La Voix De Sidi Bel Abbes

L’offensive du Nord Constantinois a opéré une rupture entre le peuple algérien et le régime colonial français

L’offensive du Nord Constantinois (20 août 1955) menée par Zighout Youcef a opéré une rupture entre le peuple algérien et le régime colonial français, a indiqué mardi à Alger le moudjahid Salah Boudjemaa, responsable de la région IV de la deuxième wilaya historique (Nord Constantinois).

« Cet évènement, intervenu une année après le déclenchement de la guerre de libération a atteint ses objectifs politiques notamment la rupture entre le peuple algérien et le régime colonial français », a déclaré Salah Boudjemaa à l’APS à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de l’offensive du Nord Constantinois.

Apres cette offensive, la France coloniale a reconnu que la politique d’assimilation était vaine et déclaré la guerre à l’Armée de libération nationale », a-t-il ajouté.

L’un des principaux objectifs de Zighout Youcef était de desserrer l’étau sur la révolution qui traversait des conditions difficiles, a indiqué Salah Boudjemaa qui a assisté aux réunions préparatoires de l’offensive du Nord Constantinois qui a duré deux semaines dans la région de Zamane (Skikda) aux cotés de plusieurs martyrs.

Nombre de dirigeants historiques sont tombés en martyrs comme Didouche Mourad tandis que d’autres ont été emprisonnés lors de cette période marquée par un déficit de contact entre wilayas et le manque d’armes et de moyens ce qui a poussé Zighout Youcef à lancer ces opérations pour faire le point sur la Révolution et tester les capacités de riposte des forces françaises.

Les opérations qui ont duré trois jours ont été un succès sur le plan militaire du fait que le nombre des éléments des forces de l’ALN dans la wilaya II a triplé.

Le choix du 20 août 1955 qui a coïncidé avec le deuxième anniversaire de l’exil du souverain marocain Mohamed V, n’était pas « fortuit mais a été bien réfléchi par Zighout Youcef qui voulait exprimer sa solidarité avec le peuple marocain frère et désorienter les forces coloniales ».

Cette « date a été fixée le 29 juillet 1955 lorsque Zighout Youcef écoutait Radio Luxembourg qui diffusait un bulletin sur la situation au Maroc deux ans après l’exil de Mohamed V », a-t-il poursuivi.

Pour Salah Boudjemaa, les « résultats positifs » de l’offensive du nord Constantinois ont poussé les dirigeants de la Révolution dont Zighout Youcef à penser à la tenue d’une réunion entre les chefs des wilayas d’où l’idée d’organiser le congrès de la Soummam le 20 août 1956.

Les besoins militaires et logistiques grandissants des wilayas suite à la hausse du nombre des éléments de l’ALN et l’intensification des opérations militaires par les forces de l’occupation, a-t-il ajouté, figurent aussi parmi les facteurs ayant motivé la tenue de ce congrès qui a permis de jeter les fondements de l’Etat algérien moderne.

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Posté par le Août 19 2015. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

4 Commentaires pour “L’offensive du Nord Constantinois a opéré une rupture entre le peuple algérien et le régime colonial français”

  1. OUERRAD

    Certaines personnes pour creer l amalgame veulent faire croire que seul l EST du pays a contribue à la revolutrion .Cette idee preconçue a cree un climat de mefiance , entre les fils d un seul peuple .Et , c est cela le but de fafa la coloniale .
    Je dois dire , que tout le pays s est souleve comme un seul homme pour ctte cause noble et juste .Si , les responsables du moment choisissaient une region et pas une autre c etait pour des raisons de securite .L est etant montagneux , il etait plus sur pour se reunir en catamini et faire passer le message .L ouest , etait beaucoup plus expose , car la population indigene etait plus vulnerable , car vivant en ville .Comme ALGER , les villes de l ouest ont contribuees par l action de la guerilla et etaient des zones de replis pour les grands revolutionnaires .A , l instar de SIDI BEL ABBES qui a connue le passage de grands noms tels BEN MHIDI KHIDER etcccc
    GLOIRE à nos chouhadas et VIVE L ALGERIE ALGERIENNE .
    JOUMOU3AH MOUBARAKAH à toutes et tous .

