La Voix De Sidi Bel Abbes

Si le théâtre populaire engagé m’était conté….

N’est-il pas urgent pour cette époque-ci d’évoquer ce qu’a été le théâtre engagé  du temps des grands dramaturges  entre autres Abdelrahmane ould Kaki , Kateb Yacine  les plus universellement reconnus ?  C’est urgent . Au départ nous aurons eu un théâtre qui annonçait comme des signes avant coureurs la révolution des moeurs  , de l’état colonisé à l’état indépendant et souverain autour  de ce qu’on  formulait comme des principes irréversibles  a savoir  le socialisme à l’algérienne que certains combattaient le confondant au « kofr » alors que justement le plus « grand kofr » , c’est justement la société de consommation qui elle crée  des « pharaons » et  sur l’idéologie  de« tag ala men tag ».A l’époque le socialisme algérien n’avait rien à voir avec l’Europe de l’Est , il n’était qu’un moyen moderne d’appuyer la conception de l’islam en matière de droit et de  justice sociale , on dira que ces années on ne voyait pas encore venir que sous les relents de la colonisation naissait la pieuvre qui allait broyer ce projet de société . Et qui ne se souvient pas  de la fameuse réflexion de  Che Guevara  après avoir assisté au spectacle de légende de Kaki  «  132  ans »  disant «  Maintenant je peux dire que les algériens ont un théâtre » Il pensait  que l’Algérie ne pouvait se libérer du totalitarisme néo –colonial  qu’en optant pour  un libération profonde à commencer par combattre l’anaphabétisme , la bureaucratie et tous les facteurs nocifs au progrès . Le théatre algérien  était parmi les plus engagés pour relever le défi . Citons   «  Le porteur d’eau et les trois marabouts »   et la célèbre tirade «  Ya lma ma sidi rabi » , à la même période nos scènes s’illustraient avec la troupe de Kateb Yacine avec «  Palestine trahie » qui il faut le souligner est une œuvre visionnaire , démontrant que  la Palestine est toujours trahi avant tout par les arabes eux-mêmes, les évènements actuels le prouvent . Il y a eu l’impact des pièces théâtrales de  de A.Alloula  avec notamment « Lajouad »«  et autour de ce pivot   les jeunes troupes amateurs  brillaient par leur insolence en fustigeant  la « bourgeoisie », « les patrons », en développant les luttes syndicales comme exemple pour obtenir ses droits  légitimes , droit au logement , droit aux soins , droit d’activité politique , culturel etc. enfin d’aller , de s’orienter vers la société nouvelle  .  Mais ce théâtre là dit engagé   comme d’autres  dans le tiers monde n’a pas  survécu à la déferlante  qu’on nomme Mondialisation que  préparait  l’occident impérialiste pour s’accaparer en prédateur  ces énergies nouvelles en semant une véritable machine de consommation et octobre 88 est arrivé  pour clamer« Nous voulons  être libre ! La légitimité révolutionnaire a fait son temps  »  Pour toute réponse , le théâtre perdait les têtes pensantes  de ce théâtre engagés  entre autres  Kaki  , Kateb Yacine , Alloula , Azzedine Medjoubi ,  Hadj Omar  . Le mot socialisme  devenait un terme proscrit, trahi par les mêmes qui l’ont porté haut sous prétexte que seuls les imbéciles de changent pas. Octobre  88 plongeait notre pays dans un processus  contraire aux espérances populaires vers  , vers un  capitalisme le plus ignoble et des plus inhumains , pire que la colonisation  et le théâtre engagé a été purement et simplement rejeté  au profit d’un autre éloigné des préoccupations  populaires,  enfermé sur  lui-même , où l’on assistait à des représentations théâtrales moins politisés ,  préférant  la romance très machrek , l’esthétisme ,  les sentiments abstraits utilisant l’arabe littéraire au lieu de l’arabe parlé proche des gens … Certes , les théâtres existaient mais fini  la liesse populaire à l’approche du festival de Mosta , fini , les grands débats sur la société , sur l’avenir du pays , fini la conscience politique , fini les idéaux  révolutionnaires , fini  toute ces promesses  . Le théâtre algérien comme tout le reste succombait à la folie du profit. On ne parle plus que de gros budgets, de gros cachets, et qu’importe la valeur artistique ou intellectuel de l’œuvre  l’important est le gain. C’est le statut-quo. De rares œuvres  sauvent la face et çà se compte au bout des doigts .Beaucoup d’hommes de théâtre ayant grandi dans le théâtre engagé sont marginalisés ou font de la figuration ou pour des raisons alimentaires acceptent le fait accompli. L’avenir nous dira si avec ces temps nouveaux  les jeunes artistes  du théâtre  sauront faire renaitre ce théâtre populaire engagé  proche des gens avec bien entendu le regard porté vers le futur  sans oublier le patrimoine dramaturgique qu’il faudrait préserver et qui nous inspire…C’est encore possible , encore faut-il le prendre en charge….Oui , le théâtre engagé n’est pas fini , il n’ y a qu’à remarquer  que ces mois  des révolutions arabes  s’il en est constitue  une nouvelle dynamique pour repenser un tel théatre et qu’il participe au progrès de nos sociétés…Et surtout que chacun ait la liberté de faire « son théâtre » , c’est un principe démocratique, sans exclusion  et c’est au public d’aller où son choix se fait.

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Posté par le Sep 4 2011. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

2 Commentaires pour “Si le théâtre populaire engagé m’était conté….”

  1. rached setif

    le theatre demeure tributaire des hommes et femmes qui le font c’est d’eux et rien que d’eux qu’il ya salut.les intellectuels les avant gardistes sont l eessence meme du theatre.une dynamique equivaut a des idees porteuses travaiillees dans la societe.

  2. kaddous cv

    le theatre engage a ete surtout avec les troupes amateur qui meritent chacune des ecrits si mouar wahem bonne continuation revoyez les themes abordes et vous serez bien edifies.

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