La Voix De Sidi Bel Abbes

Mort de Nelson Mandela : la planète lui rend hommage

Il disait qu’il n’était « ni un saint ni un prophète ». Il déplorait qu’on le présente comme « une sorte de demi-dieu ». Il insistait sur ses « erreurs », ses« insuffisances », ses « impatiences ». Jusqu’au bout, tandis qu’on le fêtait à travers le monde, tandis que les Etats et les puissants lui tressaient des lauriers, lui dressaient des statues, lui décernaient des palmes et des récompenses, tandis qu’un peu partout on donnait son nom à des milliers d’écoles, d’universités, de rues, de places, de parcs et d’institutions diverses, jusqu’au bout il s’est voulu « un homme comme les autres, un pécheur qui essaie de s’améliorer ».

Nelson Mandela est mort à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé dans la soirée du jeudi 5 décembre le président sud-africain Jacob Zuma, en direct à la télévision publique. « Notre cher Madiba aura des funérailles d’Etat », a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques.

On l’a comparé, et on l’identifiera plus encore maintenant qu’il est mort, au Mahatma Gandhi, au dalaï lama, à Martin Luther King. Même charisme, même volonté farouche. L’histoire tranchera. Bill Clinton voyait en lui « le triomphe de l’esprit humain, le symbole de la grandeur d’âme née dans l’adversité ». Il est plus probable que Nelson Rolihlahla Mandela restera, pour l’Afrique, ce qu’Abraham Lincoln fut pour l’Amérique du Nord, ou Simon Bolivar pour celle du Sud : un libérateur.

Il aimait les jolies femmes, les beaux costumes, les chemises bariolées, la boxe, la musique et la danse. Divorcé deux fois, il a fait cinq enfants à deux épouses successives avant de finir sa vie avec une troisième. Il lui est arrivé de mentir, demanipuler des interlocuteurs, de pactiser avec des gens peu recommandables, de se laisser emporter par la colère, de se montrer injuste, indifférent ou dictatorial avec des proches, des collègues, voire avec ses enfants.

ÉLEVÉ POUR RÉGNER ET COMMANDER

Ce n’était ni un messager de Dieu ni un ange descendu du ciel. Pas même un pacifiste. C’était un humain, issu de la noblesse d’Afrique, un fils de chef, né dans l’orbite des étoiles, élevé pour régner et commander. Mandela était un géant comme il en éclot moins d’un par siècle sur la planète. Il faudrait une bibliothèque entière pour restituer l’œuvre du personnage. Et des centaines d’ouvrages ont déjà été écrits à travers le monde sur le destin et la pensée de ce charismatique et énigmatique vieux sage.

Aujourd’hui, on s’interroge sur l’avenir de l’Afrique du Sud, et sur la pérennité de l’héritage démocratique qu’il a laissé. Certains radicaux se demandent si « Madiba » – comme il aimait à être nommé parce que c’était le nom de son clan tribal et qu’il n’avait « jamais su » pourquoi sa première institutrice, une missionnaire britannique, lui avait attribué d’autorité le nom de Nelson à l’âge de 9 ans, alors que son vrai prénom était Rolihlahla – ne s’est pas trompé.

En 2001, lors d'une visite du président cubain Fidel Castro, à Johannesburg.

Au vu des fortes inégalités et des injustices qui perdurent dans la République « arc-en-ciel », le plus souvent au profit de la minorité blanche, certains avancent que Mandela a trop cédé à cette dernière, lui a trop pardonné. Qu’il eût peut-être mieux valu une vraie révolution accompagnée d’une véritable redistribution des richesses, des droits et des privilèges au profit de la majorité noire.

En clair, ils reprochent au « fauteur de troubles » – traduction approximative de« Rolihlahla » en langue xhosa – de s’être montré trop clément avec la minorité blanche, d’avoir assuré une transition démocratique en douceur, d’avoir instauré la règle du « un homme, une voix » et d’être ainsi devenu, le plus équitablement du monde et avec le minimum de troubles et d’affrontements possibles, le premier président noir élu par tout le peuple d’Afrique du Sud. En d’autres termes, on lui reproche ce qui restera à jamais dans l’histoire comme sa plus grande œuvre :avoir évité à son pays sans doute la plus sanglante des guerres civiles d’Afrique.

« UN IDÉAL POUR LEQUEL JE SUIS PRÊT À MOURIR »

Dès avant sa libération, le 11 février 1990, après vingt-sept années d’enfermement, cet homme d’exception était déjà un exemple pour tous les opprimés de la terre, une légende, un mythe quasi universel. Cinq phrases, prononcées en conclusion d’une plaidoirie de quatre heures à son propre procèsle 20 avril 1964, lui avaient ouvert à jamais le cœur des hommes.

Ce texte, qui fit le tour du monde avant que le gouvernement minoritaire blanc de l’apartheid interdise sa diffusion et bannisse pendant trois décennies jusqu’au nom et aux traits du célèbre prisonnier de Robben Island, le voici : « J’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble, dans l’harmonie, avec d’égales opportunités. C’est un idéal que j’espère atteindre et pour lequel j’espère vivre. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Six semaines plus tard, le 11 juin 1964, Nelson Mandela, qui était en prison depuis déjà deux ans, échappait de justesse à la peine de mort et était condamné, avec huit de ses camarades de combat, à la prison à vie pour « haute trahison et tentative de renversement par la force du gouvernement » blanc.

Au cas où la potence aurait été, comme pour tant d’autres, au bout du chemin, Mandela avait préparé pour la postérité une autre petite phrase retrouvée plus tard dans ses notes de cellule : « Je veux que tous ici sachent que je vais à la rencontre de mon destin comme un homme. » Ce courage, ce panache devant une mort si injuste, ne venaient évidemment pas de nulle part. Ces qualités autant que la vision du prisonnier politique le plus célébré de l’univers accompagnèrent toute la longue vie de l’« Africain capital », comme on allait plus tard le célébrer.

LE PÈRE, CHEF DU CLAN MADIBA, BANNI DE SA TERRE

Rolihlahla Mandela naît le 18 juillet 1918 dans une hutte circulaire du village de Mvezo, dans le district d’Umtata. Peu après sa naissance, le père, chef du clan Madiba et membre de la dynastie des Thembu, qui régnait depuis des siècles sur la région du Transkei, est banni de sa terre par l’autorité coloniale blanche au motif qu’il n’était pas assez coopératif. Roi des Thembu, l’une des grandes tribus de la nation Xhosa, seconde en nombre dans le pays derrière les Zoulous, l’arrière-grand-père de Rolihlahla, mort en 1832, avait un fils appelé Mandela, source, plus tard, du patronyme familial.

