La Voix De Sidi Bel Abbes

Maou-oudato El Asr : Un poème dédié par El Hadj Abdelhamid aux lecteurs.

Ils sont nombreux nos amis(es) lecteurs(ices) et même des contributeurs à l’image du prolifique ami et frère le docteur El Hadj Abdelhamid qui pour une raison ou une autre n’ont pu assisté à la cérémonie du premier anniversaire de La Voix De Sidi Bel Abbes. Mais ils étaient non seulement de cœur avec nous que les voila nous dédier un poème même si sa tristesse n’est pas de circonstance.

Par : Kheireddine.B

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Maououdato el âsr

L’histoire d’une fille partie trop tôt m’a indigné ; elle a surtout atteint ma conscience.

Je n’ai pas trouvé d’issue autre que ces quelques mots, criés à moi-même, pour exorciser ma douleur.

La douleur du partir, avait chanté Ferrat ; l’injuste partir.

Une  fille est partie à vingt ans

Elle aurait pu être la mienne, elle aurait pu être la vôtre.

Comme une colombe blessée et délaissée, elle s’est traînée sur les dernières marches d’un temple de la vie où l’on  accueille les anges avec un livre sacré entre les mains d’un père.

Pour elle, Marie d’aujourd’hui, pour son fils caché, le père est nuage dans le ciel, passager ou caché, lui aussi.

Ce n’est rien, ce n’est qu’une tourterelle qui a emporté avec elle son ange de duvet, qu’elle a fait au nid de l’ombre, aurait pu chanter Julien Clerc.

Celui qui sauve une vie a sauvé l’humanité entière, nous enseigne notre croyance.

Quelle est donc cette loi de l’orgueil pervers qui nous empêche de sauver la vie, qui nous oblige à clore les yeux face au drame silencieux d’une colombe abusée, laissée sur

Le fossé d’une aventure malheureuse, seule sur le chemin du supplice.

Un ange est mort au temple de la vie, il était déjà trop tard.

Nul n’avait entendu sa souffrance car elle ne pouvait crier.

Jusqu’à la dernière  douleur.

La  fille est partie ; elle aurait pu être la mienne, elle aurait pu être la vôtre !

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URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=11827

Posté par le Mar 14 2012. inséré dans ACTUALITE, CULTURE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

17 Commentaires pour “Maou-oudato El Asr : Un poème dédié par El Hadj Abdelhamid aux lecteurs.”

  1. lecture assidu

    Cher Mr Abdelhamid,je vous remercie Pour ce réquisitoire sans merci. Que dire et que faire dans un temple envahi Par des rapaces et des chauves-souris ? Croyez-vous sincèrement à la rédemption d’ici? Les rêves d’hier ne peuvent être ressentis Par une meute de loups menés par des sarkozys.

  2. terkmani t de gambetta

    beau poeme de si abdelhamid

  3. abbes

    je vous salue si abdelhamid c beau tout cela.

  4. participant

    merci comme si vous avez assité avec nous

  5. djouher f sig

    je suis heureuse de lire cette poésie et sa qualité intellectuelle son exprssion sont admirables

  6. ait abderrahmane abdelaziz

    salut j’espere qu’il s’agit bien de abdelhamid un de mes anciens camades du lycée el haouès,ce garçon si gentil et serieux avec son beau visage et son sourire angelique et si c’est le cas je suis heureux d’apprendre qu’il est docteur puisque l’on s’est perdu de vus depuis 1973 année d’obtention de nos bac.
    je suis agreablement surpris de voir qu’il a ce don de poete bravo pour ce que tu ecris .j’aimerais avoir de tes nouvelles et je te donnerai les miennes.fraternellement

    • elhadj abdelhamid

      Cher Abdelaziz,
      Je viens de lire ton commentaire et celui de Ghalem.
      Mon Dieu, que le temps passe très vite et j’espère qu’il suspende son vol pour permettre aux amis d’enfance de se rencontrer.
      Je viens de rencontrer par hasard Belhamidi Mustapha , il a beaucoup rigolé à cause de mes cheveux blancs et moi de sa calvitie luisante.
      Cher Abdelaziz, je crois que nous étions tous une génération de gentils et sérieux mais les beaux gosses de la classe, c’étaient toi, Ghalem, Ghani Belhadj …
      Nous étions forts en tout et surtout en Français car , je crois que les belles jambes de Madame Vincent étaient pour beaucoup dans l’assiduité des élèves à son cours où l’on se disputait toujours pour la première ligne de rangée et où un  » titulaire » trônait, Ghani, le champion.

