La Voix De Sidi Bel Abbes

« NOVEMBRE DES TEMPS »,par Tayeb Oulhissane

 

 

                                                                    

Écoute cet écho, jeune homme,
L’hymne fascinant, le serment,
Kassamen qui monte au djebel,
Inspire l’âme du surhomme,
Jure par tous les noms du Tell,        Scintille en mille au firmament…
Peuple en armes, pays en guerre,
L’Algérie est là, notre mère,
Novembre, de ses pages d’histoire,
Ce jour a chanté à sa gloire
La grandeur de ses monuments…
Elle tend, pour éclairer demain
La voie qu’emprunte la relève,
Un flambeau dans l’une des mains
Et garde dans l’autre un sabre au clair…
Les enfants grandiront martyrs,
Ils sont nés pour y devenir.
Devant le bûcher et la mort,
Vont au supplice ces héroïnes,
l’âme meurtrie et sanglant le corps
Criblé de balles assassines,
Gardant le silence humblement…
Va bourreau, de ta grise mine,
Du couperet, l’aube et la peur,
Parer ta triste guillotine,
Spirale infinie de l’horreur…
Novembre ! Si grand à leur âge,
Ces enfants à la poigne en fer,
Écrivent de leur grand courage
Les faits des temps et de la terre…
Ils rougeoyaient, leurs horizons,
De sang, d’amour et de raison,
Ces hommes forgés dans l’honneur,
Les fils de Novembre à son heure,
Font la grandeur de ses moments…

Oulhissane Tayeb , Sidi Bel Abbès.

 pedatayeb22@gmail.com

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=74697

Posté par le Oct 28 2018. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, ALGERIE, CULTURE, EVOCATION, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

7 Commentaires pour “« NOVEMBRE DES TEMPS »,par Tayeb Oulhissane”

  1. Mme CH

    Bravo Mr Oulhissane, c’est un très beau poème vraiment…et très émouvant…!! Il faudrait publier vos écrits et vos poèmes, c’est dommage qu’ils restent enfermés dans un tiroir….!!!

    Kassaman un hymne exceptionnel écrit par « le poète de la révolution algérienne  » Moufdi zakaria dans la cellule 69 de la prison Barberousse, le 25 avril 1955.

    « Ô France ! le temps des palabres est révolu
    Nous l’avons clos comme on ferme un livre
    Ô France ! voici venu le jour où il te faut rendre des comptes
    Prépare toi ! voici notre réponse
    Le verdict, Notre révolution le rendra
    Car nous avons décidé que l’Algérie vivra
    Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin !

    Nos braves formeront les bataillons
    Nos dépouilles seront la rançon de notre gloire
    Et nos vies celles de notre immortalité
    Nous lèverons bien haut notre drapeau au-dessus de nos têtes
    Front de libération nous t’avons juré fidélité
    Car nous avons décidé que l’Algérie vivra
    Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin ! »

    « L’Algérie n’a cessé, depuis un siècle et demi, d’être l’objet de débats passionnés et trop souvent meurtriers. Dès le débarquement des troupes françaises à Sidi-Ferruch et la reddition d’Alger, le 5 juillet 1830, les partisans de la colonisation s’opposent, à Paris, à ceux qui entendent respecter la personnalité de ce pays ; par la suite, le projet de « royaume arabe » de Napoléon III ne verra jamais le jour parce que les militaires lui sont hostiles. Il faut avoir lu, entre autres, l’Algérie des anthropologues pour comprendre, texte à l’appui, ce qu’a été la « stratégie de domination » et d’acculturation. »….. »Débat inégal, ensuite, entre musulmans et Européens, jalonné de soulèvements et de jacqueries matées par des répressions dont la plus féroce, le 8 mai 1945, fit, selon les Algériens, quarante-cinq mille morts. Débat interminable et, à l’occasion, sanglant, entamé au lendemain de la première guerre mondiale par les nationalistes algériens, sous la houlette de Messali Hadj, sur la tactique à adopter pour échapper au carcan colonial et qui aboutit à l’insurrection du 1er novembre 1954 dirigée par le F.L.N.

