La Voix De Sidi Bel Abbes

Recherche scientifique : Aourag H., notre ancien recteur de l’UDL, l’Algérie a déployé d’importants moyens pour le développement du secteur.

Prononcer le nom de monsieur Aourag Hafid, l’actuel DG de la recherche scientifique et du développement technologique, c’est inévitablement penser à l’ex recteur de l’université Djilali Liabes que nous avons revu pour la dernière fois lors du mémorial Bendimred Noreddine organisé par le bâtonnat de Sidi Bel Abbes, et que notre journal avait couvert cette activité que nos lecteurs(ices) relire. Et il n’y a pas seulement lui, le nom de notre ami Tadjer Abdelkader pourrait être cité en pensant à cette époque où ils étaient gestionnaires de l’université de Sidi Bel Abbes avec en face d’eux un syndicat CNES très combatif. Voila ce soir, monsieur Aourag souligner en sa qualité de DG de recherche scientifique et du développement technologique que l’Algérie a déployé d’importants moyens au cours des dernières années pour le développement et la modernisation du domaine de la recherche scientifique et l’enseignement supérieur.

Par : Madjid .B

Le gouvernement a conduit une « politique de modernisation sans précédent » du secteur de la recherche et de l’enseignement supérieur, dans le sens défini par le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a indiqué M. Aourag à l’occasion de la cérémonie « Scopus Awards » de remise des prix à des chercheurs algériens. Ces réformes, a-t-il précisé, s’articulent autour de deux axes, à savoir « un cadre stratégique et la refonte de l’université ».

Il a rappelé, à cet effet, que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a « profondément rénové » le paysage algérien de la recherche et de l’enseignement supérieur, dans le but « d’en améliorer la performance, mais aussi d’en favoriser l’insertion dans les échanges mondiaux ».

« La recherche et l’innovation sont au c£ur des défis que nous avons l’obligation de relever », a ajouté M. Aourag, soulignant que « les défis d’aujourd’hui sont globaux et nécessitent une réponse coordonnée faisant plus que jamais appel à nos compétences scientifiques ».

Le directeur de la recherche scientifique a expliqué, dans le même contexte, que « la circulation et la maîtrise du savoir seront déterminants pour notre capacité à relever ces défis et pour le dynamisme de notre économie ».

Il a relevé aussi notamment que « la science est pleinement intégrée à la mondialisation des échanges, comme le paysage mondial du savoir change très vite ».

Il a souligné aussi, que les performances de l’Algérie « sont encore insuffisantes dans les grands classements internationaux » en la matière, « pourtant, a-t-il affirmé, nous voyons une amorce de prise en compte des changements profonds qui s’opèrent depuis 2.000 dans le paysage algérien de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

M. Aourag a précisé que les efforts de l’Algérie « ont porté vers une meilleure organisation et une meilleure efficacité de la programmation de la recherche ».

Il a cité, à cet égard, la définition d’une stratégie nationale de recherche et d’innovation, la création de cinq agences de financement et d’évaluation de la recherche. M. Aourag a indiqué que « 120 milliards de dinars, dont 22 milliards qui relèvent du ministère et 100 milliards du fond national de la recherche » ont été consacrés pour mettre en oeuvre trois axes forts. Il s’agit de « favoriser l’intégration entre pôles d’enseignement supérieur et de recherche, la mise à niveau des infrastructures et équipements scientifiques, et le renforcement des programmes stratégiques nationaux (nucléaire, industrie spatiale, transports, TIC, santé, biotechnologie) », a-t-il expliqué. Il a ajouté dans le même sillage que « plus de 1.000″ projets d’infrastructures de recherche sont en construction » et près de « 5.000 projets » nationaux de recherche ont été déposés au titre des premiers appels à projets, « dont 500 » projets pour les équipements d’excellence. La cérémonie « Scopus Awards », dédiée à la célébration de la science en honorant 11 chercheurs algériens ayant fait le plus de publications dans leur domaine, a été organisée par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique avec la société néerlandaise Elsevier. M. Aourag a souligné à cette occasion, la « contribution majeure que savent apporter les chercheurs algériens dans un domaine clé des sociétés du savoir en émergence, à savoir la science ». Il a indiqué que le prix a désormais « conquis une notoriété » au sein de notre communauté scientifique et du grand public, et devenu un « réel outil » pour la mobilisation du talent algérien autour de la recherche scientifique.

