La Voix De Sidi Bel Abbes

« Pascal Boniface interviewé par Omar Merzoug du Quotidien d’Oran ».

Pascal Boniface au « Le Quotidien d’Oran » : «L’accusation d’antisémitisme vise à empêcher la critique de la politique israélienne»
  Un entretien réalisé par Dr Omar  Merzoug

 

 

 

 

 

——Né en 1956, Pascal Boniface1 s’est d’abord orienté vers les questions de désarmement nucléaire.

Puis, il s’intéresse à la géopolitique dont il devient un spécialiste. Auteur de plus de quarante ouvrages, il préside, depuis 1990 aux destinées de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) qu’il a fondé.

Auteur de «Est-il permis de critiquer Israël» (Laffont, 2003), de «La France malade du conflit israélo-palestinien» (Salvator, 2014) il se voit accusé d’antisémitisme pour avoir critiqué la politique de l’État d’Israël. Son dernier opus «Antisémite» m’a conduit à m’intéresser à cet intellectuel dont les prises de position ont suscité mainte polémique.

Le Quotidien d’Oran : Vous avez très récemment publié un ouvrage que vous avez intitulé «Antisémite» (Editions Max Milo), pourquoi ce titre ?

Pascal Boniface : Parce que depuis environ dix-sept ans, je suis régulièrement l’objet d’attaques m’accusant d’antisémitisme, sans que pour autant du reste aucun de mes écrits, aucune de mes déclarations ne puisse prêter corps à cette rumeur calomnieuse. Tout ceci parce que j’ai émis des critiques à l’encontre du gouvernement israélien. C’est une affaire qui a pris une certaine importance, ce que je raconte dans ce livre, outre le fait que j’ai toujours combattu l’antisémitisme comme toutes les formes de racisme, en les mettant sur le même pied, ne faisant pas de différence entre les luttes contre le racisme, mais un peu pour mettre en garde contre la confusion de plus en plus fréquente de la critique politique d’un gouvernement, en l’occurrence celui d’Israël, comme je peux critiquer d’autres gouvernements, et la haine d’un peuple, l’antisémitisme. Et l’on voit que pour des raisons sur lesquelles on pourra peut-être revenir, les avocats inconditionnels d’Israël, non pas ceux qui soutiennent l’État d’Israël, mais ceux qui estiment qu’il ne faut en aucun cas critiquer le gouvernement israélien, ces gens-là commettent une confusion entre critique du gouvernement israélien et l’antisémitisme, ce qui est politiquement dangereux et intellectuellement faux. Si je critique la politique de Donald Trump, Poutine ou tel grand dirigeant chinois, on ne va pas m’accuser de racisme anti-américain, anti-russe ou anti-chinois, on va s’aviser que j’exerce un jugement politique. Il n’y donc vraiment que ce cas spécifique où pour sanctuariser le gouvernement israélien, on accuse d’antisémitisme ceux qui jettent un regard critique sur l’action de ce gouvernement.

Q.O : Ce serait une forme d’intimidation, de terrorisme intellectuel ?

P. B. : C’est à la fois de l’intimidation et du terrorisme intellectuel, cocktail qui, je dois le dire, se révèle à l’expérience assez efficace. L’accusation d’antisémitisme est lourde à porter du point de vue de l’honneur et entraîne des conséquences sur le plan à la fois personnel et professionnel. Un certain nombre de collègues, de journalistes ou d’hommes politiques, que je connais personnellement, me confient en privé qu’ils partagent mes opinions sur le conflit israélo-palestinien, mais qu’ils se gardent bien de les proférer en public, parce qu’ils ne sont guère désireux de subir les foudres d’une campagne pour antisémitisme. A court terme, ces procédés sont efficaces dans la mesure où ils empêchent nombre de personnes de s’exprimer.

Q.O : Comment en êtes-vous venu à vous pencher sur le problème israélo-palestinien, parce qu’à l’origine vous n’êtes pas un spécialiste de la question ?

