La Voix De Sidi Bel Abbes

Remise de l’insigne de l’ordre des Arts et des Lettres (France) à Maissa Bey

Le ministre Francais de la culture et de la communication monsieur Frédéric Mitterand à rendu un vibrant hommage samedi dernier lors de la cérémonie de remise de l’ordre dont voici l’intégralité du discours:                                                    Chère Maïssa Bey, L’écrivain algérienne que vous êtes a su faire fructifier comme personne ce que Kateb Yacine appelait d’une belle expression un « butin de guerre » pour tous ceux qui habitent cette terre qui fut aussi celle de Camus : la langue française. C’est votre père, instituteur à Ksar el Boukhari dans la région de Médéa, qui vous l’enseigne avant même que vous n’alliez à l’école. Cet ancrage linguistique vous portera jusqu’au lycée Fromentin d’Alger et vos études universitaires dans le domaine des lettres françaises, qui deviendront l’objet de votre d’enseignement. Votre père, c’est aussi l’histoire d’un drame ineffaçable, celle de la torture puis de son exécution pendant la guerre d’Algérie, alors que vous n’avez que sept ans. Le souvenir de ce drame, vous le ferez renaître, de manière magistrale, dans le huis clos d’un wagon de voyageurs dans Entendez- vous dans les montagnes. Plus récemment, la marque indélébile du fait colonial vous a inspiré Pierre Sang Papier ou Cendre, une fresque poétique magistrale sur 132 ans de colonisation française, qui vous vaut le Grand Prix du Roman francophone du Salon international du livre d’Alger, et qui a été adaptée au théâtre par Jean-Marie Lejude sous le titre Madame Lafrance. Pour autant – et je me souviens de l’interview que vous m’aviez accordée pour une émission de France Culture -, l’oeuvre de Maïssa Bey n’est pas une oeuvre du ressentiment : elle se présente avant tout comme une recherche sur l’histoire de nos deux pays, leurs liens, leurs blessures. Je vous cite : « Je ne dénonce rien, j’énonce simplement, non pas ma vérité mais une vérité. D’ailleurs comment pourrais-je condamner quelque chose dont je suis le produit… » Les blessures dont vous parlez, ce sont aussi celles de la violence de la société algérienne en proie à la guerre civile, dans Au commencement était la mer, qui marque en 1996 votre entrée en littérature, dans Nouvelles d’Algérie, qui reçoit en 1998 le Grand Prix de la Nouvelle Société des Gens de Lettres, ou dans votre dernier roman, Puisque mon coeur est mort, sur la mémoire d’une mère qui a perdu son fils assassiné. Blessures, également, d’une génération tiraillée entre tradition et modernité, comme dans Bleu, blanc, vert, adapté lui aussi au théâtre par la compagnie El Ajouad. Une Algérie où les femmes subissent la violence des hommes, comme dans Cette fille là, qui reçoit le Prix Marguerite Audoux. Autant d’oeuvres qui jalonnent le parcours d’une oeuvre majeure de la littérature algérienne d’expression francophone, marquée par l’exploration de soi et de nos contradictions, contre le silence et l’oubli. Chère Maïssa Bey, du pouvoir de la langue, vous avez toujours eu le souci de sa transmission. Dans votre ville de Sidi Bel Abbès, vous avez créé, en 2000, une association culturelle, « Parole et écriture », où les lectures publiques sont reines. Depuis 2005, l’association dispose d’une bibliothèque qui est devenue un véritable espace d’expression dans la ville. Vous avez su concilier de manière magistrale cet engagement de terrain, en parallèle d’une vie de mère, et d’une oeuvre qui continue de se construire, où tentent de s’exorciser avec douceur et pudeur les violences de nos mémoires. Pour toutes ces raisons, je suis particulièrement heureux, au nom de la République Française, de vous remettre les insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres.

A travers cette haute distinction l’équipe de la voix de Sidi bel abbes exprime sa fiérté et adresse ses vives félicitations à madame Samia Benameur (Maissa Bey) qui hisse tout haut l’étendard Belabesien à sa maniére, elle, la Belabesienne d’adoption.

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Posté par le Juin 1 2011. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

34 Commentaires pour “Remise de l’insigne de l’ordre des Arts et des Lettres (France) à Maissa Bey”

  1. D.Reffas

    Distinction amplement méritée.Mes sincères félicitations.Elle a beaucoup fait pour sa ville adoptive Sidi Bel Abbès. Elle mérite le titre de « citoyenne d’honneur » de la ville de Sidi Bel Abbès à travers une cérémonie à la hauteur de sa valeur incommensurable. Dans le cercle littéraire mondial, en compagnie de mon ami M.Mouleshoul (Yasmina Khadra), vous représentez dignement l’Algérie. Haute considération.Dr. Driss Reffas.

