La Voix De Sidi Bel Abbes

SBA : Le Quartier El-Graba de Sidi-Bel-Abbès par Dr Karim OULDENNEBIA

Avec un léger retard de publication qui n’occulte en rien les gros efforts fournis par notre ami et grand frére le docteur Karim Ould Nebia qui vient de présenter une grande conférence dans le siége de la section Emir abdelkader du centre ville Belabbésien et que nous tenons a faire partager le résumé tant attendu vu que nous avions dans un papier précédent fait part a nos lecteurs de cette conférence ou des éléments nouveaux ; des noms sont cités..Fruit de la recherche de cet universitaire du bled qui vient une fois de plus prouver que seule la rigueur est garante de toute avancée ;loin des batailles larvées (désolé de le dire) et autres querelles de clocher pour reprendre un mot  utilisé dans un commentaire encore en ligne; et qui ne sont pas les bienvenues dans le débat qui est ainsi lancé autour de notre mytique quartier ou plus d’en élément de sa constitution est revisité par notre ami KARIM.                                  M. Kadiri

Histoire et repères
Conférence au siège de la fondation Emir AEK – Sidi-Bel-Abbès le jeudi 09 Aout 2012.
Le quartier el-Graba (aujourd’hui EMIR AEK) est un quartier unique qui constitue une exception de part son Histoire, ses repères et ses témoignages. Ce quartier fut le fief du nationalisme, le coeur battant des activités politiques, économiques, culturelles et sociales. Messali Hadj,Bachir Ibrahimi,Ferhat Abbas (par deux fois)…Pratiquement tous sont passés par là ! Il est certain d’abord que tout exposé historique suppose un choix. L’Histoire du quartier El-Graba ne
représente qu’une minuscule petite partie de la région de Sidi-Bel-Abbès. Mon choix se porte sur le quartier Graba (c’est à dire qu’il y en a d’autres).Pour l’instant je pense qu’il faut se contenter du minimum et c’est tout.
Par ce bref exposé je ne prétends pas écrire l’Histoire de Sidi-Bel-Abbès. Mais plutôt rassembler l’euristique minimum, devenu une nécessité pour établir une vrai histoire locale, Cet exposé ne présente pas un travail accompli, mais l’esquisse d’une conférence .Je remercie ici la VDSBA pour ainsi la mettre à disposition de nos amis (es) en Algérie mais aussi à l’étranger.
1 – Fondation du quartier El-Graba.
La Graba véritable espace arabe au temps colonial .Elle symbolisait d’une manière franche et sincère la résistance culturelle des Bél-abbesiens durant la période coloniale. L’existence de ce quartier mythique prouve la présence des « Algériens » sédentaires dans la plaine de la Mekerra et depuis longtemps .Ce n’est donc pas vrai que la ville coloniale a succéder à un « vide » longtemps transis et diffuser par les Historiens de la colonisation ! Cette présence s’est donc développée comme l’atteste surtout la présence du mausolée « Sidi-Bel-Abbès El-Bouzidi ». En effet, le Général Dumas consul de France auprès de l’Emir a bien noté aussi cette présence. Une question se pose malgré tout ! Cette présence était elle composée d’une majorité de population noire ou négre environ 148 habitants selon les statistique du premier commissaire civil le compte Villetard de Prunières (Qui a écrit la première notice Historique de la ville de Sidi-Bel-Abbès) ? En tout cas plus que les maures !(102 habitants) .Ce qui explique que le quartier fut baptisé d’abord « village négre » ! Cette explication est loin d’être effective puisque tous les observateurs peuvent discerner par simple observation que cette désignation péjorative et dépréciative existait dans plusieurs villes algériennes.
Du coté des archives on constate surtout l’appellation « village arabe ».D’ailleurs ce mot « village » est une dénomination courante pour justement cacher la dénomination savante qui refuse le mot « quartier » ou plus au moins « faubourg » qui est bizarrement une dénomination allemande utilisée pour marquer une zone urbanisée à la périphérie d’une grande ville.
Il faut revenir au temps du deuxième empire c’est-à-dire la politique du royaume arabe de Napoléon III pour comprendre et constater que l’édification d’une mosquée dans une ville ou un village arabe (Douar) était elle tolérée ou non ? Quel était l’impact des deux Sénatus-consulte celui de 1863 et de 1865 sur les Algériens (d’autres écriront sujets Français).Mais là c’est une autre Histoire.
Donc après le choix officiel et délicat de l’administration coloniale locale à sidi-bel- abbés en accord avec la création officielle du « village arabe » suite à l’arrêté préfectoral du 10 octobre 1870. Une problématique et des événements à risque se sont présentés notamment ce « péril arabe » dont la presse coloniale n’a cessé d’aborder presque quotidiennement.
Pourtant dans le même temps le préfet d’Oran dans une dépêche nomma le géomètre DEFAY et le chargea d’effectué l’étude topographique et technique sans retard ! Une autre dépêche du deuxième bureau de la préfecture d’Oran cette fois datée du 24 juillet 1874 venait elle aussi a confirmé la constitution du « village négre » (et non arabe) ce qui explique la dérision textuelle coloniale permanente comme pour marqué cette moquerie mêlée de mépris sarcastique.
Enfin pour mettre en évidence et par écrit l’empreinte d’une ironie blessante,