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Posté par le Avr 27 2012. inséré dans ACTUALITE, ALGERIE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

23 Commentaires pour “Recherche scientifique : Aourag H., notre ancien recteur de l’UDL, l’Algérie a déployé d’importants moyens pour le développement du secteur.”

  1. Le Nouvel Observateur

    Pour ajouter un tout petit bémol à cette euphorie permettez-moi de placer cette phrase : l’état algérien, certes, consent à investir dans le matériel scientifique mais répugne à sortir le chercheur de son état larvaire dans lequel il continue à végéter.
    Je m’explique. Il y a 120 milliards de dinars consacrés à la recherche scientifique mais une grosse partie est affectée à l’acquisition de matériel ou à la réalisation d’infrastructures, bien qu’à Bel Abbes nous n’ayons pratiquement rien vu. Mais, là où le bât blesse c’est que cette politique de recherche reste menée par des gens qui n’ont pratiquement jamais fait de recherche. De prestigieuses institutions sont « gouvernées » par des ignorants nommés non pas de par une quelconque qualité scientifique mais plutôt par un népotisme ou un clientélisme avéré avec les responsables.
    Pire encore, la même erreur produite dans d’autres secteurs est conduite dans ce secteur névralgique. On met tout sur le matériel et quasiment rien sur le chercheur. Des primes ridicules avec obligation de résultats chaque année sont incompatibles avec une recherche de qualité. La recherche scientifique a toujours été une question d’argent mais aussi de… temps. Les projets, lorsqu’ils sont retenus, doivent impérativement aboutir, ce qui répugne plusieurs chercheurs de qualité à s’y investir. De plus, ces projets doivent obligatoirement passer par plusieurs filtres (appelés comités) extrêmement contraignants qui font tout pour bloquer tout projet prometteur. Résultat des courses, il faudrait faire preuve de grande pugnacité, avoir de solides nerfs et surtout d’excellents relais (lektafs) pour pouvoir développer un projet assez intéressant.
    Je connais personnellement M. H. Aourag, c’est un scientifique volontaire et de renom mais la tâche qui lui est imposée est vraiment titanesque, mais si on lui donnait les pleins pouvoirs et que les projets étaient évalués à postériori et non à priori alors la recherche à de fortes chances de décoller en Algérie. Reste aussi à penser à mieux rémunérer les chercheurs au lieu de les laisser faire des heures supplémentaires harassantes.
    Tant que ces deux conditions ne seront pas réunies l’Algérie continuera à acheter du matériel qui pourrira dans des cartons.

  2. Arbi zazou sl sba

    je suis heureux de voir mr aourag continuer a servir et nonse servir ouest ces jours ci le CNES

  3. smain

    Ce monsieur Aourag a été trés correct contrairement aux actuels gestionnaires

  4. Lazreg

    Les plus belles année de gestion de l’université de Bel abbes étaient sous la direction de ms Aourag, Benyahya, Khalfi, Mkelkel, dani, benguedieb, Djadel…..

  5. nouari yahia

    monsieur Lazreg vous avez raison et le choix de cetarticle n’est point fortuit

  6. Sokato d' Alicante

    La recherhe scientifique les moyens ne suivent pas c encore inssufisants

  7. Universitaire

    Hafid était sérieux pas démagogue et menteur écouté

  8. harmel

    les universitaires sont muets et complexés ils veulent la paix compromise

  9. benali

    les gens que j’ai du rencontrer du milieu de l’unversité disent du bien de ce cadrequi est en train de bien travailler .Son passage a sidi bel abbes ou iol a des liens familiaux n’a pas duré on préféra un toutou made in oujda