  2. abdelkader

    Le titre me parait un peu en décalage avec la réalité, La rupture a eu lieu bien avant, en 1830 une nuit noire s’est abattue sur le peuple algérien, les exactions les ‘enfumades’, des tribus entières décimées, les révoltes n’ont pas cessé, dès l’instant où les troupes françaises ont mis pied en Algérie, la colonisation, a commencé faiblement et a triplé en 1872/73, les meilleures terres ont été accordées aux nouveaux colons, les algériens ont été expropriés sous prétexte de participation aux révoltes populaires ( Mokrani, Bouamama, Zaatcha, Ouled Nail etc.., ), le peuple algérien affamé, est réduit à la subsistance, la colonisation reprit en force , les colons cultivaient les terres fusils en bandoulière, la nuit a été longue, après la première guerre mondiale, en 1923 et l’émergence d’une élite ayant fait ses armes pendant la guerre, la revendication politique s’intensifiera et ce durant toute la période 1920-1945 ( différents courant nationalistes émergent, en particulier le PPA MTLD, UDMA, Oulémés, arrivent les événements du 08 1945 et le massacre opéré en Algérie par les soldats et les colons, Le peuple algérien a décidé de se prendre en charge et changer son destin, la révolution de 1954-1962 est l’aboutissement avec le sacrifice et la lutte armée et l’indépendance.

  3. Mme CH

    Le plus important est de retenir que le 20 août 1955 est une journée où se sont mêlées Bravoure d’un peuple et Barbarie du colonisateur …..!!!!!

    Selon un article de Ghada Hamrouche intitulé: « 20 août 1955, le tournant de la guerre
    Quand le peuple adoube le mouvement révolutionnaire »…..: Le 20 août 1955 a transformé la révolution algérienne, proclamée le 1er novembre, en une véritable guerre. Les multiples opérations d’insurrection synchronisées organisées et lancées par Zighoud Youcef, nouveau chef de la zone II après la mort de Didouche Mourad le 18 janvier 1955, avait pour objectif de généraliser la guerre d’indépendance conscrite jusqu’à cette date dans les Aurès mais surtout rassembler tous les Algériens autour de l’Armée de libération nationale pour faire face aux colonisateurs..Dix mois après le 1er novembre 1954, l’ALN, épaulée de la population, attaque simultanément plus d’une vingtaine d’agglomérations situées dans le Nord-Constantinois…. »

    Le colonel Boubnider rapportera dans ce sillage que «plusieurs propositions avaient été faites, allant des actions de sabotage aux attaques des trains qui approvisionnaient l’armée d’occupation avant de décider des opérations et de la date du 20 août». Zighoud Youcef fixe, alors, les objectifs, désigne les responsables et donne les instructions.
    Sur son carnet sont inscrits les noms des villes et des villages où il faudra frapper : Skikda, Jijel, Collo, El Milia, Kroub, Guelma, Annaba, Azzaba, El Harrouch, Oued Zenati, Saint-Charles, Robertville, Aïn Abid, El Halia, Kellermann, Gallieni, Condé Smendou, Aïn Kechra. La liste donnait le tournis au fur et à mesure qu’elle s’allongeait… Si Zighoud voulait une vaste opération qui ferait autant de bruit sinon plus que celles du 1er novembre 54. Ses objectifs étaient clairs. Le chef de la zone II, avec son staff, voulait avant tout stimuler le moral du peuple par des actions d’envergure qui dépasseraient le harcèlement habituel des forces françaises.

    Le choix de l’heure du début des opérations, soit midi, était destiné à frapper l’imagination de l’ennemi. Les actions devaient avoir lieu sur les sites militaires, couper les routes et les ponts pour arrêter les secours, ainsi que l’électricité et le téléphone dans les fermes et les habitations des colons. Intimider ces derniers en leur montrant qu’ils étaient vulnérables et récupérer leurs armes pour qu’ils ne réitèrent pas la répression et les punitions collectives, de mai 1945. Zighoud et ses pairs voulaient également affaiblir les partis algériens en lice avec la ligne Soustelle et obliger les autres nationalistes à se rallier à la ligne et aux directives du FLN.
    Ses attaques répondaient aussi à l’appel de Chihani et devaient permettre l’allègement de la zone des Aurès-Némencha de la forte pression exercée par l’armée française disposant de moyens humains et matériels considérables acheminés avec tout ce que cela compte en officiers fraîchement débarqués d’Indochine, et qui pensait ainsi étouffer dans l’œuf la révolution armée. Le chef de la zone ambitionnait de mettre en place un plan qui permettrait la mise en œuvre des actions militaires sur tout le territoire pour éparpiller les troupes françaises et faire jonction avec les Aurès et la Kabylie.

