La Voix De Sidi Bel Abbes

Rouler pour Boumédiène contre Boumédiène (06) Le métissage de l’histoire et l’esprit utopique

S’agissait-il de cette réelle attraction vers la gauche ou alors de cette vitalité excessive du mouvement du colonel Houari Boumédiène à s’y imprègner de manière à troquer définitivement son uniforme militaire contre cet autre habit de nouvel homme et leader politique, donnant naissance à ce second Boumédiène… ?
Cependant, de quelle gauche parlons-nous ?! Était-il au moins resté très fidèle à ses croyances et à son discours ?! Et qu’en était-il, en fait, de ses repères depuis qu’il épousait cette idéologie, au tout début des années soixante du siècle dernier ?! Sinon, bien après que cette dernière se soit déjà transformée en un parti politique activant dans la totale clandestinité, à la veille de ce putsch ayant eu lieu au beau milieu de la décennie considérée ?!

Autant pour Houari Boumédiène que pour la gauche, il y eut des changements notables. Et pas seulement ! Entre les deux, la relation qui était autrefois teintée ou enrobée de peur, de doute, de crainte, de haine réciproque, aura, donc, laissé place à celle véhiculant la psychose et le syndrome de ce lien de méfiance existant entre la victime et son bourreau.
En mettant un pied à terre au sein de cette forêt (jungle) politique pour le premier nommé, et posant solidement le pied sur ce terrain politique socialiste et musulman par-dessus le marché pour le second nommé, il y eut, donc, cette relation politique très controversée entre ces deux parties qui auront connu le double exil politique clandestin.
De fait, donc, il y eut ce rapprochement tout de même assez bizarre ou contre-nature entre le musulman conservateur et la base matérielle historique, d’un côté et de l’autre, entre cet élément matériel historique et ce domaine qu’il investit de droit au sein de l’espace de mouvance de la croyance …
Communisme et islam ?!  Est-il possible de concilier ces deux éléments par essence très contradictoires ?!  Aussi, est-il possible que le communisme et l’islam, main dans la main, réussissent à créer ensemble ce tout autre ou nouveau socialisme ?!  À vrai dire, cet autre socialisme qui n’aurait à souffrir ni de l’exil de l’esprit ni même d’une quelconque impureté de la croyance, de la foi et de la piété…
Dans la rencontre du penseur communiste Roger Garaudy avec Cheikh Bachir El-Ibrahimi, dans la perspective d’étudier le produit culturel algérien, il était arrivé à la conclusion d’une possible alternative de ce genre au travers de l’instauration d’un dialogue avec l’autre, qu’il avait, d’ailleurs, plus tard, qualifié de dialogue de civilisations…
Partant de ces mêmes principes, cette recherche était féconde et très profonde, bien longue à se dessiner dans le temps, assez complexe dans sa conception, aux aspects enchevêtrés pour de nombreux gauchistes qui pensaient que le fossé les séparant de l’autre tendance pouvait bien être très large et très spacieux, de manière à négativement influer sur les classes sociales adoubées et considérées comme cette potentielle matière vivante de la révolution ainsi que pour cette opération de l’indépendance concertée avec affinité et bien étudiée.
Cette affinité dans le lien ombilical de la relation allait-elle être capable de dépouiller le communisme de sa relation avec l’aspect purement matériel de sa conception idéologique, devenant, donc, susceptible de constituer quelques incommodités ou désagréments en rapport avec ces conditions historiques déterminées, puisque souffrant continuellement de certaines contraintes liées à ces limites qui lui interdisent de réaliser ce bond, qui lui permet de dépasser ou de contourner l’écueil de son héritage métaphysique et religieux… ?!
Ce socialisme, dont autant Houari Boumédiène que la gauche avaient œuvré à la conception, à la lumière des données se rapportant à la guerre de libération nationale, pouvait être qualifié de socialisme post-colonial, attendu que ce même socialisme post-colonial fut l’objet de tentatives menées par certains éléments tendant à le surnommer « socialisme spécifique », traduction assez particulière et bien différente de ce socialisme scientifique que prônait Karl Marx et que Vladimir Lénine avait tenté de mettre en pratique, à l’instar de ces nombreux pays connus plus tard comme appartenant au bloc socialiste, bien avant sa ruine et sa totale disparition, consécutivement à la destruction du mur de Berlin, à la fin des années quatre-vingt du siècle dernier…
