La Voix De Sidi Bel Abbes

Rivet Monique souhaite à nos lecteurs(ices) « La paix, la bonne entente citoyenne, dans votre beau pays d’Algérie ».

Nous reproduisons fidèlement une récente lettre adressée à La Rédaction par madame Rivet Monique qui fût enseignante à Sidi Bel Abbes, et c’est au sujet de son récent ouvrage « Le Glacis », que l’auteure vient de réagir après avoir découvert  la publication de notre article publié le 24 Mars passé, et que nous reproduisons après cette lettre ci-dessous.

Par : Kadiri.M

« Chers amis de la Voix de Sidi-bel-Abbès, je ne découvre qu’aujourd’hui 19 mai votre article du 24 mars sur mon livre, Le Glacis. Un grand merci à la personne qui a écrit cet article, qui me touche  beaucoup, comme me touchent aussi les réactions qu’il a suscitées chez vos lecteurs. Je sais que c’est impossible, mais j’aimerais vous connaître tous, serrer vos mains à tous, vous dire que j’ai gardé et garderai toujours le souvenir de votre ville même si celle que j’ai connue était une ville coupée en deux par… le glacis précisément. Alors je vous souhaite ce que je nous souhaite à nous aussi, ici en France : la paix, la bonne entente citoyenne, dans votre beau pays d’Algérie.

Très amicalement à vous.»

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Nous avons le plaisir d’enregistrer une nouvelle publication qui reparle de notre ville. Elle est l’œuvre de Monique Rivet qui fût enseignante à Sidi Bel Abbes, et c’est « Le glacis », un espace mais aussi un grand repère connu par les Belabbesiens d’un certain age, car il séparait jusqu’à l’indépendance deux communautés, européenne dans sa partie sud et Arabe dans sa partie nord. Cet ouvrage « Le Glacis », écrit cinquante ans auparavant, demeure un témoignage poignant où tous les thèmes de la guerre d’Algérie sont abordés avec un regard pertinent et sobre qui ne cède rien à la complaisance ni au pathos. Un ouvrage que nous conseillons à nos lecteurs(ices) et bien avant l’article publié sur El Watan, deux amis du journal en l’occurrence l’artiste du cinéma Kader Kada, nous fit part il y a quelques semaines, suivit de notre cher ami et contributeur de notre journal Mourad Salim Houssine qu’ils soient la remerciés pour leur bon réflexe. Toute fois, nous se devons de dire qu’il y a deux glacis, celui du nord actuellement la où il y a le boulevard Didouche Mourad (ex Verdun) avec l’avenue du 08 mai 1945 et tout ce qui communément appelé par Trigue l’article (Coupole,…etc), et celui du sud qui est connu par boulevard de La Mactaa (voir photos).

Par : Kadiri.M

Un manuscrit qui dormait dans un carton depuis cinquante ans.

Monique Rivet est une écrivaine très discrète qui est née en 1932. Elle a à son actif trois romans. Le premier est intitulé : Caprices et variations, publié chez Flammarion, puis, Les paroles gelées et la Caisse noire aux éditions Gallimard. Ils sont le fruit d’une vie riche au service de causes nobles. Sa rencontre avec l’Algérie remonte à 1956-1957, en pleine guerre, pour enseigner dans un collège de jeunes filles où se mêlent Algériennes et Françaises. Cela lui permet d’être une sorte de sentinelle vigilante, capable d’observer les tumultes d’une sociétéqui refuse le diktat d’un colonialisme sur le déclin. A la lecture de son nouveau roman, Le Glacis, on commence à rêver de cette technique de peinture qui augmente la profondeur des teintes. Mais ici, il s’agit d’un quartier de la ville où elle va exercer son sacerdoce d’enseignante.