    Le choix du 20 août représentait plusieurs opportunités, entre autres, la consolidation de la victoire diplomatique de Bandœng du 18 mars 1955 et porter la cause d’indépendance algérienne sur l’arène internationale des Nations unies pour l’inscrire à l’ordre du jour et convaincre les amis et les alliés naturels de la cause algérienne de livrer les armes aux révolutionnaires. Réactiver la guerre de libération et mobiliser tout le peuple derrière le FLN-ALN pour sa propre libération. Zighoud ne se lassait de répéter à ses combattants : «Ce n’est pas à nous de libérer le peuple, nous ne faisons que l’organiser et l’encadrer, la responsabilité lui revient de se libérer lui-même.»…

    A suivre….!!!

    • Mme CH

      La suite d’une vérité historique….!!!!!

      « Malgré le rapport de force défavorable, les insurgés des agglomérations citées se sont attaqués aux militaires français et les ont vaillamment combattus jusqu’à la mort.
      Sur les 71 civils européens tués dans les villages d’El Halia, Aïn Abid, Ramdane Djamel et dans des embuscades sur les agglomérations et les routes, la réaction de l’armée coloniale et celle des colons sont vives, brutales. Partout, les attaques sont stoppées sous le feu des armes automatiques. Les paras sont engagés dans d’immenses opérations de ratissage et, dans le même temps, l’autorité militaire semble débordée par les groupes de civils européens qui battent le pays à la recherche de militants algériens. L’armée française, sous la direction du sanguinaire Paul Aussares ramasse un important nombre d’hommes suspectés d’avoir participé aux opérations et les fait exécuter sans jugement. Les officiels français annonceront 1273 morts. Lakhdar Bentobbal, adjoint de Zighoud Youcef à l’époque, indique pour sa part plus de 12 000 victimes de la répression féroce. «Le prix que nous avons payé était très lourd. Après le 20 août, pas moins de 12 000 morts ont été inscrits sur nos registres avec le nom et l’adresse de chacun d’eux, car leur famille devait recevoir une allocation. C’est la raison pour laquelle nous avons insisté pour que le recensement soit exact.» L’armée coloniale riposte avec promptitude. Comme en mai 1945, des milices civiles sont constituées, à l’appel du maire de Skikda Benquet-Crevaux, dont les cris passionnés de représailles constituaient de véritables appels au meurtre des Algériens. A Skikda seule, il y aura plus de 2 000 morts dans les quinze jours qui suivent le 20 août, si l’on en croit l’historien français Yves Courrière.

      La répression s’est abattue indistinctement sur tous les Algériens et jusque dans les douars les plus éloignés des évènements. «Tuer 12 000 ou 100 000 hommes ne représente rien pour le système colonial. Pour nous, c’était, sans doute, le prix à payer pour voir Juillet 1962 et l’écroulement du colonialisme», disait le colonel Boubnider.
      Au lendemain de ce nouvel épisode de la répression sauvage coloniale, un journal américain écrivait en grande manchette : «Les Algériens attaquent avec des pierres et des bâtons, la France répond avec des chars et des canons.» L’objectif était atteint. La zone II a brisé l’étau sur les Aurès et a fait échec au plan de Jacques Soustelle et à son programme d’intégration des musulmans algériens dans la République française. De très nombreux Algériens modérés, qui étaient restés jusque-là réfractaires aux thèses du Front de libération nationale, basculent du côté de leur révolution.
      Un mois plus tard, soit le 30 septembre 1955, la question algérienne est inscrite à l’ordre du jour de l’ONU. L’armée française qui était dans les Aurès a fini par se retirer en nombre pour répondre à l’appel des colons qui exigeaient des renforts.
      La révolution devient véritablement une guerre d’indépendance, embrase toute l’Algérie et instaure l’insécurité dans toutes les villes. Dès le 23 août 1955, le gouvernement français décide le rappel du demi-contingent libéré en avril et le maintien sous les drapeaux du premier contingent de 1954. Le processus de guerre est dès lors enclenché. Aux yeux de tous, rien ne pouvait plus être comme avant, car la révolution est devenue une guerre populaire nationale et elle a atteint un point de non-retour….. »

      Je retiens que c’était l’un des plus grands tournants de la guerre de libération….!!!!

      Sous un autre angle, selon Marie ELBE, « Soustelle a compris qu’il lui faudra se battre sur deux fronts. Contre le FLN, pour protéger les musulmans encore acquis à des réformes et contre les meneurs pieds noirs qui exploitent le 20 aout à des fins politiques personnelles . Ceux là, aussi sont dangereux …
      Soustelle rentre à Alger bouleversé. Il donne des ordres pour que la justice soit appliquée rigoureusement aux tueurs musulmans, mais aussi pour que l’armée désarme les européens les plus déchaînés. En réalité, on désarme peu d’européens et presque tous les prisonniers musulmans du 20 Août sont passés par les armes… »

      Allah Yarham Echouhadas…!

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