l’administration communale coloniale décide la baptiser le « village » arabe au nom du maréchal Thomas Bugeaud véritable ennemis de la mémoire collective des Algériens .En plus elle offre aux juifs plusieurs concessions pour que le faubourg cesse (officiellement) d’être habité exclusivement par des Arabes. Ce qui explique le nombre très élevé des commerçants juifs au quartier Graba avant
l’indépendance.
En revanche les Bel-abbesiens insisterons plus tard à baptiser quelques rues du faubourg par des noms à connotation arabes comme la « rue verte » en hommage aux Béni-Ameur très connue jadis comme la Kabila El-khadra pourtant désignation bizarrement méconnue par les Bel- Abbesiens ! Ainsi que la rue des Maures, rue de la mosquée, rue du soudan et plus tard au vingtième siècle la rue Ali ben Abi-Taleb. Et comme pour enfoncer le clou .La mairie coloniale baptisa les autres rues : Cardial Lavigerie, Colonel Flatters,Palestro,Sénégal,Austerliz et pour clore le tout elle baptisa aussi « la place Bugeaud » qui malgré tout restera connue par les Bel-abbesiens par la désormais célèbre désignation « TAHTAHA ».
Après l’indépendance les notables de la ville ont très vite choisis le nom Hay« EMIR AEK »en réponse au fameux officier incendiaire humilié par le jeune héros national. C’était vraiment une bataille « toponymique » entre les autochtones Bel-abbesiens et les colonialistes français. Cela explique aussi que le nom « GRABA » perdure et continue d’exister dans temps. Il faut noter que bien d’autres quartiers verront le jour aux périphéries des viles Algériennes dans les années de la crise et l’exode rurale des années trente et quarante du 20 siècle et qui porterons la désignation de Graba. Mais la GRABA se Sidi-Bel-Abbès : c’est différent le tracé en dame de ses rues et ses lotissements topographiques le confirme (Voir la carte 1 et 2).
Enfin, les Bel-Abbesiens semblaient comprendre le vrai enjeu de tout cela et on le voit bien puisque personne n’employait le nom « faubourg Bugeaud » hier comme aujourd’hui pourtant d’autres appellations continuent toujours comme Gambeta,Thiers,Carnot…
2 – Toponymie du Quartier El-Graba.
Apparemment le mot graba (pluriel) vient du mot Gourbi (singulier) qui veut dire habitation précaire ou provisoire en Afrique du nord particulièrement en Algérie.
Le quartier El-Graba était le premier et le seul quartier né dans l’espace de la ville
européenne à la fin du 19° siècle (c’est-à-dire la rive gauche de la MEKKERA ou 42 ha dessiné par le capitaine du service du génie Prudhon avait réservé les droits de concessions aux deux parties concernées militaire et civil (colons) depuis 1849. Notons que le boulevard de l’ambulance qui donnait son dos au quartier Bugeaud était connu par le nom «village left puisque ces habitants cultivés du navet tout au long de la rive de la Mekerra. Malheureusement l’administration coloniale à crée dans ce boulevard « le bas quartier »(enfin détruit ces derniers jours ! Mais il faut noter que (et j’insiste aussi) que ce bas quartier n’a aucune relation Historique avec le mythique quartier d’el-Graba.
Le faubourg Marabout (Toba) et Mâconnais et ensuite faubourg Philipe PERRIN et Marceau à majorité habités par les employés des chemins de fer. Les hameaux Gambetta et Moulay aek (Camps des spahis) ou vivait des populations rurales. Mais tous supplantaient l’autre rive de la Mekerra.
Le Négrier dit « calle del sol » ou ‘on trouvait des Espagnoles .Thiers faubourg des fonctionnaires et des rentiers .A l‘est le faubourg Eugène Etienne formait les anciens villages du Mamelon comme plus tard sidi Yacine et la Marine.
3 –Mohamed Ben-Amar et les pétitionnaires bel-abbesiens.
D’abord qui sont ces pétitionnaires (au nombre de 29) qui étaient à l’origine de la création du quartier mythique El-Graba ? Mais surtout qui est Mohamed BEN-AMAR ? Leurs revendications étaient claires .Ils voulaient l’exécution des promesses. Les quelles ? Avaient-ils un chef ? Étaient-ils des Beni-Ameurs revenus du Maroc après l’exode de 1845 après l’expropriation de leurs terres par le Maréchal Bugeaud ? Qui sont-ils vraiment ? Et la mosquée ? Quel rôle pour l’administration coloniale ? Pourquoi elle ne porte pas un nom ?
On connaissait certes : Driss ben Tabet,Si larbi ben Hamza ,Si Hadj ,Djelloul ben Taleb ,Si Abdekader sekkal et même avant eux Ezine BENOUDA.
La venue de nombreuses familles Algériennes de villes voisines comme Tlemcen,Mascara ou encore Nedroma et Ghazaouat…avec leurs cultures « citadine » ont permit l’émergence de cet état d’esprit de la nécessité d’une mosquée dans une « Madina ».
Encore une fois IBN-KHALDOUN est incontournable pour expliquer le paradoxe villecampagne.
Ont voit bien que le Masjid el-Aadam avec son minaret « presque unique » qui n’a rien des minarets maghrébins. Peut-ont dire que la touche « kourougli » est visible ? Je préfère laisser cette question aux spécialistes.
Il faut noter qu’au fur et à mesure que la population dites « indigène » à Sidi bel-Abbes va s’accroitre et dépasser le désastre démographique et passer de 641 en 1859 à 2349 en 1862 à 19464 en 1877.Cette population va prendre confiance et va ainsi prendre son destin entre ses mains. Dans la deuxième partie de cet article c’est-à-dire la Graba au vingtième siècle ont verra l’émergence des