Déporté dans un autre village proche, nommé Qunu – la hutte familiale existe toujours et Mandela président s’y fera construire une autre maison –, le chef destitué des Madiba, ses quatre épouses et ses treize enfants vivent chichement, mais avec dignité. Les Thembu reconnaissent son rang et, lorsque le père meurt de tuberculose, Rolihlahla, alors âgé de 9 ans, est pris en charge par le régent de la tribu. Il deviendra le premier de sa famille à aller en classe, dans une mission méthodiste.

Président, Mandela ira souvent se ressourcer dans son village, auprès de son clan. Dans ses Mémoires, il évoque « l’enfance heureuse » qu’il y mena au milieu des vaches qu’il avait à garder. « Je me souviens avoir écouté les anciens de ma tribu raconter les histoires d’autrefois, le bonheur d’autrefois et puis les guerres livrées par nos ancêtres pour défendre notre patrie » contre le colonisateur. Madiba est « fier » de ses racines tribales.

A l’ouverture de son ultime procès, le 9 octobre 1963, il se présente drapé dans un kaross, la cape traditionnelle en peau de léopard des dignitaires xhosa. « J’ai choisi de revêtir ce costume pour souligner le symbolisme de l’Africain noir dans un tribunal exclusivement blanc », explique-t-il. Mandela « le grand communicateur », qui fera si souvent merveille plus tard, qui saura, d’instinct,utiliser l’image et les médias pour avancer sa grande cause de la réconciliation entre les races, perce déjà sous le militant.
Il est conscient de son rang « jusqu’à l’arrogance », diront certains de ses amis.

Nelson Mandela, en 2007.

« On peut tout m’imposer, mais détruire ma dignité, jamais ! » Toujours poli etcourtois avec ses gardiens afrikaners, à Robben Island comme dans la prison Pollsmoor où il sera transféré en 1982, il exige et obtient, malgré les mauvais traitements que tous les détenus ont à endurer, d’être traité avec respect. A la fin des années 1990, il sera l’un des rares chefs d’Etat du monde à donner du« chère Elizabeth » à la reine d’Angleterre…

« L’UNIVERSITÉ ROBBEN ISLAND »

A « l’école des Blancs », le jeune Rolihlahla, excellent élève, a appris leur histoire, leur culture. Il adore Haendel, Tchaïkovski, adule Shakespeare. Adulte, il étudiera Clausewitz et Che Guevara. En prison, il parfait ses connaissances en droit, obtient deux diplômes d’études supérieures par correspondance, partage ses acquis avec ses codétenus – au point que la plupart évoqueront en souriant « l’université Robben Island » qu’il a mise en place sur l’île forteresse.

En prison, il apprend la langue afrikaans, étudie l’histoire et la littérature de « l’ennemi », invite ses camarades à faire de même, « parce qu’un jour, dit-il, il faudra que tous les peuples de notre pays, Afrikaners compris, se comprennent pour vivre ensemble ». La vision est déjà là, solide. « La souffrance peutengendrer l’amertume ou ennoblir, explique Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix 1984, chef de l’Eglise anglicane sud-africaine et militant infatigable de la lutte antiapartheid. Madiba a développé une générosité, une magnanimité hors du commun. »

La personnalité africaine de Mandela n’y est pas pour rien. Adolescent, il a découvert, auprès du régent des Thembu, la philosophie centrale de la culture xhosa – et de tous les peuples bantous auxquels appartiennent aussi les Zoulous et d’autres peuples noirs : l’ubuntu, une fraternité, une manière de vivre ensemble. Fondé sur un sentiment d’appartenance à une humanité plus vaste, le concept contraint ses adeptes à respecter autrui, à faire preuve de compassion, de compréhension. Il s’oppose à l’égoïsme et à l’individualisme, réputés « valeurs blanches ».

Dans le manifeste que Mandela contribue à rédiger dès 1944 pour la création de la Ligue des jeunes de l’ANC, le Congrès national africain, qui existe alors depuis trente-deux ans mais ne se faisait guère entendre, l’ubuntu, qui interprète l’univers comme un tout organique en chemin vers l’harmonie, est déjà présent. L’idée fera sa route dans d’autres documents politiques de l’ANC et jusque dans la nouvelle constitution de la nation « arc-en-ciel » de 1996.

Les Afrikaners, qui ont institutionnalisé le développement séparé – apartheid – en 1948, qui ont créé les bantoustans, régions autonomes réservées aux Noirs, privés des droits les plus élémentaires, mais ont aussi tué, torturé et emprisonné des milliers de gens parce qu’ils se rebellaient contre cet ordre inique, doivent-ils à l’Ubuntu d’avoir échappé aux massacres postapartheid ? Sans doute en partie.

PAS UN PACIFISTE

Car l’homme qui, après sa libération, poussera l’exemple du pardon jusqu’à serrerla main du procureur afrikaner qui voulait le pendre en 1964, qui rendra visite à la veuve du Dr Verwoerd, l’architecte historique de l’apartheid, le président qui mettra en place à travers le pays, et contre l’avis de ses camarades de combat, ces commissions Vérité et réconciliation, où les leaders, les serviteurs civils, policiers et militaires de l’apartheid, viendront confesser leurs crimes et demander pardon, cet homme-là, on l’a dit, n’était pas un pacifiste.

Nelson Mandela, premier président noir sud-africain.

Il ne le niera pas devant ses juges, c’est lui qui, après le massacre de Sharpeville, au cours duquel la police blanche abat plus de soixante-sept Noirs dans une manifestation en mars 1960, plaide au sein de l’ANC pour mettre un terme à la stratégie de non-violence, qui n’avait abouti, en un demi-siècle de pratique, à aucun résultat ; lui qui allait créer et diriger, à partir de juin 1961, l’Umkhonto we Sizwe, la « Lance de la nation », branche armée du mouvement. En juin 1962, après une tournée clandestine dans une douzaine de pays d’Afrique, dont l’Algérie, il est en Ethiopie.

Il endosse la tenue camouflée des guérilleros, apprend le maniement des explosifs et du pistolet-mitrailleur. Il explique que, dans les luttes pour la justice, « c’est toujours l’oppresseur qui détermine les méthodes d’action » « S’il use de la force brute contre les aspirations populaires légitimes, s’il refuse tout dialogue significatif et de bonne foi, la meilleure méthode en toutes circonstances, parce que les conflits sont toujours mieux résolus par le cerveau que par le sang, alors les opprimés n’ont d’autre choix que de recourir eux aussi à la force. »

Arrêté dès son retour clandestin d’Ethiopie sur dénonciation d’un agent de la CIA infiltré dans l’ANC, l’homme que la presse blanche avait surnommé « le mouton noir » pour sa capacité à échapper, par des déguisements divers, à toutes les polices qui le poursuivaient depuis des mois déjà, parce que, en tant que haut dirigeant de l’ANC, il avait organisé des grèves et des campagnes de désobéissance civile à fort retentissement, Madiba entre en prison le 5 août 1962, condamné à cinq ans pour ces faits. Et pour avoir quitté le pays clandestinement.

