La Voix De Sidi Bel Abbes

Sfisef : Hommage à ABDELKADER DJIDEL ;L’ouvrier militant

     Abdelkader Djidel a 20 ans lorsqu’il adhère au parti Communiste Algérien (FCA).C’était après les massacres de mai 1945et l’arrestation de centaines d’Algériens, jetés sans procès dans les geôles de l’occupant.

Le PCA avait fait de l’amnistie des détenus politiques son mot d’ordre prioritaire, et Abdelkader avait été séduit par ce combat qui défiait la toute puissance colonial Il restera, tout au long de sa vie, fidèle à ce premier choix de jeunesse

Abdelkader Djidel est né le 9 février 1925 à Sfisef dans ce village colonial ou le seul emploi offert à l’Algérien était celui d’ouvrier agricole.

Son père en était un mais il avait décidé que son fils ne suivrait pas le même chemin que lui Abdelkader sera donc scolarisé ; il décroche son CEP en 1938 mais n’arrive pas à se faire inscrire au concours des bourses l’année suivante. Quelques faits l’ont fortement marqué durant sa prime jeunesse : l’en saignement de l’alphabète arabe par l’instituteur algérien, les fenêtres fermées pour ne pas se faire prendre la déclaration des droits de l‘homme et la réalité contrastée de vécu quotidien ; la grève des ouvriers agricoles des Sfisef est la répression des légionnaires, mais surtout le courage de syndicaliste Arbouz Abdelkader, defiant l’administration colonial

A  15ans Abdelkader décide de voler de ses propres ailes.ils part pour Oran en 1940, trouve asile chez une tante qui habite Medina Djejida et ce fait recruté comme manouvre dans l’entreprise  Getman à Montre Christo. Avec l’arrivée des américains en novembre 1942, il décide de faire déminage toute sa famille Oran .il a 18 ans, se fait embaucher chez les américains pour quelques temps, réussis sur concoure à obtenir un poste d’employer secrétaire dans une caserne militaire.

En ces année 1943/45,’agitation politique est grande en Agerie.les jeunes Algériens s’intéressent aux événements du moment, discutent des arrestations de Mesali et Ferhat Abbes, émettent des hypothèses sur l’indécence du pays.

Mai 1945, i signe son bulletin d’adhésion aux AML.une marche pacifique est organisée après le 8mai, mais des accrochages ont lieu, et de nombreux Algériens sont arrêtes. Quant à lieu, et de nombreux Algériens sont arrêtés. Quant  à lieu, il perd son poste de travail.

Devant cette vague d’arrestations, le PCA lance une compagne pour ‘amnistie de tous les détendus politiques. Abdelkader Djidel apprécie l’action et décide alors d’adhérer au parti.

Au local de Médina Djédida, il fait la connaissance de Debabèche Ali, un cadre du parti, originaire de Constantine, qui le marquera fortement.il est par contre, déçu par la déclaration faite par Zanetacci, l’ex-maire d’Oran, à l’occasion de la libération des détenus, tout autant que par les positions sectaires de Amar Ouzegane.

Les élections de juin 1946, pour l’assemblée Constantine, sont reportées par l’UDMA de FAbbés. Djidel envisage même de renouer avec le PPA, Mais la nouvelle stratégie du parti, qui privilège l’action unie pour l’édification d’une République algérienne, l’amène à changer d’avis. i restera au PCA parce que « ce parti représente la population algérienne dans toutes ses composantes ethniques et sa diversité ».

    Abdelkader Djidel fait partie du comité où se côtoient Cheikh Zemouchi, de l’Association des Oulémas, Souiah Houari du MTLD, Maitre Thuveny, l’avocat communiste qui sera assassiné en 1956 au Maroc. Militant de base, il participe aux cotés de Taleb Bouali, Gaby Gimenez, Roger Bénichou et de bien d’autres, à la vente du journal « liberté ».

Il sera de tous les combats qui marqueront les années 1949/52 : solidarité. Avec les militants de l’OS-PPA, dont Hamou Boutlélis et Benala, jugés à Oran ; solidarité avec les nationalistes tunisiens ; soutien de la grève des dockers solidaires avec es comatants vietnamiens ; grèves des ouvriers agricoles, pendant les vendages de 1950et 1951.ces actions furent des moments forts dans la mobilisation ouvrière et paysanne.

Toute ces luttes ont contribué à créer les conditions qui donneront naissance, en 1951, au front Algérien pour la défense et le Respect des libertés.

Abdelkader Djidel en est le représentent à Médina Djédida ; en est le représentant à Medina Djedida ; il fait parti du comité où se côtoient Cheikh Zemouchi, de l’association des oulémas.Souiah Houari du MTLD, Maitre Thuveny, l’avocat communiste qui sera assassiné en 1959 au Maroc.

Il dira de cette période : « Nous étions partout où il y avait des atteints aux libertés démocratiques ».