Socialisme spécifique, disait-on, à l’époque ?!  Probablement parce que celui-ci était d’essence ou de consistance assez particulière, capable de lui impulser ce droit de ne jamais être catalogué parmi ces produits de nature immatérielle, tous importés de l’étranger … ?!
Ce fut, donc, ce seul justificatif autrefois avancé comme solide argument par les adhérents au sein de l’opération, consistant en l’instauration de la théorie politique socialiste post-coloniale, dans la perspective de lui recouvrer son cliché ou caractère historique et identitaire, dès lors que le débat autour de la question posée ne concernait pas, de manière exclusive, le cas purement algérien mais, plutôt, s’étendait à tous les autres pays ayant tenté, d’une façon ou d’une autre, cette expérience d’embrasser le socialisme comme voie de gouvernance et de construction de leur régime ou système politique…
Aussi, le partenaire chinois devait, lui aussi, tracer sa propre voie, plutôt vraiment incompatible avec celle de l’allié russe (ex-URSS) sur certains aspects, lesquels différaient complètement de l’expérience socialiste soviétique staliniste en tentant, de son côté, de poser cette problématique au sein du marché de la théorie idéologique qui reposait fondamentalement sur son héritage « confucianiste ».
De son côté, la Yougoslavie de Tito était, elle aussi, dans le même cas sur le plan purement théorique, notamment avec la montée au créneau ce ces nombreux appels tendant à consacrer ce volet assez particulier, relevant de la « sino-européenne », tel que certains lecteurs et autres observateurs auront à le relever au sein de cette réflexion nouvelle de Antonio Gramsci et Ernest Mandel, ce dernier plus connu comme étant très sensible aux idées et aux réflexions sur les spécificités…
Au regard de ces aspects-là, était-il possible de considérer la dynamique socialiste tel un
mouvement, disposant en plus de cette énorme capacité à atteindre cet immense espace de pluralisme politique, de différence de conception et de cet impressionnant potentiel de pouvoir rapidement se renouveler ?!
Sinon, s’agissait-il tout simplement, et bien finalement, de toutes ces tentatives déjà condamnées depuis les tous premiers instants de leur naissance à plutôt connaître cette mort subite et très rapide, mais également cet anéantissement bien apparent ?!
Aussi, les héritiers de Houari Boumédiène allaient-ils rapidement déclarer si promptement, et juste après son décès, la mort irréversible du socialisme, tout comme, d’ailleurs, l’abandon de la voie alors empruntée par le défunt président algérien.
Même si, à ce moment bien précis, ils feront tout d’abord semblant, de manière très timide, qu’ils allaient reprendre à nouveau la reconstruction des aspects peu performants de l’expérience autrefois menée par Houari Boumédiène, en procédant à cette réforme du socialisme en lui apportant des correctifs propres à une option plus libérale.
Le coup d’envoi fut donné par la refonte totale de l’organisation du secteur public, devenu, à l’époque, un rempart bureaucratique infranchissable ; vint, ensuite, le tour de la trituration de la charte nationale au travers de ce qui était convenu d’appeler au milieu des années quatre-vingt du siècle dernier cette opération liée à son enrichissement.
Le résultat ainsi obtenu n’était pas seulement lié au fait de complètement se débarrasser de ce boumédiènisme peu performant ou moins réaliste mais, surtout, à l’abandon total et sans le moindre retour à cet ex-référent qu’était justement l’option socialiste et sa formidable aventure, prônée, alors, par le système de l’Etat nationaliste algérien, et ce, dès les tous premiers instants du recouvrement de son indépendance…
Mais que s’est-il, entre-temps, passé pour que l’on débouche à présent sur cette véritable impasse historique ?!
Deux réponses à cela : la première repose essentiellement sur ce dérapage et cette déchéance, se rapportant toutes à cette erreur de départ ou, d’une autre manière, comme étant le produit de cette faute initiale qui aura généré toutes celles qui lui sont postérieures, notamment au travers de ce grave impair commis par l’armée des frontières dans l’aventure de son accaparement du pouvoir par la force des armes, dans la perspective de faire échec à l’autre alternative qui consistait en l’adoption de la voie non-socialiste et populiste…