MANDELA REFUSE LA LIBÉRATION CONTRE SON RETRAIT POLITIQUE

Dix-huit ans plus tard, alors qu’il quitte enfin l’« île du diable » pour Pollsmoor, près du Cap, le pouvoir blanc commence à mesurer l’aura particulière de son prisonnier. En février 1985, le président P.W. Botha lui offre la libération en échange de son retrait politique et d’un appel public à la cessation des violences. Mandela refuse. Une fois, dix fois, le pouvoir essaie de le tenter.

Il n’ignore pas, grâce aux rares lettres que le détenu est autorisé à écrire à sa famille – une seule tous les six mois pendant huit ans –, combien Madiba souffre de la séparation d’avec sa jeune et belle épouse, Winnie, ses deux premiers fils, leurs deux filles qu’il ne verra pas grandir. Il sait combien Mandela a souffert de ne pas avoir été autorisé à assister aux funérailles de sa mère, morte d’épuisement en 1968, puis de son fils aîné, son favori sans doute, tué dans un accident de voiture l’année suivante. Mais, rien à faire, à chaque fois, le reclus de Pollsmoor rejette les offres conditionnelles d’élargissement.

En novembre 1985, alors qu’il entre dans sa vingt-troisième année de détention, lepouvoir blanc, qui commence à vaciller, veut ouvrir des négociations directes avec lui. Tenace, il refuse encore : « Seuls les hommes libres peuvent négocier », dit-il.Dialoguer avec les geôliers, voire avec les ministres blancs qui défilent maintenant dans sa cellule, oui. Sauver le régime par quelques réformettes et concessions à la majorité noire, non.

La situation internationale aidant, la montée de l’opprobre mondial et des sanctions internationales contre le pouvoir blanc bouleverse l’équilibre des forces. Ce sont maintenant Mandela et les siens qui fixent leurs conditions à une éventuelle sortie de prison. L’ANC et ses alliés communistes et syndicalistes doivent être légalisés à nouveau. Tous les prisonniers politiques doivent être libérés, les bantoustans créés pour diviser les Noirs et réserver les richesses aux Blancs, démantelés, la règle démocratique, « un homme, une voix », acceptée.

Quatre ans plus tard, virtuellement aux abois, le gouvernement de Frederik De Klerk accepte tout. La suite est universellement connue. Le 11 février 1990, à 16 heures, Nelson Rolihlahla Mandela, en costume gris, se dirige vers la grille de sa dernière prison. La cérémonie est retransmise en mondovision.

PERSONNE OU PRESQUE NE L’AVAIT REVU

Chacun retient son souffle. Il y a plus d’un quart de siècle que personne ou presque ne l’a revu. Pas même en photo. Le héros quadragénaire « posterisé » autour du monde a maintenant 73 ans. Les années de travaux forcés dans lescarrières de chaux ont brûlé ses yeux, il ne peut plus pleurer. On craint d’apercevoir un frêle vieillard, voûté, abîmé, malade peut-être. Et c’est un miracle. Il se tient, grave, droit comme un I, prenant son épouse, Winnie, par la main. « Il était la personnification de l’avenir », s’ébaudit Nadine Gordimer, écrivaine sud-africaine, Prix Nobel de littérature en 1991.

Nelson Mandela à sa sortie de prison, le 11 février 1990.

« On avait peur qu’il ne soit pas à la hauteur de son mythe, Dieu merci, ces craintes étaient infondées », s’exclame Mgr Tutu. Son premier discours d’homme libre, au Cap, est à la hauteur de l’événement. « Je me tiens ici devant vous, non comme un prophète, mais en humble serviteur (…). Mes dix mille jours d’emprisonnement sont enfin derrière moi (…). Je place les années de vie qui me restent entre vos mains. » La foule exulte. Partout dans le monde, les opprimés communient. Lui a le sentiment de marcher vers une nouvelle vie. Elle sera compliquée. Le pouvoir est en vue, pas encore entre ses mains.

Il y a des émeutes sanglantes entre les Zoulous et l’ANC, des assassinats et des règlements de comptes par milliers, une tentative meurtrière de coup d’Etat de l’extrême droite afrikaner. Il est sur tous les fronts. Tour à tour, il cajole, condamne, menace. Il s’affirme comme le chef d’Etat qu’il n’est pas encore. Et il finit partriompher.

PREMIER PRÉSIDENT SUD-AFRICAIN ÉLU DÉMOCRATIQUEMENT

Le 10 mai 1994, après quatre longues et difficiles années de négociations pied à pied avec la minorité blanche, de plaidoiries enflammées autour du monde, l’icône prête serment : il est le premier président de la République sud-africaine élu démocratiquement. Son parti a obtenu 62,6 % des voix.

« Jamais, plus jamais, ce beau pays ne vivra l’oppression des uns par les autres,lance-t-il. L’humanité ne connaîtra pas plus grand accomplissement. Que règne la liberté ! » L’homme a rejoint sa légende.

Chef de l’Etat, il donne les grandes orientations, multiplie les gestes symboliques de réconciliation. En prison déjà, « le pardon était une stratégie de survie pour lui », écrit Bill Clinton, président des Etats-Unis de 1993 à 2001. Pour le reste, il laisse son premier ministre, Thabo Mbeki, gérer le pays, plonger les mains dans le cambouis, changer les lois, passer les compromis nécessaires à la paix civile, bref, gouverner.

Madiba a prévenu qu’en raison de son grand âge et de sa soif de découvrir ce monde de jumbo-jets, de satellites et d’ordinateurs qu’il n’a pas connus, il ne ferait qu’un seul mandat. En mai 1999, il se retire de la scène politique. Trois ans plus tôt, évoquant « l’immense solitude » qui fut la sienne après sa libération aux côtés de Winnie, laquelle a multiplié les frasques et encouragé l’extrémisme, il a demandé le divorce. Fin 1993, déjà séparé d’elle, il est tombé amoureux pour la dernière fois de sa vie.

Nelson Mandela aux côtés de Graça Machel, son ultime amour.

