La Voix De Sidi Bel Abbes

l’imprévisible rivière de la Mekerra, par Bencheikh Zouaoui.

Presque quotidiennement un de nos amis lecteurs établi à Paris nous contacte et souvent appels au téléphone, notre ami Benhaddou Boubakar pour concrétiser une initiative visant à rendre hommage à notre ex maire, René Justrabo, où nous avons déjà relevé des disaines de commentaires positivant cette louable démarche qui nous honore tous. Néanmoins, à partir de cet article sur notre ex maire, nous avons pu découvrir d’autres citoyens de notre wilaya profonde (département) précisément dans la paisible localité de Boukhanéfis, et ce par notre ami Bouchentouf Ghalem dans un de ses récents commentaires et que nous avons titré { Quand Miguel de Boukhanéfis parlait de « l’Istiklal (Indépendance) »}. Celui-ci n’a pas manqué d’interpeller un ami commun en l’occurendre Hadj Lekhal Benyahia, le voila se mettre au clavier en nous pendant un beau texte sur la Mekerra que nous avons titré « La généreuse et imprévisible rivière de la Mekerra convoquée ce jour par Mr Lekhal Benyahia», et puis ce fut le tour de notre ami Bencheikh Zouaoui qui avait déjà dans nos precédentes collonnes évoqué d’autre thèmes liées à son passage à la mairie de Sidi Bel Abbes dans une des périodes les plus tumultieuses et incertaines. Mais cette fois-ci, il est demeuré dans le même contexte, le même élan enchanteur certes, mais autour d’une péripétie de l’imprévisible et nourricière rivière de la Mekerra, qui a marqué plusieurs générations de Bélabbesiens. Suivons le :

Par : Kheireddine. B

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«Ah, si Benyahia! Que racontes-tu? Tu nous a remis plus d’un cinquantenaire en arrière ! Ah les belles gueltas qui portaient les noms des virtuoses et illustres nageurs locaux! Ah les éreintantes courses à contre courant! Ah les fessées reçues de nos parents qui, appréhendant le danger, nous interdisaient toute baignade ! Si ces souvenirs sont magnifiques, le dernier que je garde n’est pas aussi beau. En effet, j’avais cru bien faire de me frotter à cette impétueuse rivière, voire la combattre. C’était en 1990 lorsque j’étais maire-étoile filante (ou maire « par défaut » comme le dit si gentiment BD). Je te raconte, en précisant que le canal de dérivation n’existait pas encore :

C’était un peu avant huit heures. Je regagne mon bureau lorsqu’on m’annonce la nouvelle de la crue. Je m’empare aussitôt d’une voiture et me précipite au parc de la commune. Là, mystère. Pas d’engins, pas de véhicules lourds, quatre travailleurs seulement, dont deux employés de bureau.

Je commence à pester. « Non, Monsieur le Président, ils sont déjà sur place ».

Il faut dire qu’en ce qui concerne les crues, l’information circule très vite. Grâce à la Protection civile et à ses brigades installées dans les localités situées en amont de Sidi-Bel-Abbès, les nouvelles qui parviennent renseignent sur l’importance des eaux qui se dirigent vers la ville. Comme je suis né dans le lit de la Mékerra, je connais le chemin qu’empruntent les eaux et, grosso modo, où pourraient donc se trouver le personnel et les engins de la commune. Lors de fortes crues, la Mékerra déborde à Boukhanéfis pour toucher les maisons riveraines et ensuite inonder les jardins du quartier Chabrière. Là, pas trop de dégâts, à part la baignade infligée aux malheureux habitants de la partie basse du village et la perte des petites récoltes de ces mini parcelles.

Pour Sidi-Bel-Abbès, les choses sérieuses commencent lorsque l’eau enjambe son lit à hauteur de l’ex-ferme Chazzal, juste après celle de Sagrandi, au niveau de Maison blanche.

Et c’est ce qui s’est passé. Les agents communaux le savaient aussi. Et ils connaissaient également leur rôle. C’est pourquoi ils n’ont pas attendu d’ordre pour agir. Braves communaux !

Je prends la direction de Boukanéfis, et je défonce un barrage de police qui interdit l’accès à la route.

