La Voix De Sidi Bel Abbes

Publication : Hani Abdelkader rend hommage à deux intellectuels

Dans «Abdelkader Azza et Paul Bellat, deux intellectuels de Sidi Bel Abbès», ouvrage paru récemment aux éditions Timgad Diffusion, l’historien et enseignant Hani Abdelkader retrace le parcours de ces deux personnages emblématiques de la cité de la Mekerra.

Ex-cadre des Archives nationales, Hani raconte, à travers des récits enchevêtrés, l’histoire passionnante de deux intellectuels de la cité de la Mekerra dont les trajectoires ne se seraient jamais croisées.
Selon l’auteur, Azza et Bella sont nés dans la même ville, la même année, à deux mois d’intervalle, auraient fréquenté la même école, mais ne se sont jamais connus. «Dans toutes les conférences qu’il a données, dans tous les écrits qu’il a publiés, dans tous les discours qu’il a brillamment faits, jamais Paul Bellat ne cite, n’évoque, ne critique, ne parle de Abdelkader Azza ! Et ce dernier a lui aussi multiplié les écrits, écrit des ouvrages remarqués, animé des séances de poésie sans jamais dire un mot sur Paul Bellat, le seul poète francophone de Sidi Bel Abbès à l’époque», fait remarquer l’auteur.

Dans la préface de ce livre (170 pages) rédigé sur la base de documents d’archives, Bernard Renaud souligne que l’un (Azza) prend vite position pour le mouvement d’indépendance de son pays tandis que l’autre, en tant que Français d’Algérie, sympathise, influencé en cela par son père Lucien Bellat, maire de Sidi Bel Abbès, fief de la Légion étrangère, avec l’extrême droite xénophobe et antisémite du Parti populaire français (PPF). «Azza et Bellat auraient eu incontestablement un immense intérêt à se rencontrer. Ce ne fut pas le cas et c’est bien dommage car, quelque part, et voilà ce qui est singulier, ils partageaient le même amour des Lettres, des Algériens et de l’Algérie», note Renaud qui a consacré, en 1996, une biographie de Paul Bellat sous le titre «Paul Bellat, le colon humaniste».

En fait, à travers la chronique comparée de ces deux intellectuels, l’auteur apporte un éclairage intéressant sur l’histoire d’une ville «duelle» où se juxtaposaient une cité européenne riche et prospère, d’une part, et le «village nègre» et ses «grabas» où était cantonnée la communauté arabe, de l’autre. «A Sidi Bel Abbès, la ville la plus européenne de l’Algérie coloniale, la séparation entre les deux communautés est manifeste», relève Hani.

Le lecteur passe ainsi, sans transition, d’un récit à l’autre, restituant chacun les rapports de force politique entre les deux guerres, la montée du mouvement national, l’élection du parti communiste à la mairie en 1948. M. Hani a déjà publié plusieurs livres dont «Béchar et sa région : une histoire et légende», «Correspondances de l’Emir Abdelkader», «Le  thermalisme en Algérie» et «Les danses traditionnelles en Algérie».

Abdelkrim Mammeri

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=42796

Posté par le Avr 1 2014. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, SBA QUAND TU NOUS TIENS. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

14 Commentaires pour “Publication : Hani Abdelkader rend hommage à deux intellectuels”

  1. mekri mustapha

    priere nous informer quand aura lieu la vente dedicace de ce livre, tres interessant ,qui pourrait avoir lieu,par exemple, dans la librairie de notre ami HAJ MOHAMED SENNI.Je propose, a la VSBA, la journee symbolique du 16 avril.
    Avec mes remerciements anticipes pour toute concretisation de cette initiative

    • Mohamed-Senni

      Mon cher ami.
      Je te remercie pour ton initiative mais je ne peux y souscrire. La raison? Il y a trop de non-dits sur les deux auteurs retenus par le Professeur Hani.
      Avec mon indéfectible estime. Amicalement.

  2. K/faraoun

    AZZA ET BELLA sont nés dans la meme ville et ont fréquenté la meme école et peut etre la meme classe puisqu’ils sont nés dans la meme année en 1905 ou il y avait qu’ un petit nombre d’élèves durant cette époque.En plus les écrivains francophones belabésiens ne se comptait meme pas sur les bouts des doigts et ils se pourrait qu’ils se connaissaient mais chacun d’eux ne veut citer l’autre dans ses écrits .

