La Voix De Sidi Bel Abbes

Sidi-Bel-Abbès: 8 mai 45, la Mekerra ce jour là

A Sidi-Bel-Abbès,de nombreuses initiatives commémorant les tragiques événements du 8 mai 1945 nous sont signalés.Et  a titre indicatif il est souhaitable d’abord de visiter une exposition de photos que vient d’organiser la bibliothèque Naimi abdelkader..et autres activés programmées sur les lieux pour faire une halte historique sur les dits  événements du 8 mai 1945.que notre ville avait connus Ce jour-là était un mardi. 45.000 Algériens sont massacrés par la soldatesque coloniale française indiquent nos sources. Aujourd’hui, s après, à l’ombre de ces morts qui ont laissé cette terre libre en héritage et pour lutter contre l’oubli, contre l’érosion du temps, une section de la Fondation du 8 mai 1945 est là depuis deux décennies à Sidi-Bel-Abbès. Celle-ci a tenu à cette occasion à nous faire part des événements qui eurent lieu à Sidi-Bel-Abbès en évoquant l’imposante manifestation des citoyens bélabessiens, plus de 4.000 officiellement reconnus par un rapport confidentiel, indiquent nos sources. Ceci a entraîné une réaction énergique des occupants qui ont arrêté des dizaines de militants, dont certains sont morts pour la patrie (chahids), d’autres les ont suivis dans l’au-delà : les témoins oculaires subsistent. Nous indiquerons à titre indicatif la liste des militants arrêtés et jugés à Oran : feu Attar Bel-Abbès, Taleb Mustapha, Djellas Boumedienne, feu Guellai Abdelaziz, feu Benghazi Cheikh, Taleb Hamida, Djellil Houcine, Amir Med, feu Chikhi Med, Aïnat-Tabet Mustapha, feu Belhadj Abdelkader, feu Kadi Saïd (chahid), feu Othmane Tani Abdelkader et Afif Mohammed. Par ailleurs, les militants bélabessiens se sont distingués, le 8 mai 1945, par leur participation relativement massive à la manifestation qui eut lieu ce jour en pleine ville européenne, qui avait pourtant surpris les services de renseignements généraux qui firent un rapport confidentiel chiffré : «Un cortège comprenant 4.000 musulmans environ, suivi de 600 mauresques, défila dans les principales artères de la ville de Sidi-Bel-Abbès». 600 (femmes) est un chiffre énorme, comparé à la population de l’époque et surtout par rapport à leur condition de femmes cloîtrées, marginalisées et exclues de la vie politique. La même année, le droit de vote est accordé aux Françaises. Mais ce n’est que deux ans plus tard que le statut de l’Algérie, octroyé, stipulera: «Les femmes d’origine musulmane jouissent du droit de vote. Une décision de l’Assemblée algérienne… fixera les modalités de l’exercice de droit de vote». Mais pour que les modalités de ce droit de vote soient fixées, il faut attendre 1958, en pleine guerre, lorsque les autorités coloniales, face au militantisme inattendu des femmes, essaient vainement de se les concilier, écrira une combattante. Selon notre source, le 8 mai 1945 renvoie à deux événements à première vue sans rapport entre eux : la capitulation du IIIe Reich à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, et une insurrection légitime des nationalistes algériens contre la domination française en Algérie, suivie d’une très dure répression. La signature de la capitulation allemande à Berlin le 8 mai 1945 est un événement dans lequel la participation française est restée relativement secondaire, même si la 1ère armée française du général de Lattre de Tassigny, venue en grande partie d’Afrique du Nord, formait l’aile droite des armées alliées qui ont envahi l’Allemagne par l’ouest, dit-on. Ce qui explique la réaction du maréchal Keitel en voyant signer celui-ci : «Quoi ? Même les Français ?».