P. B. : À l’origine, je suis un spécialiste des questions de désarmement et de dissuasion nucléaire. Aujourd’hui, je suis un généraliste des questions géopolitiques. Mais il est vrai que le conflit israélo-palestinien sort de l’ordinaire à la fois par son ancienneté et par les contradictions qu’il révèle dans le monde occidental. Ce dernier met en avant des valeurs dites «universelles» comme «le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», mais qu’il ne respecte pas. Dans le cas des Palestiniens, il s’agit d’un conflit à part dans les conséquences qu’il entraîne dans différents pays et, en particulier le mien, la France. On peut être en désaccord sur l’Ukraine, le Tibet, sur mille autres sujets, ça ne soulèvera jamais les passions et les campagnes de haine que peut provoquer le conflit israélo-palestinien.

Q.O : Pourquoi, à votre sens, ce conflit suscite-t-il de telles passions ?

P. B. : Parce que ce conflit a des correspondances internes en France qui compte à la fois la plus grande communauté juive et la plus grande communauté musulmane d’Europe. En même temps, cet élément n’explique pas tout, car je connais de nombreux juifs qui militent pour que les Palestiniens se voient reconnaître le droit à un Etat et voir leurs droits s’exercer librement. On ne peut pas dire que tous les juifs soutiennent Israël et tous les musulmans les Palestiniens. Ce sont aussi des choix politiques qui sont faits, mais peut-être que la position du gouvernement israélien est de plus en plus difficile à soutenir. Parce que l’occupation d’un peuple par une autre était déjà fort contestable au XXe siècle, au XXIe, elle est devenue franchement indéfendable. Lorsque vous n’avez pas réellement d’arguments à faire valoir sur le fond, qui est tout simplement l’occupation d’un peuple par un autre, vous avez peut-être tendance à reprendre les «arguments» du terrorisme intellectuel, pour reprendre votre expression, c’est-à-dire qui viennent empêcher une critique qui s’exercerait plus aisément.

Q.O : Tous vos déboires ont commencé par une note que vous rédigez au sein du Parti socialiste

P. B. : Tout à fait. En 2001, un groupe de travail avait été créé au sein du Parti socialiste auquel j’appartenais afin de sortir du langage convenu, qui consistait à renvoyer dos à dos Israéliens et Palestiniens. Historiquement, le Parti socialiste est très proche d’Israël, et François Mitterrand a pris des positions très courageuses et qui dénotaient par rapport à l’ambiance générale du PS, parce qu’il l’a fait en tant que chef d’Etat, comme président de la République française. Les responsables du PS étaient toujours là à déclarer que ce serait en effet mieux qu’il y ait la paix, mais sans vraiment s’engager. J’ai participé aux réunions de ce groupe de travail et à la fin des travaux, j’ai rédigé une note signée de mon nom recommandant de prendre des positions plus dures sur le conflit israélo-palestinien

Q.O : Plus dures, en quel sens ?

P. B. : Dans le sens du respect des dispositions du droit international, des principes dont se réclamait le PS lui-même. Afin que le PS soit en accord avec lui-même, je disais qu’il était tout de même curieux qu’on puisse se dire de gauche et rester muet face à l’action d’un gouvernement israélien qui déjà comptait des partis d’extrême droite en son sein, notamment celui d’Ariel Sharon. Il est curieux de protester contre la présence au pouvoir de l’extrême droite en Autriche et de ne rien dire sur la participation au gouvernement de l’extrême droite en Israël. Il se trouve que ma note a circulé et Lionel Jospin, qui était à l’époque premier ministre et considéré comme un fort soutien d’Israël, a été relativement impressionné, m’a-t-on dit, par les arguments que je développais dans mon texte. Et c’est à partir de là que je suis devenu un danger pour les avocats inconditionnels d’Israël qui ont eu peur que le PS ne change d’attitude et ne prenne une position moins complice à l’égard du gouvernement israélien.

Q.O : En lisant vos différents ouvrages, l’image d’Israël s’est progressivement modifiée dans l’opinion internationale. En 1967, Israël était perçu presque unanimement en Occident comme une victime, quinze ans plus tard, cette position est devenue plus difficilement tenable

P. B. : Tout à fait. Lorsqu’on consulte les sondages, en 1967, lors de la guerre des Six-Jours, il y a encore un antisémitisme qui est prégnant en France, les préjugés touchant les juifs sont encore très forts et en même temps, l’opinion est très pro-israélienne parce qu’elle est plus anti-arabe

Q.O : À quoi attribuez ce sentiment anti-arabe ? À un sentiment revanchard lié à l’indépendance de l’Algérie ?

