La Voix De Sidi Bel Abbes

Monsieur cheniti G du NADI.NET revisite le Glacis sud évoqué par Rivet Monique. Bien avant le boulevard  » la macta « et ses deux vies…controversées

Monsieur cheniti G président du nouveau club NADI.NET vient de nous faire part d’une rencontre dés le début de la semaine prochaine de cet espace culturel et tient a partager le présent article avec nos lecteurs et ce autour de Monique Rivet (ex enseignante à Sidi Bel Abbes) qui a publié «Le glacis». ..bien avant le Bd la macta et ses deux vies… très controversées……………………………………………….par Hachemi.L

 

Cette nouvelle publication qui reparle de notre ville. Elle est l’œuvre de Monique Rivet qui fût enseignante à Sidi Bel Abbes, et c’est « Le glacis », un espace mais aussi un grand repère connu par les Belabbesiens d’un certain age, car il séparait jusqu’à l’indépendance deux communautés, européenne dans sa partie sud et Arabe dans sa partie nord. Cet ouvrage « Le Glacis », écrit cinquante ans auparavant, demeure un témoignage poignant où tous les thèmes de la guerre d’Algérie sont abordés avec un regard pertinent et sobre qui ne cède rien à la complaisance ni au pathos. Un ouvrage que nous conseillons à nos lecteurs(ices).Toute fois, nous se devons de dire qu’il y a deux glacis, celui du nord actuellement la où il y a le boulevard Didouche Mourad (ex Verdun) avec l’avenue du 08 mai 1945 et tout ce qui communément appelé par Trigue l’article (Coupole,…etc), et celui du sud qui est connu par boulevard de La Mactaa (voir photos).apres notre article Monique Rivet a reagit on ecrivant .

Nous reproduisons donc fidèlement sa lettre adressée à La Rédaction qui fût enseignante à Sidi Bel Abbes, et c’est au sujet de son récent ouvrage « Le Glacis », que l’auteure avait réagit après avoir découvert  la publication de notre article publié le 24 Mars passé, et que nous reproduisons après cette lettre ci-dessous.

 « Chers amis de la Voix de Sidi-bel-Abbès, je ne découvre qu’aujourd’hui 19 mai votre article du 24 mars sur mon livre, Le Glacis. Un grand merci à la personne qui a écrit cet article, qui me touche  beaucoup, comme me touchent aussi les réactions qu’il a suscitées chez vos lecteurs. Je sais que c’est impossible, mais j’aimerais vous connaître tous, serrer vos mains à tous, vous dire que j’ai gardé et garderai toujours le souvenir de votre ville même si celle que j’ai connue était une ville coupée en deux par… le glacisprécisément. Alors je vous souhaite ce que je nous souhaite à nous aussi, ici en France : la paix, la bonne entente citoyenne, dans votre beau pays d’Algérie. »

Un manuscrit qui dormait dans un carton depuis cinquante ans.

Monique Rivet est une écrivaine très discrète qui est née en 1932. Elle a à son actif trois romans. Le premier est intitulé : Caprices et variations, publié chez Flammarion, puis, Les paroles gelées et la Caisse noire aux éditions Gallimard. Ils sont le fruit d’une vie riche au service de causes nobles. Sa rencontre avec l’Algérie remonte à 1956-1957, en pleine guerre, pour enseigner dans un collège de jeunes filles où se mêlent Algériennes et Françaises. Cela lui permet d’être une sorte de sentinelle vigilante, capable d’observer les tumultes d’une société qui refuse le diktat d’un colonialisme sur le déclin. A la lecture de son nouveau roman, Le Glacis, on commence à rêver de cette technique de peinture qui augmente la profondeur des teintes. Mais ici, il s’agit d’un quartier de la ville où elle va exercer son sacerdoce d’enseignante.

La ville dont il est question s’appelle «El Djond», qu’elle définit dans sa postface comme signifiant en arabe «le corps d’armée, la légion». Le lecteur, ayant un minimum de connaissances en géographie, sait que cette entité urbaine n’existe pas en Algérie. Or, à partir de la définition donnée par l’auteure et quelques indications spatiales comme «Faubourg Thiers» et le «Village nègre», on peut en déduire qu’il s’agit de la belle ville de Sidi-Bel Abbès.

