La Voix De Sidi Bel Abbes

Pakistan : Le chef d’un groupe «terroriste» entre au Parlement

Le mollah Ahmad Ludhianvi, chef du Ahl e Sunnat wal Jamaat (ASWJ), une organisation blacklistée, responsable de nombreux attentats, fera prochainement son entrée au Parlement. Une première dans l’histoire du pays, secoué par des violences meurtrières.

Mercredi 9 avril. Une bombe cachée dans une case à fruits explose dans un marché populaire d’Islamabad, faisant 24 morts et près d’une centaine de blessés. L’Armée baloutche unie (UBA), des rebelles de la province du Baloutchistan (sud-ouest), revendique l’attentat en représailles à une opération paramilitaire menée dans leur région. Le ministère de l’Intérieur réagit rapidement : «Notre enquête préliminaire a révélé que l’Armée baloutche unie n’a aucun lien avec l’attaque de la veille. Que ce groupe accepte la responsabilité de cette explosion n’est pas seulement surprenant, c’est ridicule.»

Des commerçants du marché ciblé soupçonnaient quant à eux hier des groupes «mafieux rivaux, qui rackettent des marchands en échange de leur protection, d’être à l’origine de cette attaque, la plus meurtrière dans la capitale depuis l’attentat du Marriott en 2008», affirme l’AFP. Le soir même, des attaques meurtrières font douze morts, dans la nuit de mercredi à jeudi, à Karachi (sud), et au petit matin, le leader d’une organisation inscrite sur la liste pakistanaise des groupes terroristes obtient un siège au Parlement. Vaincu aux législatives du 11 mai 2013 dans la circonscription de Jhang dans la province du Penjab (est), Ahmad Ludhianvi, candidat d’un regroupement de petits partis religieux, prendra le siège parlementaire de Shaikh Mohammad Akram, président de la Ligue Musulmane (PML-N), formation à la tête du gouvernement fédéral et de la province du Penjab (est).

Reprochant à son adversaire local de ne pas avoir payé ses factures avant le scrutin, un critère de disqualification selon la loi électorale, «le tribunal électoral a retiré mercredi le siège à Shaikh Mohammad Akram et déclaré le mollah Ludhianvi vainqueur, car il avait terminé en deuxième position», a déclaré hier, à l’AFP, Mehboob Anwer, chef de la Commission électorale du Penjab. Le chef du groupe islamiste Ahl e Sunnat wal Jamaat (ASWJ) avait déjà fait parler de lui.

Sucreries

Dans une note du ministère de l’Intérieur, qui n’a pas été rendue publique, son organisation, accusée de nombreux attentats contre la minorité musulmane chiite, est soupçonnée d’avoir pris part aux activités terroristes du Sipah e Sahaba (Armée des compagnons du prophète du Pakistan), un groupe installé principalement au Pendjab, près de Jhang, et responsable d’attaques à l’égard des musulmans chiites, Ahmadis et Barelvis. Le 10 mars 2012, le groupe est interdit et placé sur la liste pakistanaise des groupes terroristes. Affirmant au moment des faits ne pas être «au courant de l’interdiction», Ahmad Ludhianvi a annoncé que «si une telle interdiction existe, elle serait contestée devant les tribunaux».

La décision fut prise conformément à la loi antiterroriste du pays en vigueur depuis 1997. Cette loi, qui donne des pouvoirs considérables aux forces de sécurité locales (droit de détenir un suspect dans un lieu tenu secret pendant 90 jours, droit de perquisition sans mandat, autorisation d’établir des procès secrets, ndlr), est l’objet de contestations de la part des ONG et de l’opposition pakistanaise depuis sa création, craignant qu’elle ne «transforme le pays en Etat policier». Une nouvelle édition de la loi antiterroriste a été votée le 7 avril dernier en dépit du rejet de l’opposition qui a menacé de casser le nouveau texte par un recours à la justice.