P. B. : Aux vestiges du colonialisme, à la revanche de la guerre d’Algérie qui suscite un sentiment anti-arabe et puis Israël a cette réputation d’être un petit pays entouré d’ennemis, «pays qui a fait fleurir le désert» etc. Donc Israël passe pour un pays fragile qu’il faut défendre. 15 ans plus tard, il y a un premier tournant avec l’invasion israélienne du Liban, et notamment les massacres de Sabra et de Chatila qui émeuvent profondément l’opinion française. Par où il apparaît qu’Israël n’est plus un petit pays fragile et menacé dans son existence, mais une très grande puissance qui fait subir l’occupation, fait usage de répression et qui n’hésite pas à employer des armes durant la guerre du Liban. Cela va encore s’amplifier et s’aggraver pendant la première Intifada, en 1987, où là ce sont des adolescents qui sont fauchés par des tirs israéliens. Aujourd’hui on peut dire que l’opinion française est nettement moins antisémite, -l’antisémitisme est très résiduel en France, il n’y a plus à l’encontre des juifs les préjugés d’autrefois-, mais l’opinion est moins pro-israélienne que dans les années 1960, parce que les gens estiment qu’Israël ne se conforme pas aux principes généraux du droit international et à ceux dont se réclame le monde occidental, et par voie de conséquence, il y a une critique plus grande à l’égard de l’action du gouvernement israélien.

Q.O : À vous lire on ne peut s’empêcher de constater un paradoxe : en France, il semble y avoir une grande réserve à l’endroit d’Israël de la part de l’élite intellectuelle, mais qu’en Israël même la critique de l’action du gouvernement israélien est plus vive et plus manifeste

P. B. : C’est moins vrai qu’auparavant. Parce que de nos jours, il y a beaucoup de restrictions aux libertés en Israël. Le gouvernement israélien fait la chasse aux ONG et donc il est devenu plus malaisé de critiquer le gouvernement israélien. D’autre part, il y a un consensus en Israël, la société israélienne a viré à droite et donc la critique de l’action du gouvernement israélien, qui était plus libre avant, l’est moins aujourd’hui. En France, on ne peut prétendre qu’on ne peut critiquer le gouvernement israélien, je le fais. Mais si l’on s’engage dans cette voie, il y a beaucoup de portes qui se ferment sur le plan professionnel. Vous êtes fragilisé, vous avez moins d’avantages. Je ne connais pas de journalistes qui aient jamais été sanctionnés pour leur soutien à Israël. J’en connais beaucoup qui ont été sanctionnés pour avoir plaidé la cause des Palestiniens.

Q.O. : Quand on consulte la liste de vos éditeurs, on constate que vous en avez eu beaucoup. Robert Laffont, Gausewitch, Max Milo, avez-vous eu des problèmes pour publier vos livres ?

P. B. : Oui tout à fait. À l’exception de «Antisémite» édité par Max Milo parce que je travaillais déjà avec cet éditeur. Mais pour «La France malade du conflit israélo-palestinien», j’ai essuyé 14 refus ; pour «Les Intellectuels faussaires», quatorze refus également et sept refus pour «Est-il permis de critiquer Israël ?». Dans le monde de l’édition, la critique d’Israël est considérée comme dangereuse, comme de nature à nuire à la maison d’édition qui s’aventurerait à publier de tes écrits. Et pis que la censure, il y a, bien entendu, l’autocensure.

Q.O. : Dans ces conditions, peut-on dire qu’il y a des menaces sur la liberté d’expression en France ?

P. B. : Rien n’est officiellement interdit. Mais une fois encore, je sais que beaucoup de collègues estiment que je prends des positions excessivement risquées. Non pas que je sois interdit de publication, mais il est des media où je n’apparais plus compte tenu de mes positions critiques sur le conflit israélo-palestinien. Il y a certainement des media qui m’inviteraient volontiers si je n’avais pas pris les positions qui sont les miennes.

Q.O. : Un certain nombre de media, de télévisions vous sont fermés, qui ne l’étaient pas auparavant ?