Ceci établi, il faut quand même revenir à l’histoire rocambolesque de ce roman. En 1958, de retour en France, elle le propose à Julliard, l’éditeur d’Assia Djebar et Malek Haddad. Celui-ci lui demande de revoir sa copie. Elle le laisse de côté et l’oublie pendant presque cinquante ans. Jusqu’à très récemment où, en fouillant dans ses affaires, elle le retrouve et le propose à l’édition. Malgré ce saut gigantesque dans l’histoire, ce roman reste d’une actualité brûlante et un témoignage émouvant sur une époque pleine de tourments. Le personnage principal du roman est justement une professeure qui répond au doux nom de Laure Delessert.

En métropolitaine fraîchement débarquée et ayant un désir ardent de s’intégrer dans la ville d’El Djond, elle multiplie les rencontres avec différentes personnalités. Elena, médecin, l’introduit auprès des militaires qui jouent un rôle important dans la vie locale. Et, sans prendre de gants, elle ose défier les officiers pour se permettre avec eux «une guerre des mots». Cette querelle historico-linguistique n’a été tranchée qu’en 1999 par l’Assemblée nationale française. Elle concerne la manière de désigner ce qui s’est passé entre 1954 et 1962. La jeune Laure Delessert parle de guerre et ses interlocuteurs eux édulcorent la réalité en usant de l’euphémisme «les événements».

Cette entourloupe sémantique va quand même la conduire à l’interpellation policière. Malmenée, on lui confisque ses papiers d’identité et elle va finir par être expulsée d’Algérie. Mais, avant d’arriver à cette extrême limite, elle est le témoin d’un certain nombre de faits qui font d’elle une intellectuelle indésirable. D’abord, dans son collège où les pressions que subissent les jeunes Algériennes sont intolérables quand les forces de l’ordre violent la franchise scolaire. Elle écrit à cet effet : «J’ignorais qu’un inspecteur de police était dans nos murs lorsque le lendemain j’entrai en milieu d’après-midi dans la salle des professeurs. J’y trouvai Mme Salaterre. Elle était assise tout près de la porte qui faisait communiquer cette salle avec le bureau de la directrice. Celle-ci étant fort sourde, tout ce qui se passait dans son bureau parvenait à nos oreilles. Je compris que Mme Salaterre était en train d’écouter l’interrogatoire d’Assia Abdelaziz».

Assia est une jeune Algérienne qui a osé écrire sur le tableau noir «Vive les Moudjahidine et à bas les Français» par une ferveur révolutionnaire que lui a transmise son père, commerçant qui a respecté le mot d’ordre de grève générale du FLN. Une grève qui a été brisée par l’armée en ouvrant les commerces à la rapine d’un public européen vindicatif.

Laure agit en humaniste convaincue dans cette société coloniale qui fonctionne sur les clivages entre Algériens et les Européens. Elle va se rendre coupable d’un impair impardonnable quand elle fait entrer une de ses collègues algériennes, Naïma, dans son club de gymnastique. Les adhérentes européennes de ce club sont offusquées par cette intrusion. Laure, qui est d’une spontanéité déconcertante, n’arrive pas à assimiler les codes de la société coloniale et, pour achever le tout, elle tombe amoureuse d’un Espagnol d’origine : Felipe Alvares. Le jeune homme a un comportement bizarre et un penchant excessif pour la gent féminine.

Malgré cette mauvaise réputation dont jouit son amant, elle continue à le voir jusqu’au jour où il disparaît dans la nature. Elle apprend, lors de son incarcération et l’interrogatoire musclé qu’elle subit, que Felipe Alvares appartient à la résistance algérienne. Laure, qui vole de surprise en surprise, arrive à la fin de son périple algérien, frustrée de ne pas aller au bout de ce voyage dans une réalité très cruelle. Monique Rivet a une manière très subtile de parler de la torture, des disparitions et des camps d’internement qui rend son roman très pédagogique. Le Glacis, écrit cinquante ans auparavant, demeure un témoignage poignant où tous les thèmes de la guerre d’Algérie sont abordés avec un regard pertinent et sobre qui ne cède rien à la complaisance ni au pathos.

