La Voix De Sidi Bel Abbes

L’expérience algérienne face à l’extrémisme religieux mise en relief par Karima Bennoune

33d559e1cb7566f0fcb0228aeae38768_LALGER – L’expérience algérienne face au terrorisme et à l’extrémisme religieux est mise en relief par Karima Bennoune, professeur en Droit international, dans un livre intitulé « Your fetwa does not apply here » (votre fetwa ne s’applique pas ici), où elle met, également, l’accent sur l’importance de lutter contre les stéréotypes vis à vis des musulmans.

Dans un entretien à l’APS, cette une algéro-américaine, venue dans le cadre du 19è Salon international du livre d’Alger (SILA), est revenue sur son ouvrage qui porte sur un recueil de témoignages de 300 personnes issues d’une trentaine de pays qu’elle a visités, dont l’Algérie.

Elle a expliqué, à ce propos, que l’expérience algérienne face au terrorisme et l’extrémisme religieux durant les année 1990 l’ont beaucoup marquée. Evoquant ses nombreux déplacements en Algérie, elle a cité l’exemple d’une femme habitant dans la région de la Mitidja, qui a perdu six de ses neuf enfants massacrés par les terroristes.

En écoutant les témoignage de cette femme, l’auteur a indiqué avoir constaté les « énormes souffrances » endurées par le peuples algérien durant cette décennie à cause de l’extrémisme et l’obscurantisme, saluant le courage de ces personnes qui ont fait face au terrorisme, « au moment où le reste du monde ignorait ce qui se passait en Algérie ».

La professeur Bennoune a précisé que son ouvrage, à travers ces témoignages, pourrait servir à mieux éclairer les visions des autres, notamment les anglophones, à propos de l’Islam et des musulmans afin de distinguer entre le vrai sens de la religion musulmane et les idées obscurantistes.

Il s’agit là aussi, selon elle, de lutter contre l’instrumentalisation de la religion pour justifier le terrorisme, et lutter contre les stéréotypes vis à vis des musulmans.

Karima Bennoune est professeur à l’Université California Davis School Low. Elle a reçu le prix du « Meilleur livre de sciences sociales » en 2013 et le « Prix littéraire de la paix » de Dayton (Etats-Unis) en 2014.

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Posté par le Nov 3 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

10 Commentaires pour “L’expérience algérienne face à l’extrémisme religieux mise en relief par Karima Bennoune”

  1. Belabbesien

    Dommage que les villes de l’intérieur ne tirent pas profiter du SILA. Et plus que cela ces nouvelles éditions ne sont pas commercialisees.

  2. gherbi sba

    qui ne veut pas lire mais c introuvable!

  3. djazairo 10/100

    @KARIMA Bennoune ,la fetwa du bon sens s’applique dans tout ce monde qui est ALLAH GHALEB dépassé et envahi par les laiques peut étre comme vous d’aprés votre portrait vous ne portez méme pas avoir un khimar

  4. BADISSI

    N importe qui parle de fetwa c’est grave ,

  5. fethi

    Aviez vous lu cet ouvrage?Pour restez sur la forme…Castro porte une barbe aussi…

  6. Omar

    Je m’adresse à Karima de quel droit vous la juger parce Qu’elle ne porte pas le(khimar) ? Beaucoup de femmes porte le soi-disant (khimar) et font les plus ignobles,les plus saloperies choses qui ne sont pas accepter et qui existent dans ce bas monde.Elle ne porte pas ce masque mais Elle a de la matière grise des millions de femmes comme vous qui je suppose portent le (khimar) mais ça ne veut pas dire que vous êtes mieux.sachez que l’habille ne fait pas la femme pieuse,dévouée à Allah de nos jours tout est biaisé qu’elle porte le (khimar) ou non c’est sa sphère privé comme on dit ma liberté finit là ou commence celles des autres prenez de la graine.Comme on connait les saints,on les honore,on traite chacun selon son caractère.

  7. Mohand

    Mahfoud Bennoune est Un chercheur boulimique, doublé d’un fervent militant de la liberté.il est à la fois un ancien officier de l’ALN, un opposant farouche lorsque, à l’été 1962, il s’engagea aux côtés de Boudiaf pour dénoncer le coup de force de l’état-major contre le GPRA, et un anthropologue passionné de l’Algérie dont les travaux sur la paysannerie, sur le système industriel sous Boumediène, sur la condition féminine et le «néopatriarcat», ou encore ses recherches en anthropologie politique feront date. C’était un véritable «intellectuel public», selon la formule du politologue britannique Hugh Roberts, un peu à la manière dont Mohamed Dib aimait à se définir durant la période coloniale en se déclarant «écrivain public», c’est-à-dire un intellectuel «sous contrat» avec son peuple.