P. B. : Tout à fait !

Q.O. : Vous venez d’évoquer votre livre «La France malade du conflit israélo-palestinien». Vous y faites état d’une perception contradictoire des réalités. Vous dites d’abord qu’une part de l’opinion française est convaincue de la montée de l’antisémitisme et ensuite qu’une autre partie de l’opinion estime qu’en l’espèce il y a «deux poids, deux mesures» quand la victime est juive ou quand elle est musulmane, comment expliquez-vous cette différence d’appréciation ?

P. B. : Du fait des attentats de Toulouse, de l’Hyper cacher, d’une certaine ambiance, le CRIF communique abondamment sur la montée de l’antisémitisme depuis la reprise de l’Intifida en 2001.Il y a là une part de réalité dans ces violences, une part de perception produite par la prolifération des discours et une part est faite pour peser sur l’action des pouvoirs publics. D’autre part, il y a certaines gens qui affirment que lorsqu’une agression de caractère antisémite se produit, les media, les pouvoirs publics réagissent de façon beaucoup plus rapide, beaucoup plus intense que lorsque l’agression touche un Arabe. Récemment un sexagénaire musulman a été tué dans son jardin, les ministres ne se sont pas déplacés pour voir sa famille et le meurtre de ce sexagénaire n’a pas fait la une des média. Ce qui se serait passé s’il s’était agi d’un crime antisémite. Dans une grande partie du public, il y a le sentiment d’une sensibilité beaucoup plus forte pour les agressions antisémites que pour les agressions antimusulmanes. Ceci n’est pas sain, parce que, du coup, se développe chez certains une forme d’antisémitisme liée au «deux poids, deux mesures». Je dis souvent qu’on ne luttera de façon efficace contre l’antisémitisme que si on lutte avec la même énergie contre le racisme antimusulman.

Q. O. : Craignez-vous une importation du conflit israélo-palestinien en France ?

P. B. : Je ne la crains pas, je la constate. C’est en grande partie déjà fait. Certains qui étaient amis ne le sont plus, ne se parlent plus, parce qu’ils ont une appréciation différente du conflit. Il en est qui se déchirent là-dessus. Donc le débat est à vif. Il y a des tentatives, on le voit bien, d’assimiler antisionisme, antisémitisme et critique du gouvernement israélien qui pèse sur les débats publics. Le CRIF agit parfois comme une deuxième ambassade de l’État d’Israël. Le CRIF a deux missions : la lutte contre l’antisémitisme et la protection de l’État d’Israël ; et souvent la seconde l’emporte sur la première. La preuve en est que récemment dans une manifestation contre l’antisémitisme, à la suite de l’assassinat d’une dame retraitée qui avait survécu à la déportation, Jean-Luc Mélenchon accompagné de plusieurs députés de la France insoumise ont voulu participer à la manifestation. Ils en ont été empêchés, non qu’on les ait jamais suspectés ou accusés d’antisémitisme, mais il se trouve qu’ils ont émis de fortes critiques à l’encontre du gouvernement israélien. Ces députés ont été exclus par un service d’ordre autoproclamé, musclé qui ensuite est allé protéger Marine Le Pen. On voit que ceux qui ont agi de la sorte ont privilégié la défense du gouvernement israélien à la lutte contre l’antisémitisme.

Q.O. : Vos détracteurs soutiennent que l’antisionisme ou la critique de la politique israélienne est une espèce de faux nez de l’antisémitisme, que leur répondez-vous ?

P. B. : Il y a peut-être des gens qui sont à la fois antisionistes et antisémites. Pour ce qui me concerne, je ne suis pas antisioniste, puisque je ne remets pas en cause l’existence de l’État d’Israël. Je lui reconnais le droit d’exister dans ses frontières de 1967, après un accord de paix avec les Palestiniens. Je l’ai écrit à plusieurs reprises, donc l’accusation d’antisionisme ne tient pas. D’autre part, on a là affaire à des notions bien différentes. L’antisioniste refuse à Israël le droit d’exister. L’antisémite, lui, déteste les Juifs. À la récente inauguration de l’ambassade des USA à Jérusalem, on a vu deux pasteurs qui avaient fait des déclarations antisémites être les bienvenus. On voit bien qu’il y a là des antisémites qui sont sionistes. Cette confusion entretenue par le gouvernement israélien de l’antisionisme et de l’antisémitisme est un artifice qui vise, comme Dominique Vidal2 l’a montré dans un livre excellent, à empêcher une critique politique de l’action du gouvernement israélien.