Monsieur Cheniti Ghalem  

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=27266

Posté par le Mai 21 2013. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

18 Commentaires pour “Monsieur cheniti G du NADI.NET revisite le Glacis sud évoqué par Rivet Monique. Bien avant le boulevard  » la macta « et ses deux vies…controversées”

  1. sekkal s

    le grand niveau

  2. ghosne

    Les premiers pas de ce Nadi.net ont leur empreinte d’amour du métier ,de fidelité ,d’intégrité ,ces enseignants qui ne sont pas aigris,qui aiment les mots et les livres. Felicitations au Club.Mr ghosne

  3. messafer ft sba

    Nadi net est sur une rampe de lancement les intellectuels et les lecteurs en général font déjà une sorte d’ osmose. Franchement des articles bien fouillés et celui la est celui d’un cruel vécu des autochtones Le renvoi est trés significatif

  4. jamel

    Nous venons de voir concrètement évolution du journal qui tire vers le haut

  5. BENHADDOU B

    SIDI BELABBES nous touche tous;c’est bien de lire cela de la part de notre « cheikh » Cheniti;c’est cultivant

  6. houria G Ex enseignante

    la premiére lecture est un rappel historique de cette frontière entre deux communautés et la seconde est le préjudice de nos gestionnaires qui ont fait subir des torts a ces lieux enchanteurs de notre ville. MERCI PROVISEUR

  7. Ex Enseignant lycée Nadjah.

    Merci Ghalem pour tout ce que tu fais , pour ta disponibilité , ta générosité , ta gentillesse toujours pour la VDSBA et Sidibelabbes . Bravo à notre plus charmant des proviseurs .

  8. Ahmed Khiat

    Un article qui mérite d’être lu et relu. Mes compliments à mon ami Chéniti

  9. elhadj abdelhamid

    Mon cher Ghalem
    Monsieur le Proviseur à la recherche du temps perdu des  » Lettres Bel-Abbésiennes « , je serais heureux de te présenter un illustre confrère que je n’ai connu, malheureusement, qu’après sa mort.
    Dans l’article de la VSBA qui lui a été consacré, l’ancien maire de la ville, Mr Zenaïdi avait évoqué le Dr Munéra qui s’était  » occupé  » de sa naissance à la maternité de l’hôpital, je crois.
    Le Dr Maurice-Emmanuel Munera est l’auteur d’un roman  » bel-abbésien « ,  » La Charge Emotive publié chez La Pensée Universelle. Dans ce roman, Sidi Bel-Abbès est Sidi-Barek, Parmentier Taeziza et Tessala El Gassah.Je n’ai pas lu ce roman mais je me ferais un devoir de le dénicher pour mes amis.
    Le Dr Munera avait épousé, le 30 Décembre 1930, en l’église Saint-Vincent de Sidi Bel-Abbès, Juliette Cremades. Pour les noces d’or de leur mariage, une messe a été célébrée, le 30 Décembre 1981 à Sidi Bel-Abbès, dans une dépendance de la mosquée Sidi Vincent, écrit le Docteur,en compagnie de Geneviève et Josiane Meneau, sa soeur et sa nièce ( Mon Dieu, quelle preuve d’amour ).
    Un peu plus tôt, le Docteur avait composé cette  » ode  » à sa dulcinée, dont voici un morceau choisi:
    ……Là-bas…dans le pays lointain de notre enfance
    Sur les bords de la Mekerra 8, rue Prudon
    Tendrement enlacés, le soir, sur le balcon
    J’aimais à regarder dans la douce ambiance,
    Ses grands yeux noirs ombrés de longs cils recourbés
    Où se mirait la lune en reflets argentés.