La ville dont il est question s’appelle «El Djond», qu’elle définit dans sa postface comme signifiant en arabe «le corps d’armée, la légion». Le lecteur, ayant un minimum de connaissances en géographie, sait que cette entité urbaine n’existe pas en Algérie. Or, à partir de la définition donnée par l’auteure et quelques indications spatiales comme «Faubourg Thiers» et le «Village nègre», on peut en déduire qu’il s’agit de la belle ville de Sidi-Bel Abbès.

Ceci établi, il faut quand même revenir à l’histoire rocambolesque de ce roman. En 1958, de retour en France, elle le propose à Julliard, l’éditeur d’Assia Djebar et Malek Haddad. Celui-ci lui demande de revoir sa copie. Elle le laisse de côté et l’oublie pendant presque cinquante ans. Jusqu’à très récemment où, en fouillant dans ses affaires, elle le retrouve et le propose à l’édition. Malgré ce saut gigantesque dans l’histoire, ce roman reste d’une actualité brûlante et un témoignage émouvant sur une époque pleine de tourments. Le personnage principal du roman est justement une professeure qui répond au doux nom de Laure Delessert.

En métropolitaine fraîchement débarquée et ayant un désir ardent de s’intégrer dans la ville d’El Djond, elle multiplie les rencontres avec différentes personnalités. Elena, médecin, l’introduit auprès des militaires qui jouent un rôle important dans la vie locale. Et, sans prendre de gants, elle ose défier les officiers pour se permettre avec eux «une guerre des mots». Cette querelle historico-linguistique n’a été tranchée qu’en 1999 par l’Assemblée nationale française. Elle concerne la manière de désigner ce qui s’est passé entre 1954 et 1962. La jeune Laure Delessert parle de guerre et ses interlocuteurs eux édulcorent la réalité en usant de l’euphémisme «les événements».

Cette entourloupe sémantique va quand même la conduire à l’interpellation policière. Malmenée, on lui confisque ses papiers d’identité et elle va finir par être expulsée d’Algérie. Mais, avant d’arriver à cette extrême limite, elle est le témoin d’un certain nombre de faits qui font d’elle une intellectuelle indésirable. D’abord, dans son collège où les pressions que subissent les jeunes Algériennes sont intolérables quand les forces de l’ordre violent la franchise scolaire. Elle écrit à cet effet : «J’ignorais qu’un inspecteur de police était dans nos murs lorsque le lendemain j’entrai en milieu d’après-midi dans la salle des professeurs. J’y trouvai Mme Salaterre. Elle était assise tout près de la porte qui faisait communiquer cette salle avec le bureau de la directrice. Celle-ci étant fort sourde, tout ce qui se passait dans son bureau parvenait à nos oreilles. Je compris que Mme Salaterre était en train d’écouter l’interrogatoire d’Assia Abdelaziz».

Assia est une jeune Algérienne qui a osé écrire sur le tableau noir «Vive les Moudjahidine et à bas les Français» par une ferveur révolutionnaire que lui a transmise son père, commerçant qui a respecté le mot d’ordre de grève générale du FLN. Une grève qui a été brisée par l’armée en ouvrant les commerces à la rapine d’un public européen vindicatif.

Laure agit en humaniste convaincue dans cette société coloniale qui fonctionne sur les clivages entre Algériens et les Européens. Elle va se rendre coupable d’un impair impardonnable quand elle fait entrer une de ses collègues algériennes, Naïma, dans son club de gymnastique. Les adhérentes européennes de ce club sont offusquées par cette intrusion. Laure, qui est d’une spontanéité déconcertante, n’arrive pas à assimiler les codes de la société coloniale et, pour achever le tout, elle tombe amoureuse d’un Espagnol d’origine : Felipe Alvares. Le jeune homme a un comportement bizarre et un penchant excessif pour la gent féminine.

