La Voix De Sidi Bel Abbes

Un grand hommage à Mustapha Lacheraf

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Un hommage sera rendu au militant politique, diplomate et intellectuel, feu Mustapha Lacheraf, à l’occasion d’une rencontre nationale, qui se tiendra à l’université de Médéa, du 14 au 16 octobre courant, a-t-on appris lundi auprès de la direction de la culture, initiatrice de la rencontre conjointement avec l’université Yahia Fares. De nombreux universitaires, chercheurs et historiens de plusieurs universités du pays devaient prendre part à cette rencontre qui se focalisera sur la pensée et les oeuvres de cet intellectuel hors pair, qui a tant apporté à la culture algérienne, en particulier, et à son histoire de manière générale. Plusieurs communications seront présentées, lors de cette rencontre de trois jours, qui va tenter, à cet égard, d’apporter des éclairages nouveaux sur l’oeuvre monumentale de ce théoricien de l’éducation et de cet intellectuel engagé. La rencontre devrait être clôturée par une visite guidée au profit des participants à la ville natal de ce militant de la cause nationale. Mostefa Lacheraf est né le 7 mars 1917 à El Kerma, commune de Chellalet el-Adhaoura (sud de Médéa), connu à l’époque coloniale  sous l’appellation de  «Maginot » », où son père officiait en qualité de magistrat du droit musulman. Après des études secondaires à Alger, des études supérieures à la Thaâlibiya d’Alger puis à La Sorbonne à Paris, il enseigna, successivement, au lycée de Mostaganem, et au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il travailla également à l’institut des langues orientales de Paris, comme interprète-traducteur. Militant de la cause nationale, il intègre, dès l’année 1939, le Parti du Peuple Algérien (PPA), puis rallie le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD), dont il devint, en 1946, secrétaire du groupe parlementaire du parti, qu’il quitte, peu de temps après, pour se consacrer exclusivement à la presse. Mustapha Lacheraf sera le rédacteur en chef du journal « L’étoile algérienne », organe officiel du PPA-MTLD. Après le déclenchement de la révolution, Mostefa Lacheraf décide de renoncer à ses activités d’enseignant et quitte Paris, en novembre 1954, pour s’établir momentanément en Espagne où il prend attache avec le défunt Mohamed Khider. Il fera partie de la délégation des dirigeants de la Révolution algérienne, composée également de Ahmed Ben Bella, Hocine Ait-Ahmed, Mohamed Boudiaf et Mohamed Khider, dont l’avion sera détourné par l’armée coloniale le 22 octobre 1956. Emprisonné aux Baumettes, à Frèsnes, à La Santé, à Fort Liedot, il est libéré en 1961 pour raisons de santé et placé en résidence surveillée. Il quitte alors clandestinement la France pour Le Caire (Egypte), avant de s’installer à Tunis où il sera chargé de multiples missions, dont celle de l’élaboration du «Programme de Tripoli ». Il occupera, à l’indépendance du pays, le poste de rédacteur en chef du quotidien national « El Moudjahid », puis nommé, en octobre 1965, ambassadeur en Argentine et, plus tard, au Mexique. Il devint, entre 1970 et 1974, conseiller auprès de la présidence de la république, chargé du dossier de l’éducation et de la culture, avant d’être nommé, à nouveau, ambassadeur en Amérique latine. Mostefa Lacheraf participe à la rédaction de la « Charte nationale » de 1976, puis est nommé ministre de l’éducation de 1977 à 1979. Il réintégra, ensuite, le corps diplomatique, et sera nommé ambassadeur au Mexique, puis délégué permanent de l’Algérie auprès de l’Unesco, chef de mission à l’ambassade d’Algérie à Lima, au Pérou. Après une éclipse de la scène politique nationale, feu Mohamed Boudiaf le désigne, en 1992, à la tête du Conseil Consultatif National, dernier poste officiel qu’il occupera avant son décès, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le 13 janvier 2007. Mustapha Lacheraf était, avant tout, un penseur et un intellectuel pluridisciplinaire, prolifique et engagé. Parmi la riche bibliographie qu’il a laissée, l’on peut cité : « Chansons des jeunes filles arabes », « L’Algérie : nation et société », « La culture algérienne contemporaine, essai de définitions et perspectives »,  « Les problèmes de l’enseignement et de l’éducation », « Algérie & Tiers-Monde, agressions, résistances et solidarités intercontinentales », « Ecrits didactiques sur la culture, l’histoire et la société », « Littératures de combat, Essais d’introductions : études et préfaces », « Des noms et des lieux. Mémoires d’une Algérie oubliée », « Les ruptures et l’oubli ». Mostefa Lacheraf a publié des articles et des poèmes dans les revues « Fontaine », « Les Cahiers du Sud », « Cahiers internationaux », « Présence africaine », « Simoun », « Esprit », « Vérité et liberté », « Les Temps modernes », « Révolution africaine » ainsi que dans les journaux « El Moudjahid » et « Algérie-Actualité ».