  10. Tadjer Abdelkader

    Mr Kadiri,
    Je vous prie d’insérer ce témoignage en ce qui concerne l’apport de Mr Aourag, ex recteur de l’UDL de Sidi Bel Abbes, et actuellemnt DG ( MESRS, DGRSDT)
    Une des qualités que recèle le projet de Mr Aourag DGRSDT, et par ailleurs on ne peut que être fier et heureux que l’un des nôtres puisse entreprendre ce chantier gigantesque et asseoir ses structures, est le caractère universel (normatif) qu’il veut inculquer à la recherche scientifique en Algérie. C’est d’ailleurs sur cet esprit qu’il avait engagé l’université de Sidi Bel Abbes en l’an 2000 quand il a été recteur. En son temps l’université de Sidi Bel Abbes avait accédé à la première place des universités algériennes (tissage de réseaux à l’échelle internationale ( Document Badi Zakia, Université Claude Bernard de Lyon, 2003)).
    En rééditant ce schéma à l’échelle nationale Mr Aourag continue sur un chemin déjà balisé, à Sidi bel abbes et Tlemcen .
    Les schémas antérieurs auxquels étaient confrontés les chercheurs ont gêné énormément à l’aboutissement d’une recherche performante. Le crédo qu’il veut insuffler à la recherche par une nouvelle organisation plus ou moins inspirée de la NSF( National Science Fondation USA) ou celle actuellement en vigueur en Inde (Schémas par ailleurs très performants ayant engendré des résultats probants) pourrait à long terme engranger des fruits.
    Ce schéma très ambitieux, disposant de ressources et de financement public substantiels laisse espérer à l’aboutissement à des résultats tangibles dans le moyen et long terme. Le réservoir de compétences existe à l’échelle nationale et à l’étranger et leur mise sur orbite si on ose utiliser ce terme sera plus ou moins facilitée si les errements bureaucratiques venaient à être levés (première embûche à lever). Nous en convenons que pas mal d’autres embûches sont présentes pour la mise en place de ce schéma. Une deuxième obstacle celui là intramuros risque de freiner les élans, biaiser les évaluations et pour pratiquement toutes les disciplines , l’existence de deux spécificités dominantes dans la population de chercheurs, les ‘’expérimentateurs’’ et les ’’ modélisateurs’’, l’un confronté à l’obligation de résultats sur le très court terme (publication, communication donc difficulté si les résultats n’aboutissent pas) et l’autre confronté à la pertinence des résultats obtenus par la simulation facilement publiables mais essentiellement destinés à remplir les bases de données internationales et n’ayant aucun effet valorisant. On est alors confronté à l’échelle de mesure. Un système de valorisation et d’évaluation par pondération serait susceptible de lever cet obstacle mais bute actuellement sur les querelles byzantines propres à tous les secteurs, et les choix finaux ne sont souvent pas ceux espérés. Je citerai un troisième écueil et non des moindres celui ci extramuros ( hors DGRSDT),il s’agit de la relation entre organes de recherche et entreprises industrielles ou opérateurs économiques pour être plus large, puisque en période de stagnation économique ( production industrielle ) rares sont les entreprises qui investissent dans la recherche et développement et sont beaucoup plus tentés par un recrutement sélectif pour la partie exploitation (production) qu’un investissement à long terme sur des chercheurs recrutés des universités. Les recrutements par ces entreprises d’universitaires même à fonds perdus mais engagés dans des projets de recherche et développement est plus qu’exigée. La politique d’incubateurs et de ‘start up’ nécessite l’adhésion de ces opérateurs économiques pour effectivement permettre la mise en place effective des noyaux de recherche et développement condition sine qua none d’une recherche qu’on veut utile.
    L’apport de Mr Aourag dans la mise en place d’une politique de recherche conséquente et cohérente est indéniable, sa passion pour le travail qu’il entreprend n’a d’égale nulle part. Comme tout ce qui est positif a quelque chose de négatif (parole d’enseignant de physique), tout n’est pas rose bien sûr, il reste énormément de choses à entreprendre que ce soit dans le contenant que dans le contenu.
    Autant la mesure effective de la recherche scientifique ne peut être faite que lorsque les résultats obtenus sont tangibles, l’homme se mesure à l’effort et à l’abnégation dans les actions qu’il entreprend.
    Abdelkader TADJER
    Sidi Bel Abbes, le 28 avril 2012