    Débats pathétiques, parfois mortels, entre les Français épris de justice ou simplement réalistes, sensibles au désir d’émancipation des peuples, et ceux qui n’hésitaient pas à écrire très officiellement, lors de la célébration du centenaire de l’Algérie française : « L’Algérie était une terre désolée et déchue où l’Arabe campait depuis des siècles. Rien n’existait en 1830, tout fut édifié en un siècle… » Et que dire d’une guerre de près de huit ans qui fit plus d’un million de morts algériens, entraîna la chute de la IVe République, donna lieu au premier détournement d’avion effectué par un Etat – celui de M. Ahmed Ben Bella et de ses compagnons, – à la torture et aux actions terroristes de l’O.A.S. (Organisation armée secrète) provoquant la riposte du F.L.N., pour se terminer par l’exode d’un million de pieds-noirs qui s’estimaient spoliés ? Il aura d’ailleurs fallu attendre vingt ans pour que le gouvernement français propose une loi d’amnistie générale et que les multiples contentieux entre Paris et Alger soient enfin apurés, ou presque. »…. »Mais l’accession de l’Algérie à l’indépendance, le 5 juillet 1962 – cent trente-deux ans, jour pour jour, après le début de la conquête, – ne mettait pas fin aux controverses. Loin de là ! Les nostalgiques de l’Algérie française, attentifs à tout faux pas, attendaient – quand ils ne cherchaient pas à la hâter par diverses manœuvres – la chute dans l’anarchie de la jeune Algérie algérienne………………………………. »(Paul Balta, Novembre 1982).

    Vive l’Algérie et Gloire aux Martyrs.

  2. OULHISSANE Tayeb

    Votre commentaire est riche en données historiques, ce qui montre bien que le pays appartient à tous ses enfants, sans exception.
    Merci de ce flash sur un jour merveilleux qui nous a conduit à la liberté.

  3. الأخ الأديب الكاتب المربي طيب أولحيسان، قصيدة جميلة تذكرنا بالماضي الجميل لثورة مجيدة؛ للأسف اختطفها من لا يعرفون
    قيمتها.
    لكم أرجو أن نقرها وأخواتها مما تحوز من كتابات في كتب مطبوعة تبقى شاهدة على جيل عاش زمنا صعبا، لكنه كان ممتعا.

  4. Mme CH

    « La déclaration de Kennedy sur la Révolution algérienne a bouleversé la politique de la France coloniale » (APS.DZ, 31/10/2018).

    « La déclaration faite le 2 juillet 1957 par le sénateur J.F. Kennedy au Capitole (siège du Congrès, pouvoir législatif des Etats-Unis) sur le droit du peuple algérien à l´indépendance a complètement bouleversé la politique de la France coloniale », a précisé M. Khelladi Mohamed dans un entretien à l´APS, indiquant que cette déclaration « a fait trembler la quatrième république française dans ses fondements ébranlant ainsi le gouvernement Félix Gaillard et provoquant la plus grave impasse diplomatique entre Washington et Paris depuis la crise en Indochine ».

    Il y décrit, a-t-il relevé, notamment l´échec du colonialisme français en Algérie et dans les pays de l’Afrique du Nord, tout en dénonçant vivement « l´utilisation par la France des arsenaux militaires de l´OTAN et notamment des hélicoptères américains contre les combattants dans le maquis en Algérie ».

    Le sénateur J.F. Kennedy, qui occupait le poste de président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat en 1957 et qui sera élu trois ans plus tard président des Etats-Unis d´Amérique, a indiqué, dans sa déclaration, que « l´Algérie n’est plus un problème spécifiquement français et ne le sera plus jamais et que le moment est venu où notre gouvernement doit reconnaître que le temps est passé, où une série d’ajustements au coup par coup, ou même une dernière tentative d’intégrer l´Algérie entièrement à la France, peut réussir ».

    A suivre…!!!

  5. Mme CH

    La suite du menu du 1er novembre..!

    L´histoire racontée par Joe Kraft chamboule les relations franco-américaines:

    L´ancien chef du service de renseignement politico-militaire du MALG a expliqué, par ailleurs, que la déclaration de Kennedy a été provoquée par Joe Kraft, éditorialiste du New York Times, invité en 1956 par Guy Mollet (président du Conseil) à passer un mois au sein de l´armée française et qui a été, par la suite, approché vers la fin de la même année par le MALG pour passer un mois auprès des moudjahidine.