grandes familles à Sidi bel-Abbes. Leurs activités dans le quartier va bouleverser la vie politique est sociale de toute la ville.
Au début de l’année 1873, pour les autorités coloniales « pas question » d’officialisé cette espace pour les « indigènes ». Malgré les nombreuses pétitions (voir documents en annexes) Mais à travers les sacrifices d’Hommes et de femmes du bled que le quartier est né. Ceux qu’ont appelés « indigènes » se sont accrochés au terroir défiant la politique raciste et discriminatoire. Et Intelligemment et en demandant officiellement un lot de terrain pour construire une mosquée ces « Bel-abbesiens » ont réussit à pénétrer le système colonial et entrer dans Histoire.
A travers une longue lutte de résistances aux abus du conseil communale de Sidi bel-Abbes qui suite à la première pétition de Mohamed Ben-Amar qui demanda l’exécution d’abord du décret du 24 juillet 1860 qui donne faveur de vente ainsi que le « Droit » de vente aux indigènes par décision du gouvernement français datant du 11 novembre 1867 et ensuite par la faveur de l’arrêté préfectoral au sujet de la création d’un village arabe non loin de la ville .Sans doute pour
sauvegarder la main d’oeuvre indigènes. Le conseil communale composé de Bastide (Président-Maire),Fabrières(sba),Hobuck(sidi – lahcen),Beux (sidi khaled),Lacuro (Tessala),Uzolix et Socororex (sba) et El-moulay-ali (adjoint
indigène-Sba).Roubières et Laquièviere tous deux absent non excusés. Tous ont délibérés pour la mise en vente aux enchères des lots du village arabe situé dans l’enceinte de la ville (Voir Pv délibération).Cette décision parait –il était illégale !
Dans un rapport du service des domaine de Sidi-Bel-Abbès au gouverneur général de l’Algérie le 20 février 1873. On note la proposition de ne pas céder aux à la demande des pétitionnaires. Il écrit : « les pétitionnaires font partie d’une population flottante et nomade qui ne compte pas d’individus résidents avant 1873 ».Ce qui est tout à fait faut si on se refaire à l’annuaire statistique de la population de la ville de Sidi-Bel-Abbès. Il ajoute : « Leurs habitations se  composent d’une centaines de gourbis et de cabanes faites de branches d’arbres et de rousseaux de diss et de halfa ». Cependant ce même rapport signale que les pétitionnaires ne semblent pas avoir une connaissance exacte du problème. Ce qui est peut être un peu vrai .Puisque les temps ont changés depuis la fin du régime du deuxième empire et le début de la troisième république.
Enfin. Il faut noter que ces mêmes pétitionnaires signalèrent un vrai problème et donnèrent aussi la solution. Puisqu’ils rappelèrent les promesses au sujet de l’édification de la mosquée et sollicitèrent la vente de grés en grés uniquement à leurs profits. Ainsi ils défendaient leurs droitssurtout que les chrétiens ont édifié leurs Eglise Saint Vincent depuis 1859 (Aujourd’hui Mosquée ABOU-BAKR) et les juifs aussi ont construits leurs Synagogue depuis 1865.Les Pétitionnaires ont eu raison de focaliser leurs revendications sur la question de la mosquée .Mais ils faut dire aussi qu’ils étaient très habilles mais surtout pas dupes .Finalement la mosquée Construite fut ouverte aux musulmans depuis 1892 donc bien après la création du quartier arabe dans l’édifice de la ville européenne .Cette victoire a contraint les autorités coloniales à démolir les murs et les portes de la ville à partir de 1903.Voilà une grande victoire de nos ancêtres les Bel-abbesiens qui a duré de 1867 à 1892,c’est-à-dire un quart de siècle. La suite on l’a connaît tous elle se termina avec les efforts d’autres algériens en 1962.
Mais qui était Mohamed Ben-Amar ? Le vrai catalyseur du mouvement de revendication à Sidi-Bel-Abbès. On peut dire aussi qu’il était peut etre le fondateur du quartier El Graba puisqu’il était le premier pétitionnaire. C’était un grand érudit Bel-abbesiens, il était probablement juriste de formation, avocat par métier. Il est donc clair qu’on vient juste et à peine de commencer à écrire
notre Histoire, notre vrai Histoire. Oui !!! Beaucoup reste à faire. Les archives (Classés en fonds) existent et dire que des dizaines de boites dans pratiquement chaque série (surtout la série H,E et M tous divisées en sous série !).On trouve de multiples documents qui tracent l’Histoire de Sidi BelAbbes et sa région. Sans évoquer les microfilms qui nous rappellent le temps des bureaux arabes
dans la subdivision d’Oran et SBA .Ou encore les cartes et documents iconographiques. Il m’arrive que des questions sur notre passé me bourdonnent la tête. Comme : Que cachent vraiment ces archives Historiques déposés dans les dépôts ? Mais en retour une autre question me réplique. Est-ce qu’on a d’abord exploité les archives communicables pour parler des autres archives encore « non » communicables gardés en secret ? Il est temps d’arrêter de parler et de jacasser et commencer à écrire.
Merci à toutes et à tous.
Cordialement.
Sources.
1-Archives ANOM .Fonts du GGA, consulté le 24 juin 2011.
2-Articles de l’auteur sur l’Histoire de Sidi Bel-Abbes.
3-Archives iconographiques d’AIX.-Fonds Privés.
OULDENNEBIA (Karim) Le Quartier El-Graba de Sidi-Bel-Abbès, Histoire, repères
1° Partie : Graba de 1866 -1903. In Journal La voix de Sidi-Bel-Abbès.