Mais c’est dans les luttes syndicales qu’il s’investit le plus. Il y avait un déni des droits sociaux dans le secteur des TP et du bâtiment, comme aujourd’hui encore. « Infiltrés » par la CGT, Djidel et son compare Liedo, réussiront à soulever les travailleurs contre les employeurs et à diriger une grève de 35 jours qui aboutira à la satisfaction de toutes les revendications formulées.

 A la veille du 1er Novembre 1954, le PCA est préoccupé par les conditions de vie des habitants de Chlef que le tremblement de terre avait jetés dans le dénuement et la misère .Engage dans l’organisation de la solidarité, Abdelkader dira qu’on ne voit pas venir le soulèvement malgré les amitiés qu’il avait au sein du MTLD. Les  premiers coups de feu de la révolution contre e commissariat de Gambetta et le siège de l’Echo d’Oran prennent de surprise beaucoup de nationalistes .Comme d’autres camarades, il servira de boite aux lettres, participe aux collectes d’argent, aide les résistants recherchés.il est arrête en novembre 1956 à la suite du démantèlement du réseau communiste de soutien aux « combattant de la liberté », et ne sera libère qu’en 1958.

L’indépendance acquise, Djidel est employée à la brasserie d’Oran. Il y restera jusqu’à la retraite.

Taxé de communiste, la direction locale de l’UGTA met en garde les travailleurs contre les positions qu’ils défient .Malgré cette opposition, il sera imposé par la collectif et reconduit comme délégué syndical jusqu’à l’intégration de la brasserie à la SN.EMA.

Djidel citera, avec une pointe d’orgueil, la grève de 7 jours que le syndicat a dirigés en 1975.

Bien qu’il y jouât un rôle important, il sera écarté des négociations avec l’employeur. Ainsi, Abdelkader Djidel aura été, durant toute sa vie, un militant ouvrier lucide, attaché à son idéal social de jeunesse. Et la ce n’est qu’un hommage a cet ouvrier militant des ouled slimane.Dommage qu’ona pu avoir sa photo.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=19152

Posté par le Nov 22 2012. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION, HISTOIRE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

6 Commentaires pour “Sfisef : Hommage à ABDELKADER DJIDEL ;L’ouvrier militant”

  1. gherbi s sba

    la diversité des sujets fait la richese de notre journal Je ne connaisas pas ce syndicaliste vraiment l »‘histoire locale est en retard

  2. bennabi

    Je remercie le journal pour nous permettre de savoir plus sur les mililtants de l’ombre et je suis sur que c’est trés rare que ce nom est cité et pourtant on a qu’a relire.

  3. OMAR

    Vous nous faites découvrir un syndicaliste à 87 ans mais mieux vaut tard que jamais. IL est regrettable de ne pas connaitre ce moudjahid de cette ampleur et qui fait partie de notre wilaya et pourquoi BESSMA NET ne l’a pas programmé dans son agenda. ALLAH ITAOUAL FI OMRAH BESSAHA

  4. Slimani

    Je n’ai jamais entendu parler de ce Monsieur bien que je sois natif de Sfisef et d’un certain âge. Le parti comuniste algérien était bien implanté à Sfisef et à fait beaucoup pour les désherités de ce village. Le symbole de ce parti reste jusqu’à présent son glorieux fils Arbouz AEK (Ben Arbouche comme on aime à le nommer chez-nous). Ce village de Sfisef a donné beaucoup d’enfants qui ont oeuvré pour le bien de leur pays et de leur peuple. Il a donné aussi des notables de l’époque coloniale comme l’Agha Oueld El Miloud Reguieg ou le caid Mekika.
    Sfisef,village agricol, a été oublié aprés l’indépendance et surtout pendant l’ére de Taibi El Arbi qui l’a complétement mis de côté sauf pour lui retirer le peu d’eau dont il disposé. Village sans aucune industrie à l’exeption de l’usine de sucre construite par le colonisateur, il est devenu par la force des choses terre d’émigration. On retrouve beaucoup d’émigrés de Sfisef en France surtout à Brie-Comte Robert et à Péronne. Sfisef c,est aussi la terre de la résistance et de l’honneur.ses habitants sont fiers et généreux. Ils sont entreprenant et beaucoup ont fait leur fortune dans le négoce. C’est aussi le village de la science et du savoir:Beaucoup de ses enfants sont devenus des savants dans divers disciplines telles que le nucléaire, la biologie, la chimie et la physique.

  5. Yahiaoui Kouider

    Merci Mr Slimane pour cet éclairage. Je souhaite que vous étaliez tout ce que vous savez.C’est utile pour l’écriture de l’histoire. C’est de la matière importante pour nos historiens,n’hésitez pas ils en seront ravis. Encore une fois merci.

  6. Abbassi

    Encourageant de donner un plus.

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