A ce moment-là, l’occasion historique propice existait réellement, dans la mesure où toutes les chances de sa réussite étaient, pour l’occasion, bien réunies ; sinon, que, d’une autre manière ou au travers d’un autre langage, la solution idoine, à savoir le choix de l’option libérale, était encore possible, puisque à portée de main de tous les Algériens, attendu que cette dernière ne constituait, au fond, aucun handicap dans l’évolution rapide et harmonieuse dans la perspective de la construction de la société et de l’Etat algériens…
Selon les partisans de ce point de vue, l’Etat algérien existait déjà en tant que telle entité au travers de cet héritage de la bureaucratie coloniale, ses cadres, son arsenal juridique ; et, il suffisait tout juste de bien préparer cette nécessaire opération de transfert avec grande souplesse dans l’action à entreprendre, surtout que l’expérience acquise par le gouvernement du « Rocher Noir » pouvait déjà confirmer la réussite d’une telle initiative si, au demeurant, il y eut ce transfert du pouvoir de manière mieux appropriée et plus concertée au profit du gouvernement provisoire, en l’occurrence, le GPRA, au travers de son statut d’organe tout à fait légitime, dont le président n’était autre que Benyoucef Benkhedda, connu pour être un homme modéré, capable de jouer ce rôle historique, de manière à mener à bien et, surtout, à terme, cette opération transitoire, tenant compte de la conjoncture assez spéciale de l’époque…
Une telle issue était de nature à conforter les Européens d’origine algérienne, notamment parmi ces détenteurs de compétence et de biens, créateurs de richesse pour le pays, les poussant finalement à ne jamais quitter l’Algérie, si jamais il était encore permis à cette pluralité ethnique et à la paix de durablement exister, chose qui aurait pu bien valoir à l’Algérie de compter énormément, non seulement, sur le concours et l’aide du gouvernement français mais, aussi, sur celui de l’Europe et du monde libre, de manière plus générale.
A côté de tout cela, le penchant des Algériens vers des qualités et des vertus humaines comme le pardon et la tolérance, en référence à la religion musulmane, aurait pu concourir à l’instauration d’un climat de totale confiance et de convivialité communautaire et religieuse, préparant ce terrain bien favorable à l’exercice et à la pratique d’autres religions, comme le christianisme et le judaïsme, dont les pratiquants étaient pourtant considérés comme des citoyens algériens, au regard de leur apport au développement du pays…
Le mal, selon ces mêmes personnes, était tributaire, sinon considéré comme la conséquence très néfaste de cette orientation faite dans la totale précipitation, œuvre, faut-il le rappeler, de deux forces très nuisibles quant au développement réel d’une vie politique, sociale et culturelle en Algérie.
Il s’agit, donc, de cette force populiste génératrice de deux graves phénomènes, à l’origine de cette maladie du système dans le pays, que sont le pouvoir hégémoniste et la tendance (vocation) militariste, toutes deux érigées en puissants remparts contre toute possibilité d’émergence sur la scène politique nationale d’une quelconque alternative pluraliste, souveraine et démocratique, comme une véritable culture dans l’exercice et l’engagement en faveur de l’option socialiste laquelle n’était, en fin de compte, qu’une simple expression relevant de cet aspect hybride entre le stalinisme et le maoïsme…
Le résultat final était que la bureaucratie avait proliféré de façon exponentielle, étouffant, grâce à ses aspects inflationnistes, l’économie du pays, poussant l’Algérie vers cette expérience de l’échec consommé, ouvert et renouvelable à souhait, générateur de nombreuses crises se reproduisant de manière très destructrice et dont il était très difficile de s’en débarrasser une fois qu’on est emporté dans sa spirale sans fin, eu égard à sa formidable force qui tire le pays vers le bas…
