourd’hui, je suis très fier de voir  que la plus part des cadres de notre institution militaire sont issus des ex écoles des cadets de la révolution. La réouverture des écoles des cadets est une très bonne décision, prise par le président de la république.

VDSBA : Et après l’école des cadets ?

Mr Reffas : J’ai fait un choix. Il a été respecté. C’est l’essentiel. J’ai rejoins l’université pour  obtenir le diplôme de Chirurgien Dentiste.

VDSBA : vos débuts dans le mouvement associatif ?

Mr Reffas : Avant, il n’y avait pas de mouvement associatif, comme conçu aujourd’hui. Le parti unique du FLN qui dirigeait le pays avait ses organisations de masse et ses unions professionnelles. A l’université, après la dissolution de l’UNEA et l’emprisonnement de ses cadres, le mouvement estudiantin s’est réorganisé sans sortir de la ligne de conduite de l’UNEA. D’ailleurs, elle était présente à l’étranger pendant plusieurs années. La clandestinité était le choix idéal pour continuer à faire de l’opposition. Ensuite, il ya eu la création de l’UNJA avec une commission nationale spéciale pour les étudiants appelée CNE/UNJA. A ce moment, l’UNEA  a ressuscité au sein de cette commission, car la plus des cadres militants de l’organisation ont occupé la commission et ont fait un travail de proximité extraordinaire. Ce sont  les seuls qui ont fait face au  mouvement islamiste des années 70 au sein de l’université (frères musulmans).  J’ai fait parti de cette commission au sein de l’UNJA.

VDSBA : Et l’Union Médicale Algérienne ?

Mr Reffas : Nous étions des militants disciplinés à l’université et en dehors de l’université, c’est-à-dire le jour où on a rejoint le monde du travail. Il est à préciser que la situation politique pendant cette époque ne permettait pas de créer des associations. Pour activer, il fallait s’intégrer dans les unions professionnelles du parti FLN. Moi, en tant que chirurgiens dentiste, et mes camarades pharmaciens et médecins, nous avons continué notre tâche en dehors de l’université pour rejoindre l’aile gauche du parti déjà instaurée par nos amis qui nous ont précédés. Au sein de ces unions, nous sommes arrivés à ce que l’article 120 ne soit plus exigé pour les postes de responsabilités. Nous avons creusé un fossé entre les organisations de masse et les unions professionnelles. Enfin, c’était une période très difficile, et malgré la répression, les gens activaient intelligemment. D’autres se plaisaient  dans l’hypocrisie pour apporter des critiques acerbes et sans fondements. Le temps nous adonné raison. S’il y a eu le multipartisme, et la naissance de la loi sur les associations, cela veut dire tout simplement qu’un travail de fond a été réalisé pendant de longues années auparavant par des militants convaincus. A la fin, toutes les unions professionnelles ont disparu, et les organisations de masse sont en perpétuelle réanimation .

VDSBA : Comment jugez vous le mouvement associatif en Algérie ?

Mr Reffas : Nous avons une loi sur les associations (loi 90/31), mais nous n’avons pas de mouvement associatif. L’exécutif  a ignoré la formation qui doit  accompagner cette loi. Les sociétés modernes, et quand je dis moderne, je sous entends une société où la démocratie demeure la pierre angulaire, s’autogèrent grâce au mouvement associatif. Les pays européens sont des exemples évidents. La société est présente et organisée. Chez nous, rien que l’idée de vouloir constituer une association  ne trouve pas  un écho positif de la part de l’administration. La constitution du dossier, et les enquêtes qui s’en suivent découragent d’emblée les bonnes volontés. S’il existait un mouvement associatif aidé, encadré et consulté par l’administration et les élus, les fléaux sociaux  disparaitront. Enfin, l’école à une grande part de responsabilité dans l’absence effective d’un mouvement associatif.

VDSBA : Vous êtes aussi connu dans la défense des droits de l’Homme ?

Mr Reffas : Ma génération, et celles qui nous ont précédés, nous avons  eu une éducation républicaine tant à l’école qu’à l’université. Donc, notre formation ne souffre d’aucune ambigüité. En parallèle de notre formation académique, Le livre, le cinéma et le théâtre complétaient notre savoir. Donc, le militantisme dans les droits de l’homme est une culture.

VDSBA : Le livre ?

Mr Reffas : Mon dieu ! Le livre ? C’est la vie. Celui qui ne lit pas s’éloigne de la raison. Le livre c’est l’éducation.

VDSBA : Vous contribuez  avec différents sujets au niveau de la presse écrite et électronique, cela vous prend du temps par rapport à votre activité professionnelle ?

Mr Reffas : Celui qui a la possibilité de lire et d’écrire, et il ne le fait pas, il s’éloigne de l’existence. La vie  c’est toute une organisation, il faut savoir l’intégrer pour l’apprécier et, s’il le faut apporter un plus pour autrui. Lire et écrire dans la raison c’est participer à la promotion de la société.

VDSBA : votre roman sur Robba de Mcid et Benian ?

Mr Reffas : c’est une satisfaction personnelle sur un personnage de l’antique Algérie. La première dame de l’histoire de l’Algérie qui s’est soulevé contre une présence étrangère. Elle est de notre région. La preuve, la région de Sidi Bel Abbès est fière de ses chahidates, et moudjahidates.

VDSBA : Que représente pour vous Sidi Bel Abbès ?

Mr Reffas : Bonne question. Mes aïeux les ouled slimane  comme toutes les autres tribus des beni-ameurs ont habité cette terre bien avant l’arrivée des colons et de la légion étrangère. Ils ont participé à la construction de cette belle ville, donc je me sens concerné comme tout celui qui est né dans cette ville. Encore plus, j’appartiens à toute la région de Beni-Talla à Marhoum. D’autre part, Sidi Bel Abbès demeure le berceau de la culture contemporaine en Algérie .Qui peut me dire le contraire ?

VDSBA : le mot de la fin.

Mr Reffas : Tous ensemble pour que notre  région et notre ville retrouve sa beauté et ses activités culturelles et sportives d’antan. Bon courage pour La Voix De Sidi Bel Abbes, BAI et toutes initiatives qui apportent un plus.

 

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Posté par le Jan 24 2014. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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