  3. Amirouche

    Bonjour

    Reçus par monsieur BELLAT , des hommes de lettre et non des moindres ont foulé les rues de notre ville de Sidi Bel Abbès , je citerai Max Marchand ,Feraoun , Andrè Gide, Kessel et Camus qui a séjourné chez lui dans sa résidence  » Le Rocher  »

    En 1947,Monsieur Abdelkader Azza réussit à se faire élire au conseil municipal de Sidibelabbès où le maire communiste José Justrabo avait pour adjoints : – AZZA -GOELLI- LAGUER-VILLELA-BENAMOU

    Au sein de l’assemblée: -OUHIBI
    -EL HAÏNA
    -BEN HASSAÏNI
    -BENALI
    -BADSI
    -ABROUSS
    -ADIM
    Je remercie , encore une fois Mémoria , Maameri et Hani.
    J’apprends chaque jour comme disait Hugo et c’est vrai que  » apprendre , ça pousse vers l’avant  » !

    Cordialement

  4. K/faraoun

    AZZA ET BELLAT sont nés dans la meme année, dans la meme ville et fréquenté la meme école en plus les deux ont fait de la politique puisque le premier était adjoint du maire communiste René Justrabo et le second était député et je me demande pourquoi ils se sont pas connus C’est bizzare non! pourtant sidi bel abbes était le petit et non le grand Paris. Histoire drole!

  5. Hakem Abderrahmane

    Les deux auteurs ne se sont pas rencontrés car l’un était un nationaliste (Azza Abdelkader)et voulait une Algérie libre et indépendante l’autre était un colonialiste (Paul Bellat) et voulait une Algérie Française.

  6. K/faraoun

    Si Hakem Pourquoi Bellat a rencontre le chahid Mouloud Feraoun qui était lui aussi un nationaliste ?

  7. Jamel

    Camus est venu a belabbes pour enseigner au lycée laperrine mais n’est pas resté Personne ne nous dit pourquoi il est vite reparti?

    • Mohamed-Senni

      Cher Djamel.
      Il est vrai que Camus a été désigné, début octobre 1937, pour enseigner au Collège Laperrine. Il a été écrit dans ces mêmes colonnes -et ceci reste très discutable – que la présence d’une communauté d’extrême droite dans notre ville a vite fait de le dissuader. Et c’est ainsi qu’il s’en retourna à la Capitale. Camus a appartenu, quelques mois, à la « Gauche ». En effet, en 1935, son professeur, Jean Grenier (1898-1971), agrégé de philosophie à 24 ans, lui conseilla d’adhérer au Parti Communiste Algérien. Le 8 juin de la même année, le futur Prix Nobel informe son professeur qu’il s’est retiré de ce Parti et sa carte de militant lui fut réclamée suite à des incidents survenus entre le P.C.A. et le P.P.A. de Messali.
      Dans le livre « Théâtre, Récits, Nouvelles », nous pouvons lire : « Camus refuse un poste au Collège de Sidi-Bel-Abbès par crainte de la routine et de l’enlisement »(Page 31). Ce livre de 2089 pages est publié sous le n° 61 de la prestigieuse collection de la Pléiade des Editions Gallimard le 29/7/2005 avec une préface du Professeur de Camus cité ci-dessus. Personnellement je ne pense pas qu’il ait accepté de rencontrer Bellat comme le rapporte un commentateur. Mais sait-on jamais?

  8. K/faraoun

    SI HAKEM Bonjour
    Monsieur henni à qui je lui souhaite un prompt rétablissement est avant tout un archiviste et l’histoire est devenu sa première passion mais à travers ses recherches dans les écrits de Bellat et Azza , rien qui ne confirme leur croisée des chemins certes mais mise à part les écrits aucun ne peut nous dire que les deux intellectuels bélabésiens ne se sont jamais connus pourtant ils ont tous deux les memes dénominateurs communs à savoir :
    1/ la meme année et lieu de naissance
    2/ la meme école
    3/ la meme classe
    4/ peut etre le meme lycée
    5/ la vie politique meme si elle n’était pas la meme
    6/ la meme culture puisqu’ils sont des écrivains
    ils se peut qu’ils se sont rencontrés physiquement mais sans que l’un cite l’autre dans ses écrits parce que chacun d’eux avait peut etre sa fierté et tout est possible que leur rencontre n’a pas été écrite.

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