Cette réponse s’aligne, donc, sur les procédés de cette manière de faire extra historiques (jugés en dehors du domaine de compétence de l’histoire), en considération (ou en raison) de sa virtualité non historique, aspirant, en fait, à vraiment composer avec l’existant d’un point de vue purement idéologique, non complètement concilié avec lui-même ni même épousant à fond le cours de ces évènements, telle une tangible vérité de leurs faits et actes, faisant de l’instant historique juste le fait même d’un simple discours…
Ces deux discours, appartenant aux partisans de la réponse considérée, pouvaient, donc, bien concerner ceux favorables à la solution libérale ou néo-libérale sans le recours aux islamistes, mais aussi les islamistes, eux-mêmes, qui se voyaient déjà bien en dehors de ces deux choix, en l’occurrence le socialiste et le libéral, se proposant comme cette autre force, troisième voie ou troisième solution…
L’idée ne dépassera pourtant jamais le cadre de sa propre réflexion, au point de constituer une simple éventualité,  sinon, demeurait-elle figée dans son propre univers et toute naturelle fiction …
Cependant, tout cela ne concourait-il pas véritablement au choix de cette nouvelle expérience sur les ruines et vestiges mêmes de celle autrefois tentée par Houari Boumédiène, à commencer par cette décennie quatre-vingt du siècle dernier ?!
La conjoncture d’alors n’était-elle pas de nature à vraiment favoriser pareils appels et autres initiatives dans la perspective d’expérimenter ses idées et même son projet dans son ensemble, dans la mesure où l’occasion y était propice sur le plan purement historique, notamment après les évènements du 05 octobre 1988, lesquels ont été à l’origine de la libération du champ et de l’espace politique et social.
A l’issue de quoi, ce fut, donc, cet instant de l’inauguration mémorable du passage de l’Algérie d’un Etat socialiste à celui libéral, affranchi de tout l’arsenal qui va tout naturellement avec, comme l’économie de marché ou l’entrée au sein du pluralisme politique et syndical.
La particularité de cette émanation réside essentiellement dans la montée en force de l’islam politique dans le contexte d’un phénomène d’hégémonie à caractère social et culturel, de façon très particulière, bien avant même de l’étendre au plan politique.
Toutefois, ce phénomène devait conduire à l’explosion et à la montée en surface de contradictions (paradoxes) assez aigues entre l’islam politique et le libéralisme, situation devenant pratiquement intenable, car pouvant, d’un moment à un autre, déboucher sur une farouche et sauvage compétition entre les deux parties en conflit, jusqu’à les exposer à une très dramatique déchirure, épousant la forme d’une guerre non déclarée, qualifiée tantôt alors chez certains de guerre civile et tantôt chez le clan opposé à celui-ci, à savoir le clan sorti gagnant au sein du même conflit,de monopole de la légitimité de la lutte contre le terrorisme durant de très longues années de combat acharné…
Mais où se situe, donc, Boumédiène dans tout cela?!  Où est, donc, son héritage ?! Où trouver alors le boumediénisme ?!
Ici, et à mesure que nous allons essayer de nous approcher de la question posée afin de lui trouver la réponse qui lui convient, apparait, donc, au grand jour cette autre seconde réponse, indissociable de sa propre problématique, tentant d’expliquer ce phénomène par la déchéance de l’appareil de l’Etat nationaliste ainsi que l’éclipse de son étoile pour être finalement interprété en étroite relation avec la crise algérienne latente…
En considération de la seconde réponse, Houari Boumédiène, en dépit de son attachement très ferme au pouvoir, au regard que celui-ci constitue déjà de fait un niveau élevé de l’expression de la force, avait pourtant bien réussi à exhiber en nette apparence ce cliché très vivant de la pérennité de l’histoire naissante de la nation, confinée dans ses proportions du récit politique de cette entité algérienne nouvelle…
Ce récit politique-là devait, donc, s’exprimer au cœur même du mouvement constitutif de l’histoire nouvelle (récente) de la nation algérienne, grâce à ce jaillissement très remarquable, opéré de manière très franche et bien claire, au niveau de la perception qualitative de l’allusion   faite au profit de l’être ou à son égo, tel que l’avait qualifié le philosophe algérien Mouloud Kacem Nait Belkacem ; étant entendu que l’histoire en elle-même concernait la fin de règne de manière qui prête à une certaine distraction dans son volet dramatique, en l’occurrence : Messali Hadj.