  11. Universitaire

    « L’homme se mesure à l’effort et à l’abnégation dans les actions qu’il entreprend. »On ne saura bien dire concernant le DG de la recherche scientifique nationale. Oui il mérite tous les égards et nos éloges au vu du travail colossal qu’il est train d’accomplir pour que rayonne à l’échelle internationale, notre recherche scientifique. Malheureusement, la réalité est tout autre. Sur le terrain, rien n’est visible. C’est la désolation dans les laboratoires de recherche. Fort, heureusement, il y a la collaboration scientifique étrangère qui permet à beaucoup de nos chercheurs d’achever leurs travaux scientifiques.
    Des projets nationaux, dites-vous??? Certes, ils sont nombreux, mais leur financement est dérisoire. Y a encore beaucoup à dire et à remettre en cause….
    Et tant que nos responsables sont dans les discours de bilans théoriques sans critiques scientifiques de fond, l’enseignement supérieur national d’une manière générale et la recherche en particulier végèteront dans la médiocrité

    • Mémoria,

      Pourtant la presse affirme que devises sonnantes et trébuchantes sont allouées à cette recherche scientifique locale et universitaire…Nous sommes d’accord avec vous lorsque que vous affirmez qu’il n’y a rien sur le terrain de la recherche appliquée alors que l’Etat arrose(c’est le terme) nos campus de budgets faramineux.
      Alors où est le constat ?
      -Mauvaise gestion des ressources du MESRS ?
      -Absence de structures d’inspection financière ?
      -Silence de l’élite enseignante qui se complait dans un statut social éphémère en laissant faire la meute primitive…
      Et cela me rappelle la phrase d’un ancien commissaire politique:
      « On peut libérer un coupable inculte et ignare qui ne sait pas… ,mais ne jamais pardonner à un intellectuel qui est censé savoir ! »

      • observateur

        On peut avoir et dépenser autant d’argent qu’on peut, on ne peut aboutir à des résultats si l’aiguillonnage de la recherche est faussé, la recherche scientifique est un état d’esprit qu’on cultive durant tout le parcours de vie d’un chercheur, si le terrain est fertile il y a aura floraison et fruits, si ce même terrain est stérile vous avez beau arrosé, bêché, il n’ y a aura pas de fruits. Ceci étant, le statut social du chercheur enseignant est un paramètre important, lésiner sur les moyens dans ce domaine est mauvaise politique, puisque l’enseignant chercheur est une partie prenante dans la recherche scientifique. Pour être impartial il faut également avouer que les mesures consenties ces derniers temps aux enseignants étaient demandées depuis les années 90, c’ est à dire bien avant la dévaluation du dinar, et les mesures imposées par le FMI. Une partielle justice leur a été consenties comme aux autres corps de la société algérienne.

  12. sidi lahcene

    Evoquer la recherche scientifique, c’est avant tout saisir ses enjeux stratégiques et faire ressortir son apport dans le processus du développement humain.
    samedi 18 septembre 2004.
    C’est aussi faire part du statut sociologique de l’activité et définir la contribution de tous les acteurs, y compris celle de l’Etat, des autres institutions privées et des ONG pour la prise en charge des besoins de celle-ci et trouver les moyens adéquats d’exploiter les outputs de l’activité de la recherche et, par voie de conséquence, faire de la valorisation des résultats une véritable politique nationale à l’instar des politiques scientifiques des pays en voie de développement vers la société électronique.

    De ce fait, la recherche scientifique s’adapte aux nécessités multidimensionnelles de la société pour parer à ses besoins, voire en créer d’autres pour les satisfaire ultérieurement et atteindre l’élan indispensable aux différentes étapes de l’évolution humaine. C’est ainsi que l’on rencontre parfois des domaines de recherche très pointus dans les pays développés mais totalement ingnorés par l’hémisphère sud du globe. Cela étant vérifiable par les caractéristiques des résultats de l’activité et surtout par la nature des publications et autres brevets d’invention déposés dans les institutions dédiées à la protection, l’exploitation et surtout à la diffusion de la documentation scientifique et technique.