  2. blal

    un exemple d’integration et digne representante de la ville.mabrouk et a plus de succes

  3. Saim . M (fbg Thiers)

    Je félicite Mme Benameur ( Maissa Bey) pour son combat en faveur de la culture , de l’ouverture d’esprit et de la tolérance . Puisse tous les Algériens s’imprégner de ces valeurs pour qu’on puisse construire un Etat ouvert , moderne et démocratique.

  4. nouara.y

    Félicitation Mme Benameur pour la distinction,cela nous a fait plaisir .on partage avec vous cette réussite qui fait honneur à quelqu’un qui a toujours oeuvré pour un but hautement bien distinctif.Vous nous voyez ravi de cette distintion à travers votre association culturelle »Parole et écriture »qui symbolise à elle seule tout le combat que vous menez.Bravo et bonne continuation.

  5. lalimi t le rocher

    cette dame est issue d une famille revolutionnaire son frere mourad etait medecin pres de la g.poste

  6. Samia/Sema

    Mes félicitions Mme ,j’ai eu le plaisir d’être enseignée par Mme Benameur ,j’espère vous voir le plutôt possible bravo Mme!

  7. boukhalfa nina

    Bravo à Maissa bey, fière de vous d’autant que quelque part, la France qui reconnait votre talent et vous honnore accepte de le faire malgré ce que vous avez commis en écrivant « pierre papier cendre » pour répondre de façon cinglante à leur fameux article 5 sur les « bienfaits » de la colonisation! Votre père , mort pour l’algérie doit être fier de vous! C’est d’ailleurs de lui que vous parlez dans « entendez vous dans les montagne » en relatant les tortures qu’il a subi avant d’être exécuté ainsi que ses frères par la france; Oui sans doute il doit être trés fier!

  8. un arabisant

    bonsoir Maissa ! je vous dirais que je ne suis nullement étonné pour cette distinction car je reste convaincu que la reconnaissance- du stratège algérien- ne peut venir que de l’extérieure , félicitations pour le couronnement de votre parcours !vous êtes une femme humble et vous méritez tous les égards !

  9. ancienne du lycée Nadjah

    Je suis moi aussi une ancienne élève de Madame Benameur. tout ce que je peux dire c’est que je suis fière de l’avoir cotoyé. C’était une enseignante admirable et très appréciée qui a donné beaucoup à des générations d’élèves du lycée Nadjah qui ne l’oubliront pas. un modèle! je lui souhaite beaucoup de succès dans sa vie d’écrivain.Bel abbès est fier de vous Madame. Respect

  10. un retraite

    je suis heureuxde lire cette info un redacteur d ‘un journal etait etonne pourquo des elites locales natives ou adoptives sont meconnues dans leur cite j »ai vite repondu le maire chez nous etait medecin et depute les charges de la culture ne connaissent meme pas un quartier de la ville je veux dire ils ne sont pas impregnes du fait culurel c peut etre trop leur exige

  11. benabderrahmane udl sba

    une fierte locale une moujahida avec ses oeuvres le continuite dans le patriotisme de hob el bled. merci honorable prof et talentueuse ecrivaine d’ etre parmi nous dans cette ville qui nous reunit et nous rend fiers de toutes nos sommites et que ce journal a su inculquer ces notions d ‘appartenance sans exclusion c « est mon constat.

  12. lecteur d'el ghorba

    je propose aux lecteurs de ce journal et a son admin une collation toute symbolique a l ‘honneur decette grande ecrivaine au grand talent qui est alle sur l’autre rive remmener un sacre ou la complaisance ni les passe passe n’existent pas. l’insigne de maissa bey n’est pas l’insigne uniquement offert et merite de cette respectacle dame. il est aussi celui de sidibel abbes essbti .celui d’el djazaeir.

  13. abbes touhami.

    felicitations madame.

  14. ali zazou de sidi lahcene

    je felicite cette dame pour avoir honore sidibelabbes et notre pays.

  15. BEN MAHIDI

    Tout d’abor félicitations Mme ! nous commencions a croire que nous avions perdu les gardiens de notre si cher butin de guerre … francisant belabbésien, J’ai beaucoup entendu parler de vous et je vois que ce n’est pas pour rien !! Je suis un collègue et ancien ami de votre fille Isma ; on en a plus de nouvelle .comment va elle ? « Au faite je suis aussi le fils d’une de vos anciennes amies reguig kheira ;= » encore bravo.