      • Mémoria,

        Je crois Si Abdelhamid que la ligne « avérée » et le tailleur assorti de Madame Rouède de Sète étaient encore plus suggestifs pour les « amoureux » de la langue de …Jeanne d’arc.Quant à la quenouille de cette dernière,je ne saurais dire…Benabderahmane devait lui aussi apprécier au 2ème rang qu’il « marquait » toute l’année…
        Mes amitiés en ce jour de commémoration historique du 5 juillet 1962/2012 ! Une pensée pour notre frère Tidjini qui est mort un peu trop jeune !

  7. Cheniti Gh.

    Salam mon ami Abdelaziz! tu vas bien?..Oui, il s’agit bien de notre beau gosse Elhadj Abdelhamid .Le plus jeune de notre génération et l’un des plus doués aussi .En plus d’être docteur en médecine il excelle dans l’écriture des poèmes et des romans.Il faut qu’il nous envoie quelques un de ses livres…….Salutations fraternelles à toi et toute la famille ainsi qu’à notre frère Abdelhamid!

  8. ghosne el bane

    Très beau poème,cette fille qui peut-être la mienne et qui peut-être la vôtre, une tourterelle qui s’en va tire d’aille je pense à la douleur,ce coeur qui souffre parcequ’elle est partie avant celui qui devait partir avant elle et celui qui est resté après elle lui aussi n’ est plus là pour toujours.Merci

  9. benabderrahamne

    Bonjour Hamid,
    Comme le monde est etrange!
    Je me croyais une ame de poete et je la decouvre chez toi
    En plus j’ai le plaisir de lire les commentaires de nos anciens camarades ,nous ramenant presque 50 ans en arriere sur les bancs d’ecole.Qu’est qu’il etait enervant ce Mustapha Belhamidi
    qui connaissait tout et que je salue amities

  10. Mémoria,

    Tu n’es pas si vieux que çà l’ami…
    La VDSBA a besoin de « notre » diaspora qu’elle soit toulousaine ou de Navarre…Hamid doit sûrement faire trempette;on va le contacter !
    Portes-toi bien camarade…!

  11. elhadj abdelhamid

    Mon cher Benabderrahmane
    Bonjour, car il est presque une heure du matin.
    Je viens de rentrer d’une ballade en mer (ce Mémoria doit être bien renseigné sur mes habitudes) ; je suis parti à 17h avec mes deux fils et mon neveu et, de retour, j’ai assisté à un somptueux feu d’artifice
    Je crois que nous sommes tous  » un cercle de poètes disparus  » dans le labyrinthe des destins.
    Nous avons partagé la plus belle tranche de notre vie. Que Dieu fasse que ce qu’il en reste ne le soit pas moins. En ce 5 Juillet du cinquantenaire, une pensée pour l’ange disparu qui manque à notre cercle, Reffas Tidjini qui n’a pas connu, lui ,ses 50 ans.