    C’est ainsi que les observateurs du développement de la science insistent sur la nécessite de trouver une alliance entre le pouvoir politique et la communauté scientifique afin de baliser le terrain de la valorisation et l’exploitation des résultats et surtout pouvoir aboutir à une véritable inscription sociale de la science comme recommandée par l’Unesco(1). Il n’est pas nécésssaire de s’attarder sur le rôle vital de la recherche au sein de la société, car c’est un investissement qui contribue efficacement au progrès de tous les axes stratégiques de la société, à savoir la prise en charge des besoins des entreprises et autres institutions de production des biens et des services, sans oublier les volets culturel et sociologique. Le rôle de la recherche est, aussi, visible dans l’amélioration des conditions de vie des sociétés avec un apport clair, effectif et surtout quantifiable dans tous les domaines humains. Mais cette dynamique sociologique est parfois affectée par des conditions parascientifiques et surtout par l’instrumentalisation temporelle et politique des régimes en place et surtout par la méconnaissance des gestionnaires de cette activité primordiale pour la société.

    Constat et diagnostic scientifiques de l’Algérie
    Dotée de plus d’une dizaine de centres de recherche et de plusieurs centaines d’unités au niveau des universités et autres instituts, l’Algérie n’arrive pas à ancrer une politique claire de la recherche scientifique, du fait de l’absence d’une véritable stratégie de programmes nationaux pour la promotion de l’activité intellectuelle en général et de la recherche en particulier et de planification pour la valorisation des résultats. Il faut signaler au passage que le terme générique de l’information scientifique et technique (IST) et le vocable de communication scientifique sont relègués à un plan secondaire alors que leur situation dans les pays développés est hissée au seuil de la souveraineté car ces pays ont saisi la plénitude de la contribution de la recherche dans le developpement et ont mis une politique d’approche pédagogique pour cette activité.

    La situation de la recherche scientifique dans les pays sous-développés illustre clairement la négligence et le mépris pour ce secteur caractérisé par plusieurs aspects négatifs, notamment l’affectation de budgets dérisoires pour la recherche, l’absence quasi totale de fondations dédiées à la connaissance et à la valorisation des résultats de la recherche, le blocage administratif des carrières des chercheurs et enseignants, gestion administrative des bilans des institutions et autres infrastructures, désignation décrétaire des gestionnaires, sous-utilisation des potentialités existantes, etc. Le cas de l’Algérie n’est pas très différent des autres pays pauvres, nonobstant l’existence de tous les facteurs indispensables à l’expression scientifique de ses compétences, qui sont dans le meilleur des cas poussées à se reconvertir dans d’autres métiers plus valorisés sociologiquement ou forcés à l’exil inverse car trouvant le moyen de briller dans des domaines de pointe jadis monopolisés par les Occidentaux. Des milliers de chercheurs, cadres et autres compétences algériennes sont recrutés par des institutions étrangères de réputation et peuvent décrocher des contrats de travail selon leurs aspirations car ces pays ne font pas de politique de la science mais ont une politique pour la science, la connaissance et le savoir. Il n’y a pas de volonté politique pour l’essor d’une culture propre à la connaissance et au savoir.

    D’un point de vue purement sociologique, on a l’impression que nos gouverneurs forment une population illettrée par le truchement de discours creux sans aucune envergure scientifique au lieu d’aspirer à gouverner une société savante qui puisse décoller avec le savoir et, par voie de conséquence, faciliter la gouvernance au pouvoir, au même moment, les enfants des gouvernants sont formés aux frais du contribuable à l’étranger dans les plus prestigieuses écoles et universités pendant des années. Sous prétexte de manque de moyens financiers, la recherche scientifique tous domaines confondus a été privée de documentation et de moyens techniques pendant des années. Cependant, les caisses de l’Etat sont remplies, des projets sont tout de suite inscrits pour le revêtement des trottoirs et le ravalement des immeubles de la capitale et des grandes villes de l’intérieur et confiés à des amateurs pour défigurer tout l’environnement, pour dire par la suite que l’Algérie est en crise financière. On est très loin des normes mondiales de la contribution de l’Etat dans le processus de vulgarisation et de socialisation scientifiques, alors pour la recherche scientifique, il ne faut surtout pas opérer des comparaisons. La société algérienne est apte à se prendre en charge du point de vue scientifique, car si les écoles privées existaient, la plupart des enfants seraient scolarisés au sein de ces structures au détriment des besoins primordiaux de la famille.