Je rencontre les premiers flux au virage de Sidi-Abdallah.

Là-bas, au loin, les niveleuses et autres engins de la commune travaillent de sorte à ce que les eaux boueuses et froides s’étalent dans les champs. Autant d’eau de dispersée, autant d’eau de moins sur la ville. Peine perdue, car d’autres eaux arrivent et prennent inexorablement leur route vers la ville, sur le bas côté de la chaussée.

Pour ne pas être cerné, je fais demi-tour vers la ville. Je pars me renseigner du côté du faubourg Thiers, sur la route de Tlemcen. Là j’apprends qu’à partir de la ferme Sagrandi, d’autres eaux se sont dirigés vers Sidi-Khaled qu’elles ont à moitié inondé, l’ont contourné par le sud pour ensuite se déverser dans l’oued Tissaf et s’étaler enfin le long de la route de Tlemcen. Le village de Sidi-Khaled est alors complètement isolé. La situation est donc grave.

Le seul espoir est que l’eau venant cette fois-ci du côté de l’école d’Agriculture soit déviée par les deux petits canaux parallèles qui contournent la ville par le nord-ouest, au-delà de l’hôpital. Peine perdue également. Les deux ouvrages s’avèrent trop insuffisants.

*Plusieurs crues ont du marqué des générations de Belabbesiens, la dernière en date est celle de Moulay Slissen en Mars 2010.

Pendant ce temps, une grande effervescence règne en ville. D’autres agents communaux mobilisés également par la crue s’évertuent à extraire carrément les bouchons des regards pour permettre un meilleur écoulement des eaux dans les égouts. Le danger alors créé pour les automobilistes est signalé d’une manière très aléatoire. Tant pis, car ces travailleurs n’ont plus le temps d’aller ramener des plaques de signalisation.

Vers onze heures, les premières eaux atteignent la voie ferrée qui barre la route de Boukhanéfis. L’eau traverse facilement cet écueil puis descend rapidement vers la rocade.

Les engins revenus entre temps en ville tentent d’ériger, sur cette même rocade des mini barrages avec de la terre puisée des champs des alentours. Rien à faire. On bouche un côté et l’eau entre de l’autre.

Soudain, des cris venant d’un riverain qui levait haut les bras. Il nous rejoint en quelques secondes et nous intime l’ordre d’arrêter, car, clame-t-il haut et fort, nos travaux allaient diriger les eaux vers sa demeure. Nous continuons notre bricolage, en faisant mine de ne pas l’entendre. Alors, notre bonhomme s’enflamme et nous balance au visage le contenu entier de la Bible des jurons.

Déjà, Bab Dhaya, la route du Télagh et celle de la CLO reçoivent les premières eaux. Ces dernières, profitant des dénivellements, s’engouffrent là où elles veulent, atteignant même la route de Mascara. Les eaux dévalent ensuite la rue du cimetière et la route d’Oran.

Rien n’est épargné, car dans certaines parties basses de la ville où l’eau n’a pas pénétré, ce sont les tampons de regards qui, par le phénomène des vases communicants, sautent en l’air et éjectent leurs eaux.

De l’autre côté de la ville, la route de Tlemcen est coupée jusqu’aux abords de Sidi-Lahssen.

La ville est déjà à moitié inondée. On n’y peut rien.

Vers quatre heures de l’après-midi, les eaux ont commencé à baisser. Vers cinq heures, il n’y avait pratiquement plus d’eau. La crue a cessé.

C’était l’heure des bilans..

Le lendemain de bonne heure, tournée pour constater les dégâts.

Tout le monde qui s’affaire à dégager les eaux et les boues. Parfois, des troncs d’arbres et objets hétéroclites bouchent les fossés. J’essaie de passer inaperçu car ceux qui me reconnaissent m’apostrophent, parfois avec violence.

Comme si c’était moi qui avais ouvert les robinets du ciel. Et ceux de la Mekerra.

Mais, pendant que, hier, nous étions focalisés sur la Mekerra, des eaux venues des hauteurs de la route de Mascara, du côté de Tilmouni, avaient affecté toute une partie de la zone industrielle, pour emprunter ensuite la descente de Moulay Abdelkader et se jeter plus bas au niveau du pont de l’Oued Mekerra.