    « J´ai par hasard trouvé un journal où a été publiée une série d´articles signés par Joe Kraft faisant la propagande de la France coloniale. J´ai, de suite, proposé au colonel Boussouf (qui dirigeait le MALG), à prendre contact avec le journaliste américain afin de le convaincre de vivre un mois dans le maquis avec les combattants de la liberté », a déclaré M. Khelladi qui embrassera après l´indépendance de l´Algérie en 1962, une carrière diplomatique.

    « On m´a donc chargé d´aller en Espagne où j´ai pu prendre contact par téléphone avec le journaliste américain qui a accepté de faire un reportage avec les combattants algériens. Il a ainsi pu vivre un mois durant dans le maquis algérien notamment dans les régions de Tlemcen et de Sidi Bel Abbès », a-t-il narré.

    Pour M. Khelladi, l´histoire racontée par Joe Kraft « a complètement chamboulé les relations franco-américaines ». L´éditorialiste est reparti, ainsi, aux Etats-Unis avec un autre reportage présentant une « facette positive » de la Révolution algérienne, donc contradictoire avec ses précédents articles, de fait impubliable par le New York Times qui ne pouvait écrire une chose et son contraire.

    Le journaliste américain, qui tenait, malgré tout, à rendre public son immersion parmi le peuple algérien combattant le colonialisme français, a remis un rapport au sénateur J.F Kennedy, qui est, selon M. Khelladi, à l’origine de sa fameuse déclaration sur le droit du peuple algérien à l’indépendance.

    Pour rappel, Kennedy élu président des Etats-Unis d´Amérique en 1960, a prononcé, en juillet 1962, un discours, transmis en direct via la télévision et la radio à l´occasion de l´indépendance de l´Algérie, dans lequel il a félicité le peuple algérien et ses dirigeants pour « la création d´un nouvel Etat obtenu après plusieurs années d´effusion de sang, de larmes et de persévérance », voyant dans cet élan « les mêmes aspirations à la dignité et à la liberté qui ont motivé les pères fondateurs de l’Amérique en 1776 ».

    Il a notamment exprimé le soutien des Etats-Unis au peuple algérien et son voeu de voir les deux pays travaillaient ensemble à « défendre la liberté, la paix et le bien-être de l’humanité ».

    Les deux documents, témoins d’une étape importante des relations algéro-américaines, ont été remis mercredi à Alger par l’ambassadeur américain en Algérie, John Desrocher, aux Archives nationales.

    Le 5 juillet 2016, Caroline Kennedy, ambassadrice des Etats-Unis au Japon et fille du président J.F. Kennedy, a, dans un message vidéo, salué les Algériens en langue arabe pour la célébration du 54ème anniversaire de l’Indépendance.

    Elle a notamment souligné « les liens historiques » qui unissent les Etats-Unis et l’Algérie, exprimant sa fierté pour le rôle joué par son père dans son soutien à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, aussi bien au Sénat qu’à la Maison-Blanche.

    Tahya El Djazaïr et ALLAH Yarham Echouhadas

  6. Mme CH

    « Les pieds-noirs ont les mains maculées de sang » (AP, 1 novembre 2018, M.Khider)

    « La culpabilité semble saisir la conscience tourmentée des pieds-noirs, à l’heure de leur ultime émigration vers le Ciel du repos éternel. Dans un sursaut de repentance inavouée et inassumée, certains pieds-noirs veulent laver leur âme coloniale en revenant sur le lieu de leurs crimes, ce pays transformé en purgatoire des Algériens par la volonté de la France chrétienne coloniale.

    Après un siècle et demi d’occupation, sur fond de pillage territorial, de torpillage culturel, de décimation humaine, perpétrés avec la complicité coupable de tous les pieds-noirs, les Algériens ont enfin relevé leur tête pour botter le derrière à ces pieds nickelés colonialistes.

    A peine l’indépendance proclamée, la majorité de ces partisans de l’Algérie française ont préféré traverser la Méditerranée pour gagner leur véritable pays que de demeurer dans cette Algérie algérienne. Prouvant leur refus de vivre parmi les Algériens libres et indépendants. Parmi des citoyens algériens égaux dans une Algérie indépendante. Ainsi, par leur choix de recouvrer leur mère patrie la France, ces pieds-noirs nickelés ont démontré que leur tête n’a jamais été algérienne. Certes, ils aimaient l’Algérie, mais pas les Algériens. Ils les aimaient seulement assujettis, asservis, colonisés, corvéables et exploitables sans merci. Alors, de grâce, vous ne serez jamais Algériens ! Ni hier, ni aujourd’hui, ni demain.

