La Voix De Sidi Bel Abbes

« SEINE d’OCTOBRE 1961 » par Tayeb Oulhissane

SEINE d’OCTOBRE 1961

Seine de chair et de haine, des temps obscurs,
Bois jusqu’à la lie ta coupe de sang impur,
Et abreuve les sillons de ta France aimée.

Admire dans le clapotis des vaguelettes
Tes eaux tueuses qui charrient des corps inertes,
Dans la lueur des torches, drapés à jamais.

Seine aux berges vides, que tu es monotone!
Tes ondes se gâtent comme un soir en automne,
Et des spectres s’agitent dans ton lit de vierge.

Courant de l’oubli, tu fuis le cours de l’Histoire,
La vérité brille au profond de tes eaux noires,
Ravive le souvenir et brûle des cierges!
——————-
* A la mémoire des victimes du massacre du 17/10/1961,

                  par   Tayeb OULHISSANE , Sidi Bel Abbès.                   

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=74424

Posté par le Oct 16 2018. inséré dans CULTURE, EVOCATION, HISTOIRE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

11 Commentaires pour “« SEINE d’OCTOBRE 1961 » par Tayeb Oulhissane”

  1. Mme CH

    Un beau et émouvant poème de M.Oulhissane.. qui nous rappelle une atrocité parmi les nombreuses atrocités commises par la France coloniale durant les 132 ans d’occupation, des actes qu’on appellerait aujourd’hui « génocides » et « crimes contre l’humanité ». Quelle barbarie…!!!

    Voici ci un poème de Kateb Yacine qui s’adresse au peuple français après le 17 octobre 1961 :

    Peuple français, tu as tout vu
    Oui, tout vu de tes propres yeux
    Tu as vu notre sang couler
    Tu as vu ta police
    Assommer les manifestants
    Et les jeter dans la Seine.
    La Seine rougissante
    N’a pas cessé les jours suivants
    De vomir à la face.
    Du peuple de la commune
    Ces corps martyrisés
    Qui rappelaient aux Parisiens
    Leurs propres révolutions
    Leur propre résistance
    Peuple français, tu as tout vu
    Oui tout vu de tes propres yeux,
    Et maintenant vas-tu parler ?
    Et maintenant vas-tu te taire ?

  2. Imène

    Azzul !
    Elle s’appelle fatima Bedar , 15 ans , collégienne , elle vit dans la banlieue nord de Paris c’ est probablement la plus jeune chahida des massacres de cet octobre noir…
    Pour tromper la vigilance de ses parents qui lui ont interdit d’aller « à la manif « la jeune fille avait pris son cartable, mais au lieu de se rendre au collège elle a pris le métro pour Paris où elle s’est jointe aux manifestants..elle n’est jamais revenue ! Malgré sa frimousse d’enfant , les criminels ne l’ont pas épargnée .
    Son corps a été repêché 15 jours plus tard dans le canal saint Denis , identifiée grâce à son cartable et à ses deux longues tresses..Fatima repose au cimetière communal de Stains . 45 ans après , le 17 oct 2006 ses ossements ont été rapatriés et ré inhumés au cimetière de Tichy ( Bejaia ) Allahoma arham echouhadas …
    Le massacre d’Algériens par la police du préfet M. Papon le 17 oct 1961 est un épisode sombre et tragique dans la longue nuit coloniale . Les manifestants pacifiques ont été arrêtés , noyés dans la seine , sauvagement tabassés ou torturés à mort dans les locaux de la police.. Ces crimes ont été perpétrés avec l’aval des plus hautes autorités FR dont le général De Gaulle , Les criminels eux réhabilités. La France a ( enfin ) reconnu sa responsabilité dans la torture et l’assassinat de M. Audin …et pour les 132 ans de génocide contre le peuple Algérien ????
    Merci M. Oulhissane pour ce beau poème en hommage aux victimes de la barbarie.

    • Amirouche

      Imène,

      J’ai lu que le frère de Fatima Bedar a remis le cartable de sa sœur, son contenu et ses livres de littérature au Musée des moudjahidine de Béjaïa.
      Allah yarhamha.

      • Imène

        Bjr 3mirouche ! tlm..
        C’est trés possible , c’est même tout indiqué ..si ça tenait à moi , j’aurais conservé ses nattes , ses vêtements ou ses chaussures. Hier sur la route j’écoutais un rescapé des massacres s’exprimer sur les ondes de la chaîne 3 , juste pour la petite histoire : le 17 Octobre 1961 était un Mardi , il faisait froid et la pluie tombait ..une pieuse pensée mais douloureuse aussi à nos martyres jetés vivants dans les eaux glaciales du fleuve… « Seine de chair et de haine, des temps obscurs… » La Seine se souviendra !
        Allahoma arham chouhadaana.