  16. Maïssa Bey

    Très touchée de ces témoignages d’amitié pour cette distinction que je partage avec tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à m’encourager dans cette voie, en particulier avec toutes les femmes de l’association « Paroles et écriture » qui ont oeuvré et oeuvrent encore à promouvoir la culture dans notre ville. Je vous remercie vivement et exprime le souhait de voir d’autres Belabbésiens porter haut les couleurs de cette ville à laquelle je dois tant.
    Maïssa Bey
    PS: un souvenir ému à tous mes élèves du lycée En-Nadjah qui se reconnaîtront.

    PS: un souvenir ému pour tous mes élèves

  17. lalimi t le rocher

    madame je sais que les initiateurs de ce beau journal qui jusque la n’a pas verse dans les faux proces d’intention’r ne va pas hesiter ou laisser un evenement oui pour le belabbesien que je suis d’adoption comme le sont des milliers ceci est un grand jour et relisez c’est un cadre des plus modestes en fonction dans une stucture sociale qui eu cet heureux reflexe deparler cela ete le cas pour kamel daoud leila bekhti qui est de parents belabbesienne..madame la fibre belabbesienne est bien particuliere et votredistinction est la notre ces insignes egalement

  18. un invite

    demain votre bibliotheque paroles et ecriture abrite une activite ou je viens par sms peu importe la forme d’ere invite.voila un hasard tout particulier on porra vous exprimer de vive voix ce que nous avons ressenti en apprenant votre distinction.a demain.

  19. khalida r etudiante

    je suis contente que sidi bel abbes tire fierte de cette grande ecivaine.en tant que femme je suis doublement heureuse.

  20. sidi blel

    encore une fois les distinctions viennent de l’etranger.on a tendance a oublier nos enfants .nous preferons le guellal et le charlatanisme.

  21. Ali Benflis

    Maissa cette brillante distinction t’honore,honore la mémoire du chahid ton père et notre pays.Je te félicite.Ali benflis

  22. kateb houari

    bravo mais faut-il toujours attendre que la consécration vienne d’ailleurs et que le mérite se voit mieux de la part des autres. Au delà des honneurs, il y a la réalité d’une errance diasporique

  23. Herba Alim

    La littérature n’est pas une feuille de température qui retrace les accès de fièvre. C’est une necessité de dire, une urgence lente mais je trouve que Maissa fait dans l’autoflagellation et la trame d’ensemble de son Algérie recomposée relève du vu et de l’entendu.En france son oeuvre est approchée comme une carte postale exotique qui évité le piège de la dénonciation pour cristalliser l’énoncation.La littérature est combat et n’est pas fécondée par l’appât du butin(désolé Kateb)
    L’oralité a conditionné des formes littéraires qui échappent à la stricte discipline linéaire et la fille d’Oum Boukhari est est un bel exemple. Toutes mes félicitations FA FA FA FA la france est l’ombre portée et la quête absolue des Khadra et consorts( sur les plateaux de télé pour jouer les idiots utiles)

  24. benssousi fatima

    Monsieur Alim vous devez vous réjouir de la reconnaissance des algériens à l’étranger car la langua française est patrimoine universel.
    Montréal ville qui nous a accueilli on vérifie chaque face au monde anglo-saxon que la langue est un lien indéfectible. Parlée dans tous les accents elle reste la matrice qui enfante le réel et l’imaginaire.
    Ce que je suppos en Algérie c’était la langue de bois

  25. Kateb houari

    La langue est signe de reconnaissance et tisse ses rêts pour englober dans la même connivence ses locuteurs. La langue française a un regain de vitalité grâce aux africains et autres qui se le sont appropriéé. Au Canada, elle est résistance et ralliement face à la morgue anglo-saxonne.Chez nous avons encouragé la langue de bois qui a fini par nous emmurer dans nos ghettos intellectels et nous faire tourner autour d’un monde moribond. A bon entendeur

  26. houda zubeir

    ODE PATISSIERE
    Je meurs d’amour pour un baba
    son absence me fait pleurer comme une madeleine
    Mais quand il est chou c’est une crème
    La corne de gazelle se baigne à l’eau de rose
    Et louloum pour tous koulukoum