    Le « décret » de la science
    Le plus grand préjudice porté à la recherche scientifique en Algérie concerne inévitablement la nomination des gestionnaires du secteur par décret, ce qui engendre dans bien des cas la déperdition des compétences et l’exode des cerveaux vers des horizons qui respectent la notion du savoir et vers des sociétés qui garantissent un statut valorisant tant sur le plan matériel que culturel dans la mesure où il a accès aux sources informationnelles et peut vivre décemment de la vente de sa matière. Ce qui a donné naissance au transfert de technologie inverse sans que cela provoque une mise en place de la prise en charge de la substance grise du pays. Il est dès lors évident que l’on assiste à une hémorragie des valeurs algériennes, parfois avec la « bénédiction » des dirigeants des institutions nationales. Un gestionnaire, d’un prestigieux centre de recherche dans la capitale, a confié à des amis qu’il voulait avoir sous « sa coupe » des gens qui ne discutent pas ses décisions et ne l’encombrent pas avec des revendications scientifiques. Sans avoir l’intention d’inventorier toutes les carences de la recherche dans les pays sous-développés en général et en Algérie en particulier, il faut insister sur le caractère fonctionnel de l’activité de recherche et l’absence systématique d’une théorie scientifique du savoir adaptée aux besoins du développement.

    Il y a un autre aspect qui caractérise le fonctionnement de l’activité scientifique et qui est fondamental à notre sens pour saisir toute la doctrine de cette théorie : c’est la création des chercheurs de « service » politique. Sinon y a-t-il une justification logique pour ne pas organiser un concours de recrutement de directeurs de centre, ou exiger un profil correspondant au poste selon les critères imposés par toute institution respectable au lieu de procéder à la désignation par instruction et décret intreposés ? En Algérie, un responsable du centre de recherche ou d’une quelconque entreprise peut être « fossilisé », s’il entretient les privilèges relationnels avec les coulisses du pouvoir et ne sera jamais inquiété, car le service rendu est synonyme de protection et de pouvoir. On ne peut s’empêcher, dans ce cas précis, de penser que l’encouragement du transfert de technologie inverse est indirectement stimulé par ce genre de comportement à l’endroit de la communauté scientifique établie en Algérie. Les responsables de la recherche sont maintenus au poste de gestionnaires et de directeurs par complaisance ce qui dédouane le laisser-aller enregistré dans le travail justifiant leur activité par des résultats ne dépassant pas le stade de théorie parfois mal calculée. C’est lors des visites programmées d’un ministre ou d’un responsable que le tiroir est utilisé pour démontrer la force intellectuelle des compétences pendant le laps de temps de la visite pour les remettre par la suite aux archives. C’est comme les hôpitaux qui s’habillent de la meilleure tenue à l’occasion de l’inspection ministrale où le malade bénificie de tous les égards y compris l’eau courante dans son robinet flambant neuf et l’enceinte peinte la veille du rendez-vous avec un nettoyage parfait et un engagement sans precèdent.

    La tare du bilan administratif
    Le bilan de la recherche scientifique en Algérie n’a jamais été fait à mon humble avis en termes d’évaluation des potentialités opérationnelles des activités de celle-ci, car le terme d’évaluation perd toute sa signification dans un processus scientifique perverti. A la fin de l’année, on se contente généralement de présenter un bilan administratif en grande pompe pour justifier l’exploitation du budget et reconduire un autre budget plus conséquent sans plus. Les comptes sont rendus à la tutelle sans passer par les instances compétentes d’évaluation, ce qui conforte le responsable dans la pérennité fonctionnelle et devenir par ces actes un carriériste scientifique. D’ailleurs, même les conseils scientifiques « ad hoc » se sont reconvertis à traiter des détails parascientifiques au lieu de demander les comptes de l’activité. La fin de l’exercice est systématique aux personnes qui veulent faire valoir l’hégémonie de la science sur l’aspect administratif du bilan. A-t-on fait le compte des budgets engloutis par ce secteur et s’est-on demandé ce que tout cela a profité à l’Algérie sur le double plan sociologique et économique au sens large du terme ?