Loin de la capitale, la victoire est annoncée, les partisans de M. Ludhianvi distribuent des sucreries dans les rues de Jhang, ville considérée comme l’un des terreaux de la mouvance islamiste anti-chiite au Penjab. Le Pakistan compte environ 20% de musulmans chiites, une minorité qui est la cible d’attaques de groupes islamistes armés l’accusant de défendre les intérêts de l’Iran voisin, premier pays chiite au monde. «Nous allons déposer un projet de loi pour contrôler les violences sectaires et stopper l’intervention d’un pays voisin dans nos affaires», a déclaré à l’AFP un assistant du mollah Ludhianvi, Younas Qasmi, en référence à l’Iran et à la minorité chiite accusée par l’ASWJ de semer la révolte dans le pays.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=44117

Posté par le Avr 11 2014. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

6 Commentaires pour “Pakistan : Le chef d’un groupe «terroriste» entre au Parlement”

  1. Arbi

    les violences ne vont pas finir dans ce pays ou un chef terroriste est élu et va siéger au parlement de toutes les complaisances puisqu’au départ un gras pareil ne peut prétendre et donc est illégible; ses mains sont tachées de sang frais

  2. abbassi mdegouti

    Et MERANI membre fondateur du FIS n’a pas été ministre sans oublier le chef du MIA MEZRAG lui qu’on le voyait méme dans un debat sur la chaine ECHOUROUK ou ENNAHAR je ne me souviens pas qui enguellait le speaker de cette chaine en se croyant étre un grand responsable dans ce pays alors qu’il a tué des miliers d’algeriens (policiers,militaires et autres citoyens) dans des faux barrage

  3. BADISSI

    et l état du pakistan qui permet au usa d avoir des bases militaires et d utiliser son territoire pour bombarder des civiles musulmans n est pas un état terroriste et allier des usa et sionistes ????!!!

  4. Mme CH

    C’est une réponse à ceux qui se demandaient qui est entrain de nourrir le ‘Bouloulou’ qui à chaque fois, se trouve là où il faut et quand il faut….!!!! Maintenant ils ont besoin de ce chef au parlement pour faire de la boulitique, alors il va passer,….. en attendant qu’il devienne le futur président du Pakistan, et là vous allez voir qu’on entendra plus parler de terrorisme dans ce pays…!!! Qui vivra verra…!!!

  5. Imène

    Les politiques , ces gens qui nous gouvernent ne sont pas forcément des personnes irréprochables ou des modèles de vertu : il y’en a des terroristes , ou qui ont financé le terrorisme au nom de la raison d’état, y’en a des corrompus qui ont manipulé de l’argent sale, d’autres empêtrés dans des scandales ou des affaires de moeurs bref : le politique même  » correct » flirte souvent , éhonteusement avec le repréhensible , le cynique, l’abject..alors des exemples à la pelle : Ariel sharon terroriste sanguinaire notoire, les mains souillées du sang de milliers de victimes innocentes, ou encore S. milosevic, le boucher des balkans..le Cavaliere, Berlusconi , déchu pour des accusations toutes aussi scabreuses : corruption , accointance avec la mafia , et ses légendaires bacchanales, tarifées où les mineures étaient à l’honneur…et j’en passe !
    alors  » un petit terroriste  » de plus dans le sénat pakistanais ??? peut être qu’il s’est repenti depuis..chez nous , les terroristes repentis sont devenus de graaaaands monsieurs !! ouallah..
    cordialement.

    • Danielle B

      bonjour IMENE
      d’accord avec vous, ici en france aussi nous avons nos politiques qui trainent de sacrées casseroles et pourtant ils sont au gouvernement comprenne qui pourra
      une petite amusante comme dirait mr Amirouche
      Les hommes politiques il faut en changer souvent et ce pour les mêmes raisons que les bébés à qui on remplace les couches
      bonne journée

Répondre