Photo de ;La cellule des condamnées a mort de feu Boumlik Abdelkader  
Le 8 mai 1945 en Algérie est plus d’une simple coïncidence, en partie une conséquence de l’événement précédent. Le 8 mai, des défilés officiels sont organisés en Algérie pour fêter la capitulation allemande et la fin de la guerre. D’autres manifestations organisées par les nationalistes algériens ont été autorisées sous condition de n’arborer aucun emblème ou slogan jugé séditieux par les autorités, qui viennent d’exiler le leader Messali Hadj à Brazzaville pour éviter un soulèvement. Mais à Sétif, à Bône et à Guelma et d’autres villes d’Algérie, des drapeaux et des banderoles nationalistes sont arborées, ce qui provoque l’intervention armée de la police voulant les arracher. Un début d’insurrection se produit à Sétif et se répand dans les campagnes environnantes, puis dans les environs de Guelma. La répression prend rapidement le dessus, mais elle sévit pendant plusieurs semaines particulièrement àGuelma et dans ses environs. Les nationalistes ont retenu 45.000 morts : ce chiffre est toujours rappelé. Quant aux causes de ces événements  elles ont été longtemps controversées : entre l’interprétation de la gauche, notamment communiste, dénonçant un complot colonialiste des grands colons et de la haute administration manipulant des nationalistes pro-hitlériens, et l’interprétation de la droite colonialiste dénonçant uniquement un complot, dit-on, nationaliste algérien. L’objet de cette évocation est de retracer l’évolution de l’historiographie de cet événement dans les deux pays, qui est d’abord passée de la polémique à l’histoire, avant de voir de nouveau la polémique concurrencer et contrarier l’histoire. Durant une première période, allant de l’insurrection manquée à l’indépendance effective de l’Algérie, les écrits sur le 8 mai 1945 appartiennent à un genre essentiellement politique. La persistance d’enjeux actuels fait que leur production dépend étroitement de prises de position en rapport direct avec le problème du destin de l’Algérie par rapport à la France. En France, les échos de cet événement sont alors peu importants, à l’exception du sérieux débat de l’Assemblée consultative provisoire sur les événements d’Algérie en juillet 1945, accompagné d’une importante déclaration du ministre de l’Intérieur du GPRF, Adrien Tixier. Mais ces débats d’une assemblée non élue touchent, indique-t-on, relativement peu de monde, et la presse a très peu de place à leur accorder, même si quelques personnalités motivées comme Albert Camus manifestent leur intérêt pour cet événement algérien indiquent nos sources.

 

         feu Attar Bel abbes

 

 

 

 

 