    Selon des éléments biographiques que sa fille Karima a fourni, Mahfoud Bennoune est né le 9 avril 1936 à El-Akbia (El-Milia), village auquel il consacrera d’ailleurs tout un livre sous le titre : El Akbia, un siècle d’histoire algérienne (OPU, 1986). Le jeune Mahfoud grandit dans une famille nationaliste proche du PPA-MTLD et foncièrement engagée dans le combat indépendantiste. Il s’installe rapidement à Alger où il fait l’essentiel de sa scolarité, tout en militant au sein du MTLD.

    En 1955, il rejoint les maquis de l’ALN dans le Nord Constantinois. Il est aussitôt adoubé par les chefs de la Wilaya II.
    Zighoud Youcef et Lakhdar Bentobal le chargent de missions politiques. Il est désigné comme officier de liaison entre la Wilaya II et le CCE, un statut qui lui permettra d’être régulièrement en contact avec Abane Ramdane. A ce titre, il s’impliquera activement dans la préparation du Congrès de la Soummam. Arrêté lors d’une mission à Alger, il est fait prisonnier de guerre pendant plus de quatre ans.
    Son père, Si Lakhdar, ainsi que deux de ses frères, Ali et Amar, seront froidement exécutés entre-temps par l’armée coloniale.

    A la signature des Accords d’Evian le 18 mars 1962, Mahfoud Bennoune est nommé membre de la commission mixte du cessez-le-feu installée à Boumerdès (ex-Rocher noir). Il est chargé des relations avec le groupe FLN siégeant dans l’Exécutif provisoire. Opposé au «putsch» de l’EMG contre le GPRA, il est reversé dans le «civil». Il s’allie avec Boudiaf qui fonde le PRS, le parti de la révolution socialiste. La situation qui prévaut suite à la crise de l’été 62 et le triomphe du «groupe d’Oujda» le pousse à l’exil à partir de 1963.

    Mafhoud Bennoune décide, alors, de se consacrer à une carrière universitaire. Il poursuit des études en sciences sociales, d’abord à Paris où il obtient un DES en histoire à la Sorbonne. En 1967, il entame un cycle d’études supérieures aux Etats-Unis où il est admis à la Wayne State University.

    En 1976, il soutient une thèse de doctorat en anthropologie à l’université de Michigan. Sa thèse portait sur «L’impact du colonialisme et de l’émigration sur la paysannerie algérienne». Le professeur Bennoune enseigne dans cette même université de 1970 à 1977, année où il rentre en Algérie. Il enseigne ensuite à l’Institut de sociologie de l’université d’Alger. En 1979, il est nommé directeur de l’Institut des techniques de planification et d’économie appliquée, poste dont il démissionne en 1981. En 1992, il est nommé membre du Conseil consultatif national.
    Deux jours après sa mort (2004) , l’université de Michigan a institué un prix «Mahfoud Bennoune» décerné aux meilleurs chercheurs en sciences sociales qui consacrent leur thèse aux problématiques du Maghreb.
    Dans un hommage publié par la revue Insaniyat peu après sa mort, Hugh Roberts, disséquant le précieux patrimoine scientifique légué par Mahfoud Bennoune, dira de lui : «De sa thèse sur l’émigration des montagnards originaires de la société disloquée du Nord-Est algérien, ses articles sur la paysannerie algérienne et notamment son étude de son village natal, son essai sur le devenir du Tiers-Monde (…) tous les travaux de Mahfoud Bennoune (…) ont porté le sceau de l’engagement politique aussi bien que scientifique, celui d’un ‘‘intellectuel public’’ qui mettait inlassablement son énergie au service de l’intérêt général tel qu’il le concevait plutôt qu’au service d’une théorie abstraite quelconque, et encore moins de sa carrière et de son intérêt personnel.»

  8. Mohand

    «Humaniste, anti-impérialiste et féministe»

    Sollicitée pour nous livrer un témoignage sur son père, Karima Bennoune, aujourd’hui professeur de droit international à l’université de Californie, nous gratifie de trois feuillets aussi précis qu’émouvants. «C’est difficile de résumer la vie d’une personne comme Mahfoud Bennoune», écrit-elle. «Il a toujours été un intellectuel engagé. Ce qui était important pour lui, c’était d’utiliser le savoir dans le projet de construire et d’améliorer sa société». «Il était humaniste avant tout, antiraciste, anti-impérialiste, et à partir d’un certain âge il est devenu également féministe», poursuit-elle.

    Karima ne manque pas de souligner le tempérament jovial de son père, même devant les pires épreuves : «Ce que je n’oublierai pas, c’est que même avec tout ce qu’il a vécu pendant la guerre de libération et les années 90 — la torture, la terreur, l’emprisonnement, les menaces, les assassinats de ses proches et de ses amis —, il trouvait la force de rire et de sourire comme personne d’autre, avec enthousiasme et chaleur.» Karima n’a qu’un seul regret : le fait que les ouvrages de son père ne soient plus disponibles. «Actuellement, je mène une recherche sur les intellectuels algériens des années 90’ et j’ai trouvé que nous sommes en train de perdre leur œuvre, ce qui est une deuxième tragédie (…). Ce projet m’a fait comprendre que si on veut vraiment rendre hommage à Si Mahfoud, il faut republier ses livres qui sont presque introuvables dans les librairies d’Alger aujourd’hui», plaide-t-elle.