    Le tribunal de l’Histoire vous a déjà jugés : vous êtes des criminels. Vous avez commis des crimes barbares en Algérie. La terre algérienne n’a jamais oublié les violations dont elle a été victime. Le ciel algérien se souvient encore de vos crimes perpétrés contre l’Algérie. Les tombes de nos aïeux sont encore secouées de terreur à l’évocation de vos sanguinaires méfaits. La mémoire collective algérienne porte encore les stigmates de vos balles meurtrières. Les grandes villes construites à la gloire des colons renferment encore la sueur et le sang des exploités algériens véritables bâtisseurs de ces infrastructures dont vous vous attribuez la paternité.

    Sachez, pieds-noirs, vous n’avez rien bâti en Algérie, avec vos pieds nickelés, incapables de se dresser debout sinon sur le dos des Algériens qui vous nourrissaient. Vous avez juste été les mercenaires criminels de l’entreprise coloniale française, que vous avez servie avec dévotion et abnégation contre le peuple algérien.

    Un siècle et demi durant, vous avez vécu dans un pays conquis en colons. Vous n’êtes pas les enfants de l’Algérie, mais les enfants de bagnards expédiés par votre pays la France pour coloniser notre pays. La France vous a permis de racheter vos crimes en vous transformant en colons chargés de perpétuer vos mœurs par le vol des terres algériennes, l’extorsion des richesses des Algériens. La France vous a offert la chance de vivre par l’oppression et l’exploitation du peuple algérien colonisé. Plus d’un siècle, vous avez eu la vie de château grâce au peuple algérien qui vous nourrissait en crevant de faim, alors que vous viviez dans de somptueuses maisons au milieu de villes et de quartiers barricadés pour ne pas subir la proximité des habitants algériens réduits à survivre dans des taudis. Un siècle et demi durant, vous avez interdit aux Algériens l’égalité des droits juridiques et politiques, vous avez empêché les Algériens d’accéder à la scolarité sinon parcimonieusement par intérêt dans certaines régions.

    Aujourd’hui, vous voulez revenir, sans honte, en pèlerinage sur le lieu de vos crimes coloniaux. Eh bien, en tant qu’enfant de moudjahid, de neveu de moudjahidine, de cousin de moudjahid, originaire d’une région qui a payé un lourd tribut durant la guerre de Libération nationale, je proclame au nom de ces martyrs que vous n’êtes pas les bienvenus.

    L’Algérie n’a pas besoin de vous, ni en tant que visiteurs, ni encore moins en tant que résidents.

    Allez, plutôt, vous rendre en pèlerinage en Israël, chez vos semblables colonialistes sionistes contemporains, pour vous ressourcer, vous rappeler les temps bénis de votre vie de colons en Algérie ! »

    Chapeau bas à Mr Khider, cette fois-ci, je ne peux que le féliciter pour ce très bel article.

    Tahya El Djazaïr (sans pieds noirs) et Gloire à nos Martyrs.

  7. Imène

    Azzul !
    Le 1er Novembre 1954 avait sonné le glas à plus d’un siècle de présence Française dans notre pays . Par la lutte , le sacrifice et la détermination , le peuple Algérien avait démoli les mythes de L’Algérie française , de la puissance imbattable , des supercheries de colonisateurs qui vont s’écrouler comme des châteaux de cartes . La révolution de Novembre 54 , une des plus prestigieuses au monde , était et restera un modèle de résistance et d’inspiration pour les peuples opprimés .
    Merci Mr Oulhissane pour ce vibrant hommage aux Martyrs de Novembre .
    Gloire à nos Chouhadas , Allah yarhamhoum .
    A tous les VDSBA , le plus beau chant , le plus bel hymne à la liberté .
    https://www.youtube.com/watch?v=9L_FBcfju68
    « De nos montagnes s’est élevé le chant des hommes libres …le frisson assuré !
    Khayticalement.

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