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Posté par le Oct 14 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

11 Commentaires pour “Un grand hommage à Mustapha Lacheraf”

  1. abbes

    Beaucoup de jeunes ignorent ces gens devouees

  2. GRACE

    Ce redoutable idéologue a été également le rédacteur de la charte de la révolution agraire, me semb le-t-il. Je l’aimais bien à l’époque où j’étais abonné à la presse Novoski. Allah yarhmou.

  3. h. bouasria

    il fallait nous renseigner de nos précédents les moments lorsqu’ ils étaient actifs et vivants aujourd’hui rabi yarhamhoum ça serre à quoi on va les déterrer!

  4. fethi

    @H Bouasria A la limite c’est un grand geste fait par sa wilaya de naissance Fait on nous auutant?

  5. h. bouasria

    Bonjour si Fethi je n’ai rien dit de contre ce n’est des mort rabi yarhamhoum il faut les laisser dormir en paix peut etre les a manquer en vie si pour nous renseigner d’eux il fallait lorsqu’ils étaient en vie peut etre on aura possibilité de les embrasser maintenant ils nous renseignent ou nous faire connaitre si boudiaf ou si Lachref ou si kheiter ou si Krim ou si khemisti ou si Medeghri Rabi yarhamhoum qu’est ce nous on va faire les applaudir ou les embrasser ?

  6. mekri mustapha

    Peut être ce GRAND MONSIEUR était un monument dans l`histoire contemporaine et surtout la culture nationale mais pour l`agriculture c`est un désastre qu`on subit a l`heure actuelle.En effet MOSTFA LACHRAF et AHMED HOUAT,en leur qualité de conseillers du président HOUARI BOUMEDIENE,ont rédigé la charte de la révolution agraire objet de l`ordonnance de novembre 1971 et veille sur son application..
    J e porte mon témoignage sur la divergence de ces MESSIEURS avec SI EL HADJ MOHAMED TAYBI LARBI qui n`était pas d`accord sur le volet des nationalisations.Il a pratiquement été écarté des décisions et HOUHAT,vice président de la CNRA (commission nationale de la révolution agraire ) donnait directement des instructions aux cadres de l`agriculture.Rappelons nous du slogan des 1000 villages agricoles qui s`est traduit par une désertion de la campagne et une RURALISATION des villes. Ainsi SI EL ARBI ALLAH YARHMOU partait a la Mecque en voiture passer le ramadan jusqu’à`au Hadj pour ne pas s`impliquer dans la faillite du mon rural..Il a même quitte le gouvernement en 1976, et remplace par BELAID ABDESSELEM mais SI BOUMEDIENE et BOUTEFLIKA l`ont oblige a rester dans l`agriculture jusqu`a fevrier 1979 après le décès du président..
    « l` agriculture est une SCIENCE de la biologie et de l`économie,ce n`est ni de la politique ni du social comme pratique jusqu’à nos jours.
    DOMMAGE !!! Un piètre résultat!!! On aurait pu faire mieux au regard des sommes colossales et des efforts consentis..

  7. OUERRAD en squatteur

    TOUJOURS RADIO TROTTOIR ?

  8. hamma

    non je ne vois pas cela monsieur

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