La Voix De Sidi Bel Abbes

Si notre Mederssa de la Graba m’était contée.

Elles sont nombreuses les artères révélatrices des immenses préparatifs du sacré mois du Ramadan, où on enregistre une ruée sur l’achat d’épices «ras el hanout», ingrédient incontournable dans la préparation de la soupe «H’rira». A l’occasion de ce mois de Ramadhan, ces artères, a partir de trig L’article, très commerçante se dégage des effluves subtils d’épices, et sont prises d’assaut par les Bel Abbesiens et les visiteurs de notre ville qui viennent de partout pour faire emplettes de cet ingrédient indispensable dans la préparation des plats, mais aussi dans les pays du Maghreb, notamment en pareille période de ce mois sacré. L’engouement enregistré pour cette variété d’épices a donné lieu à la propagation de commerces et de magasins spécialisés dans la vente de «ras el hanout» dont les ingrédients sont cultivés localement et/ou importés. Hélas, le Ramadan c’est initialement la piété, la prière, le jeune, et toutes les valeurs de notre religion, mais nombreux sont ceux qui ignorent nos différents lieux de culte, a commencé par notre Mederssa, le choix est fortuit, car il y a la Mosquée El aâdam et autres espaces qui nécessitent des éclairages. Commençons ce soir par La Mederssa de Sidi Bel Abbes.

La construction de la medersa de sidi bel-Abbes est entamée quant a elle au cours de la seconde guerre mondiale. Conformément au principe du Cheikh Ben Badis selon lequel le financement, les équipements et les frais de fonctionnement doivent être pris intégralement en charge par la localité, la collectivité Bel Abbessienne – toutes tendances confondues- y a participé, chacun selon ses possibilités. Les plus aisés parmi les commerçants ont offert des sommes d’argent conséquentes ; d’autres ont cotisé selon leurs revenus. Certains ont apporté des matériaux de construction ; d’autres ont travaillé bénévolement.

Cependant, outre sa fonction unificatrice, la medersa aura servi a innover, revaloriser et propager la langue arabe littéraire dans la cité. Les fillettes sont tout naturellement et également admises dans la médersa islahite ; celle-ci est donc mixte et par certains aspects pédagogiques, elle est en avance, paradoxalement, sur ce que deviendra l’école Algérienne après l’indépendance .
Dés l’origine, son premier Comité directeur composé de Hadj Allal Sid Ahmed , Président, Hadj Bélèbna, Mohamed Taleb , Abdeddaim et Sekkal Bel-Abbes en avait confié la direction à un membre éminent de Djemiat El Oulama , Cheikh El Hadj Senouci ; Elle sera ensuite dirigée par Si Mustapha Benhallouche , Si Belkacem Rouag (1948) , Si Brahim Mazouzi , Si Ahmed Bendiab et enfin , en 1954 , par Si Kabati tandis que Si Abdelkader Tidjani , Si Omar Bounab et Si Azzeddine Mohamed y ont assuré les fonctions d’enseignants. Cependant, malgré tous les efforts consentis , cette médersa était restée en de ça des besoins de la population, à cause de son exigüité ; cette nécessité , d’une part, et la montée du nationalisme , d’autre part, ont amené dans les années 50 , le courant indépendantiste a créer sa propre médersa a l’instar d’Alger , Blida , Oran , Mostaganem … Celle-ci sera située , rue Pasteur , au « Point du jour » , un quartier populeux et déshérité de la ville .
Faute de moyens financiers conséquents , la tache d’édification a été encore plus difficile pour son premier comité directeur composé de Bel-Abbes Sekkal ,Président, qui avait déjà participé à la construction de la première médersa  , Bénaouda Abdeddaim , Trésorier , de Ali Bouait plus connu sous le nom de Marabout , Ahmed Guerrouache dit Hamida et Si Mohamed , Si Tayebi Labi et Si Maarouf Bouméddiene , tous connus parmi les premiers militants du P.P.A. à Sidi Bel-Abbes . Cette médersa nationaliste appelée An Nasr , plus petite que la premiere , ne comprenant que 2 classes , était alors dirigée par Si Hama Latreche tandis que d’autre militants du parti M.T.L.D. , Si Habib Ben Nassi , Si Benziane et Si Hadj y ont assuré les taches d’enseignement , en langue arabe bien sur , jusqu’au déclenchement de la guerre de libération. Ils rejoignent alors l’A.L.N. ou Si Habib Ben Nassi , faisant fonction de journaliste , connaitra une mort atroce prés de Slissen en étant brulé vif par les forces de la répression colonialiste qui considéraient qu’un combattant instruit , un homme de lutte était encore plus dangereux . Auparavant, dans l’ensemble, ils avaient pu former quelques centaines d’enfants et d’adolescents mais le niveau scolaire de cette médersa du nationalisme resté également élémentaire, indique notre source en l’occurrence le duo Tabet Ainet Redouane, et Nehari tayeb dans leur ouvrage consacré à Sidi Bel Abbes de 1830 à 1962.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=6719