                          Horr Abdelkader

Dans les années suivantes, un seul livre est consacré à l’insurrection de mai 1945 par un élu français d’Algérie, celui d’Eugène Vallet, «Le drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945» (Les grandes éditions françaises, 291 pp, 1948). Ce livre était très bien documenté, mais très unilatéral. Un point de vue plus critique envers les abus de la répression se trouve dans ceux d’Henry Benazet, «L’Afrique française en danger», paru en 1947, pourtant non suspect d’anticolonialisme. Et du socialiste Charles-André Julien, «L’Afrique du Nord en marche, nationalismes musulmans et souveraineté française» (Julliard 1952). En Algérie, l’impact de la répression colonialiste sur la montée nationaliste du PPA-MTLD est très grand, mais il ne se manifeste pas par des recherches ni par des publications historiques. La démarche orale ou écrite magnifie le crime colonialiste et son bilan, en passant sous silence les victimes innocentes de l’insurrection, comme le fait remarquer Charles-André Julien en 1952. Cependant, cette démarche de propagande se développe encore davantage dans le discours du FLN pendant la guerre d’indépendance, qui commence le 1er novembre 1954. Le premier appel de l’ALN évoque alors «1945 avec ses 40.000 victimes», et là l’action du FLN lui accorde une place croissante, en particulier après le retour au pouvoir du général De Gaulle, déjà à la tête du GPRF en mai 1945. Cependant, l’exposé le plus frappant pour les Français fut celui du journaliste suisse Charles-Henry Favrod dans son livre paru en France : «La révolution algérienne, Tribune libre» (Plon, 1959). «Tous les chefs nationalistes sont unanimes à ce sujet : la révolution de 1954 a été décidée lors des événements de 1945. Tous ceux que j’ai rencontrés au Caire, à Tunis, à Bonn, à Rome, à Genève m’ont fait le récit hallucinant des jours et des nuits de mai. Le destin de l’Algérie a été scellé dans ce sang et ces larmes. Ouamrane, Ben Bella, Boudiaf, Chérif et tant d’autres sous-officiers et officiers de l’armée française n’ont pas oublié ce qui s’est passé entre Bougie et Sétif, entre Bône et Souk Ahras». A cette exaltation sans cesse croissante de la mémoire de la répression de mai 1945 par le FLN, la France n’a pas répondu. On peut seulement relever la déposition paradoxale du colonel Groussard en 1962 au procès de l’ex-général Salan, lequel a reconnu la gravité de la répression de mai 1945, mais pour en conclure que nombre d’officiers français s’étaient engagés en faveur de la politique d’intégration de l’Algérie dans la France afin d’en éviter la malheureuse répétition. L’indépendance de l’Algérie a changé cette situation, en privant le 8 mai 1945 de son importance politique directe. Dans les deux pays, le temps de l’histoire est enfin venu, et une convergence entre les travaux et les publications, quels que soient leurs auteurs, est devenue possible. En France, la première enquête approfondie est publiée dès la fin de 1962 par une équipe dirigée par l’intellectuel Robert Aron, «Les origines de la guerre d’Algérie» (Fayard), indique une source qui fait référence à un colloque tenu il y a quelques années en France. Pour la première fois, de larges extraits de documents d’archives furent publiés pour éclairer ce premier épisode trop méconnu. Vint ensuite en 1969 une autre enquête non moins approfondie dans le premier tome d’une histoire de la décolonisation française, publié en 1969 par le journaliste Claude Paillat (sympathisant de l’Algérie française et très bien pourvu en documents de cette origine) : «Vingt ans qui déchirèrent la France», t.1, «Le Guêpier, 1915-1953» (Robert Laffont, 1969).

 