L’homme ne fut pas seulement une personne de grand charisme … mais plutôt un acteur au statut très particulier, d’exception, notamment au niveau de la scène politique quotidienne, ayant cet aspect évènementiel plutôt objet de disparition, à tout moment indexé à ce champ de l’histoire bien durable et pérenne ; dès lors, l’homme en question se devait, donc, de capter au vol, à la fois, l’âme de cet instant très abstrait, truffé de cette problématique trop bruyante, véhiculant en son sein ce double gène du dépérissement et de la pérennité de l’acte ou évènement funambule…
Il s’adonnait à cet exercice très difficile mu par cet espoir de paraître comme ce clown de cirque de l’histoire contemporaine, celui bien capable de se transformer, en ces moments inoubliables, en ce torrent très furieux, charriant à toute vitesse et en toute puissance ses flots et ses eaux, susceptible de nous restituer à nouveau, à présent, à tout moment, cette image autrefois véhiculée par Messali Hadj ?!
Etait-il alors ce Raspoutine ou encore ce prophète trahi du nationalisme ?!  Par l’histoire ou même par ces intrigues faites aussi à l’encontre de l’histoire ?! A chaque instant, nous ne cessons de nous rappeler l’image de sa tenue vestimentaire, la silhouette de sa personnalité, symbole de nombreux paradoxes, que traduit sa longue et plutôt sauvage barbe ainsi que son regard au sein duquel est profondément enfoui toute cette dimension de l’étendue de la culture de l’âme et de l’esprit de l’homme dont l’héritage consiste en cet arsenal d’un véritable trésor du populisme, de ce langage nouveau, de cette famille d’un pouvoir révolutionnaire et d’une mythique politique encore naissante…
Messali Hadj s’est toujours considéré comme le véritable fondateur du nouveau nationalisme algérien ; ce qui, bien évidemment, sur certains aspects, apparait comme une tangible vérité, dès lors que nous tenons compte du phénomène qu’avait produit son programme nationaliste et révolutionnaire (le premier du genre), lequel devait inaugurer le discours indépendantiste comme élément de base dans le déclenchement du combat progressif introduit à l’intérieur du système colonial, tout comme il fut, d’ailleurs, ce point de départ nouveau à d’autres revendications encore plus rigoureuses, tenant comme de leur caractère commun dans le processus de rupture avec l’administration coloniale du pays…
Messali Hadj devait finalement échouer à cette étape dont il ignorait complètement son importance historique, tout comme celle de sa vitalité et dynamique de son impact social, connue au travers de cette crise du mouvement pour le triomphe des libertés et de la démocratie (MTLD).
Les protagonistes devaient considérer le conflit que couvait le parti comme une simple divergence de point de vue entre ses membres influents dont chaque partie était surtout préoccupée par ce souci d’accaparer la plus grande force au sein de cet appareil (le parti nationaliste), devenant, du coup, le théâtre de tous les tiraillements opposant le clan détenant le pouvoir bureaucratique à celui du pouvoir du leader (Zaïm), devenu cet icône, non seulement, pour ses fans, partisans et sympathisants, mais, surtout, dans les tréfonds et fins fonds de l’esprit de la personne considérée.
D’où, d’ailleurs, apparut au grand jour cette lutte à visage découvert et en pleine lumière sous les feux de la rampe du champ politique du parti, entre le patriarche et ses propres rejetons, se disputant alors son précieux héritage et sa succession, entre le Zaïm et son propre égo, entre ce nouveau Dieu et sa propre personne à l’intérieur de ce royaume menaçant déjà ruine.
Devant pareille situation, il était du devoir de ce « méga-Zaïm » ou de ce qu’il en restait de l’homme-héros historique, pour avoir subi tous ces malheureux contrecoups salissant sa divinité finissante, de se retirer complètement de la scène politique nationale…
Depuis, la lutte pour l’indépendance du pays devait impérativement changer de champ de bataille… en toute simplicité, aller investir un tout autre terrain, parée de sa fête inaugurale et de ses tous nouveaux joueurs et grands acteurs du moment…
Houari Boumédiène pouvait-il, donc, être considéré parmi ceux-là ?!  Pouvait-il surtout faire partie de ces tous nouveaux acteurs de la scène politique nationale, fêtant, à la fois, le jour de leur naissance et celui de la mort de ce grand zaïm qu’était Messali El Hadj… ?!