  27. Nadia K.

    A monsieur – enfin, je suppose! – Herba
    Quel jargon de prof d’université abreuvé de certitudes et d’expressions toutes faites ! Mais dites-moi, sincèrement, vous vous comprenez vous-même ? Avez-vous lu «Pierre sang papier ou cendre » ? Avez-vous vu «Madame la France » la pièce de théâtre ? Et « Entendez-vous dans les montagnes » du même auteur ? Sans doute. Je suppose qu’autrement vous ne vous permettriez pas d’en parler, par simple honnêteté intellectuelle. Vous vous y intéressez de près puisque vous semblez très au fait de la réception des textes de Maïssa Bey en France et qui n’est en fait qu’un condensé de votre propre opinion. Les critiques que je lis et collecte ici (puisque je travaille précisément sur la réception des textes de Maïssa Bey) sont loin de refléter cette opinion. Mais je vois que personne, du moins parmi les auteurs algériens (quel mépris pour Yasmina Khadra -universellement reconnu – et consorts !) ne trouve grâce à vos yeux, tout le monde est abruti, et pire encore, tout le monde fait le jeu de Madame la France, justement, sauf vous, admirable clairvoyance ! CQFD. J’entends bien. Alors, permettez-moi de vous donner un conseil. Faites ce qui vous démange visiblement puisque vous savez ce que la littérature est et ce qu’elle n’est pas : enfilez votre tenue de combat et écrivez ! Dénoncez ! Déjouez les pièges et tordez le cou aux clichés exotiques ! Il va sans dire que nous vous lirons dans la langue d’El Moutannabi plutôt que dans celle de Molière ! Vous serez La Révélation Littéraire tant attendue ! Et qui sait ? Je pourrais travailler sur votre Œuvre à condition que vous soyez un peu plus… lisible, moins confus. Et surtout trouvez un meilleur pseudo. Bien à vous : el HERBA t’ssalek !

  28. guefaiti alger centre

    elle est une fierte nationale cette maissa bey et les belabbesiens les vrais que je connais reconnaissent les merites pour peu que l’onsache les respecter et ne ps melanger leur hospitalite avec une autre consideration sidi bel abbes ville contoporaine la preuve on se fidelise sur ce journal un depute de setif m’avait remis son adresse moi qqui a vecu 23 ans a cayassone

  29. HERBA aLIM

    mlle Nadia vous vous proclamez récipiendaire du corpus de madame Bey et vous vous encensez monsieur Moulesshoul khadra dont les interventions laborieuses sur les médias français et les jérémiades sur le manque de reconnaissance sont pathétiques.Je dis tout simplement que la littérature ne se fait pas avec des bons sentiments et que le formatage à l’usage de maisons d’édition de fafa peut faire passer des plumitifs pour de vrais écrivains. Mais là n’est pas la question.Dans ce thétre d’ombres nous savons qui sont les maîtres et qui sont les valets.Dans les coulisses s’agitent ceux qui parent d’innovations créatrices pour déguiser un pseudo journalisme narratif accommodé à la sauce universalis.L’écrivain ( Le Clézio) en est est un bon exemple prend des risques authentiques et est prêt à marcher à la mort. Le ressort social usé jusqu’à la corde est un échec de l’imagination car l’imaginaire est plus réel que le réeel de part sa nécessaire distanciation. J’ai traduit du russe l’oeuvre d’un vrai écrivain qui m’a confié que son désir d’épure serait d’écrire à la manière télégraphique en dynamitant ponctuations et métaphores éculées.Ne voyez pas de la frustration dans la simple liberté de chacun de s’affranchir du prêt-à-penser.
    PS: Ne me donnez pas du prof car j’ai cette engeance en sainte horreur.Bien à vous et bonne chance à la réception. Un petit conseil tâchez d’être moins univoque et acceptez l’altérité et le pluralisme.La fausse simplicité d’un Céline est un art hors de portée de beaucoup.

  30. haj miliani

    Min djibalina s’est élevé le son des hommes libres rompant le silence séculaire de la nuit coloniale. L’arabe était accepté comme couleur locale ou élément du décor, étranger à son sort propre et à celui de son pays.Beaucoup de métropolitains se sont proclamés restropectivement fraternels mais peu ont compris le mouvement historique, le tsunami des luttes anti-coloniales.A l’indépendence à défaut de parole libre on s’est accommodé de la langue de bois et de la pensée unique dont les représentants continuent de sévir en toute impunité.La lutte armée était inévitable mais son issue n’a fait que différent les problèmes d’une société algérienne coloniséee car COLONISABLE.Les pseudo religieux ont tenté de se dérober à la chronoligie séche de l’histoire humaine pour écrire une geste indigeste.Il y a eu anthologie de la falsification et tentation de faire parler les morts en négligeant les vivants.Boire une gorgée d’eau persuade de la salinité de la mer alors que l’arborescenc humaine s’épuise à nier quelle est irriguée par la même source.Mes soeurs et mes frères l’époque n’a rien d’épique et le génie de la langue est convoquéee pour construire des idendités qui nient l’autre.

  31. HOUDA ZUBEIR

    Poussière de pain et de poids chiche
    tu fais le régal de ceux qui ne sont pas nés riches
    tu te payes le luxe de convier cumin et harissa
    pour satisfaire le palais prolétaire fissa fissa

  32. Boujrad ali

    Sidi Bel Abbes
    Rani labasse

  33. Ancienne éleve a Alger

    bravo madame Ancienne éleve du lycee nadjah a Alger

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