La Voix De Sidi Bel Abbes

Saim El Hadj 17 ans déjà et nul n’est prophète dans son Bled

En ce mois de Ramadan 2011, le théâtre est fermé pour travaux. Des activités telles le mois andaloussiates qui débute le 11 Aout 2011 sont signalées. Nean moins il est toujours regrettable qu’aucune appellation officielle n’a été donnee pour le theatre, pourtant le monde artistique  est culturel evoque  a juste titre feu Saim El Hadj.

Décidément nul n’est prophète dans son Bled, Saïm El-Hadj, c’est le père de « Fet elli fet », un hymne contre l’oubli, d’Ahmed Wahby et de « Montparnasse » de Abdelwahab Doukali. L’évoquer est une tâche assez périlleuse, il faut l’avouer, en raison de ses dimensions multiples. Saïm El-Hadj est né le 13 mai 1935 à la Rue Palestro, Graba, à Sidi Bel-Abbès. Fils de Bouziane et de F.Issad, Saïm El-Hadj avait deux autres frères et trois soeurs. Aïssa et Ahmed ne sont plus de ce monde. Aïssa, l’aîné, a eu un parcours artistique brillant. Il était connu dans le monde du théâtre, mais aussi par les chansons qu’il interprétait et qui ont fait sa renommée, notamment « Ya Galbi la tgoul Mouhal » et « Farhou Bel Ghayeb ». Il fut directeur du théâtre de Sidi Bel-Abbès. Il est décédé en juillet 1987. Ahmed, le plus jeune, a été fonctionnaire des P&T. Il est décédé en 1996, deux ans après le grand Saïm El-Hadj. Outre les trois garçons, feu Bouziane, qui vivait au 03, Rue Palestro dans le mythique quartier de la Graba, eut trois filles. L’aînée Aïcha n’est plus de ce monde, Khadidja vit à Oran et Zoulikha est restée fidèle au « haouch » familial situé à quelques mètres de la célèbre Medersa, non loin de la célèbre Tahtaha. Ses enfants ne le décevront pas. El-Hadj s’imposera sur la scène locale où la concurrence artistique était rude, puis à l’échelon régional, à Oran, et nationale par la suite. Feu Saïm El-Hadj avait grandi dans un environnement musical. Sa défunte mère faisait partie des « Fquirates », groupe musical spécialisé dans les chants religieux. Il fréquentera également l’école coranique. Cet artiste multidimensionnel a d’abord fréquenté le secteur de l’Enseignement, après avoir obtenu les deux parties du bac, en 1956. En tant qu’enseignant, au début de sa carrière professionnelle, il fera un passage obligé à Ras El-Ma, puis Sidi Bel-Abbès ville, et ce dans plusieurs établissements connus. Il sera promu, plus tard, directeur d’école. Mais cela ne l’empêchera pas de rejoindre la célèbre troupe de théâtre « Masrah Echaâbi » avec une pléiade d’artistes connus sur les bords de la Mekkera. Il fit à cette époque la connaissance de Kaki Abderrahmane et Abdelkader Alloula, ainsi que Krachaï Mohamed. L’homme de théâtre que fut Saïm El-Hadj constituera avec ses camarades et amis ce qu’on appellera « le triangle théâtral ». Outre cela, il a été par la suite directeur du Conservatoire municipal sis dans l’actuelle bâtisse du Théâtre régional de Sidi Bel-Abbès. Correspondant de presse avec « La République » à partir de Sidi Bel-Abbès, il animera par la suite une page culturelle hebdomadaire à la chaîne de télévision à partir de la station d’Oran au moment où les studios étaient situés dans la Cité Perret. A vrai dire, Saïm El-Hadj a marqué de son empreinte l’ex-RTA d’Oran en tant que directeur artistique de 1968 à 1987. Très actif et prolifique, il a écrit de nombreuses pièces théâtrales radiophoniques, mises en scène par le défunt Ali Abdoune et diffusées sur la chaîne nationale. Plume intarissable, il a écrit plus de 600 émissions radiophoniques, 25 épisodes sur Jugurtha, 15 sur Ouled Sidi Cheikh. Il présentera une longue série d’émissions sur la poésie populaire et la chanson en général. Initiateur du premier festival de raï en 1985, il gardera un pied à la radio pour animer en collaboration avec Issaad Abdelkader « El-Halqa » (Issaad est un parent du défunt). Sabah, Wahby, Blaoui et la génération de Baroudi, Kinène, Meddah, Sabah, entre autres, ont interprété ses chansons. Il franchira la frontière en écrivant pour les artistes marocains, notamment pour Abdelhadi Belkhiat et pour Abdelwahab Doukali avec le célèbre tube « Montparnasse ». Il a produit des textes à grand succès tels « Ya Mraya », des frères Megri (Maroc). Il s’était attelé aux côtés de Mohamed Habib Hachelef à l’exaltante tâche de reconstitution du patrimoine populaire, et ce, dans le cadre de la Commission nationale de sauvegarde du patrimoine. Saïm El-Hadj a été l’un des premiers à avoir « constaté » le mépris vis-à-vis du phénomène Raï. « Une méconnaissance quasi-absolue de la sociologie de l’Algérie », a-t-il dit un jour, et qui l’ont mené vers l’une des situations les plus paradoxales que le pays ait jamais connu : une jeunesse indifférente vis-à-vis des médias s’estimant dépositaires de la vérité absolu et servant à longueur d’écoute et de lecture, des cheikhs sans talent et des « hafalates » sans âme. Mais c’est la Chaîne 3 qui parla la première, du phénomène Raï. La suite, tout le monde la connaît. Les choses ont changé. Il faut servir du Raï ou rendre son tablier. Saïm El-Hadj disait le Raï et fut témoin d’une grande partie de son évolution et connaissait toutes ses ficelles, mais il disait souvent qu’il fallait « séparer le bon grain de l’ivraie ». En fait, ancien journaliste, auteur, directeur artistique… était l’un des plus fervents défenseurs de la culture Raï, le vrai Raï, celui qui a une voix et des « tripes ». Saïm El-Hadj fut également instituteur national du théâtre, parolier, metteur en scène, speaker journaliste, auteur d’une trilogie sur l’Emir Abdelkader. Il a longtemps rêvé d’un grand projet, voire un immense spectacle « son et lumière » sur l’historique de la ville d’Oran et avait entamé, avant son décès survenu le 16 août 1994, une anthologie sur l’art. une occasion pour nous pour exprimer une pensée a cette grande figure du bled.