Malgré cette mauvaise réputation dont jouit son amant, elle continue à le voir jusqu’au jour où il disparaît dans la nature. Elle apprend, lors de son incarcération et l’interrogatoire musclé qu’elle subit, que Felipe Alvares appartient à la résistance algérienne. Laure, qui vole de surprise en surprise, arrive à la fin de son périple algérien, frustrée de ne pas aller au bout de ce voyage dans une réalité très cruelle. Monique Rivet a une manière très subtile de parler de la torture, des disparitions et des camps d’internement qui rend son roman très pédagogique. Le Glacis, écrit cinquante ans auparavant, demeure un témoignage poignant où tous les thèmes de la guerre d’Algérie sont abordés avec un regard pertinent et sobre qui ne cède rien à la complaisance ni au pathos.


Monique Rivet, «Le glacis», les Editions Métailié, 2012.

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URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=13412

Posté par le Mai 20 2012. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

44 Commentaires pour “Rivet Monique souhaite à nos lecteurs(ices) « La paix, la bonne entente citoyenne, dans votre beau pays d’Algérie ».”

  1. Dekkiche de Paris

    bonsoir les amis, je ne fais aucun doute sur l’apaisement des communautés et la ce soir je decouvre ce gentil message de cette auteure, c’est une leçon magistrale pour nous tous la ou nous sommes etant donne qu’on doit oeuvrer a l’épanouissement et a la consolidation des liens amicaux. cette bonne dame qui fut institutrice il y a des dizaines d’annees nous ecrit cette lettre empreinte de gentillesse de paix pour tous et surtout un grand espoir.

  2. Dekkiche de Paris

    une bonne lettre qui fait preuve de gentillesse et surtout d’un espoir que nous nous pouvons que souhaiter pour toutes les communautés. cette reaction qui fait suite a un article est un message a mediter

    • Claude.B

      Bonjour ,
      Je suis moi aussi très sensible au message de cette dame ,à ses souhaits de paix et de fraternité entre nos deux communautés ,son vécu en Algérie et en France est un gage de grande sincérité .
      Merci Madame ,vous me confortez dans ce que j’appelle de mes voeux : apaisement et réconciliation .
      Cordialement .

  3. benhaddou boubakar

    on vous souhaite egalement santè paix et prosperitè cher mamade,merci bien de vos salutations profondes!

  4. Mme CH

    « La paix, la bonne entente citoyenne, dans votre beau pays d’Algérie. » Merci Mme Monique Rivet pour ces belles paroles, pour votre gentillesse et votre sincérité….. Parfois, on sent la sincérité des personnes, même si on ne les connait pas…….
    Longue vie Mme, santé et prospérité…..

  5. Mme CH

    où sont passés mes deux oiseaux qui se sont envolés pour retrouver mon grand frère, ils ne sont pas encore arrivés je pense…

    • benhaddou boubakar

      peut etre se sont envolès vers le nord vous apporter quelques informations de notre grand frere a tous!!! salam mme ch

  6. Mme CH

    salam Si benhaddou, laissez votre portable ouvert ces jours ci….sait on jamais…..!!!!

  7. mekki b vdsba

    L’écrivain Monique Rivet propose son récit d’expérience, cinquante ans plus tard: prof de français en Algérie coloniale, 1956-1960. Rencontre à la Librairie « La Colline aux livres » – Bergerac

  8. mekki b vdsba

    L’écrivain Monique Rivet propose son récit d’expérience, cinquante ans plus tard: prof de français en Algérie coloniale, 1956-1960. Rencontre à la Librairie « La Colline aux livres » – Bergerac
    voir YouTube http://www.youtube.com/watch?v=9ly-3Al94yI

    • un parmi d'autres

      Mr mekki je me réjouis de voir que mon appel à qui de droit à VDSBA a porté ses fruit sur cette information de la vidéo Mme Rivet que j’ai visionné ce matin et comme cette interview m’a touché alors sans attendre j’ai appelé mon ami Kadiri pour lui faire par de ce que j’ai vu et le lui ai proposé ,et comme cela se passait dans une librairie ,je me suis dit pourquoi pas parler de cette personne qui n’a pas oublié son passage dans notre ville ,et de lui rendre honneur dans un lieu de savoir et de culture tel que la bibliothèque .Voilà ceci dit mon information est bien passée .Pour cela il est beaucoup plus souhaitable de faire de la culture intellectuelle que de se faire la guerre .Amicalement