Le Quartier El-Graba de Sidi-Bel-AbbèsHistoire et repèresPar Dr Karim OULDENNEBIAConférence au siège de la fondation Emir AEK – Sidi-Bel-Abbès le jeudi 09 Aout 2012Le quartier el-Graba (aujourd’hui EMIR AEK) est un quartier unique qui constitue uneexception de part son Histoire, ses repères et ses témoignages. Ce quartier fut le fief dunationalisme, le coeur battant des activités politiques, économiques, culturelles et sociales. MessaliHadj,Bachir Ibrahimi,Ferhat Abbas (par deux fois)…Pratiquement tous sont passés par là ! Il estcertain d’abord que tout exposé historique suppose un choix. L’Histoire du quartier El-Graba nereprésente qu’une minuscule petite partie de la région de Sidi-Bel-Abbès. Mon choix se porte sur lequartier Graba (c’est à dire qu’il y en a d’autres).Pour l’instant je pense qu’il faut se contenter duminimum et c’est tout.Par ce bref exposé je ne prétends pas écrire l’Histoire de Sidi-Bel-Abbès. Mais plutôtrassembler l’euristique minimum, devenu une nécessité pour établir une vrai histoire locale, Cetexposé ne présente pas un travail accompli, mais l’esquisse d’une conférence .Je remercie ici laVDSBA pour ainsi la mettre à disposition de nos amis (es) en Algérie mais aussi à l’étranger.1 – Fondation du quartier El-Graba.La Graba véritable espace arabe au temps colonial .Elle symbolisait d’une manière francheet sincère la résistance culturelle des Bél-abbesiens durant la période coloniale. L’existence de cequartier mythique prouve la présence des « Algériens » sédentaires dans la plaine de la Mekerra etdepuis longtemps .Ce n’est donc pas vrai que la ville coloniale a succéder à un « vide » longtempstransis et diffuser par les Historiens de la colonisation ! Cette présence s’est donc développéecomme l’atteste surtout la présence du mausolée « Sidi-Bel-Abbès El-Bouzidi ». En effet, leGénéral Dumas consul de France auprès de l’Emir a bien noté aussi cette présence. Une question sepose malgré tout ! Cette présence était elle composée d’une majorité de population noire ou négreenviron 148 habitants selon les statistique du premier commissaire civil le compte Villetard dePrunières (Qui a écrit la première notice Historique de la ville de Sidi-Bel-Abbès) ? En tout cas plusque les maures !(102 habitants) .Ce qui explique que le quartier fut baptisé d’abord « villagenégre » ! Cette explication est loin d’être effective puisque tous les observateurs peuvent discernerpar simple observation que cette désignation péjorative et dépréciative existait dans plusieurs villesalgériennes.Du coté des archives on constate surtout l’appellation « village arabe ».D’ailleurs ce mot« village » est une dénomination courante pour justement cacher la dénomination savante quirefuse le mot « quartier » ou plus au moins « faubourg » qui est bizarrement une dénominationallemande utilisée pour marquer une zone urbanisée à la périphérie d’une grande ville.Il faut revenir au temps du deuxième empire c’est-à-dire la politique du royaume arabe deNapoléon III pour comprendre et constater que l’édification d’une mosquée dans une ville ou unvillage arabe (Douar) était elle tolérée ou non ? Quel était l’impact des deux Sénatus-consulte celuide 1863 et de 1865 sur les Algériens (d’autres écriront sujets Français).Mais là c’est une autreHistoire.Donc après le choix officiel et délicat de l’administration coloniale locale à sidi-bel- abbésen accord avec la création officielle du « village arabe » suite à l’arrêté préfectoral du 10 octobre1870. Une problématique et des événements à risque se sont présentés notamment ce « péril arabe »dont la presse coloniale n’a cessé d’aborder presque quotidiennement.Pourtant dans le même temps le préfet d’Oran dans une dépêche nomma le géomètreDEFAY et le chargea d’effectué l’étude topographique et technique sans retard ! Une autre dépêchedu deuxième bureau de la préfecture d’Oran cette fois datée du 24 juillet 1874 venait elle aussi aconfirmé la constitution du « village négre » (et non arabe) ce qui explique la dérision textuellecoloniale permanente comme pour marqué cette moquerie mêlée de mépris sarcastique.Enfin pour mettre en évidence et par écrit l’empreinte d’une ironie blessante,l’administration communale coloniale décide la baptiser le « village » arabe au nom du maréchalThomas Bugeaud véritable