                                                       Photo de Mahdjoub Boumediene(ghaouti),Gharar , etMahdjoub Benali

Plus connue, l’évocation de cet épisode l’année précédente dans le premier tome de «L’Histoire de la guerre d’Algérie» d’Yves Courrière, «Les fils de la Toussaint» (Plon 1968), était beaucoup moins solidement fondée parce que dépendant essentiellement de la mémoire des militants nationalistes algériens. C’est pourtant un ancien militant nationaliste algérien ayant choisi de vivre en France pour y travailler plus librement, Mohammed Harbi, qui réalisa les travaux les plus novateurs et ouvrit la voie à une véritable convergence des points de vue algérien et français. Il publia dès 1975 un petit livre très neuf «Aux origines du FLN, la scission du PPA-MTLD, ou Le populisme révolutionnaire en Algérie» (Christian Bourgeois, 1975), qui fut le premier à reconnaître que la thèse colonialiste d’un projet d’insurrection nationaliste était beaucoup plus solidement fondée que celle du complot colonialiste, soutenue par la gauche. Puis «Le FLN, mirage et réalité» (Editions Jeune Afrique, 1980), où il confirma son analyse. Au même moment, la thèse de Mahfoud Kaddache, «Histoire du nationalisme algérien, 1919-1951» (Alger, SNED, 1980 et 1981) vint confirmer avec une abondante documentation que les projets nationalistes d’insurrection étaient très antérieurs à mai 1945, puisqu’ils remontaient au début de la Deuxième Guerre mondiale. Puis d’autres historiens algériens approfondirent l’étude du 8 mai 1945. D’abord l’historien et enfant de la ville de Sidi-Bel-Abbès, installé à Alger, M. Redouane Aïmed-Tabet, qui publia plusieurs versions enrichies de son mémoire sur «Le mouvement du 8 mai 1945 en Algérie». Puis Boucif Mekhaled soutint en France sa thèse sur «Les évènements du 8 mai 1945 à Sétif,Guelma et Kherrata» (Paris I, 1989). Durant la même période, les historiens universitaires français ont été plus timides par le volume de leur publications. Il faut citer avant tout la mise au point de Charles-Robert Ageron dans «L’histoire de l’Algérie contemporaine». Puis deux articles importants, l’un du même Charles-Robert Ageron, «Les troubles insurrectionnels du Nord-Constantinois en mai 1945 : une tentative insurrectionnelle ?», et l’autre d’Anne Rey-Goldzeiguer : «Le 8 mai 1945 au Maghreb». Les deux principales publications furent le livre engagé mais très bien documenté de la Française d’Algérie Francine Dessaigne, «La paix pour dix ans (Sétif, Guelma, mai 1945), et le très riche recueil de documents des archives militaires publié sous la direction de l’historien Jean-Charles Jauffret, «La guerre d’Algérie par les documents».L’évolution en cours semblait donc annoncer une convergence des travaux historiques favorables à un accord sur les grandes lignes du sujet entre les historiens des deux pays.Mais elle fut perturbée par un évènement imprévu, lié à la transformation soudaine de la vie politique algérienne par la libéralisation du régime politique algérien en 1989 et par la contestation croissante des islamistes. C’est en 1990 que fut créée la Fondation du 8 mai 1945 par l’ancien ministre Bachir Boumaza, natif de Kherrata, au nord de Sétif. Suivant l’un de ses premiers manifestes, celle-ci était «née dans un contexte politique dangereux : celui de la révision insidieuse par certains nationaux, y compris dans les cercles du pouvoir, de l’histoire coloniale. Procédant par touches successives, certains hommes politiques ont, sous prétexte de dépasser une page noire de l’histoire coloniale, encouragé la normalisation des rapports entre l’ancienne puissance dominatrice et son ancienne colonie».C’est pourquoi, la Fondation s’est donnée pour objectifs de réagir contre l’oubli et réanimer la mémoire, démontrer que les massacres de Sétif sont un crime contre l’humanité et non un crime de guerre, comme disent les Français» pour «obtenir un dédommagement moral».Ainsi, l’histoire a été mobilisée au service de la mémoire et de la politique au lieu d’être reconnue comme un but propre. L’une des idées directrices de la Fondation est en effet d’interpeller la conscience des Français et des autres peuples européens qui «ne semblent s’indigner que sur l’holocauste commis contre les juifs. Cette ségrégation entre les massacres est une tare du monde occidental. Bachir Boumaza constate: «On applique et on reconnaît le crime contre l’humanité à propos des juifs, mais pas des Algériens dont on oublie qu’ils sont des sémites». Il présente son action comme un effort pour «décoloniser l’histoire et situer la colonisation dans l’histoire de l’humanité», une tentative saine et correcte d’écrire l’histoire. Le phénomène colonial est porteur de certaines valeurs qui doivent disparaître. Elles ne le sont pas encore. Et son expression la plus réussie est ce terme de crime contre l’humanité qui est réservé à une catégorie spéciale de la population.