    • elhadj abdelhamid

      Salam, Si Mekki, comme dirait Christian Vezon. On disait bonjour lorsque l’on écrivait des commentaires à la VSBA et voilà un ami Franc qui a e-arabisé le salut bel-abbèsien.
      La rencontre de Monique Rivet à la librairie  » La Colline aux Livres » restera inoubliable.
      Femme de culture, confrontée d’office ( le premier poste est toujours une affectation,  » une mobilisation » d’office ) à la réalité du terrain ( la terre d’Algérie, à Sidi Bel-Abbès ), Monique Rivet a résumé en deux mots la Colonisation: Elle était sensée apporter la culture, elle a créé les injustices….de nature !
      Monique Rivet s’interroge sur l’étymologie du mot arabe djound ( je pense qu’il vient du verbe jannada= mobiliser ) et se demande s’il ne partage pas la même origine avec le mot légion . Un avis spécialisé serait le bienvenu, pour nous tous.
      Merci à Si Mekki pour la e-invitation.

  9. MR OUHIBI REDA

    bonjour cette réaction est trés sincére nous a decouvert une écrivaine qui parle de notre ville dans des conditioons particulieres

  10. bouaricha yamina

    Madame claude b mercie bcp il faut dire la verite car nous boulot maison vous etes sincere chere dame

  11. hanene

    Merci pour l’indication du youtube

  12. MIMOUN

    En tant qu’institutrice , votre plus beau role a été toujours de recevoir et transmettre la bonne éducation Votre gentillesse et votre sincérité ont fait de vous une grande dame de qualité qui aspire à la paix et la fraternité. je vous remercie pour votre volonté et votre courage pour écrire en ces moments difficiles des romans qui ont laissé des traces uniquement de vérité.
    Vous représentez pour nous, le bon et meilleur exemple pour la consolidation des liens .On vous souhaite santé et longue vie pour un quatrième roman.

  13. Bouchentouf Ghalem

    Bonjour
    Cette charmante dame au regard malicieux, me fait penser à une instructrice de mon enfance fraichement débarquée de métropole en 1960 qui s’appelait Mme Ventura ou Venturia je ne sais plus.Elle n’était pas venue pour nous éduquer mais pour nous donner un savoir, cela s’entendait dans sa voie quand elle usait de sa douceur pour nous faire répéter les mots difficiles. Elle savait qu’elle avait affaire à des élèves moins doués que ceux de France et pour mieux nous enseigner, elle s’investissait dans des travaux pratiques manuels où nous apprenions l’art du montage et du démontage des maquettes en bois. Elle avait des yeux bleus et des cheveux blonds comme les blés objets de notre ferveur à la suivre partout. Elle était émerveillée par la nature sauvage du village qu’elle découvrait ébahie et quand le printemps arrivait, nous partions avec elle tous les mercredis après-midi pour une randonnée pédestre sur les hauteurs du village, admirer la faune et la flore multicolore dont nous connaissions toutes les saveurs gustatives qu’elle ignorait totalement. Tout au long du chemin elle entonnait à tue tête cette chanson dont je n’ai jamais oublié les paroles ni le refrain, et que nous reprenions tous en cœur avec elle dans la joie et l’allégresse :

    Marchons dans le vent
    Du matin levant
    Marchons dans le vent
    Chantant gaiement
    Marchons dans le vent
    Jusqu’au soir couchant
    Marchons dans le vent chantant

    Rosée perlant les prés
    Cri d’alouette au tournant
    Cheveux au vent léger
    Derrière de lapin blanc…

    Noisettes du chemin
    Qu’on arrache en passant
    Eau fraîche au creux des mains
    Et « Bonjour » en passant