ennemis de la mémoire collective des Algériens .En plus elle offre auxjuifs plusieurs concessions pour que le faubourg cesse (officiellement) d’être habité exclusivementpar des Arabes. Ce qui explique le nombre très élevé des commerçants juifs au quartier Graba avantl’indépendance.En revanche les Bel-abbesiens insisterons plus tard à baptiser quelques rues du faubourg pardes noms à connotation arabes comme la « rue verte » en hommage aux Béni-Ameur très connuejadis comme la Kabila El-khadra pourtant désignation bizarrement méconnue par les Bel-Abbesiens ! Ainsi que la rue des Maures, rue de la mosquée, rue du soudan et plus tard auvingtième siècle la rue Ali ben Abi-Taleb. Et comme pour enfoncer le clou .La mairie colonialebaptisa les autres rues : Cardial Lavigerie, Colonel Flatters,Palestro,Sénégal,Austerliz et pour clorele tout elle baptisa aussi « la place Bugeaud » qui malgré tout restera connue par les Bel-abbesienspar la désormais célèbre désignation « TAHTAHA » .Après l’indépendance les notables de la ville ont très vite choisis le nom Hay« EMIR AEK »en réponse au fameux officier incendiaire humilié par le jeune héros national.C’était vraiment une bataille « toponymique » entre les autochtones Bel-abbesiens et lescolonialistes français. Cela explique aussi que le nom « GRABA » perdure et continue d’existerdans temps. Il faut noter que bien d’autres quartiers verront le jour aux périphéries des vilesAlgériennes dans les années de la crise et l’exode rurale des années trente et quarante du 20 siècle etqui porterons la désignation de Graba. Mais la GRABA se Sidi-Bel-Abbès : c’est différent le tracéen dame de ses rues et ses lotissements topographiques le confirme (Voir la carte 1 et 2).Enfin, les Bel-Abbesiens semblaient comprendre le vrai enjeu de tout cela et on le voit bienpuisque personne n’employait le nom « faubourg Bugeaud » hier comme aujourd’hui pourtantd’autres appellations continuent toujours comme Gambeta,Thiers,Carnot…2 – Toponymie du Quartier El-Graba.Apparemment le mot graba (pluriel) vient du mot Gourbi (singulier) qui veut dire habitationprécaire ou provisoire en Afrique du nord particulièrement en Algérie.Le quartier El-Graba était le premier et le seul quartier né dans l’espace de la villeeuropéenne à la fin du 19° siècle (c’est-à-dire la rive gauche de la MEKKERA ou 42 ha dessiné parle capitaine du service du génie Prudhon avait réservé les droits de concessions aux deux partiesconcernées militaire et civil (colons) depuis 1849.Notons que le boulevard de l’ambulance qui donnait son dos au quartier Bugeaud étaitconnu par le nom «village left puisque ces habitants cultivés du navet tout au long de la rive de laMekerra. Malheureusement l’administration coloniale à crée dans ce boulevard « le basquartier »(enfin détruit ces derniers jours ! Mais il faut noter que (et j’insiste aussi) que ce basquartier n’a aucune relation Historique avec le mythique quartier d’el-Graba.Le faubourg Marabout (Toba) et Mâconnais et ensuite faubourg Philipe PERRIN etMarceau à majorité habités par les employés des chemins de fer. Les hameaux Gambetta et Moulayaek (Camps des spahis) ou vivait des populations rurales. Mais tous supplantaient l’autre rive de laMekerra.Le Négrier dit « calle del sol » ou ‘on trouvait des Espagnoles .Thiers faubourg desfonctionnaires et des rentiers .A l‘est le faubourg Eugène Etienne formait les anciens villages duMamelon comme plus tard sidi Yacine et la Marine.3 –Mohamed Ben-Amar et les pétitionnaires bel-abbesiens.D’abord qui sont ces pétitionnaires (au nombre de 29) qui étaient à l’origine de la créationdu quartier mythique El-Graba ? Mais surtout qui est Mohamed BEN-AMAR ?Leurs revendications étaient claires .Ils voulaient l’exécution des promesses. Les quelles ?Avaient-ils un chef ? Étaient-ils des Beni-Ameurs revenus du Maroc après l’exode de 1845 aprèsl’expropriation de leurs terres par le Maréchal Bugeaud ? Qui sont-ils vraiment ? Et la mosquée ?Quel rôle pour l’administration coloniale ? Pourquoi elle ne porte pas un nom ?On connaissait certes : Driss ben Tabet,Si larbi ben Hamza ,Si Hadj ,Djelloul ben Taleb ,SiAbdekader sekkal et même avant eux Ezine BENOUDA.La venue de nombreuses familles Algériennes de villes voisines comme Tlemcen,Mascaraou encore Nedroma et Ghazaouat…avec leurs