A son avis, la colonisation française en Algérie «présente dans toutes ses manifestations, les caractéristiques retenues au tribunal de Nuremberg comme un crime contre l’humanité». Et il ajoute: «J’ai suivi le procès Barbie. Depuis 1830, l’Algérie a connu des multitudes de Barbie», lesquels n’ont pas été condamnés parce que leurs crimes contre des Algériens n’étaient pas considérés comme tels. On voit que l’histoire est ici totalement subordonnée à des motivations politiques extérieures au sujet. Cette revendication s’est largement diffusée en Algérie dans les années de guerre civile. Sous l’impulsion de la Fondation, les autorités et la presse ont donné un très grand retentissement à chaque anniversaire du 8 mai 1945, et tout particulièrement à son cinquantenaire en 1995. Les discours officiels et les éditoriaux ont alors établi un lien explicite entre la commémoration d’un drame national et l’appel à rétablir l’unité nationale déchirée. «La célébration de ce douloureux anniversaire du massacre de plus de 45.000 Algériens et Algériennes constitue une nouvelle occasion pour interpeller notre conscience sue le sort réservé à ce grand pays qu’est le nôtre, aux prises avec une redoutable crise multidimensionnelle dont l’issue, impatiemment attendue par tous, risque de tarder encore si le bon sens et la sagesse qui nous sont coutumiers font défaut. C’est dans ce sens que M.Mokdad Sifi, chef du gouvernement, a inscrit son intervention remarquée lors de la commémoration de la date historique du 8 mai 1945″, écrit l’éditorialiste d’El Moudjahid.
Un quotidien indépendant a reproduit intégralement ce discours, situé mai 1945 dans une longue série de répressions répétées depuis 1830, invité les intellectuels algériens à «travailler au corps» les démocrates français pour qu’ils diffusent dans leur société un sentiment de responsabilité et de culpabilité pour réclamer à l’Etat français des excuses officielles au peuple algérien «pour les centaines de milliers d’innocents assassinés au cours de 130 ans de domination coloniale».D’après le journal Liberté, la commémoration du 8 mai est aujourd’hui revendiquée par toute la classe politique, et fait même l’objet d’une surenchère. L’ensemble de ces discours et articles commémoratifs, répétés chaque année, paraît une tentative de rassembler les Algériens divisés contre la France, en ranimant la flamme du nationalisme pour ne pas l’abandonner aux islamistes.Le président Bouteflika a évoqué un acte de repentance à la France dans son discours du 15 juin 2000 à l’Assemblée nationale française. «De vénérables institutions comme l’Eglise, des Etats aussi anciens que le vôtre n’hésitent pas, aujourd- ‘hui, à confesser les erreurs et les crimes qui ont, à un moment ou à un autre, terni leur passé. Que vous ressortiez des oubliettes du non-dit la guerre d’Algérie en la désignant par son nom, ou que vos institutions éducatives s’efforcent de rectifier dans les manuels scolaires l’image parfois déformée de certains épisodes de la colonisation, représente un pas important dans l’oeuvre de vérité que vous avez entreprise, pour le plus grand bien de la connaissance historique et de la cause de l’équité entre les hommes».L’ex-président Jacques Chirac a longtemps fait semblant de ne pas avoir compris cette demande, mais la négociation d’un traité d’amitié entre la France et l’Algérie semble en avoir fait une condition impérative du côté algérien. Le 27 février 2005, le discours prononcé à Sétif par l’ambassadeur de France a paru apporter une première concession française à la demande algérienne moins d’une semaine après le vote d’une loi mémorielle favorable à la mémoire des Français et des Français musulmans d’Algérie. En tout cas, la revendication algérienne avait trouvé des relais en France, même sans pour autant que ces relais, obéissant à des motivations propres, aient voulu servir inconditionnellement la politique algérienne.En mai 1995, signalent nos sources, l’association «Au nom de la mémoire», composée de citoyens français originaires d’Algérie, a joué un grand rôle dans une première tentative de faire reconnaître «Le massacre de Sétif» par un film ainsi intitulé (par la publication d’une version abrégée de la thèse de Boucif Mekhaled, et par l’organisation d’un débat à la Sorbonne avec la participation de Bachir Boumaza et avec l’appui des journaux Le Monde, l’Humanité et Libération.
En 2000, quelques semaines après le discours du président Bouteflika à l’Assemblée nationale, le déclenchement par les mêmes organes d’une campagne de presse visant la pratique de la torture par l’armée française sembla, à tort ou à raison, vouloir servir la même revendication algérienne de repentance. En janvier 2005, un manifeste intitulé «Nous sommes les indigènes de la République», voulant exprimer le point de vue des minorités immigrées d’origine africaine et musulmane, annonça une marche pour le 8 mai, anniversaire de la victoire sur l’Allemagne et de la défaite française de Dien Bien Phu, et justifia ainsi son initiative : «Nos parents, nos grands-parents ont été mis en esclavage, colonisés, animalisés. Mais ils n’ont pas été broyés. Ils ont préservé leur dignité d’humains à travers la résistance héroïque qu’ils ont menée pour s’arracher du joug colonial. Nous sommes leurs héritiers, comme nous sommes les héritiers de ces Français qui ont résisté à la barbarie nazie et de tous ceux qui se sont engagés avec les opprimés, démontrant, par leur engagement et par leurs sacrifices, que la lutte anticoloniale est indissociable du combat pour l’égalité sociale, la justice et la citoyenneté. Dien Bien Phu est leur victoire. Dien Bien Phu n’est pas une défaite, mais une victoire de la liberté, de l’égalité et de la fraternité !». Ce qui justifiait la conclusion suivante : «Le 8 mai 1945, la République révèle ses paradoxes : le jour même ou les Français fêtent la capitulation nazie, une répression inouïe s’abat sur les colonisés algériens. Avec des milliers de morts». En ce 8 mai, 60e anniversaire de ce massacre, le combat pour la mémoire continue, indiquent
 