Q. O. : Ne risque-t-on pas de banaliser l’accusation d’antisémitisme en galvaudant de la sorte, en en accusant Roland Dumas, Daniel Mermet3…

P. B.: Edgar Morin4, Stéphane Hessel5, la liste est longue de ceux qui ont subi les foudres decampagnes hostiles dont certains, je le note au passage, sont juifs comme Morin ou Hessel. Pour l’instant, il semble que ce risque de banalisation soit jugé moins grave, l’urgence étant de protéger le gouvernement israélien dont l’action à l’encontre des Palestiniens est de plus en plus critiquable, un gouvernement israélien qui sur l’échiquier politique se situe très à droite

Q.O. : Pensez-vous que la paix soit encore possible sur la base de deux États, c’est que vous disiez en tout cas en 2013

P. B. : Vous mettez le doigt sur un point sensible. Chaque jour qui passe, la perspective de paix s’éloigne parce que le territoire palestinien est grignoté ; surtout que le gouvernement israélien est renforcé dans ses certitudes. Ce dernier a élargi son action diplomatique. Israël ménage Poutine qui ne le critique pas et qui est très attaché à la survie d’Israël. Les Chinois sont très désireux de coopérer économiquement avec Israël, l’Urss et la Chine étaient très critiques envers Israël, ils ne le sont plus aujourd’hui. L’Inde, qui était le leader des pays non alignés, se tait sur le conflit israélo-palestinien. Mais le plus important pour Israël, c’est le ralliement de l’Arabie saoudite ; c’est l’axe qui se met en place au nom de la lutte contre l’Iran, «ennemi commun». Israël a marqué des points sur le plan diplomatique et, du coup, estime de moins en moins nécessaire de faire des concessions aux Palestiniens. Sur le plan diplomatique, j’estime que rien ne se fera dans les années qui viennent.

Q.O. : Vous êtes donc pessimiste

P. B. : Aujourd’hui, je suis plutôt pessimiste parce que le gouvernement israélien est le plus à droite qui ait existé dans toute l’histoire d’Israël. Il n’empêche qu’il est très soutenu par nombre de puissances dans le monde. Le déséquilibre des forces fait que les Israéliens lorsqu’ils négocient c’est pour faire semblant : comme le disait I. Shamir, premier ministre d’Israël, en 1991 : «On aime tellement négocier qu’on peut le faire pendant dix mille ans». Ou il y a une victoire militaire et ce n’est possible ni dans un sens ni dans un autre ou il y a un accord imposé par le monde extérieur. Mais les pressions du monde extérieur n’existent pas.

Notes

1- Que les lecteurs souhaitant en savoir davantage sur Pascal Boniface veuillent bien se reporter à son site pascalboniface.col

2- «Antisionisme=Antisémitisme, Réponse à Emmanuel Macron», Libertalia, 2018.

3- Journaliste, écrivain et producteur de radio, D Mermet a été accusé à l’initiative de M. Goldnagel d’«incitation à la haine raciale». il a été définitivement acquitté par la cour d’appel de Versailles en 2006.

4- Edgar Morin, Sami Naïr et Danielle Sallenave publient dans le Monde du 4 juin 2002 un texte intitulé «Israël-Palestine : le cancer». Cette tribune valut à Morin d’être poursuivi pour «diffamation raciale et apologie des actes de terrorisme». Condamné en première instance, ce jugement fut définitivement cassé par la Cour de cassation.

5- En janvier 2009, Hessel avait qualifié l’attaque israélienne contre Gaza de «crime» et «même de crime contre l’humanité».

Source écrite : http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5265644       01 septembre 2018