Douce, intelligente, pleine de compassion, Graça Machel a vingt-sept ans de moins que lui. Elle est veuve du président du Mozambique, Samora Machel, disparu en 1986. Il est, dit-il, « très attiré par cette remarquable femme ». Elle l’aime aussi, ils sont vus partout ensemble, main dans la main. Le 18 juillet 1998, pour le 80e anniversaire du grand homme, Graça dit enfin oui. L’heure du départ approche.

Après 1999, peu à peu, Madiba se retire des affaires du monde, il ne commente plus les affaires politiques. Sauf exception, comme en 2003, lorsque George W. Bush, « un président qui ne sait pas réfléchir », lance l’attaque sur l’Irak. On sait que les déboires de son successeur, Thabo Mbeki, éjecté du pouvoir par ses rivaux de l’ANC, le « désespèrent ».

Mais, discipliné jusqu’au bout, il ne dit mot. Et soutient, en 2009, la candidature à la présidence d’un ex-compagnon de prison, Jacob Zuma. Il honorera encore de sa présence quelques galas de charité pour les fondations – en faveur de l’enfance surtout – qu’il patronne, participe aux campagnes internationales de lutte contre lesida et, en juillet 2010, assiste au match de clôture de la Coupe du monde defootball, qui s’est tenue en Afrique du Sud.

Au crépuscule de sa longue vie, Madiba le magicien partageait son temps entre Johannesburg et le Mozambique, coulant ses derniers jours dans la paix et le silence. Auprès de Graça, son ultime amour.

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Posté par le Déc 6 2013. inséré dans ACTUALITE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

46 Commentaires pour “Mort de Nelson Mandela : la planète lui rend hommage”

  1. algerien

    Le monde vient de perdre un grand homme, icone de la liberté, de la paix, et l’humaniste à son paroxysme. Nous saluons en lui un leader et humaniste hors pair, il n’a jamais renié les gens qui l’ont soutenu durant son combat, il a su dire non au pouvoir pour se consacrer à asseoir une légitimité autre que par le pouvoir politique. Ce qui trouble un peu dans tous les messages concernant la mort de Neslon Mandela est le cynisme des leaders occidentaux, ceux là même qui continuent à faire fi des injustices et des manquements aux libertés dans d’autres contrées à travers le monde et où l’argent et les intérêts demeurent leur unique leitmotiv.

    • gamra de sidi khaled

      @algérien Monsieur vus avez le grand mérite de prendre la téte du peloton des hommages de reconnaissance vis a vis de ce que vous avez nommé comme ICONE;laissant dérrriére lui un grand parcours historique avec un message a méditer ; nous concernant l’alternance démocratique Ce géant charismatique ,qui fut détenteur du prix Nobel de la paix troublera encore ceux qui des colonialistes ,il en existe encore et ils s’en exprimeront comme vient de le faire certains de ses adversaires politiques qu’il a maté Je salue la VDSBA pour son permanent réflexe de nous informer sur les grands et sérieux évenements planétaires

    • ALBARRACIN de SBA

      @Algérien

      Je partage sans réserve l’hommage que vous présentez de la personne de Nelson Mandela.
      Mais vous ne semblez pas suivre son exemple, en dénonçant le « cynisme des leaders occidentaux……..; »
      Je crois que le combat pour la défense et la promotion des droits de l’homme exige un regard plus objectif, aucunement partisan …..les atteintes aux droits de l’homme, à sa dignité, à son universalité, sont d’actualités hélas dans de nombreux états de cette planète , régions d’occidents et d’orients!
      Utiliser un hommage vis à vis de CELUI qui fut un exemple militant ferme et pacifique pour dénoncer sans nuance, une moitiée de la géo- politique de ce vaste monde n’ honore pas NELSON MANDELA!
      Salutations

      • algerien

        @elbarracin de sba, je vous envoie cher ami sur le côté un peu puéril et inconciliable que N. M. a entretenu avec l’ouest et je l’ai dit en filigrane, autant il a su quémander les blessures de la nation sud africaine autant, il n’a pas cédé sur ses principes, il a désavoué Mbiki au profit de Zuma, il n’a pas rompu avec Mugabé, ni avec les palestiniens, il n’a pas désavoué publiquement Khaddafi, c’est cette dimension qu’on occulte souvent et c’est pour cela que j’ai dit qu’il y avait du cynisme dans les éloges vis à vis de Mandéla par les occidentaux.

        • hamdad f

          Je crois que Algérien s’est exprimé par rapport a un contexte connu et son post est respectable

        • ALBARRACIN de SBA

          @Algérien

          Merci d’avoir rebondi sur mon propos! L’Histoire ne livrera jamais l’entièr développement du processus incontournable mais toujours trop long de la marche de libération des peuples!
          Le changement de cap, et l’erreur fondamentale d’occupations par la force de régions entière de ce monde nous enseignent que se retirer d’un pays colonisé s’avère non pas mission impossible mais une longue marche! Cyniquement j’avancerai l’idée que les politiques des blancs du temps de l’appartheid en afrique du sud, ont volontairement mis à « l’abri »
          Nelson Mandéla , le temps de prépare la transition!
          Sa disparition brutale par un acte violent , aurait compromis le processus du statut actuel de l’Afrique du sud! N’oublions pas que libre Le Vénérable Gahndi s’est exposé et nous connaissons la suite!
          Je pense que la colonisation est un crime car elle interrompt le processus long et naturel d’un développement d’un pays! Mais une fois cette erreure commise, le processus de libération se doit être maitrisé par les parties par défintion antagoniste mais soucieux d’une transition gérable humainement et politiquement!
          C’est la leçon que nous enseigne la vie de Nelson Mandéla !

          • hamdad f

            @albarrracin vous rejoignez donc algerien?

            • ALBARRACIN de SBA

              @hamdad f

              Bonjour , je ne rejoins personne, car sur un sujet comme celui qui nous occupe, la complexité donne une part de raison à tout les points de vues! Entre la raison d’Etat ,, les contextes historiques, la nature des hommes en responsabilités, la gestion des groupes et intérêts contradictoires , nous imposent une part de modestie dans nos attendus et nous ne pouvons qu’espérer que les « décideurs » s’inspirent d’exemples , ici de ce la vie militante et de chef d’ Etat que fut celle de Nelson Mandela!
              Salutations

  2. Hassen

    Aprés avoir lu tout cet article je ne peux dire que le monde vraiment se souviendra de ce héros qui a mené un combat et quitta la scéne politique avec honneur Paix sur lui

  3. Membre de la h'cira

    Voilà la démonstration que l’engagement dans la politique quand on a des principes ,qu’on les défend et qu’on les respecte peut faire de vous un grand homme ,universellement reconnu et respecté,dont le combat est unanimement salué.Il a marqué l’histoire de son époque ,en sa sacrifiant sa vie à la cause de son peuple et par delà à la reconnaissance de l’humanité dans sa diversité ethnique, culturelle et religieuse.Il parachève la dignité de l’être dans ce qu’il y a de plus cher :la liberté ,l’égalité et le droit.Il a réalisé l’essentiel pour son peuple,même si la lutte continue pour un équilibre social qui reste le point faible de pays ou les disparités ,dans ce domaine,sont assez éloquentes.

