La Voix De Sidi Bel Abbes

Présenté comme terroriste, un Algérien fait condamner TF1

La cour d’appel de Paris a condamné jeudi deux responsables de TF1 et un journaliste pour diffamation à verser solidairement 3000 euros de dommages et intérêts un Algérien, Ali Belhadad, présenté à tort comme un terroriste au journal de 20 heures. L’avocat d’Ali Belhadad, Yves Baudelot, s’est dit « ravi pour le principe »,mais « déçu du montant » de la condamnation.

Dans un reportage diffusé le 2 avril 2012, Ali Belhadad, un Algérien de 48 ans vivant en France depuis 20 ans, avait été présenté à tort, notamment sur la foi d’un communiqué du ministère de l’Intérieur, comme ayant été condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech de 1994 (ou deux touristes espagnols avaient été tués).

Il avait été expulsé en « urgence absolue » par le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Claude Guéant, se fondant sur une « note blanche » des renseignements faisant état de ses relations avec des vétérans de camps d’Al-Qaïda en Afghanistan et au Pakistan.

Ali Belhadad a finalement pu revenir en France en mai 2014, après l’annulation de son arrêté d’expulsion en février. En première instance, Ali Belhadad a été débouté par le tribunal correctionnel de Paris, qui avait accordé le bénéfice de la bonne foi aux prévenus.

Une autre procédure contre le directeur de cabinet de Claude Guéant

S’il ne peut être reproché à TF1 d’avoir repris les motifs de l’expulsion en urgence d’Ali Belhadad, il incombait en revanche à la chaîne de « vérifier l’exactitude de la condamnation », a estimé la cour d’appel.

Ali Belhadad avait engagé une autre procédure contre le directeur de cabinet de Claude Guéant, Stéphane Bouillon, qui a été condamné à 800 euros d’amende avec sursis et 7000 euros de dommages et intérêts le 15 mai dernier.

Le communiqué avait été rédigé non pas sur la base de l’arrêté d’expulsion mais sur celle d’une note des renseignements généraux de la préfecture de police de Paris (RGPP). Or, cette note attribuait à tort la condamnation à Ali Belhadad alors qu’elle concernait une autre personne mentionnée dans le texte.

L’arrêté d’expulsion n’avait, lui, pas repris cette erreur, indiquant simplement que des « relations régulières » avaient été mises en évidence entre Ali Belhadad et la personne effectivement condamnée pour son rôle dans les attentats de Marrakech.

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Posté par le Juin 11 2015. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

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