    Grillons qui nous guettez
    Au creux des chemins roux
    L’angélus a sonné
    Ma mie rentrons chez nous

    • benhaddou boubakar

      vous me rapellez au ssi a mon tour notre maitresse de francais en cp2 66.67 madame pasquet dont je lance un appel a tout celui qui l’a connu pour nous un signe de vie si c’est possible;elle a pris une photo avec ses eleves et puis elle n’a plus donnè signe de vie (je garde une photo de classe)! je me rapelle de sa celebre phrase quand elle voit un eleve son doigt dans son nez : »cesse d’èplucher les pommes de terre »!!!

  14. kerroum retraité

    Franchement je ne pouvais rester insensible a ce commentaire qui au faite est un nouveau et précieux témoignage a répertorier comme outils d’histoire locale comme l’avait recommandé Memoria avant sa décision de changer il est libre de pseudo.

  15. kerroum retraité

    Plus qu’un commentair un témoignage a conserver

  16. benhaddou boubakar

    on a rendu un hommage a cette dame enseignante qui nous a touchè par son roman aujourd’hui devant les presents au samedi belabbesien!

  17. cHRONOS

    Je pense que lier le terme ‘Djound’ à Légion est un peu tiré par cheveux.
    L’hypothèse la plus plausible est de le rattacher au Latin Legere qui a une double acception: cueiller et rassembler.
    Ainsi les légions romaines ramassait et régimentait les troupes.
    Le terme arabe ‘djanada’ prend lui le sens de mobiliser pour un bût à atteindre.

  18. cHRONOS

    il y a lieu de lire ‘ramassaient et régimentaient’. Le légionnaiire s’attachait au service d’un consul, pro-consul et les corps de légions obéissaient au César. Il se devait d’être trés mobile car l’empire était fort étendu. C’est à cette période que la Pizza connut sa fortune, du moins l’ancêtre de la pizza car elle était facile à confectionner et se conservaient longtemps.
    Pizza et enrôlement, plus la promesse de garder une part du butin ont fait un grand empire.

  19. elhadj abdelhamid

    Cher cHONOS,
    Merci pour l’avis sensé. Ainsi légion dériverait du mot latin legere ( cueiller et rassembler) c’est à dire  » ramasser  » dans le sens  » végétal  », ce qui peut faire dire de légion  » ramassage ou …ramassis.
    En arabe aussi, il y a comme une note péjorative dans la traduction: lafif (vrac ? , enveloppement de petites choses..)
    Il est vrai que les légionnaires ( janissaires et autres étaient  » ramassées  » parmi les …résidus de défaites de guerre : bâtards européens des conquêtes ottomanes et soldats des armées défaites des grandes guerres…)
    Tout est plausible , mais un avis spécialisé et  » assumé  » serait toujours salvateur.
    Amitiés.

  20. cHRONOS

    La métaphore avec le monde végétal est juste. Le ramassis n’a pas d’âme et encore moins d’état d’âme. En devenant légionnaire et centurions il mest son arme au service de la Cité. Lui aura tout abdiqué: nom patronymique, pays; origine et il ‘devient tueur légal’ car tuer un homme fait de vous un criminel, et en tuer des centaines ‘un hros’.
    Le slogan ‘vaincre ou mourir’ est plagié pour donner ‘ la légion meurt et ne se rend pas’.
    Et pour cause on se serait aperçue qu’elle était étrangère.
    Marrant non l’histoire:

  21. elhadj abdelhamid

    cHRONOS?
    Je me réjouis de cette entente linguistique entre vous et moi qui craignais d’être déjugé.
    Légionnaire, centurions, gladiateurs, mercenaires…
    Les légions ont aussi recruté dans les  » ramassis » sociaux comme la délinquance repentie et convertie à l’intérêt général ( comme Les 12 Salopards ) ou ceux de la misère de l’Afrique ( Tchadiens, Maliens, Nigériens…) de La Légion de Kaddafi…
    Pour nous, les meilleurs légionnaires sont ceux de …Sidi Bel-Abbès….. qui ont rejoint l’ALN .Ils étaient des milliers dont beaucoup de Chouhada!