cultures « citadine » ont permit l’émergence de cetétat d’esprit de la nécessité d’une mosquée dans une « Madina ».Encore une fois IBN-KHALDOUN est incontournable pour expliquer le paradoxe villecampagne.Ont voit bien que le Masjid el-Aadam avec son minaret « presque unique » qui n’a riendes minarets maghrébins. Peut-ont dire que la touche « kourougli » est visible ? Je préfère laissercette question aux spécialistes.Il faut noter qu’au fur et à mesure que la population dites « indigène » à Sidi bel-Abbes vas’accroitre et dépasser le désastre démographique et passer de 641 en 1859 à 2349 en 1862 à 19464en 1877.Cette population va prendre confiance et va ainsi prendre son destin entre ses mains. Dansla deuxième partie de cet article c’est-à-dire la Graba au vingtième siècle ont verra l’émergence desgrandes familles à Sidi bel-Abbes. Leurs activités dans le quartier va bouleverser la vie politique estsociale de toute la ville.Au début de l’année 1873, pour les autorités coloniales « pas question » d’officialisé cetteespace pour les « indigènes ». Malgré les nombreuses pétitions (voir documents en annexes) Mais àtravers les sacrifices d’Hommes et de femmes du bled que le quartier est né. Ceux qu’ont appelés« indigènes » se sont accrochés au terroir défiant la politique raciste et discriminatoire. EtIntelligemment et en demandant officiellement un lot de terrain pour construire une mosquée ces« Bel-abbesiens » ont réussit à pénétrer le système colonial et entrer dans Histoire.A travers une longue lutte de résistances aux abus du conseil communale de Sidi bel-Abbesqui suite à la première pétition de Mohamed Ben-Amar qui demanda l’exécution d’abord du décretdu 24 juillet 1860 qui donne faveur de vente ainsi que le « Droit » de vente aux indigènes pardécision du gouvernement français datant du 11 novembre 1867 et ensuite par la faveur de l’arrêtépréfectoral au sujet de la création d’un village arabe non loin de la ville .Sans doute poursauvegarder la main d’oeuvre indigènes.Le conseil communale composé de Bastide (Président-Maire),Fabrières(sba),Hobuck(sidi –lahcen),Beux (sidi khaled),Lacuro (Tessala),Uzolix et Socororex (sba) et El-moulay-ali (adjointindigène-Sba).Roubières et Laquièviere tous deux absent non excusés. Tous ont délibérés pour lamise en vente aux enchères des lots du village arabe situé dans l’enceinte de la ville (Voir Pvdélibération).Cette décision parait –il était illégale !Dans un rapport du service des domaine de Sidi-Bel-Abbès au gouverneur général del’Algérie le 20 février 1873. On note la proposition de ne pas céder aux à la demande despétitionnaires. Il écrit : « les pétitionnaires font partie d’une population flottante et nomade qui necompte pas d’individus résidents avant 1873 ».Ce qui est tout à fait faut si on se refaire à l’annuairestatistique de la population de la ville de Sidi-Bel-Abbès. Il ajoute : « Leurs habitations secomposent d’une centaines de gourbis et de cabanes faites de branches d’arbres et de rousseaux dediss et de halfa ».Cependant ce même rapport signale que les pétitionnaires ne semblent pas avoir uneconnaissance exacte du problème. Ce qui est peut être un peu vrai .Puisque les temps ont changésdepuis la fin du régime du deuxième empire et le début de la troisième république.Enfin. Il faut noter que ces mêmes pétitionnaires signalèrent un vrai problème et donnèrentaussi la solution. Puisqu’ils rappelèrent les promesses au sujet de l’édification de la mosquée etsollicitèrent la vente de grés en grés uniquement à leurs profits. Ainsi ils défendaient leurs droitssurtout que les chrétiens ont édifié leurs Eglise Saint Vincent depuis 1859 (Aujourd’hui MosquéeABOU-BAKR) et les juifs aussi ont construits leurs Synagogue depuis 1865.Les Pétitionnaires onteu raison de focaliser leurs revendications sur la question de la mosquée .Mais ils faut dire aussiqu’ils étaient très habilles mais surtout pas dupes .Finalement la mosquée Construite fut ouverteaux musulmans depuis 1892 donc bien après la création du quartier arabe dans l’édifice de la villeeuropéenne .Cette victoire a contraint les autorités coloniales à démolir les murs et les portes de laville à partir de 1903.Voilà une grande victoire de nos ancêtres les Bel-abbesiens qui a duré de1867 à 1892,c’est-à-dire un quart de siècle.