  4. Houari

    Il est parti l’Homme du siècle dans le ciel bleu pour laisser un vide et une histoire riche et passionnante : du statut de prisonnier célèbre et militant contre l’apartheid à la présidence de l’Afrique du sud. Il était le père de la démocratie dans ce pays et l’exemple à suivre en matière des droits de l’Homme, du pardon et de la modestie.
    Mandela, la personnalité la plus populaire au monde, nous a quitté en silence même à l’age de 95 ans, on a toujours avide de le voir vivant, mais hélas ! C’est la loi du destin.
    Dort en paix Madiba, les pauvres ont perdu leurs ailes, il vont vous pleurer sans cesse.
    Joumouaa Makboula

  5. H Bouasria

    Nous on est l’espèce que je n’ai jamais compris et je n’arrive plus la comprendre .Les exemples que nous donne la vie ne nous tiennent plus au coeur et nous essayons de les citer lorsqu’il s’agit des hommes. Cette personne dont on parle je ne sais pas si il est considéré par la raha à cause de ce qu’a fait à son pays je dis Allah yarhamah; il a passé la moitié de sa vie en prison il a combattu le racisme apres avoir obtenu le but qui l’a pussé de combattre n’a jamais dit j’ai fait ça; j’ai fait ceci donc je reste dans la presidence à vie comme Gadhafi Benali Assad Moubarek et companie

  6. li zimmigri....

    le procés de Rivonia illustre de facon exemplaire l´art de transformer une défaite militaire en bombe a retardement. paradoxalement,les voix réduites au silence ont fini par toucher le monde entier. le valeureux combattant Mandela est devenu avec le temps le symbole de la résistance a l´apartheid. muté dans une prison moderne en 1982, puis,aprés une maladie,dans la maison d´un gardien a Victor Verster, il a pris une telle importante que le régime raciste de Pretoria ne redoute qu´une chose, son décés en détention. Plusieurs concerts et manifestations de soutien marquent son soixante-diziéme anniversaire sur toute la planéte. Quel chef d´état aura recu pareil hommage universel? a l´issue du procés de Rivonia, une poignée d´hommes ont sacrifié vingt-cinq ans de leur existance sur un ilot perdu de l´Atlantique a casser des cailloux, Mais ces héros ont tous survécu,et, apparemment sans haine, s´apprêtent a construire l´Afrique du sud démocratique de leur voeux. leur combat reste un exemple pour la république arabe sahraoui démocratique (RASD) dernier pays de l´Afrique colonisé et pour l´Afrique. camarade mandela repose en paix, un homme peut mourir pas un symbole.

  7. AL HANIF

    Zelda La Grange, accorte ‘ Afrikaner’ blanche et blonde dans la force de l’âge est la personne qui a le plus côtoyé Madiba dans l’intimité depuis 1994.
    Devenue l’assistante personnelle de la fondation Nelson Mandela, elle était indispensable à l’homme icône au crépuscule de la vie qui l’accueillit toujours par un chaleureux ‘ Zeldita , t’es là?’
    Il est de coûtume de dire qu’il n’y a pas de grand homme aux yeux de son valet de chambre; mais son témoignage contredit le dicton car la grâce et la classe naturelle de Madiba ( nom de son clan qu’il préférait à Nelson donné par un enseignant) n’ont jamais été démenties.
    Madiba qui se défendait d’être un saint avait un jour défini ce terme comme qualifiant un pêcheur qui essaie de corriger ses erreurs a évité à son pays une guerre raciale et civile qui paraissait inéluctable et a imposé sa stratégie aux plus radicaux de son camp, l’ANC.
    Madiba le visionnaire a payé de sa liberté sa revendication de la vouloir pour tous. Pour faire un parallèle avec le cas algérien ,l’homme qui n’était pas un pacifiste naïf, avait dépassé l’horizon de la revanche pour rendre possible la coexistence de tous dans la nation arc-en-ciel.
    Bien sur, tout n’est pas parfait et comme chez nous d’anciens leaders de la cause se sont mués en prédateurs économique en oubliant que l’on ne débarrasse pas d’un ordre injuste pour le perpétuer, ni d’une tyrannie pour la remplacer.
    S’il y avait un homme providentiel en Afrique et dans le monde, au regard de tous ses mérites et de sa crédibilité historique pour s’installer au pouvoir, ce fut Madiba. Et pourtant il le rendit après 5 années pour inscrire son aura et son action dans un champ universel.
    Sur son seul nom; des sommes colossales ont été récoltées à travers le monde pour soulager les sidéeins, instruire les enfants et construire encore plus d’écoles car son crédo était le suivant:
    On n’est jamais libre sans éducation’.
    Celui qui aimait lire le poème Invictus qui a inspiré le film qui lui était dédié peut reposer dans la paix de celui qui a accompli tout le chemin qu’il s’était tracé.
    Zelda, inconnu du grand public craint désormais de ne plus le voir, frêle esquif ayant affronté tant de tourmentes et d’avanies, dévorer les journaux qui accompagnait le petit-déjeuner qui était souvent son seul repas.
    Dieu que nou sommes si petits et qu’il était si grand!
    Désormais, le grand guerrier aura toute l’éternité pour se reposer!

  8. AL HANIF

    errata
    accueillait
    accompagnaient

  9. sekkal s

    @alhanif je sais selon vos réactions sur le site que vous pouvez nous éclairer plus sue ce personnage de Zelda Je viens de cliquer sans grands résultats Je vous serez reconnaissant d’avance.