  10. Lecteur fidèle de la vsba

    C le grand niveau docteur soyez dignes et a la hauteur de ce club et de la VDSBA

  11. Lecteur assidu

    C LE GRAND NIVEAU

  12. miloua

    bravo pour cette louable initiative mon ami ghalem ce n’est que le début car grace aux miracles du « net » tout le patrimoine historique et culturel encore non révelé sur notre charmante ville sidibelabbes va au fur et mesure se decouvrir et nous etonner.Ce que tu viens de faire ‘(faire revivre les racines mortes de l’arbre) le ministere lui meme n’a pas eu l’idee de faire revivre cette richesse à toi donc avec ton equipe de confectionner des archives bon courage

  13. rouai amina

    Bonsoir à tous, et un grand merci à Mr Cheniti, ainsi qu’à la voix de Sidibelabbes. C’est encore une fois de plus l’émotion et l’intérêt qui me font découvrir une nouvelle personne, pour qui SBA d’antan a beaucoup marqué. Tout comme ces anciens nés bélabesiens qui n’ont jamais oublié leur terre natale, et ils reviennent toujours avec une intense émotion et une sincérité mêlée de nostalgie sur leur passé. Et voilà le plus beau, vous, la rédaction, les collaborateurs que je fini par connaître un par un, vous, oualed Belabess et la plus part oualed Abdelkader Azza.Il aurait été fier de vous et de cette belle initiative.Celle de retrouver les anciens de par le monde, et de leur offrir un moment de bonheur, en les faisant revenir sur leur parcours belabbésien. Mr Cheniti, puisque vous êtes en France, je voulais vous parler d’un certain Mr Mulét ( mes excuses si j’ai fait une faute) .Il était un ancien élève de grand-père, il lui a appris l’arabe, et il en grade un souvenir troublant. Il est resté en contact avec certains belabbésiens, qu’il retrouvent quand ils sont sur paris. Honnêtement, il mérite que vous rentriez en contact avec lui, et qu’il fasse parti de nos lecteurs assidu. Il a sans doute beaucoup à raconté, car il est resté attaché à son « petit paris ».
    Mr Bouchentouf, ce message je l’adresse à vous également, il faut faire quelque chose. Respectueusement, bonne continuation à tous. amina rouai

  14. Lecteur

    Bonsoir mademoiselle Monsieur Cheniti qui préside les destinées de ce nouveau club dénommé NADI NET est un proviseur établi a S B A Quand il se connectera c’est sur qu’il ajoutera un mot

  15. BADISSI

    bonsoir amina rouai ça fait plaisir de lire vos commentaires après cette longue absence , comme a dit lecteur monsieur cheniti est proviseur du lycée en nadjah , il étais professeur d’anglais très compétant et très gentille , et un grand joueur de l USMBA d’autrefois ( la vraie usmba )

  16. rouai amina

    Merci pour ces informations. Je serais heureuse de savoir en quelle année il a enseigné au lycée el Nadjah, ma soeur aînée Fatima Zohra a passé sa 6 ème, à l’époque où il y avait Yamina Djaroud, qui était surveillante, ainsi que Madame mokkadem. A bientôt.

  17. Karim10

    Bonsoir,
    Un livre qui a fait tache d’huile selon les critiques littéraire à travers le web, France inter, journaux et médiapart…Un témoignage très intéressent.
    En effet le livre comme son titre l’indique est un roman qui relate la réalité paradoxale de deux communauté à travers « Le Glacis » durant la guerre d’Algérie. Mais il s’agit de celui du glacis nord c’est à dire la où il y avait le Bd Verdun aujourd’hui le boulevard Didouche Mourad et aussi l’avenue baptisée « l’avenue du 08 mai 1945 ».
    Ce Fameux boulevard « le Glasis Nord »est en vérité un « pur aboutissement » de la démolition de la longue muraille coloniale de la ville qui limitait en ceinture tout le coté nord et nord ouest du lycée Laperrine jusqu’au pont Perret. Mais je ne sais pas si l’auteur évoque ce fait Historique. C’est un livre à lire ! Bon je vais son doute l’acheter dés ma prochaine visite (14 euros).
    Merci Mr Cheniti pour ce choix- rubrique d’une page culturelle très intéressante.
    Personnellement ! J’ai pris gout ! Je demande plus maintenant.

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