La suite on l’a connaît tous elle se termina avec lesefforts d’autres algériens en 1962.Mais qui était Mohamed Ben-Amar ? Le vrai catalyseur du mouvement de revendication àSidi-Bel-Abbès. On peut dire aussi qu’il était peut etre le fondateur du quartier El Graba puisqu’ilétait le premier pétitionnaire. C’était un grand érudit Bel-abbesiens, il était probablement juriste deformation, avocat par métier. Il est donc clair qu’on vient juste et à peine de commencer à écrirenotre Histoire, notre vrai Histoire. Oui !!! Beaucoup reste à faire. Les archives (Classés en fonds)existent et dire que des dizaines de boites dans pratiquement chaque série (surtout la série H,E et Mtous divisées en sous série !).On trouve de multiples documents qui tracent l’Histoire de Sidi BelAbbeset sa région. Sans évoquer les microfilms qui nous rappellent le temps des bureaux arabesdans la subdivision d’Oran et SBA .Ou encore les cartes et documents iconographiques.

Il m’arrive que des questions sur notre passé me bourdonnent la tête. Comme : Que cachentvraiment ces archives Historiques déposés dans les dépôts ? Mais en retour une autre question meréplique. Est-ce qu’on a d’abord exploité les archives communicables pour parler des autresarchives encore « non » communicables gardés en secret ? Il est temps d’arrêter de parler et dejacasser et commencer à écrire.Merci à toutes et à tous.Cordialement.Sources.1-Archives ANOM .Fonts du GGA, consulté le 24 juin 2011.2-Articles de l’auteur sur l’Histoire de Sidi Bel-Abbes.3-Archives iconographiques d’AIX.-Fonds Privés.OULDENNEBIA (Karim) Le Quartier El-Graba de Sidi-Bel-Abbès, Histoire, repères1° Partie : Graba de 1866 -1903. In Journal La voix de Sidi-Bel-Abbès.