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=73795

Posté par le Sep 2 2018. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

13 Commentaires pour “« Pascal Boniface interviewé par Omar Merzoug du Quotidien d’Oran ».”

  1. Mémoria

    Docteur Omar Merzoug a interviewé pour le Quotidien d’Oran Pascal Boniface ,fondateur et directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques)en 1991 sis à Paris.L’opinion publique en Algérie devrait connaître la cabale du CRIF et ses médias qui est menée depuis plusieurs années contre Pascal Boniface pour ses positions scientifiques et éthique(s) contre la politique de « plomb durci » en Palestine occupée;d’autres acteurs et auteurs français ont subi l’Imprimatur du CRIF en France à l’image du journaliste Richard Labévière de RFI et de l’artiste/Acteur Dieudonné !
    Qui est Omar Merzoug du Quotidien d’Oran?
    Nous savons …seulement qu’il enseigne la philosophie et la civilisation islamiques à l’Institut Al Ghazali de Formation des Imams de la Grande Mosquée de Paris.Omar Merzoug est également journaliste et collabore régulièrement avec Le Quotidien d’Oran pour lequel il chronique l’actualité culturelle française. Il enseigne aussi à l’Ecole Française des Attaché(e)s de Presse (EFAP). Licencié ès-lettres, M. Omar Merzoug a soutenu une thèse de doctorat en histoire de la philosophie sur Aristote et Ibn Rochd. Il est l’auteur de l’ouvrage Existe-t-il une Philosophie Islamique ? (Rueil Malmaison, Les Cahiers de l’Islam, 2014)

  2. Mme CH

    Depuis que le Crif gouverne la France, les étoiles bleues tirent sur tout ce qui bouge…S/c de l’antisémitisme….! A chaque fois que quelqu’un dit Ouf…on le taxe d’antisémite…! Il est interdit de critiquer l’Etat voyou sanguinaire hors la loi quitte à faire l’amalgame entre l’antisionisme et l’antisémitisme…normal, puisqu’ils font la pluie et le beau temps…mais pas pour longtemps car leur fin approche à grand pas….!!

    Au fait, nous sommes sémites, alors pourquoi il est permis de critiquer les musulmans plus encore les tuer et il n’est pas permis de dire Ouf aux juifs/sionistes…???!

    Je salue le courage de Mr Boniface qui malgré les problèmes résiste encore, un bon exemple à suivre, n’est ce pas messious, Sansal, Zaoui, Daoud et toute la clique des aplaventristes harkis…??????!

  3. Mme CH

    Vous-même en taxant le HCI d’islamophobie pour ses prises de positions, notamment contre le port du foulard islamique à l’université, n’opérez-vous pas une confusion dangereuse entre critique légitime du communautarisme et racisme antimusulman?

    Lorsque l’été dernier le HCI a proposé d’interdire le port du foulard dans les universités, j’ai en effet estimé qu’il préconisait une mesure visant exclusivement les musulmans (on ne parlait pas des signes religieux en général) qui pouvait rallumer une guerre au moment où une majorité s’accordait pour dire qu’il fallait en rester à la loi de 2004 qui ne concerne pas l’enseignement supérieur.

    Selon vous, de nombreux Français non-juifs, en particuliers les musulmans, ont le sentiment qu’il y a un «deux poids, deux mesures» dans la lutte contre le racisme et que les actes antisémites font l’objet d’un traitement médiatique plus conséquent que les autres actes racistes. Le risque de votre démarche n’est-il pas de verser dans la concurrence victimaire et de nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue à l’égard des Juifs et de la France plus généralement?

    Réclamer la fin du «deux poids, deux mesures» dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme anti-musulmans, qu’il s’agisse des médias ou des responsables politiques ne revient pas à nourrir le ressentiment d’une certaine jeunesse de banlieue, mais au contraire à le combattre. Dénoncer une injustice ou une inégalité de traitement est justement la meilleure façon de combattre la concurrence victimaire. Si chacun est placé sur un pied d’égalité, si tous les enfants de la République sont traités de la même façon il n’y a plus de concurrence victimaire et moins d’espace politique pour le ressentiment.

    Avez-vous des exemples précis de «deux poids, deux mesures» …???

    De nombreuses agressions ont eu lieu contre des femmes voilées, qui n’ont pas suscité la mobilisation,qui aurait eu lieu si des hommes portant la kippa avaient été agressés. Il est vrai que présenter, comme le font certains journalistes, le port du voile comme faisant partie d’un complot pour mettre à genoux la République, a contribué à créer un climat malsain…

    Quelques lignes dans Libération du 22 Février 2011, on apprend que la voiture et la moto de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste de l’islam, ont été vandalisées. On pouvait lire sur l’un des véhicules «non aux minarets». Un texte était également glissé: «Pour que Colombey les deux églises ne devienne pas Colombey les deux mosquées. Viendra le moment où les islamo-collabos devront rendre des comptes.» Imaginons que la même mésaventure soit arrivée à BHL ou Finkielkraut, cela aurait fait la Une de tous les journaux et toute la classe politique aurait manifesté sa solidarité.