Posté par le Août 1 2011. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

17 Commentaires pour “Si notre Mederssa de la Graba m’était contée.”

  1. abddedaim t alger

    un autre contribution sur le patrimoine culturel aves ce retour historique sur notre medersa de la celebre rue palestro.les belabbesiens nos enfants ignorent les efforts consentis pour edifier cette mederssa qui est unrepere memoire

  2. tedjedine

    parlerz nous des autres mosquees bouzekoura aadam

  3. belebna cousin de h .b

    je suis un peu etonne je n’ai pas lu cet ouvrage d’histoire que cite le journaliste je tacherai de m’en procurer notre nom y est dans le resume
    .fidele lecteur j’ecris pour la 1 ere fois etvous encourage saha foutourkoum

  4. doussas fethedine

    la mederssa est un monument de ma ville protegeons les lieux de culte rabi ikhalasskoum.

  5. chaib draa tani djamel cnasc

    vous avez parler de la medersa c’est une fierté de mon quartier natal et la ou j »habite toujours

  6. kader de sidi amar

    oui djamel en plus des grands militants de la cause nationale sont cites

  7. Hamdane Boudjakdji

    L’article est riche, mais j’aurai bien voulu qu’on parle de la journée ou elle a été fermée et nous en tant que gamins on nous a mis dehors tandis que nos enseignants ont été arrêté par l’armer française .Je me rappelle j’ai été trop jeune quand Monsieur Fadal nous a prier de sortir vite de la classe .Je me rappelle de quelques noms de mes anciens camarades tel que feu Bouhadji (dit lari) Benhamadi Bachir ,Allal yahia ,Allal djamel.Comme enseignant ,il y avait chiekh Kabati, cheikh Azzedine, cheikh Fadal.
    Ma mère me disait que ses parents habités la maison qui est devenu plus tard la Maderssa.(Si mes souvenirs sont bons cette maison appartenait a la famille Drider).reste a confirmé.

    • apostrophé

      encore un patrimoine laissé pour compte et ce n’est pas un bien de l’état laiissé par les pieds-noirs ,cela veut tout dire (l’algérien ‘t plus précisément l’autorité de bel-abbès n’a que faire de ces vielles batisse que nous avions connu jadis ,et ou nous allions tous les soirs au 1er étage prendre des cours d’arabe,jusqu’à 20hpendant que nos parents priaient dans la grande salle ,et puis viennent les évennement et la fermeture en 1957 avec interdiction d’apprendre l’arabe à l’école primaire ,ou nous n’avions que 2 h hebdomadaire, on ne peut oublier tout ça sachant que les ingrats d’aujourd’hui ne font rien pour la sauvegarde de ce beau et prestigieux patrimoine cultuel,car ce qui compte c’est le culturel qui dévergonde et débauche nos jeunes .
      Dans son livre « mille et une pensées (sortie en 2005)
      — « Philippe BOUVARD,avait écrit
      –Un pays, où l’on ne renouvelle pas les centres d’intérêt et où, sous prétexte de patrimoine, les horreurs s’accumulent, est comparable à ces hôtels mal tenus où l’on oublie de changer les draps.
      Cela veut tout dire sur notre nation.