    • Mohamed Senni

      Cher Si El Hadj Abdelhamid.
      Seul l’intérêt que je porte à vos divers écrits que j’apprécie pour leur clarté, leur enchainement et leurs messages me pousse, amicalement, à intervenir au sujet de votre commentaire du 22 mai. Parlant de légionnaire, vous avez à juste titre, donné sa traduction en arabe utilisant le mot « lafif » لفيف . En grammaire arabe, il existe des verbes désignés par ce mot. Ce sont les verbes trilaires dont une ou deux des trois lettres qui les composent sont الألف الياء والواو . Si le verbe comprend une de ces lettres qu’on appelle حروف العلة, il est dit معتل الأول أو معتل الوسط أو معتل الآخر en fonction de la place occupée par la lettre .En revanche, si la première et la troisième lettres du verbe font partie de ces lettres que nous qualifions, par simplicité, de « faibles », ce verbe est appelé اللفيف المفروق . Exemple : وقى وفى وعى qui, à la deuxième personne du singulier, et au mode impératif, donnent respectivement فِ قِ عِ. Enfin si les deux dernières lettres du verbe sont des lettres faibles, le verbe est dénommé اللفيف المقرون . Exemple روى طوى .
      Le mot « lafif » traduit aussi les sens de horde, mélange, troupe de gens hétéroclites, ce qui correspond beaucoup mieux à la Légion que ne le laisse entendre le sens français.
      Enfin, ne m’en voulez pas si je considère que les légionnaires qui avaient rejoint l’ALN ne pouvaient être des milliers.
      Je vous lirai avec plaisir. Bonne fin de soirée. Cordialement.

      • M.S. Houssine

        Camarade Mohamed Senni,

        Pendant la guerre d’Algérie(1954-1962) trois mille cent trente cinq(3135) éléments de la Légion étrangère ont déserté contre seulement trois cent soixante dix neuf(379) appelés du contingent.Source:Jean-Charles Jauffret »Le mouvement des rappelés en 1955-56″,page 158 du livre « La guerre d’Algérie »de Mohamed Harbi et Benjamin Stora,Editions Robert Laffont,Paris 2004.
        Chiffre effectivement incroyable du point de vue subjectif mais objectivement vérifiable en tant qu’indicateur de référence…pour une guerre qui n’a pas encore révélé tous ses secrets…
        Avec tout le respect que je vous dois !

        • Mohamed Senni

          Cher Monsieur Houssine.
          Si je suis intimement féru de la vraie et très longue Histoire de mon Pays, j’observe, après certaines lectures et autres témoignages, une réserve totale à l’égard de la narration de notre glorieuse Guerre de Libération. Je vous suis quand même reconnaissant de m’avoir éclairé sur le nombre exact des Légionnaires qui avaient rejoint les rangs de l’ALN. Mais il y a un problème qui surgit des sources que vous avez citées et notamment le livre écrit conjointement par Mohamed Harbi et Benjamin Stora qui n’ont droit, de ma part et de mon approche personnelle des événements, qu’à mon scepticisme. Nous savons tous que presque tout reste à dire sur cette terrible guerre. Espérons toutefois qu’avec le retour des archives et une sérieuse prise en mains par nos historiens, les zones d’ombre livreront ce que nous n’arrivons pas à saisir. Mutuel respect et bonne fin de soirée.