    Dans les pays développés, les assises de la recherche sont organisées périodiquement pour l’évaluation et l’identification précises des ressources humaines, matérielles et financières affectées à la recherche, à la définition des objectifs des programmes recherches gouvernementaux public et privés. Le point focal des assises, qui doit être mentionné à notre sens, concerne inévitablement l’identification de leur contribution aux finalités du développement et à la relation recherché avec ses partenaires économiques et cela selon un cahier des charges pour chaque centre ou unité de recherche dans lequel on peut trouver les détails, y compris le processus d’application des résultats et leur finalité (brevet, document, rapport,…). Aussi, il est très important de se demander pourquoi la science est totalement bloquée en Algérie, et le statut réclamé par la communauté scientifique ne fait pas référence à rendre des comptes, lorsque l’argent du contribuable est consommé de façon aléatoire et administrative. L’esprit revendicatif de la communauté scientifique est légitime, mais il faudrait que ce même statut responsabilise le chercheur envers la société à commencer par les gestionnaires de nos institutions scientifiques. Dans ce sens, il n’est pas du tout impossible de demander des bilans scientifiques pour rendre compte de la valorisation, ce qui pourrait constituer le maillon essentiel de déblocage des potentialités des compétences algériennes et, éventuellement, donner espoir aux exilés de contribuer au développement de l’activité par le changement de la mentalité beylikale et de rendre aux compétences leur véritable mission.

    L’expérience de quelques pays a démontré que la valorisation de la recherche passe par l’implication des différents acteurs de la société qui donne les moyens mais exige des résultats et demande des comptes. L’impôt prélevé dans le cadre de la loi doit faire une justification palpable et non pas une prescription stéréotypée inscrite dans le bilan annuel des dépenses. En face de chaque dépense doit être justifié l’état d’avancement, car cela relève du contrôle des activités de la recherche qui doit en fin de compte s’inscrire dans le processus de la société. A titre d’exemple, des projets sont inscrits indéfiniment dans l’agenda de l’activité sans que cela bénéficie aux entreprises et autres institutions, il faut chercher ce qui peut être rentable au pays et non pas l’inverse, car en Algérie, on n’est pas encore au stade de créer le besoin de la science. On voudrait bien savoir combien de brevets sont exploités par nos entreprises en une décennie ? Sont-elles en mesure de connaître tous les brevets déposés à l’INAPI ? Ou préfèrent-elles importer le produit fini de l’étranger pour bénéficier de missions fantoches à l’étranger et bénéficier d’une commission sur le contrat ? Est-ce que les entreprises nationales ou privées sont en mesure de mettre le paquet financier pour exploiter ces brevets et mettre en place la machinerie nécessaire à sa mise en œuvre pour le rentabiliser à long terme ? Y a-t-il une procédure de communication claire en matière de veille technologique dans nos entreprises pour pister les innovations ou les chercheurs ? Quel est le rôle principal de l’activité documentaire dans nos institutions et nos centres de recherche ? Est-on arrivé au stade d’une informatisation systématique des activités de support à la recherche ? Quel est le cahier des charges des centres de recherche, ou doit-on toujours se contenter de la publication du décret de création ? Y a-t-il une évaluation périodique de la mission des centres de recherche et autres unités ? Y a-t-il un centre de recherche qui a été fermé car il a terminé sa mission définie dans le texte de création publié dans le Journal officiel ? On peut se poser une multitude de questions, mais le principal souci est de dire que le décret de création de nos institutions ne donne aucun droit de regard de la société sur les activités et les résultats de la recherche, même le Parlement, censé être une instance de régulation socioéconomique, n’est qu’un bureau d’ordre ou une boîte postale pour accuser réception des lois et textes réglementaires.

  13. G.Mohamed..

    Eh !Bien oui ,c’est très facile de recopier les idées des Experts et de s’autoproclamer  » intello « à la VDSBA !!!Peut-être qu’il y en a d’autres qui le font !!!!!

  14. Mémoria,

    Déjà Max Weber avait averti du danger de l’entrée de la politique à l’université !

  15. ing chômeur

    SOS réclames les ingénieurs en génie climatique et installateurs en Algérie………….??????!!!!!!!!!

  16. azzedine

    svp je cherche le premier recteur de l’ université SBA ???
    MERCI

  17. N_SFISEF

    Il n’y’a pas de recherche sans element esentiel et principal qu’est le chercheur.
    et si on ne donne pas consideration substantielle et morale au chercheur , la recherche ne decollera jamais et on ne fait que donner un coup de sabre dans l’eau « ran ntabetbou ».
    si dans un pays le dernier des derniers est mieux considéré qu’une tete pensante alors n’attendez rien.

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