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Posté par le Août 11 2011. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

10 Commentaires pour “Saim El Hadj 17 ans déjà et nul n’est prophète dans son Bled”

  1. chaib draa tani djamel cnasc

    c »est avec une grande que j’ai lu ce récit merci mr kadiri tu es un grand pour cette ville ce fut un honneur d’étre le voisin de saim elhadj ce grand homme de théatre de poésis de chiirel melhoune de ses emissions radiophoniques à partir de radio oran(ahl ediouane) que je suivais tout les jours a partir de midi etant jeune j’admirais cette emission avec sa voix d’or de vrais chouaaras je pense que son frére est lakhdar et non aissa

  2. beka

    Kadiri m , merci pour cet article . Tu cites « le vrai rai » , celui qui a de la voix et des tripes . Veux tu bien nous donner qq noms d’artistes qui font du « vrai rai » en ce moment stp?. J’avoue ne pas trop m’y connaitre et je constate que depuis l’affaire Mami , cette musique n’est quasiment plus diffusée en france, sauf les sur radios et télés beur. les groupes utilisent beaucoup les effets spéciaux des instruments electroniques et je trouve que ça dénature l’esprit de cette musique

  3. ifteh

    En depit de quelques imprecisions sur les dates et aussi le nom du frere d’el hadj ,cette commemoration est tout a l’ honneur de votre journal qui merite tous les eloges.

  4. mehtougui

    une fois de plus je confirme avec vous que lesparoles chantees par a doukalmi sur montparnasse ya boiuya ya khouya sont ne feu saim el hadj .effectivement nul n’est prophete enson pays .c’est la destinnee de tous les abbassas.vous avez vu juste en parlant de baptisation et c’est pas nouveau des gens s ‘opposent .le maire de notre ville si e »l mehdi casoran a baptise un lyccee au nom de son frere allahyerhmah el mekhlok.rien ne nous etonne a sba

  5. yahia

    Tout simplement merci Mr KADIRI pour le commentaire.Encore BRAVO.

  6. guerdoubi aicha oran

    moi je ne m’arretais jamais de suivre les emisions de saim el hadj..avec cet ecrit vous montrez que vous nous on l’a pas oublie

  7. otmani

    une bibliographie qui derange les parvenus voila pourquoi aucune struture ne porteson nom comme ammi nouara l’architecte ce fut un grand militant nationaliste .cette mairie est a juger a a place carnot.ils sont passifs et affairistes

  8. hadj

    il a fait un passage comme directeur à l’école de sidi brahim il a meme résidé le logement de fonction pendant quelques années et les anciens du village se souviennent parfaitement de lui.ALLAH YARHMOU.

  9. naimi

    je vous remercie Mr Kadiri pour nous avoir rappele une figure emblematique et autochtone et riche ecclectique,je me souviens bien de sa chanson ya bensidi ou ya khouya que je fredonnait d’ailleur,ce que je ne savait pas c’est la chanson « monparnasse » qu’elle lui appartenait c’est une chose qui honnore la ville,je voudrais savoir aussi fawzi est il le fils de lakhdar ou de el hadj et a qui je passerai un salut etant collegue a nous et actuellement en france, avant de finir ce serait tres edifiant de rappeler les autres figures telque abdelmoula madani bonne continuation.

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