La Voix De Sidi Bel Abbes

Présidentielle 2014 : Le taux sera très élevé selon les politiciens L’abstention, l’autre invitée de l’élection présidentielle

L’élection présidentielle du 17 avril qui suscite beaucoup de préoccupations auprès des électeurs et des candidats, notamment après l’annonce de la candidature du Président sortant à un quatrième mandat, pourrait se répercuter négativement sur le taux de participation à cette joute électorale.

Ainsi, devant le flou et l’épais brouillard qui voilent le ciel politique d’Alger depuis la fameuse diatribe de l’actuel secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, contre le patron du DRS, d’une part, et d’autre part devant les différentes tirailleries enregistrées ces derniers jours entre les différents responsables politiques, le citoyen suit attentivement la situation, sans qu’il ne puisse rien faire, étant donné qu’il est le dernier maillon de la chaîne. Ainsi, devant cette situation peu reluisante, il faut s’attendre à un fort taux d’abstention. Le premier constat que nous avons relevé sur le terrain : l’élection présidentielle constitue le dernier souci des Algériens. « Il ne faut s’attendre à rien de cette échéance. La règle ne sera pas dérogée alors je ne peux pas cautionner une élection frauduleuse, dont le résultat est connu depuis des mois déjà. Et je n’ai pas besoin d’une campagne de boycott pour ne pas participer à cette mascarade » dénonce Samir, un jeune étudiant abordé devant la fac centrale d’Alger. Par ailleurs, les partis politiques qui ont opté pour le boycott vont mener des campagnes pour sensibiliser les gens de l’inutilité de l’élection. « Nous n’avons besoin d’aucune campagne, c’est notre conviction qui nous guide, et non les actions politiques de ces partis. Autrement dit, l’abstention est un choix personnel, alors nous n’avons besoin d’aucune leçon, car dans la politique tout est clair » poursuit notre interlocuteur. Mais que pensent les politiciens de l’abstention, qui demeure la bête noire de tous les candidats ? Ainsi, selon le président du Parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, les Algériens ne sont pas dupes « devant une mascarade pareille; qu’attendez-vous des électeurs ? Ces derniers vont bouder les urnes pour exprimer leur refus à cautionner une politique hautaine menée par l’entourage présidentiel. Alors je vous dirais que le taux d’abstention va atteindre lors de cette mascarade électorale le summum » fulmine-t-il. Dans le même ordre d’idées, notre interlocuteur rappelle que son parti va mener une campagne de boycott pour sensibiliser les citoyens sur la gravité de la situation et l’inutilité de participer à une élection dont le résultat est connu par avance. « Le boycott va rejoindre l’abstention, nous n’allons pas cautionner une élection frauduleuse. Pour moi, il s’agit d’un coup d’Etat et non d’une élection présidentielle. Les Algériens vont la rejeter, ils ne sont pas bêtes à ce point pour voter sur un candidat grabataire » tempête-t-il. De son côté, le président du FJD, en l’occurrence, Abdallah Djaballah, estime que le flou politique pousse les électeurs à ne pas se rendre le jour J aux bureaux du vote. « Il ne faut pas se leurrer, l’abstention ne date pas d’aujourd’hui. Toutes les dernières élections, que ce soient les présidentielles ou les législatives ont été entachées de fraude massive. Pour cela, les électeurs ne croient plus aux échéances électorales. Il y va de même pour la mascarade du 17 avril, il faut s’attendre à un taux record, notamment après l’annonce de la candidature du président sortant. Durant les trois derniers mandats de Bouteflika, les gens n’ont vécu que corruption et échec sur tous les plans, et le peuple est mobilisé comme un troupeau seulement pour avoir ses voix à chaque échéance électorale. Les gens veulent du sang neuf. Ils veulent un changement réel, alors la grande majorité n’est pas enthousiaste, vu la situation de santé du président sortant qui ne veut pas lâcher la chaise, en dépit de son incapacité à gouverner », déplore le président du FJD. Dans le même sillage, Zinedine Tebbal, chargé de la communication du MSP, indique que la dernière décennie a été marquée par des taux très élevés d’abstention durant les différentes échéances électorales. « Cette fois-ci, les choses ont empiré. Avec un candidat moribond en la personne de Bouteflika, il faut vraiment s’attendre à un nouveau record d’abstention, sachant que la machine à fraude sera mise en branle par l’administration, pour « compenser » le taux d’abstention qui peut décrédibiliser cette joute électorale. « Le plus grave dans tout cela, c’est que les gens ne s’intéressent plus à la politique, et ils ne font plus confiance en leurs gouverneurs. Dans les pays qui se respectent, une échéance électorale est synonyme d’un défi entre les candidats, ce qui n’est pas le cas chez-nous. Les gens demandent alors pourquoi aller voter étant donné que le résultat est connu d’avance, et le candidat du pouvoir, cette fois-ci, est gravement malade, ce qui discrédite davantage ce rendez-vous électoral. Mais je profite de cette occasion pour dénoncer le non-accès des candidats et des électeurs au fichier électoral, qui nourrit la fraude électorale. Nous avons le droit de vérifier la véracité du taux de participation aux élections, une chose que le ministère de l’Intérieur refuse toujours. Alors comment voulez-vous que les électeurs se rendent aux urnes devant une opacité pareille ? », se demande notre interlocuteur.

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Posté par le Fév 27 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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