          • elhadj abdelhamid

            Cher Si Mohamed Senni,
            Merci pour l’intérêt amical pour mes écrits comme j’ai eu toujours plaisir à vous lire. Merci aussi pour la leçon de grammaire; j’avoue en avoir beaucoup oublié des notions.
            Pour les légionnaires déserteurs, je respecte votre scepticisme sur les sources citées par mon ami Houssine.
            Dans le livre Histoire de la Colonisation, Sidi Bel-Abbès, écrit par l’historien Redouane Ainat Tabet ( une référence pour l’étude de l’histoire de notre région) en collaboration avec mon oncle Hadj Tayeb Nehari, officier des Renseignements et Liaisons de la zone en 1956 qui avait reçu un journaliste américain nommé Herzog dans les monts de Saïda pour rencontrer des légionnaires déserteurs (107 rassemblés dans des merkez près du PC) , l’auteur donne le tableau des différentes nationalités des légionnaires déserteurs et le chiffre arrêté à la date du 4 Octobre 1960 qui ne compte pas ceux qui déserteront entre cette date du 4 Octobre et le cessez-le-feu du 19 Mars 1962 : Total: 3299
            J’espère que des historiens  » bien de chez nous  » auront raison de votre scepticisme qui semble tenace.

            • elhadj abdelhamid

              Cher ami Houssine,
              Je suis heureux d’apprendre que ton nouveau roman  » Terriens, réveillez-vous  » est actuellement disponible dans les circuits libraires en France. J’espère me délecter de sa lecture autant que celle du premier  » Le sanglier d’Hippone  ».
              A bientôt.

          • mr ouhibi reda

            bonne réponse de mr Senni aux bons et pertinents écrits

      • madame mostefaoui SAB

        je vous remercie Mr senni pour cette explication qui honnetement m’échappait.

        • Mohamed Senni

          Chère Madame Mostefaoui,
          Avant tout, je souhaiterai vous dire, que de toutes les matières arabes qui m’ont été enseignées par mon père et quelques membres de ma famille, la grammaire tenait une place importante pour lui au point où j’en ai hérité. Plus tard, je découvris les secrets fascinants de cette matière qui, sans elle, on ne peut pas saisir le rôle du mot dans la phrase et donc courir un sérieux risque de ne pas saisir la comprréhension du texte. La grammaire m’a été d’un grand secours dans mes travaux de traduction.
          En ce qui concerne les quelques précisions que j’ai aimablement communiquées à Si El Hadj Abdelhamid-parce qu’il dégage une forte impression d’un esprit ouvert-je vous donne une première précision : c’est en 1957 et en classe de CM2, que ces précisions nous furent enseignées et, si j’ajoute que les programmes d’enseignement étaient mûris et établis par qui vous savez, vous comprendrez qu’il nous est pénible de constater l’état de déliquescence dans lequel « on » a plongé cette langue qui est celle d’une Constitution divine et le pire est à venir. Respectueusement.

  22. harmel sba

    Oui de nombreux légionaires travaillés par le VRAI FLN et ALN ont rejoiint le maquis aux cotés des moudjahines tel MUlLER L »Allemand et la sidibelabes avait défrayé toutes les chroniques encore méconnues .

  23. un parmi d'autres

    Ah! ce ramassis de sans valeur qui fait nuage sur notre société verrons-nous un jour la clarté afin de comprendre ce qu’il y a au fond ?

    Dans son livre «  » Le Roi des Aulnes «  » Michel Tournier avait écrit ceci:—-«  » Il est établi que d’un conseil ministériel, d’un conclave, d’une conférence internationale au sommet se dégage une odeur de charogne qui fait fuir même les vautours les plus blasés. À un niveau plus modeste, un conseil d’administration, un état-major, la réunion d’un corps constitué quelconque sont autant de ramassis crapuleux qu’un homme moyennement honnête ne saurait fréquenter «  ».

  24. nabila f sba

    MR je vous remercie pour vos contributions

  25. elhadj abdelhamid

    Un seul être vous manque et tout est dépeuplé
    Je ne cesse de titiller Mémoria sur sa chasse gardée pour le débusquer de sa tanière du boudeur ( j’ai dit du boudeur , non du boudin ) mais je m’avère piètre chasseur!