  12. Bouchentouf

    Salem Abdelhamid
    J’allais mettre ce commentaire sur l’article de l’indépendance mais comme tu parles si bien dans ton poème de la déchirure et de la douleur du partir, j’ai pensé que ce souvenir de mon enfance à la mémoire de mon maître d’école ira bien dans ce contexte. Comme je ne suis qu’un amateur en écriture, je compte sur ton savoir didactique pour l’amélioré éventuellement. Mes amitiés.
    Ce Mardi là, je n’avais pas envie d’aller à l’école. Comme chaque fin de de semaine, le maître nous avait prévenu qu’il allait nous interroger sur les fables de la Fontaine, et j’avais beau les répéter dans tous les sens, je n’arrivais pas à les connaître par cœur. Comme je n’avais pas l’intention d’être ridicule non plus, ce jour là je ne sais pas pourquoi, l’idée me vint de faire l’école buissonnière et d’aller respirer l’air vif de la campagne, de humer l’odeur du genet sous les sapins de la petite forêt communale à l’orée du village ou bien d’attraper les serins avec de la glu au bord d’un ruisseau endormi. Il faisait si beau, que déjà on entendait les pigeons ramiers roucoulant sur les cyprès de la ferme en contre bas du faubourg, et les martinets qui piaillaient à tire d’aile en voltigeant dans le ciel grand ouvert. Tout cela était bien tentant, mais les remontrances de ma mère sur mon retard ce matin là, prirent le dessus si bien que je courus vite vers l’école en oubliant d’endossé ma blouse d’écolier. En descendant vers le village européen où elle se trouvait, j’ai vite rejoins un autre retardataire du douar des Hauts-Vents, toujours affublé de son éternelle bonnet vert à poils, qu’il écopa du fantasque quolibet de « Raction », allusion aux aviateurs des avions à réaction, les héros de nos bandes dessinées [n’est ce pas Mr Vezon?]. Il semblait être dans la même disposition que moi, au moins je ne serai pas seul à être puni soupirais-je, mais après le salut habituel, top là pour moi, top là pour toi en claquant des mains, nous continuâmes notre chemin ensemble, tout en commentant l’actualité du village.

    «T’as entendu c’est jours ci? Il paraît que c’est le cessez le feu! Et t’as vu tout ces moudjahidines armés qui descendent du djebel, il y en a même qui nous apprennent à défiler en chantant « Kassamene » ! Et puis les colons ? T’as remarqué les colons? On ne les voit plus beaucoup en ce moment, bizarre…n’est ce pas? Mais où sont donc passés les militaires? Les gendarmes? Etc… etc…» Des tas de questionnements auxquels nous n’avions pas de réponse.

    Arrivés au passage du pont à trémie qui surplombe la rivière, nous fûmes accueilli par un nouveau garde champêtre bien de chez nous, dynaste moustachu à l’allure débonnaire. Comparé à l’autre, le français qui a disparu de la circulation depuis peu, il avait un air si terrible que nous tentâmes une discrète esquive pour l’éviter, quand il nous apostropha d’ un air gauche et sérieux à la fois.

    « Ne vous dépêchez pas tant les garçons; vous aurez tout le temps d’aller à l’école plus tard ! » Nous dit-il.

    Il termina par un « Ayia B’nine El klébe, Fissa J’rou! Rakoum Erritard» [allez fils de chiens, courez vite! Vous êtes en retard, pour Mme Danielle B] dubitatif que j’ai cru qu’il se moquait de nous, mais craignant fort sa matraque déjà menaçante, nous hâtâmes le pas pour courir dans les derniers mètres et arriver enfin devant l’école tout essoufflés. Une fois la porte d’entrée franchit, la cour était déserte comme un jour de fin de semaine. J’imaginais déjà le pire, Mr Garcia notre maître qui m’attendait avec sa règle en fer sous le bras, prêt à me sanctionner de deux coups secs sur le bout des doigts, un pour le retard et un autre pour ma négligence vestimentaire. D’ordinaire on entendait sa voix qui s’élevait à travers les fenêtres ouvertes, les leçons que l’on répétait très haut tous ensemble, le bruit de la règle sur le tableau, ce matin là rien de tel ne se produisit, et dire que je comptais sur ce tout brouhaha pour entrer en catimini dans la classe et rejoindre ma place tranquillement ! Du couloir qui mène à la salle, j’observais à travers les fenêtres mes camarades les bras sagement croisés sur le pupitre et Mr Garcia debout sur l’estrade la règle sous le bras. J’avais peur de gouter à « Jeannette » cette terrible règle en fer quand il a fallu ouvrir la porte et rentrer au milieu de ce grand calme. Eh bien ! Non imaginez-vous, rien de tel n’advint. Le maître nous invita gentiment à regagner nos places respectives, ce que je fis en traversant la salle pour rejoindre mon pupitre vide. Alors seulement remis de mes émotions, je remarquais que mon voisin Albert n’était plus là, les autres camarades français non plus d’ailleurs, qu’au fond se tenaient assis deux hommes silencieux en costume sombre que je ne connaissais pas. Mais que se passe t-il donc? Où sont passés les autres élèves? Me demandais-je, et pourquoi ces inconnus dans notre classe, pourquoi le maitre sans sa blouse noire qu’il ne quittait jamais en cours, même pour les inspections? Je sentais quelque chose de troublant dans l’air, mais quoi au juste? Mystère! Pendant que je m’étonnais de tout cela, Mr Garcia demanda le calme et prenant enfin la parole d’un ton solennel avec une voix grave inhabituelle, il nous dit :