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Posté par le Août 13 2012. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

19 Commentaires pour “SBA : Le Quartier El-Graba de Sidi-Bel-Abbès par Dr Karim OULDENNEBIA”

  1. dr Reguieg y menouar

    on a assister a une conference sur l histoire depuit 1830 a 1962 c estv une periode plein de rebondissement au niveau de ce quartier .j aurai aimer qu on parle du devenir de ce quartier et comment ramener de l air pur a cette ville qui étouffe par le laisser aller de tout le monde

  2. Mr ouhibi reda

    Du beau travail mis en ligne pour mieux se connaitre.Franchement j’ai retenu de nouvelles choses a travers ce travaili de spécialiste.merci monsieur et cela est mieux sur la voix de sba trés belabsienneté.merci a tous Bonne continution au doct K ouldnebia

  3. saim

    Alors découvrez notre quartier son histoire ses hommes son combat merci la voix de sba.

  4. hamidi

    bravo docteur cela est de la recherche.

  5. hami de sba

    On vient de connaitre notre passé.

  6. benhaddou boubakar

    merci si karim de ce beau travail,rabi yahafdak et saha ftourek!

  7. madame mostefaoui SAB

    Bonsoir , je félicite le docteur pour ce savoir faire inculquer des notions pour moi nouvelles en matiére de données historiques .j’avais eu souvent vent des aspects épars mais la des preuves irréfutables.

  8. smain

    Un labeur de Référence ni plus ni moins.le docteur est a féliciter .

  9. messafer ft sba

    je ne pouvais ne pas vous dire que votre travail sur notre vieux quartier est inédit et trés riche Bravo Doct.

  10. lalimi t gambetta

    Franchement etonetement je compléte mes connaissances avec cesujet de mr Karim ouldennbia qui a bien choisi notre journal sur ce travail local. bonne continuation ya docteur bon ramadhan

  11. Giselle de Marseille

    Bonjour habituée a passer dans le vieux quartier.Je viens de savoir plus avec cette conférence.Bonne fin de careme.et auusi AID

  12. LARABI - rue cimetière

    Article intéressent et très consistent.Je remercie le conférencier et la fondation amir et la rédaction de la voix pour nous avoir fait partager ce plaisir. On ne peut que remarquer le sérieux de l’échange et de l’argumentation. Meme si on devrait mettre un plus à la mise en page de ce texte comme les titres apetitcaractères ,,. Sinon .Excellent! J’aurai aimé assister si toute fois j’habiter à Bel-abbés. j’espère aussi rencontré Monsieur OuldNebia pour débattre avec lui sur le sujet de la mosquée.Cette conférence mérite une ‘’suite’’ sur le role da la tahtaha et les autres zaouyatess construtes bien aprés qui à ma connaissance ses moquadems étaient souvent en conflit avec les imams de cette mosquée malikite fréquentée par les notabilités et les kadis et les caids de la ville.
    Je me demande pourquoi le conférencier évite de citer des noms de familles au tour de cette mosquée? Mais peut être qu’il a raison de le faire .Moi je ne cherche pas à polémiquer mais le sujet est très ouvert. Je souhaite vraiment le rencontrer documents à la main.
    Mes remerciements au jornal la voix et mes respects au conférencier que je connais que par le nom. Comment prendre contact avec lui ?Aid mabrouk à tous les bel-abbesiens et surtout les oueleds grabba.

  13. Redaction

    Monsieur Larabi,c’est simple adressez votre mail a la rédaction et on vous fournira les coordonnées de notre ami conférencier Merci

  14. Karim10

    Merci énormément à toutes et à tous. Ces témoignages laudatifs font que le site VDSBA n’est pas seulement un espace d’infos mais aussi un lien d’ensemble, du savoir et de la connaissance vérifiable concernant la ville de SIDI-BEL-ABBES. La conférence se voulait être un exposé public destiné à faire part d’un point de vue du domaine de l’Histoire.
    En effet le verbe « construire » se pratique aussi en Histoire .Et pour construire il faut d’abord assembler les différents éléments constitutifs .Le premier élément « d’archives » de ce quartier atteste qu’il était déjà divisé en damier depuis 1866 et cela prouve la dénomination péjorative affectée d’une valeur défavorable. Ces habitants qui ont « achetés » leurs concessions malgré tout les obstacles ! Ce premier pont de la ville juste tout prés ! Sa mosquée , ses Zaouïas et son Nadi Nadjah ! Et sa place « Tahtaha » étendue et espacée …( Normalement dénomination donnée à la place de la mosquée ! Pourquoi donc est-elle séparée par la rue d’Austerlitz ?) Font que ce « fillage » n’est pas comme les autres. La Graba n’est donc pas une quelconque Graba !
    Finalement ! Pour construire ? Beaucoup de travail reste à faire. Aidekom Mabrouk.

  15. marieperez

    merci pour routes ces choses que j’ai appris sur ma ville natale

  16. Lecteur

    karim un jeune cadre de la ville qui se trouve vilipendé sur un autre site malheureux les amis de SBA

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