    • Mohamed Senni

      Cher Si Abdelhamid.
      Vous n’êtes pas sans ignorer que l’expression  » Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » a été abusivement employée dans les avis de décès surtout. Qui en est l’auteur? Laissons le soin aux lecteurs d’y répondre. Cordialement.

  26. cHRONOS

    Pourquoi pas UN Wall OF FAME, style Hollywood boulevard dans lequel chaque étoile représenterait un légionnaire qui aurait vu la lumière en perdant la vie pour une juste cause?
    Montaigne rappelait  » qu’une imagination forte produit l’évènement »
    L’effet pédagogique serait immense et induirait une révaluation de notre histoire.
    La défaite , la déroute de Sedan a fait une victime collatérale, l’Algérie et beaucoup de dupes, les historiens maison
    .Il est temps de sortir de la narration d’un fait historique sur le mode binaire et celui de l’héroisation des uns et la démonisation des autres.
    Aujourd’hui les légionnaires non repentis s’appellent Sansal et Mehenni, agents encartés du Mossad et qui veulent donner de l’Algérie l’image d’un camp de concentration et lancent à la jeunesse des incitations à la révolte au nom d’un agenda connu et reconnu.
    J’attendais l’entrée dans l’arène de ‘sans reproche’ mais je vois que sa verve reste cantonnée aux lisières de la Mekarra.
    Elle serait utile dans ce débat et madame CH, gentiment sermonée par Smiley reste anormalement silencieuse au grand dam de ses fans.
    Que faire quand on est en excellente santé et en pleine capacité de ses moyens intellectuels après avoir goûté aux hautes responsabilités?
    Servir et servir encore, à sa place et conserver sa liberté de parole tout en gardant son devoir de réserve (en réserve de la République!)

  27. Smiley

    Si on présentait l’histoire d’Algérie comme elle le fût, et continue de l’être à un jury indépendent de thèse, elle serait retoquée.
    Tant que les historiens ne travailleront pas sur des archives et se voudront les chroniqueurs d’une geste, les défauts perdureront.
    Le biais méthodologique est évident: celui qui se déclare vainqueur écrit son Histoire et s’inscrit dans le Récit ‘qual wa maqual’!
    Aujourd’hui nous n’avons plus ni choix ni recours si ce n’est celui de l’émergence d’une vrai société civile qui fera la démonstration du parasitisme de la classe politique et qui examinera sereinement son passé pour se tourner enfin vers l’avenir.
    Pourquoi notre facture alimentaire augmente ainsi celle de nos armements sans que ces chiffres ne fassent l’objet de débats car ils concernent la Nation. Ils sont au coeur de deux questions fondamentales: la sécurité alimentaire et la souveraineté nationale dans ses frontières!
    Vouloir la paix, c’est préparer la guerre , certes! Mais la victoire ne se construit que par l’adhésion populaire alors que le Peuple est traité en intrus de son Histoire.
    Où est le devoir de pédagogie nécessaires pour l’informer des dangers qui le menace en continu et recueillir son adhésion?
    Le peuple n’est-il sorti du coma citoyen que pour des échéances électorales qui démontrent par ailleurs son éloignement de la chose publique, la res républica?
    Une bataille frontale se déssine pour donner un contenu démocratique à notre représentation mais est-il possible d’écrire de nouvelles pages sur des brouillons d’histoire?
    On pourrait convoquer Jean de La Fontaine et adresser par son truchement cette interpellation aux historiens:
    ‘Vous êtes dans une carrière
    Où l’on ne pardonne rien »!
    La zone grise perdurera tant que l’on ne sollicitera que les mémoires et que l’on poussera les feux de la rivalité de ces dernières. Là, l’Histoire est piégée dans le magma de l’émotionnel et de la subjectivité.
    L’Amont explique l’Aval! Alors ne nous faîtes pas avaler des couleuvres.

  28. Smiley

    merci de lire :’ necessaire et dessine’

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