  3. Imène

     » Ce qui est drôle, c’est que le criminel Maurice Papon a été condamné en 1998 à la réclusion criminelle par un tribunal français pour avoir organisé, en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde durant le régime de Vichy, la déportation de 1690 juifs, mais rien sur les algériens jetés vivant dans la Seine…!! Qui gouverne FaFa d’après vous..???  »
    Mme CH , 18 Octobre 2017 .

  4. OULHISSANE Tayeb

    Chacun de nous garde en lui le souvenir d’un drame ce jour-là.
    Merci mes ami-e-s du partage.
    Gloire à nos martyrs !

  5. Mme CH

    Papapapapaaaaaa…! Quelle, horreur…de la part de cette horde qui est venue soi-disant nous civiliser…et ils veulent coller le terrorisme à l’Islam et aux musulmans…!!! Pufff…! Lisez ça…bande d’amnésiques et de harkis…!

    « Cet autre crime que la France cache : 800 Algériens jetés à la mer en 1961 » (AP, 18/10/2018, Kamel M)

    Le 17 octobre 1961, alors que la police réprimait dans le sang les manifestants algériens qui revendiquaient l’indépendance, un autre crime avait été commis par les autorités politiques de l’époque et qui demeure encore tabou en France. L’ex-Premier ministre socialiste, Michel Rocard, a évoqué le cas de 800 manifestants algériens qui avaient été transférés en Algérie pour être internés. Mais, à sa grande surprise, de ces Algériens rapatriés de force, il n’avait retrouvé aucune trace au moment où il avait voulu écrire à leur sujet.

    Michel Rocard avait affirmé qu’il avait reçu les confidences d’un militaire français qui avait participé à ce transfert sous le sceau du secret, en lui demandant de ne jamais révéler son identité. Selon ce militaire, les manifestants ont été jetés à la mer entre les Iles Baléares et Alger. Pour éviter que leurs corps remontent à la surface, les victimes ont été jetées avec des blocs de ciment de plusieurs kilos attachés à leurs pieds et à leurs mains. Une méthode barbare courante durant la colonisation.

    Les crimes abjects commis par la France coloniale en Algérie sont innombrables. Et les tentatives bien timides des responsables politiques français d’en reconnaître quelques-uns sont loin de suffire pour tourner la page de 132 années d’occupation faites de massacres, de spoliation et d’aliénation.

    Le président Emmanuel Macron avait admis que la colonisation fut un crime contre l’humanité, lors de son premier voyage en Algérie, avant de reconnaître, récemment, que le militant communiste Maurice Audin avait été enlevé et assassiné par les autorités militaires françaises. Mais ces gestes n’ont pas concouru à apaiser la tension qui persiste entre l’Algérie et la France sur les sujets liés à la mémoire.

    L’hommage rendu aux harkis et les indemnités dont ceux-ci ont bénéficié de la part de l’Etat français ont été dénoncés de ce côté-ci de la Méditerranée comme une insulte aux nombreuses victimes de ces anciens supplétifs de l’armée française qui ont commis des actes ignobles à l’encontre de leurs propres concitoyens.

    La disparition des 800 Algériens jetés à la mer, selon le témoignage de ce soldat qui s’est confié à Michel Rocard, doit-elle tomber dans l’oubli ? L’Algérie, qui réclame déjà la restitution des crânes des résistants algériens détenus au Musée de l’Homme à Paris, devra rouvrir ce dossier. Les 800 Algériens tués de façon atroce sont des martyrs auxquels l’Algérie devra rendre hommage et pour l’assassinat desquels elle devra réclamer justice.

    Oui, réclamons justice…!

    Allah Yarhamhoum..!

  6. MS

    voilà un événement que les historiens de notre temps doivent graver dans le marbre, inscrire en lettre de feu. C’est un événement plus significatif , plus sérieux , et qui a un sens plus profond que les fait relevés dans les journaux et livres d’histoire……………………….que les français aient tué mille kabyles parce que le blé poussait bien en Afrique et qu’une guerre permanente était utile pour l’entrainement des armées…………..tout cela, ce sont des mots qui dissimulent ou révèlent ce que l’on sait depuis longtemps.
    TOLSTOI
    1857.

  7. Mme CH

    le cinéaste A.Akika, réalisateur du film « Enfants d’Octobre. » a écrit un bel article intitulé: « Il était une fois Paris sur Seine un 17 Octobre 1961 » (17 octobre 2013), en voici un extrait..!