    Dans la foulée, elle annonce le lancement d’un site dédié à la sauvegarde, justement, de l’œuvre de son père. «Je viens juste de lancer un projet de récolte de ses écrits sur un site, http://www.mahfoudbennoune.com, pour que les gens puissent accéder librement à ses écrits, et je continuerai ce travail jusqu’au 9 avril 2016, ce qui aurait été son 80e anniversaire», confie-t-elle. Et d’ajouter : «Mon père est mort suite à une longue maladie il y a exactement 10 ans. Mais chaque fois que je reviens en Algérie, il me semble que je le retrouve toujours, surtout parmi celles et ceux qui continuent à lutter pour une Algérie vraiment démocratique, où il n’y a ni autocratie ni obscurantisme, où les droits du peuple qu’il aimait sont respectés. A mon avis, ce sont ces luttes démocratiques qui portent aujourd’hui l’esprit et l’espoir de Mahfoud
    Bennoune.»

    L’anthropologue baroudeur peut reposer en paix : sa fille est la digne continuatrice de son œuvre. «Il était content quand je suis devenue une Professeure Bennoune comme lui. Mais pour moi, ‘‘Professeur Bennoune’’ ne peut-être que Si Mahfoud. J’étais et je suis très très fière d’être sa fille, et quelque part son étudiante aussi.» Au vu de la qualité de son travail, comme en témoigne son livre magistral Votre fatwa ne s’applique pas ici, qui comporte un gros travail de mémoire sur les victimes de la décennie noire, on ne peut que constater avec bonheur la persistance de la flamme résistante de Si Mahfoud. Au risque de la contredire, la pupille de ses yeux a tout d’une Professeure Bennoune !

    Mustapha Benfodil (El-Watan)

  9. Mohand

    La liste des travaux de Mahfoud Bennoune
    La liste de ses écrits:Celle parue dans la presse était incomplète

    – El Akbia, un siècle d’histoire algérienne. OPU 1986

    – The Making of Contemporary Algeria: 1830, 1987 Cambridge University Press 1988.

    – Essai: From State Socialism to Market Economy : The growth and decline of the Algerian middle classes, Entrepreneurial elites and the bourgeoisie. (non publié)

    – Essai: déconstruire le système: L’Etat et les forces sociales en
    Algérie. (non publié)

    – Democracy and fundamentalism in Algeria, a diachro synchronic
    analysis 1992, non publié

    – L’an 2000 du tiers monde. OPU 1985

    – Le hasard et l’histoire: entretiens avec Belaïd Abdesselam (avec Ali El Kenz) ENAG 1990

    – L’Origine des espèces (en arabe)

    – L’Amérique: de l’Etat Providence au pouvoir néo libéral: de Roosvelt à Reagan (1992)

    – L’Algérie et la modernité. Ouvrage collectif avec Ali EL Kenz et d’autres

    Etudes publiées dans la presse :

    – Ebauche d’une histoire sociale du triangle de la mort

    – La Mitidja et ses environs de 1830 à aujourd’hui

    -Les zones franches

    -Esquisse d’une anthropologie de l’Algérie politique. Marinoor 1998

    -Les Algériennes victimes d’une société néopatriarchale. Marinoor, 1999

    – Education, Culture et développement (2 tomes) ENAG
    /Marinoor2000

    -L’Algérie médiévale à partir de 1212 (à paraître)

    -La science arabe (manuscrit) Mahfoud a également sillonné l’Algérie et fait un film avec une équipe de la BBC sur l’industrialisation en Algérie intitulé « Building a natiom
    ». Il a été cofondateur de la revue Middle East Report (MERIP)

    Cette liste n’est pas exhaustive. Il manque d’autres écrits en anglais

  10. Mohand

    en ce qui concerne la mendicité ( closed comments!!!!?)

    Il est nécessaire pour veiller à ce que les personnes ne tombent pas dans ces situations d’exclusion qui conduisent à la mendicité.

    Pour permettre à ces personnes de s’en sortir, les politiques d’aides (allocations diverses) ne suffisent pas si l’on ne prévoit pas aussi des politiques structurelles efficaces : de logement, de droit à l’énergie, d’accès à la santé, à un travail rémunéré de qualité, etc. Un travail multidimensionnel et transversal est nécessaire. En outre, il faut mettre en place des mesures d’accompagnement en faisant attention à ce qu’elles tiennent compte de la situation des individus. Pas une approche forcée qui prévoit juste de prendre la personne et de la mettre dans un home, c’est important. Les personnes qui se retrouvent à mendier dans la rue sont des gens qui doivent faire face à des choix terribles . Personne ne mendie par plaisir : cela reste stigmatisant et honteux.

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