Algerian President Houari Boumedienne

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Posté par le Fév 2 2014. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

15 Commentaires pour “Rouler pour Boumédiène contre Boumédiène (06) Le métissage de l’histoire et l’esprit utopique”

  1. CHOT LAHCENE

    Boukharouba ….c’était tout simplement un monsieur qui à fomenté un coup d’état ,et qui à fait rentrer le pays dans l’illégalité du pouvoir ..ou chaque algérien était surveillé contrôlé qui à étouffé toute liberté durement acquise pendant la révolution ….dont son système stalinien perdure ce qui fait que le pays fonctionne avec ses rouages rouillés vivant en autarcie en dehors du monde .

    ALLAH YASTOUR

  2. mohamed-Senni

    Voila un article qui ressemble davantage à un bouche-trou puisque tombant comme un cheveu sur la soupe. J’ai personnellement un certain nombre d’éléments à partager avec les lecteurs sur Boukharrouba. Mais sans connaître le signataire de l’article, mon commentaire ne peut être concocté dans la clarté. Ayez l’obligeance de nous le communiquer et l’expression  » ce que dit la presse » n’apporte rien et ne justifie ni la recevabilité du texte ni l’éclairage nécessaire pour l’apprécier dans son juste contexte.

  3. YAOUM EL HAK

    Pourquoi n’a t-il pas révélé son vrai Nom et Prénom aprés l’indépendance ? car il a caché la vérité, un jour , il sera confronté aux CHOUHADA et les vrais moujahidines car ALLAH sait toute la vérité on dit que certains laissent une SADAKA JARIA et les autres laisseront un SAYI-Â JARIA…

  4. gamra de sidi khaled

    sur la une le journaliste ayachi hamida qui est auteur je suppose

  5. Hakem Abderrahmane

    L’article est intéressant à plus d’un titre .Il a le mérite au moins de nous permettre de débattre sur ce qui s’est passé dans notre pays avant pendant et après la révolution.Jusqu’à présent beaucoup de zone d’ombre reste à éclaircir.On nous a caché beaucoup de vérités.Le »on »c’est en partie le pouvoir et ce sont aussi certains intellectuels.Je n’ai pas la prétention d’entamer ce travail de spécialistes mais j’ai quelques réflexions à soumettre au débat et le débat démocratique j’entends.Ainsi parler des hommes sans les situer par rapport à leur appartenance de classe c’est induire les gens,c’est à dire les générations futures ,en erreur et par la même occasion leur cacher la vérité.Il faut à mon humble avis faire une analyse sociologique de l’histoire de notre pays en termes de lutte de classe et éviter l’histoire événementielle.Autrement dit il faut expliquer pourquoi tel ou tel homme a participé à la révolution que représente t-il?A quelle classe sociale appartenait t-il?Quel était son programme ses idées?Avant novembre 1954 plusieurs tendances plusieurs mouvements plusieurs groupes d’hommes se sont manifestés mais aucun n’a réussi à lui seul à unir tout le peuple algérien autour d’un même objectif?Libérer le pays pour faire quoi une fois l’indépendance acquise?Quel modèle de développement économique adopter?Le socialisme ou le capitalisme?Je pense à mon avis tout simplement qu’il fallait procéder à une décolonisation politique économique culturelle et cultuelle c’est à dire une reconstruction autonome qui est la logique et qui s’inscrit dans le cadre des principes de la déclaration de novembre 1954 c’est à dire une république démocratique et sociale en respectant les valeurs de notre pays!Malheureusement on assiste aujourd’hui à un révisionnisme sans nom et au piètinement des principes pour lesquels nos valeureux chouhadas se sont sacrifiés!

  6. Kaid

    Kaid H.Abdou toujours agréable de vous relire sur le forum

  7. BADISSI

    ou moins le zaim n’est pas un voleur ,un homme propre et fière et il connaissait bien les ennemis de l Algérie

  8. OUERRAD

    qui est a l origine des milliardaires de ce jour n est ce pas boukharouba
    les actuels responsables de ce bled ne sont ils pâs ses eleves et ses adeptes pourquoi ont ils vires et pas MOHAMED SALAH YAHIAOUI

    • Hakem Abderrahmane

      Tout le monde sait que Mohamed Salah yahyaoui est un boumédièniste .Feu houari Boumèdiène lui avait confié le parti FLN en vue de faire bouger les choses en direction surtout de la jeunesse mais malheureusement la mort l’a frappé au moment où l’Algérie des zaoualias avait encore besoin de lui!Dire qu’il est derrière la création des milliardaires la vérité est toute autre!Allah akbar!

  9. YAOUM EL HAK

    Sa femme vie à PARIS dans un trés belle et grand appartement et dans le plus bel arrondissement de PARIS avec un compte banque plein à craquer, OUI la mort la frappé et oui ALLAH est juste ALLAH AKBAR

  10. benali

    Danielle b Hassen a du talent bonne soirée

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