  10. abbes

    Mandela un seul mandat un exemple

  11. algerien

    mon cher Al Barracin je n’ai jamais dans mon propos essayé de vouloir imposer un avis dans le commentaire, j’ai dit tout simplement que Nelson Mandela est devenu une icône et il le savait, il a capitalisé sur ce fait pour pouvoir influencer positivement sur la population de son pays et ramené le plus de dividendes pour une nation fortement divisée par un apartheid des plus atroces, l’inertie de cette grande nation n’aurait jamais permis une solution à l’algérienne, en termes lucides et clairvoyants il a pu vendre le projet aux puissances occidentales qui en retour lui ont permis de revendiquer le droit à un homme, une voix, et par ailleurs accepter que les afrikaners ( Blancs de l’afrique du sud) de rester et de garder leurs intérêts dans les mines, les banques, le tourisme et l’agriculture, une réforme agraire conçue, pour donner plus de terres à la population noire a été réalisée, mais très limitée, plus de travail aux populations noires, plus de logements, etc., dès qu’il a su que les problèmes d’intendance étaient insurmontables, il a cédé sa place volontairement, il ne pouvait rester au pouvoir sans risquer de voir son image ternie par une population qui le vénérait, mais qui était également en attente de réponses aux problèmes sociaux latents et datant. Ayant affranchi l’Afrique du sud de l’apartheid d’une manière douce et pratiquement non violente, Mandela voulait s’atteler à la philanthropie et les causes justes ( éducation, Sida, etc::,),. Aurait il agi à la manière de Fidel Castro, Ben Bella ou Mugabé, on l’aurait taxé de tous les noms et de tous les surnoms, il avait un brin de pragmatisme en plus qui a fait qu’il soit vénéré en occident,et qu’on le veuille ou non Castro, Ho chi Minh, Ben Bella, Ait Ahmed, Che Guevara , et Nelson Mandela, ont été à la même école révolutionnaire post 45, Le Mahatma Ghandi quant à lui, il prônait la non violence et s’inscrivait sur un tout autre registre.

    • ALBARRACIN de SBA

      @Algérien

      J’apprécie vos analyses et la maitrise du sujet! Je me permets de dire qu’aucune entreprise de libération d’un peuple ne peut se comparer!
      Toutes ont une histoire des périodes et des peuples biens distinctes!
      Vous les mentionnez avec justesse! Comparaison n’est pas raison !
      On peut aussi admettre sans pouvoir étayer la thèse que le détournement de l’avion où se trouvait Ben Bella, a était volontairement ou non en prémice des pourparlers d’EVIAN !la suite vous la connaissez! Les services secrets de nos deux pays ne livreront jamais les stratégies mis en oeuvre pour aboutir au cessz le feu!
      Le tempérament des africains du nord et ceux du sud ne sont pas comparables:
      Pas plus que les musulmans algériens et les PN:S,aient quelques ressemblances avec les africaners d’origines Anglo saxonne, !
      La m^me école, n’efface pas les différences de cultures des écoliers , elle donne l’occasion de se faire des alliances de faire jouer des solidarités , mais les stratégies dépendent des réalités du terrain et de l’histoire de chaque peuple!
      Vous ne citez pas POL POT., les kmers rouges ! ainsi va l’histoire seule les fixations de revanches sont nuisibles pour construire l’avenir! mais celà est un autre sujet!!
      Bien à vous

      • algerien

        je pense qu’octobre 1956 était un peu trop tôt pour Evian, si les pilotes de l’avion qui les transportait n’étaient pas français, l’avion aurait été tout simplement abattu, ( dixit le sanguinaire Aussaresses). Moi je pense que le déclic d’Evian, c’était la grève de Larbi Ben Mhidi de mars 1957, elle a créée l’insurrection dans la capitale et par extension dans toutes les villes algériennes, un cauchemar pour les capitalistes qui voulaient une main mise sur les richesses algériennes avec les découvertes récentes du pétrole, c’est alors qu’entraient en jeu les USA ( les Texans ont un flair de requin quand il s’agit de pétrole), et la suite est connue, allah yerham koul echouhada

  12. badsi

    @algérien votre point de vue a déclenché un autre débat de comparaison ,vous ne l’avez vous et on vous reproche rien la dessus seulement Benbella n’a pas assez duré et demeure un grand héros révolutionnaire Mandela en quitant le pouvoir a investi d’autres combats,certes c la méme ecole mais aux destinées diverses Etes vous de mon avis?

    • algerien

      Mr Badsi, le courant que représentait Mr Ferhat Abbas au sein de la révolution algérienne post 1945 était minoritaire et ne pouvait s’imposer, je m’écartes volontairement du débat sur Mandéla mais je pense que cette digression en vaut la peine pour élucider le parallèle avec l’Afrique du sud, Mr Ben Bella et Mr Ait Ahmed représentaient le courant majoritaire au sein du directoire de la révolution algérienne, Ben Bella certes n’a pas duré après l’indépendance mais ça importe peu, puisque ce qu’a fait Boumédiène après n’est rien d’autres que ce que voulait le courant majoritaire de la révolution. Ben Bella n’a jamais pu faire valoir ses capacités de management, en avait il?, pouvait il? L’essentiel est que Ben Bella était un grand révolutionnaire tout comme Ben Mhidi, Boudiaf, Ait Ahmed et tous les autres, il ne faut pas oublier qu’ils avaient à peine 40 ans pour la majorité d’entre eux, Mandela a pris le pouvoir et il avait 74 ans.

      • badsi

        @algérien je rebondis mais en Afrique du sud a ‘t »on trop misé a ne pas s’en sortir de cette légitimité dite révolutionaire comme c’est le cas ou les peuplades des frontiéres en abusent a ce jour? pour gouverner s’éterniser réponse SVP

        • algerien

          je ne l’ai jamais dit, si tu veux mon avis propre sur la question et qui reste un avis combien même je veux qu’il soit adopté, je suis pour la séparation des pouvoirs, une constitution pérenne, une société pyramidale dans son fonctionnement, avec une sève d’inspiration, qui tiens compte de son passé, construit l’avenir, en investissant dans le temps présent, une école saine avec des repères, une justice qui rend justice, une petite dose de pragmatisme, et un timonier à la barre qui montre le cap et donne de l’espoir à la jeunesse. Mandela a voulu cela pour son pays, c’était les rêves des Ghandi, Martin Luther King, Larbi Ben Mhidi, Ho Chi Minh, certains ont réussi, d’autres moins.

  13. badsi

    Me lire vous ne l’avez pas voulu

  14. badsi

    @ algerien Qu’insinuez ou que voulez vous par société pyramidale c ma dernière question

  15. algerien

    c un dialogue alors?

  16. badsi

    @algerien pourquoi pas c’est un forum ou l’on apprend du nouveau Je ,ne cache pas que j’ai appris ce jour et demain je suis sur que des autres lecteurs nous exposeront autre chose et c a nous de tirer des enseignements Je vais suivre la chaine djazira sport sur le récent tirage CM BRESIL surtout qu’on m’a dit que la voix va accueillir bientot deux journalistes Dommage je ne suis pas dispo

  17. Karim10

    Mandela et l’Algérie une histoire qui reste à écrire.
    Un projet d’ouvrage sur «Nelson Mandela et l’Algérie» sera lancé prochainement, avec la contribution de plusieurs chercheurs qui aborderont plusieurs aspects concernant, entre autres, les relations du leader de l’ANC avec la Révolution algérienne et avec l’Algérie indépendante.