    Interview : « Pascal Boniface : «Critiquer la politique d’Israël, ce n’est pas être antisémite» » (Figaro, 19/07/2014, A.Devecchio ).

  4. Hamza

    Salem, dieu merci Allah yahfed men allamana oua men kana sarihane dakikane rachiden allahou m’a hfadhoum j espère que la voix continue sur cette voie merci Hamza Toba

  5. Mme CH

    Profitons-en pour rappeler la définition de l’antisémite moderne dans la France de 2018 :
    «L’antisémite n’est pas celui qui n’aime pas les juifs, mais celui que les juifs n’aiment pas.»

    Définition que l’on devrait préciser de la manière suivante :

    « L’antisémite n’est pas celui qui n’aime pas les membres de l’élite sioniste, mais celui que les membres de cette élite autoproclamée n’aiment pas pour des raisons de dénonciation de leur pouvoir à la fois exorbitant et indu. » (E&R, 27 janvier 2018).

    Le directeur de l‘Institut de Relations Internationales et Stratégiques, Pascal Boniface, s’est fait agresser ( 24 juillet 2014) près de son domicile par un jeune sioniste extrémiste, qui a « menacé de revenir avec ses copains de la LDJ ».

    Agression de Pascal Boniface en Israël : « Ils m’ont bousculé, ils m’ont craché dessus » et voulaient « me crever les yeux » (france.info, 24/04/2018).

    « J’ai été pris à partie par une demi-douzaine d’individus franco-israéliens apparemment – ils parlaient très bien notre langue – qui m’ont insulté de façon très vive », a raconté mardi 24 avril sur franceinfo Pascal Boniface, le directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), confirmant avoir été agressé à l’aéroport de Tel-Aviv.

    « Ils m’ont bousculé, ils m’ont craché dessus, ils ont voulu m’entraîner en dehors de l’aéroport pour me crever les yeux selon leurs propos, poursuit le chercheur. Ils ne l’ont pas fait parce que j’ai un peu résisté et au bout de quelques minutes, la police est intervenue pour me mettre à l’abri ». Pascal Boniface a ensuite précisé qu' »elle [la police] ne les a pas interpellés, mais au moins elle a évité que ça ne dégénère plus que cela. »

    « Ces personnes qui m’ont pris vivement à partie pensent que je suis antisémite parce qu’il m’arrive de critiquer le gouvernement israélien. Il y a donc une confusion qui est gravissime entre la critique d’un gouvernement et la haine d’un peuple. »

    Alors dites-moi qui sont les vrais barbares/ terroristes? Si c’étaient des musulmans/arabes qui ont fait ça , ils seraient traités de tous les noms….et tous les médias sionistes et Chiatas des sionistes auraient diffusé l’info en boucle….! Pôvre de Vous……votre Fin approche…!

    • Imène

      Azzul !
      C’est terrible , Wallah !
      Voilà ! M. Boniface est définitivement fixé . La réponse à la question de son livre est très simple : Non , il n’est pas permis de critiquer Israël sous peine de se faire insulter , cracher dessus , agresser , voire crever les yeux ! c’est d’une telle violence !! et la police ne les a pas interpellés par crainte que ça ne dégénère : un état voyou !
      Non , il n’est pas permis de critiquer Israel , on se souvient tous de la cabale éhontée à l’encontre de l’artiste dieudonné , pourtant en France les humoristes ont la liberté d’aborder tous les sujets , ils critiquent et rient de l’Africain , le chinois , l’Arabe , mais Israel c’est la ligne rubiconde !
      Non , Il n’est pas permis de critiquer l’entité sioniste malgré les massacres , l’expropriation , les agressions au quotidien dont sont victimes les populations civiles palestiniennes . J’ai suivi à la telé , sur you tube , des dizaines et des dizaines de débats sur ces questions là avec des chroniqueurs chevronnés qui à priori me paraissaient « sympa « ou plutôt « justes « mais quand on aborde l’occupation , les crimes d’israel…alors on est sidérés de les voir comme ça perdre piteusement leur latin ..
      Heureusement qu’il ya ces hommes justes comme Boniface , le belge M. Collon , et bcp d’autres ..