      • apostrophé

        Erratum.
        Pardon la date de la fermeture de la médersa c’était en 1957 ou l’interdiction d’apprendre l’arabe même dans les écoles primaires avait été instauré .
        L’erreur est humaine

  8. stambouli redouane oran

    je connais cette mederssa elle a besoin de restauration et de maintenance .cette batisseest une memoire a ciel ouvert

  9. BELARBI BELARBI

    mustapha benhalouche interdit de sejour par les colonisateurs et son ecle non agree.

  10. ABDELHAMID

    issu d’une famille de badissiwines ,je lance un appel à tous les belabbesiens de sauvegarder ce haut lieu du savoir ,de militantisme et de la memoire collective de notre chere ville sans oublier le role joué par ce qu’on appele communement ENNADI non loin de la mederssa.
    ce premier noyau d’enseignement de l’arabe , d’essence nationaliste
    a infanté beaucoup de bel abbesiens qui malheureusement se taisent par humilité ..
    ou sont les ouleds el hassar dont un pan de l’histoire de la graba lui sont temoins. les enseignants sont nombreux a etre cités mais les enseignantes aucune ,pourtant ca existe celles qui ont bravé les interdits du colonialisme et les traditions( travail de femmes)
    ma fierté est de declarer haut et fort que ma mere etait de ce club fermé reservé aux hommes ( Mme NEBBAL née DJALAB GHANNOU fille de BOUZIANE qui a été l’un des fondateur de la mederssa) à 84 ans malgré l’age elle garde toujours des souvenirs et quelques photos de classe .
    mon voeu le plus cher est de voir creer une association des anciens de la mederssa pour que chacun contribue à renaitre de ses cendres ce patrimoine commun .

  11. farid

    domage vous n eviez pas cité hadj sil miloud ourrad

  12. AMINE R.

    Merci Mr Kadri d’ avoir parler de cette fameuse médersa de SBA qui fut à sa manière un berceau du militantisme , du savoir et de la protection de notre mémoire et culture collective du peuple Algérien.Vous avez fait aussi revivre à travers votre article la mémoire (et rendu un hommage) de ceux qui l’ont porté dans leur coeur. Parmi ces hommes cités dans votre article fut mon père Rouag Belkacem Allah Yarhamou (1993 à Alger) qui a dirigé cette noble institution en 1948 . Cette médersa considérée comme un patrimoine et monument historique , devra impérativement faire l’ objet de rénovation et nous aurons ainsi sauvegarder une partie de notre mémoire et de notre riche histoire pour les générations à venir.

  13. Mr Kadiri Mohamed

    Salam si Amine Veuillez vous;si c’est possible nous laisser vos cordonnées en les envoyant a la rédaction et ce en nous joignant dans CONTACT.au bas de la page d’acceuil Merci si Rouag

  14. AMINE .R

    En parlant de sauvegarde de patrimoines n’ oublions surtout pas aussi de faire renaître la mémoire de ces hommes illustres qui ont dirigés ces illustres institutions ayant permis durant la longue nuit coloniale à notre peuple de cultiver , sauvegarder , protéger , notre immense et riche patrimoine historique , religieux , culturel et linguistique , qu’il y a lieu aujourd’hui fidèlement de transmettre et faire connaitre aux générations futures . CECI EST LA MEMOIRE DU PEUPLE. Merci .

  15. Rouag Abbes

    Bonjour … Merci pour cette pierre rajouter à l édifice de l histoire ..parmi les hommes que vous avez cite mon défunt père Belkacem Rouag Allah yerrahmou (1909-1993).c est ces hommes la qui ont contribué à la prise de conscience nationale

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