    Repose en paix Mister NELSON.

  18. mus

    @Docteur Nous vous respectons énormément Néanmoins le projet en question est il e gestation? Qui sont ces chercheurs;il ya des belabbésiens qui vivent la bas et ilya qui ont séjourné au moins cinq ou six personnes connues Vos amis lecteurs veulent savoir plus Mes salutations

  19. BADISSI

    Nelson Mandéla un grand homme qui a crue dans la liberté de son pays et des pays Africain et il a payer chère 27 ans de prison , son pays opprimés par des occidentaux qui aujourd’ hui se prennent pour les défenseur de la démocratie , dans la même semaine nous quitte deux hommes qui ont des principes opposes MANDELA le bon , et le brute criminelle de guerre que malheureusement il n’a pas étais jugée par le soit disons tribunal international de la Haye , le grand tortionnaire des Algérien le maudit général AUSSARESSES ? QUE J AURAIS AIMÉE QUE LA VDSBA CONSACRE UN ARTICLE PAR DEVOIR DE MÉMOIRE AU GÉNÉRATION FUTUR

  20. tewfik adda boudjelal

    Triste nouvelle pour tous les peuples du monde, qui continuent de se battre pour retrouver leur liberté.
    Nelson Mandela est parti, sans faire de bruit, emportant avec lui, ses peines, ses souffrances, sa joie pour son peuple qui à tant souffert à cause de l’apartheid.
    Il restera à jamais, un « modèle « part excellence, pour toutes les générations actuelles et à venir.
    Je suis très fier, d’être arrivé jusqu’à
    sa maison de Soweto .Un lieu magique, ou une sensation unique s’empare de vous dés votre arrivée sur les lieux.
    Un endroit, modeste mais chargé d’histoire .Je voudrais présenter à mes amis (es) Sud-Africains,
    Mes sincères condoléances .Nelson Mandela est certes parti, mais son œuvre est là et bien réelle.
    Il a réussit le challenge de pardonner à ceux qui l’ont privé de ses mouvements pendant de très longues années, et à rendu possible ce qui était interdit hier à savoir vivre ensemble, blancs et noirs sur une même terre..Et grâce à la justesse de son combat, il devient le premier président noir d’Afrique du sud libre ..

  21. un ami de la VDSBA

    un autre témoignage d’un voyageur pas comme nous tous alerte et attentif

  22. tewfikhayii

    Salam,
    Madiba est parti pour un monde meilleur.Madiba a donné une leçon d’humilité et de modestie au monde entier.N’importe quelle personne à sa place,se serait vengé,une fois au pouvoir,et cela aurait été légitime;mais non,le personnage est au dessus du lot,et il sait pardonner,vertu exclusive des prophètes,dont il réfute être un.Quelle leçon pour tous les prétentieux de ce bas monde,qu’ils soient leaders religieux,musulmans, chrétiens ou juifs.Les 27 années passées à casser les pierres et entre 4 murs – de quoi le rendre fou -,ont rendu l,icone Madiba encore plus résilient et fort de ses convictions inébranlables d’être dans le droit chemin,et il est arrivé à ébranler les fondements de la doctrine afrikaners et à imposer le respect aux salauds hypocrites desleaders politiques des pays occidentaux,qui à la longue ont été obligé de plier l,échine et d’admettre que le petit  »nègre » africain est arrivé à son but. Par la suite, ce qui les a mis KO est la politique du pardon entre les citoyens Sud Africains,et là, c’est la gifle magistrale aux dirigeants de ce monde.Monsieur Mandéla aurait pu devenir président à vie, vu ce qu’il a passé,il aurait pu devenir empereur,s’il l’avait voulu,et personne n,aurait crié au scandale,mais le sage entre tous les sages,a fait un mandat et s’est retiré des affaires du pays,en laissant la place aux autres et laisser une tradition pour l,alternance au pouvoir.Ah comme je suis jaloux, de ces pays qui ont compris la leçon de la démocratie, la vraie, pas celle des pseudo démocrates et des dictateurs camouflés des pays africains,n,est ce pas, Ya si BRÉZIDÈNE,prenez de la graine,et soyez aussi sage et respectueux que Madiba
    Je me demande pourquoi, la sagesse et le pardon sont des qualités de personnages tels que Ghandi, Dalai Lama ou Mandéla,alors qu’en prncipe,cela aurait du être le domaine exclusif des dirigeants des religions monthéistes (imams,pape et rabbin).Les peuples du monde entier sont aujourd’hui orphelins car leur père spirituel s’en est allé. Reposes toi Madiba.
    salam.

    • algerien

      Pour qu’un érudit soit qualifié de sage, c’est tout simplement parce qu’il transcende les choses d’intendance. Alors que, que ce soit l’imam, le pape ou le rabbin,ceux là sont confrontés par la fonction et les faits de cour à s’intéresser aux choses matérielles, et de contingence politique, cela les égare de la recherche de la vérité, la politique est l’art du compromis et parfois même de la compromission et les exemples font légion, la sagesse quant à elle n’en est pas compatible, elle n’est compatible qu’avec la vérité. Les rares imams qui ont excellé et devenus érudits, se sont écartés de leur gré, des charges d’intendance pour ne se consacrer qu’à l’enseignement pur de la foi.

  23. badsi

    @algerien je crois qu’il est difficile de se décharger des gestions d’intendance quant a aucun moment vous n’avez pas tenu a faire une mea culpa méme si dieu vous a donné l’occasion de vous retirer en douceur pour rester plus ou moins respecté Je ne peux faire un dessin et joindre des couleurs du marché de oujda

  24. algerien

    mon cher Badsi, Mr Mandela s’est bien déchargé des problèmes d’intendance autrement il aurait subi le même sort que ses pairs africains, sa gouvernance à la tête de l’Afrique du Sud en tant que gestionnaire a été de piètre qualité et ce n’est pas moi qui le dit, la corruption, le népotisme étaient légion, à son honneur, il savait écouter et partir à temps, et il l’a si bien dit, je part tant qu’il y a des gens qui m’apprécient encore, autrement il aurait été jeté en pâture, les problèmes sociaux en Afrique du Sud sont insurmontables et ce jusqu’à l’heure où je vous parle, les disparités criardes, il était bon, humain et sincère, et comme il le disait lui même loin d’être un saint.