    • Imène

      Saha khayti !
      Pour détendre l’ambiance , lis ça , c’est l’histoire d’un mec …
      Un arabe va chez un juif pour lui acheter des soutiens-gorges noirs .
      Le juif, flairant la bonne affaire lui dit qu’ils sont très rares et qu’il n’en reste plus beaucoup, donc il lui vend 40 euros chacun ! L’arabe en achète 6. Il revient quelques jours plus tard et il en demande 2 douzaines . Le juif lui dit qu’ils se font de plus en plus rares et il lui vend à 50 euros …… Un mois plus tard, l’arabe lui achète tout ce qu’il reste à 75 euros. Le juif étonné lui demande ce qu’il fait avec tous ces soutiens-gorges noirs. L’arabe lui répond : j’y li coupe en 2 et j’en fait di pitits chapos que j’y vends aux juifs à 100 euros ! Loooool !
      Khayticalement vôtre .

      • Mme CH

        Salam azzulcal Khayti Imènus…!!! Mdddddddrrrrrr, merci pour ce moment de bonne humeur/humour….!!

        Au fait, notre ami l’Arabe a sûrement vendu un ou deux « pitits chapos » au spécialiste du mur de lamentation, sir Sansal bien évidemment…! ça doit être amusant de pleurnicher devant un mur en portant la moitié d’un soutien-gorge noir sur la tête….!!!

        Bien à vous IM 16-05

      • MS

        Il y ‘a une différence de taille entre les saints arabes et les cerveaux juifs. Si la résolution de la, question palestinienne se résumait à un simple soutien ( entre autre celui de Boniface) , le problème serait résolu. Ainsi faut il bien travailler et entretenir ses saints et ses cerveaux, comme le font les occidentaux. On aura une Palestine libre et belle, à voire et à revoir.

  6. Amirouche

    Je suis tout à fait d’accord avec mon grand frère Mémoria quand il a écrit que « l’opinion publique algérienne devrait connaître la cabale du CRIF et de ses médias qui est menée depuis plusieurs années contre Pascal Boniface… », et le jour même que Sir Mémoria écrvait son commentaire (04/09), l’Ambassadeur d’Algérie en France, M. Abdelkader MESDOUA, s’entretenait avec M. Pascal BONIFACE, Directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)… »Quel hasard hhh ! »
    Cette rencontre a permis de tenir divers échanges sur les relations futures et les voies et moyens d’établir des liens de coopération entre l’IRIS et des Instituts académiques algériens.
    La presse pro-israélienne n’a pas encore dit un mot sur cette rencontre. Il est à signaler, que lors d’une pareille rencontre d’échanges en Novembre 2017 à l’ambassade d’Algérie, Pascal a reçu un déluge d’insultes de divers journaux écrits et électroniques défendant Israël le traitant même « d’homme aux grands diplômes mais aux petites fréquentations… », et que (je cite un journal) : » Boniface a pour objectif de faire entrer dans les classes, universités et écoles où il professe des rangs d’élèves musulmans, afin de préparer les élites islamiques de demain en France… «  »… « Boniface est en harmonie avec les accords euro-arabes lesquels prévoient un contrôle du partage de la France par des arabes au nom des accords signés en 1973… »
    Et cette même presse conclue que « Boniface baigne à longueur d’années dans un palestinien chauvin, presque crasseux, à l’image de son fan club, essentiellement maghrébin ». (Europe-Israël news, Nov 9, 2017).
    Personnellement, je salue le courage de monsieur Boniface dont les principes restent inchangeables et inchangés. Il ne baisse pas les bras, même s’il reçoit continuellement des attaques des médias contrôlés par des faussaires qui n’hésitent pas à dire des contrevérités pour défendre leur cause que nous connaissons tous et qui est PERDUE DANS LE TEMPS.
    NORMAL! ÇA LEUR RESTE EN TRAVERS DE LA GORGE, A CHAQUE FOIS QU’UN INTELLECTUEL NE SOIT PAS DE LEUR CÔTÉ.

    Joumou3a Moubaraka

  7. MS

    On vient de fermer les bureaux de l’OLP à Washington. Personne ne pourra aider les pauvres palestiniens, car voulant libérer leur pays, ils sont ainsi considérés comme terroriste, et l’histoire se répète.

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