Ici, un important affaissement à hauteur du cimetière coupait la route de Zérouala et nécessitait des travaux immédiats. Je pars alerter les services techniques et mobiliser les moyens. Stupeur, de retour sur les lieux avec les communaux, je trouve la faille rebouchée et des travailleurs d’une entreprise, que nous n’avions pas sollicitée, y couler déjà le goudron.

Quelques tournées encore.

Le nettoyage de la ville a pris quand même une bonne semaine.

Crue en mai. Mais qui l’aurait cru ?»

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Posté par le Mai 18 2012. inséré dans ACTUALITE, SBA PROFONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

13 Commentaires pour “l’imprévisible rivière de la Mekerra, par Bencheikh Zouaoui.”

  1. chouia connaisseur

    l’une des missions les plus ingrates et même dangereuse est d’être président d’apc(et non pas maire) ,d’ être doté d’une grande responsabilité sans avoir,pratiquement, aucun pouvoir d’exercer justement cette responsabilité.Concernent notre frère et ami Bencheickh Zouaoui, son passage à l’APC fut une réussite et il ne badinait ni avec les principes ni avec l’honneur de la ville qu’il gérait .Je te souhaite une longue et heureuse Sieur B.Zouaoui.

  2. chouia connaisseur

    heureuse vie

  3. chaibdraa tani djamel

    en ce commentaire on voit bien que tu aimes ta ville, et moi j’aimerais bien que tu sois maire de notre ville inchallah

  4. hami de sba

    je connais de loin si zouiaou bencheikh il a été trés sérieux

  5. Senhadji deTlemcen

    un témoignage d’un commis de l’état un génération qui risque de ne pas connaitre de semblables

  6. abbassi ounoss

    il est preferable qu il fasse maire a sidi khaled

  7. tahtaha

    pour mr chaibdraa tani djamel consacre au moins un commentaire a ain talout wilaya de tlemcen

  8. MIMOUN

    Messieurs Lakhal Benyahia et Bencheik Zouaoui sont respectivement de Boukanifis et Sidi khaled. Ceux sont des anciens cadres de l’état.Pourquoi ils ont laissé leurs mairies ou la mairie de Sidi bel abbes entre les mains des médiocres.ils peuvent aussi nous représenter à l’assemblée nationale mieux et de loin
    que les candidats du FLN.Ceux sont des gens propres qui sont connus par tous les bélébésiens.On a qu’a comparer leurs bons CV avec les mauvais CV de la plupart des candidats du FLN.

    Pourquoi ils laissent leurs mairies

  9. sohbi22

    a belabbes ou a lamtar il ya blocage des gens intégres

  10. pour l'admirateur

    le mot sieur n’est pas péjoratif dans le commentaire ci-dessus(de chouia connaisseur).Il est décerné à titre honorifique.(pense aux anglais :ils décernent le mot ‘Sir’ aux meilleurs citoyens et les exemples sont nombreux:Sir Winston Churchill,Sir Bobby Moore,Charlton,Alex Ferguson etc……Donc Monsieur Bencheickh mérite le titre de SIR.

  11. Sal

    Sans aucun doute ! Ce qui m’a frappe9e dans ce bidonville, c’e9taient la proeprte9 et la bonne organisation. Les habitants avaient l’air de bien se connaeetre et il m’a semble9 qu’il y re9gnait une bonne ambiance. Encore une fois, comme dans un village.Cette se9rie de notes ne pre9tend pas de9noncer quoi que ce soit, ellea0a simplement une vocation descriptive. Et surtout, elle ne pre9tend pas donner de lee7on ! Ce serait vraiment voir la paille dans l’oeil de notre fre8re et pas la poutre dans le nf4tre Que dire de nos concitoyens qui dorment abandonne9s comme des chiens dans nos belles rues bien e9claire9es Non nous n’avons pas de lee7ons e0 donner

  12. Hazzab

    Il est préférable de laisser les jeunes jerer leur commune c est eux l.aveunir

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