    « …..Il faut donc rappeler aux gestionnaires de cette république dont les Français sont fiers, que ce jour-là, il s’est agi d’un évènement d’une extrême gravité car ce fut un CRIME D’ETAT. Pourquoi cette notion juridique est plus appropriée pour qualifier la tragédie qui s’est déroulée pendant des jours sous le regard du monde entier ? Parce que Paris n’est pas une petite bourgade isolée du monde inaccessible aux fonctionnaires de l’Etat. Parce que le crime n’a pas été commis par un vulgaire raciste ou un triste individu qui pète les plombs sous l’emprise de je ne sais quelle drogue.

    Parce que les manifestants réclamaient la fin d’un couvre-feu qui les discriminait en raison de leur origine. En clair, en raison simplement et « racistement » de leur faciès. Ce qui est un délit aux yeux des lois de cette république et de toutes les conventions internationales sur les droits de l’Homme signées par la France. Parce que les manifestants répondaient à une directive de leur gouvernement (GPRA) avec qui le gouvernement de la France négociait. Les manifestants n’étaient donc pas de vulgaires délinquants s’attaquant aux personnes et aux biens. Ils étaient du reste endimanchés et ne portaient aucune arme. Parce qu’enfin, les exécutants de cette tâche criminelle sont des agents obéissant à des ordres et couverts par les plus hautes autorités de l’Etat. Et l’un d’eux un certain préfet, Maurice Papon pour ne pas le nommer, une vieille connaissance des Algériens puisqu’il avait exercé ses fonctions de proconsul à Constantine, ce monsieur-là était ce 17 octobre 61 à la tête de la préfecture de Paris chargée de « l’ordre public ».  »

    « Oui crime d’Etat car le nombre de morts et disparus ne se comptait pas sur les doigts d’une main, ils n’étaient pas des victimes de bavures inévitables dans des situations de trouble incontrôlables. Ils étaient des centaines à être assassinés dans des conditions inadmissibles qui plus est de manière lâche et ignoble. Les bras enchaînés, les visages en sang, insultés et couverts de vociférations racistes de la part de soudards, ces Algériens furent jetés dans la Seine non loin du « pont Mirabeau où coule la Seine » immortalisé par Apollinaire. On ne peut pas ne pas penser à la chanson de Serge Reggiani « les loups sont entrés dans Paris attirés par l’odeur du sang ». Eh bien ce 17 Octobre 61, les loups n’étaient pas des étrangers mais bel et bien des Français qui, fort heureusement, ne représentaient pas forcément tous les Français. Car il ne faut pas mettre ces derniers dans le même sac puisque certains de nos compatriotes furent soignés et sauvés par d’autres Français. Et si ce 17 Octobre 61 n’est pas passé par pertes et profits, c’est grâce, d’une certaine façon, à des photographes et journalistes français qui ont brisé le silence en diffusant l’information.

    Bavure a-t-on dit, terme ignoble et irrecevable pour les familles, terme cher à tous les policiers pour échapper aux griffes de la justice et surtout au jugement de l’Histoire. C’est au nom du respect de l’Histoire qu’il faut précisément lutter et continuer à réclamer la reconnaissance de ce crime d’Etat, non pas pour faciliter des relations sonnantes et trébuchantes entre deux Etats mais pour que les peuples connaissent les auteurs de ce crime commis contre l’un et au nom de l’autre. ».

    Ni Oubli ni Pardon, ni Repentance…!

  8. b200

    De temps en temps il faut rappeler aux algeriens depuis 1830 que le jihad etait multiple..el jihad n’est uniquement par les armes. la majorité des algeriens ont fait le jihad par l’argent ..une femme qui avait nourri des moujahidines est une moujahida…celui qui utilisé son âne pour transporter de la marchandise et la nourriture est un moujahid; celui qui avait écris un article est un moujahid…

  9. b200

    Pour les moujahidine ils attendent leur bail fil akhira..ils ont raison tu finiras bien par mourir, vaut mieux la terminer Moujahid ..le dinars et l’euro ne serviront a rien par leur quantité si grande soit elle! donc si voulez parlez en terme de combattant c’est autre chose. il y a les anciens combattants et les anciens moudjahidines. Ne faite de l’un un autre.chacun a participé sur la base de ses propres convictions..si un ancien combattant dit  »j’ai participé a la guerre je veux mon bail ici sur terre c’est son droit légitime »!
    Nos parents ellah yarhamhoum se basaient sur ce verset; ils étaient des lettrés

    مَن كَانَ يُرِيدُ حَرْثَ الْآخِرَةِ نَزِدْ لَهُ فِي حَرْثِهِ ۖ وَمَن كَانَ يُرِيدُ حَرْثَ الدُّنْيَا نُؤْتِهِ مِنْهَا وَمَا لَهُ فِي الْآخِرَةِ مِن نَّصِيبٍ (20)

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