 
 
A Sidi Bel-Abbès, dès ce mardi 7 mai 2013, l’on vient de relever de nombreuses festivités marquant les douloureux événements du 8 mai 1945, dont Sidi Bel-Abbès a subi un bout à travers l’incarcération d’une pléiade de militants nationalistes qui ont été placés sous mandat de dépôt dans la prison de Mers El-Kebir (Oran), dont le professeur Djellil Houcine qui nous a quittés le 13 janvier 2011. La section locale du 8 mai 1945 a tenu à observer une halte et ce après la présentation du nouveau livre sur les crimes du colonialisme de l’auteur, le juriste écrivain, Nehari Ali avait evoqué, le professeur feu Djellil Houcine, premier pneumo-phtisiologue de l’Algérie indépendante, cet enfant de la rue de Bretagne de Mon Plaisir de Sidi Bel-Abbès s’est éteint à l’âge de 83 ans, les yeux rivés sur un livre qu’il lisait, soulignait Houari Barti, notre confrère; et ce jusqu’à son dernier soupir, l’homme est resté fidèle à ce qu’il a toujours été: féru de savoir et de sciences, généreux, attaché à son pays et à ses compatriotes. Né le 12 décembre 1927 à Sidi Bel- Abbès, le jeune Djellil Houcine a très vite épousé la cause nationaliste dans une Algérie en plein soulèvement contre l’oppression coloniale. Ce qui lui a valu d’être arrêté par l’armée française et mis en prison à Oran où il vivait. Ancien scout à Sidi Bel-Abbès, avec feu Benghazi Cheikh et d’autres qui ne sont plus de ce monde, il a connu, indique la même source, un séjour carcéral qu’il mettra à profit pour cultiver encore davantage sa conscience politique et son engagement pour une Algérie indépendante. Il en sortira armé d’un baccalauréat qu’il a passé avec succès depuis les geôles coloniales. Une fois sorti de prison, il suit des études de médecine à Toulouse, en France, avant de retournerau pays où il rejoint les rangs du FLN pour activer clandestinement comme médecin soignant des moudjahidinedans le quartier populaire de M’dina J’dida. Condamné à mort par l’Organisation armée secrète (OAS) après que son nom eût été inscrit sur une liste d’activistes à abattre, Djellil Houcine quittera le pays avec sa famille, poursuit la même source journalistique. L’écrivain Nehari, qui présentait jeudi passé son ouvrage, l’évoqua longuement, lui qui est méconnu dans sa ville natale, mais nécessitait un éclairage. Après un long combat et une destination vers le Maroc où il s’établira dans la ville de Kenitra, il rentrera au pays après l’indépendance pour s’installer à Oran où il exercera son métier de médecin spécialiste au CHU d’Oran. Ses après-midi, il les consacrait à soigner les plus démunis dans son cabinet médical situé au bouleard de la Soummam d’Oran où, non loin, à la prison de Mers El-Kébir, les Attar, Djellas, Taleb, Guellaï, Amir M., Chikhi, Aïnad T. M., Belhadj, Kadi Saïd, Othmane Tani, Afif étaient incarcérés avec le professeur Djellil Houcine dès le 8 mai 1945.voir photo.lui qui avait décroché son bac en prison.et autres martyrs ou moudjahidines auxquels Dieu prêta la vie méritaient ce modeste éclairage que nous vous livrons.
 
 

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Posté par le Mai 7 2013. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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