  25. badsi

    @algerien Je vous remercie et j’espére vous relire

  26. AL HANIF

    A tous les anti-sémites primaires qui confondent idéologie sioniste raciste et expansionniste et la qualité de Juif, La vie de Madiba offre une fois de plus une leçon historique à méditer.
    Traqué par toutes les polices et entré en clandestinité ,Nelson Mandela qui s’était vu confier la branche armée de l’ANC ,Umkhonto We Sizwe, s’est réfugié dans le Johannesburg blanc et huppé chez un cadre de l’ANC, juif et communiste.
    C’est à partir de son domicile qu’ils coordonneront la lutte armée, iront rencontrer des instructeurs de l’ALN algérienne et mettre leur combat sur la place publique en évoquant le recours à une violence légitime contre une répression illégitime
    Ce camarade de combat juif s’appelle Denis Golderg. Dénoncé par les services de la CIA et ceux de l’état sioniste, il sera arrêté après Mandela et purgera 22 ans de prison dans un prison pour blancs alors que ses frères de combats prenaient la direction du bagne infâme de Robben Island.
    Je ne peux m’empêcher de penser à l’engagement de Maurice Audin, juif et communiste qui figure au panthéon de la martyrologie de notre pays.
    Seul blanc à avoir été condamné à vie lors du procès de Rivona pour avoir lutté contre l’apartheid Denis Golberg est une mine de riche’sse pour évoquer la genese du combat libérateur de l’Afrique du Sud.
    Tous les jours, raconte-t-il, son gardien et le chef de la sécurité lui promettaient de sortir de prison les deux pieds devan.
    Pour notre bonheur et celui de Walter Sissulu, mandela, jacob Zuman, Thabo et tant d’autres, ils s’étaient trompés et la prison fut pour une vraie université dans laquelle se forgèrent leur détermination et leur vision pour l’avenir.
    Bien sur, un pays qui sort de la pire des nuits coloniales et qui a une tradition de violence ne peut tout régler par une baguette magique.
    Les médias occidentaux, passés maîtres dans la récupération ont oublié la fameuse déclaration de Madiba:
     » Nous ne serons entièrement libres que quand le peuple Palestinien aura recouvré sa liberté!’
    Honneur à l’homme resté fidèle à Guevara, Castro, Arafat et l’Algérie qui avaient accompagné le combat contre l’apartheid.
    Le vrai djihad commence pour ce pays!

  27. AL HANIF

    PS: Le journal AL WATAN rappelle opportunément que la première visite de Mandela, deux mois à peine après son élargissement était destinée à Alger, en signe de reconnaissance pour une dette symbolique qu’il venait payer.
    Hélas, ce jour, le président de la République Algérienne ne se déplaça même pas pour accueillir l’illustre hôte de l’Algérie. Il délégua l’homme au nœud de papillon que l’histoire a oublié!
    Trop occupé peut-être?

  28. Hassen

    qui était président?

  29. tewfikhayii

    Salam,
    Chadli Bendjedid,si j’ai bonne mémoire.
    Salam,

  30. algerien

    Muhammad Ali a eu cette réflexion sur Nelson Mandela quand il a appris la nouvelle des sa mort:
    Mandela, un nom, un homme, une mission: sauver son pays de l’intérieur, très peu d’hommes dans l’histoire de l’humanité ont eu autant d’impact sur leur pays, et inspirer ainsi le monde.

  31. elhadj abdelhamid

    Mandela, un Grand de ce monde, n’était pas un « révolutionnaire » africain.
    L’avocat noir, l’un des 2 premiers de son pays, citoyen privilégié, militait pacifiquement contre la ségrégation raciale, instituée par les Blancs, au sein de l’ANC inspiré par le « Civil Rights Movement » américain des années 40, non-violent, surtout actif dans les Etats du Sud. Homme à femmes, le fils d’un roi tribal avait quitté son village pour fuir une fiancée laide imposée par son père et son exode l’amène à Johannesburg où il rencontre son mentor politique Sizulu. Le prestige de Madiba tient plus à sa survie stoïque au bagne de 27ans, qui a ému le monde entier, qu’à son combat qui n’a pas encore connu, à ce jour, la victoire espérée.
    Si officiellement, l’apartheid est aboli et, comme en Amérique, il y a un président noir, les disparités entre Blancs et Noirs sont plus marquées aujourd’hui qu’hier. 30% de chômage chez les Noirs contre 4% chez les Blancs, par exemple. Prétextant la peur, les Blancs se replient dans des « ghettos » hyperprotégés, interdits aux Noirs. Beaucoup pensent même à un Volkstaat, un Etat Blanc au sein de l’Afrique du Sud car ils redoutent, après la mort de Mandela, d’être chassés à la machette comme au Zimbabwe de Mugabe. Si les Blancs sont rugby et les Noirs plutôt foot, les rares spectateurs blancs du stade de foot de Soweto sont dans la tribune d’honneur.
    Le 16 Août 2012 à Marikana, comme à Sharpeville et à Soweto, la police sud-africaine a tiré sur les mineurs noirs en grève : 34 morts !
    Au début des années 60, après des décennies de lutte pacifique, l’ANC avait décidé de recourir à « d’autres moyens » après le massacre de Sharpeville et Mandela vient en Algérie pour sa formation militaire. Mais alors que la police sud-africaine n’a jamais cessé les massacres des Noirs, l’ANC opte pour les sabotages contrôlés qui ne font même aucun blessé, la tradition d’armes faisant défaut et Mandela, qui n’était pas un guerrier, de retour du pays de Benbella, avait probablement utilisé le chantage de l’option armée pour menacer les colons blancs de « l’exemple algérien ».
    Au pouvoir, l’ANC, rallié par d’anciens ministres et députés blancs, est devenu un parti fantoche qui refuse même de participer à la commémoration, le 16 Août 2013, du premier anniversaire du massacre des mineurs noirs de Marikana.
    Les crocodiles qui pleurent aujourd’hui l’Africain jetaient de l’huile sur le feu de son malheur double, son bagne et la misère de son peuple. Une loi américaine, en vigueur jusqu’en 2008, place Mandela et l’ANC sur la liste noire des terroristes et Mitterrand, après Giscard le diamantaire d’Afrique, avait continué à violer l’embargo onusien sur les armes destinées au pays de l’apartheid qui n’avait d’autre ennemi que son peuple noir.
    Lorsque Mandela était venu à Alger en Mai 1990, il a été reçu dignement par un Historique du FLN qui avait lui aussi commencé le combat de la liberté au début des années 40, Abdelhamid Mehri.

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