    « Les enfants, le cessez le feu a été signé et la paix va bientôt s’installer dans votre pays, mais je ne vais plus vous faire classe aujourd’hui, l’ordre est venu des ces messieurs derrière vous, d’arrêter les cours… Ce n’est pas la peine de sortir vos affaires, la classe est finie, je m’en vais bientôt! Soyez attentifs, soyez sages et obéissez à vos nouveaux maîtres. Adieu les enfants je ne vous oublierais jamais! »
    Adieu Mr Garcia, on ne vous oubliera jamais non plus!
    Nous nous retournâmes instinctivement vers ces messieurs aux visages émaciés qui hochaient la tête en signe d’approbation. Ah! les misérables voilà donc ce qu’ils étaient venu faire ces oiseaux de mauvaise augure, arrêter l’école, mais quelle idée saugrenue, qu’allons nous devenir sans Mr Garcia maintenant? En attendant des jours meilleurs, ils nous proposèrent de rejoindre l’école coranique où Si Touihri le taleb du coin, allait nous apprendre une nouvelle langue comme au CP en chantant BA BI BO, TA TI TO et une nouvelle punition qui me faisait déjà regretté la règle en fer. C’était le début du printemps 1962, quatre mois après on était indépendant et j’étais content de retrouver mon école, sans Mr Garcia mais avec les mêmes fables de la Fontaine que j’ai eu tout le temps d’apprendre par cœur!
    Bon cinquantième anniversaire de l’indépendance à tous(tes) et une pensée à nos amis Français d’aujourd’hui, nos ennemis d’hier «  Discute [Oh Mohammed] avec eux [Ennemis] d’une manière convenable, car peut être que celui qui a une aversion contre toi aujourd’hui, deviendra ton ami intime plus tard » ou comme il est dit dans le saint Coran. Cordialement

  13. elhadj abdelhamid

    Salam, Ghalem
    L’école.  » Tableaux inanimés, avez-vous un coeur qui s’attache à notre coeur et la force de hanter à jamais nos mémoires  » ( Ah Lamartine)
    L’école. C’est le repère de la terre natale, cette terre magnétique naturelle qui sera toujours notre Nord où que l’on soit.
    ba bo bi ta to ti, l’alphabet est toujours fastidieux ; pour apprendre celui du français, on commençait toujours par ra bi si di au lieu de a b c d pour signifier notre agacement.
    Ton beau texte comporte un questionnement existentiel sur l’école buissonnière; je n’arrête pas de rire de ton aventure ; la seule fois où tu as eu le courage de faire l’école buissonnière, l’école avait fermé.
    A bientôt

  14. lecteur assidu

    Ah si quelqu’un pouvait me donner des nouvelles de messieurs:Louis gourvennec,Lucien Bic,Bernard et Blondel?Des professeurs qui ont marqué une génération et s’ils sont encore en vie,je suis sûr qu’ils redébattraient avec nous de l’idéal dont on a été imprégné mais qui ,hélas mille fois hélas!(comme aimait le répétait Mr Bouanane Allah yarhmah) s’est évaporé dans une sphère polluée par une faune dévastatrice……

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