La Voix De Sidi Bel Abbes

Les raisons de la flambée des prix des fruits et légumes

fruits-legumes

Pour s’approvisionner en fruits et légumes, les marchands d’Alger et d‘ailleurs vont au marché de gros des Eucalyptus, au sud de la capitale.C’est dans ce temple du commerce où argent, trafic et petits arrangements s’entremêlent, que s’échangent, chaque jour, des quantités astronomiques de produits agricoles frais. C’est aussi ce lieu qui sert de bourse de ces produits qui proviennent en majorité des champs de la Mitidja, de Aïn Defla ou de Relizane. La route qui mène aux Eucalyptus est particulièrement animée. Pourtant, les premières lueurs du soleil n’ont pas encore pointé à l’horizon. Il est 5h30 et, fait inhabituel en ce 14 décembre, le temps est clément. Un avantage pour les dizaines de camions de tous tonnages qui convergent vers ce marché qui alimente la région en fruits et légumes frais.Sous le faible éclairage des lampadaires installés autour de l’enceinte se dégage une première surprise : le marché n’est pas aussi «sale» qu’on le pense. Le sol est bitumé, la cour est large, un parfum d’orange fraîche bouscule l’odeur des restes de la veille. Les 80 espaces qu’occupent les «mandataires» sont spacieux pour contenir le flux incessant de produits qui proviennent des quatre coins du pays.
Autre réputation surfaite : l’absence de sécurité. Quelques minutes à peine après notre arrivée, des agents de sécurité viennent nous «cueillir» en pleine discussion avec des marchands venus de la wilaya de Blida, distante de quelques kilomètres de là.

Les mandataires et les autres

Exportation des produits agricoles_L.Algerie n.a aucune strategie concrete d.aller vers l.exportation

En ce début de journée, les mandataires viennent tout juste d’ouvrir leurs locaux. Les premiers agriculteurs arrivent, suivis de près par les détaillants, reconnaissables à leurs petites camion nettes made in China. La mercuriale étant inexistante, les prix sont donc «libres». «Les oranges sont à 50 DA, voir 45 DA», répond Mohamed Medjber, mandataire et délégué de ces «commissionnaires» chargés de vendre la marchandise à la place des agriculteurs. «Mais le prix varie, il peut descendre comme il peut augmenter», ajoute-t-il, pendant que des ouvriers déchargent encore des caisses des camions stationnés à l’autre bout du local. Car ici, les mandataires ne font rien. A part «vendre» la récolte et prendre au passage 6 à 8% de bénéfice sur le «prix de vente». Les autres charges sont assumées par les paysans eux-mêmes. Pourtant, l’orange se retrouve, à quelques kilomètres de là, exposé au double, voire plus, de son prix d’origine. Autre mandataire, autres produits : Ahmed Brahimi vend des choux-fleurs et des agrumes. «Les choux-fleurs font 10 DA», dit-il. Pourquoi ce légume coûte-t-il plus cher chez les détaillants ? Notre interlocuteur répond que cela relève «d’autres sphères». Il accuse clairement les détaillants de surenchérir sur les prix. Une thèse que réfute Mohamed Boumerdasi, un marchand de fruits et légumes venant de Boumerdès pour s’approvisionner. «Je prends une marge importante parce que je paie des charges et j’ai des employés», se défend-il. Il avoue même que sur certains produits, comme les choux-fleurs, ses marges peuvent atteindre les 100%. Pourquoi ? «Parce que je nettoie les légumes !», répond-il sans conviction, avant de s’en aller «faire ses courses». Pourtant, en sortant du marché, le contraste est saisissant : le prix de ce légume de saison est affiché à plus de 50 DA dans la majorité des commerces de détail.

«Nous jetons l’excédent à la poubelle !»

A quelques mètres de là, Mohamed Kobane dispose du carreau le mieux fourni du marché. Ce mandataire, la quarantaine, emmitouflé dans son burnous, représente à lui seul un bon indice des prix de vente en gros des fruits et légumes. Même bousculé par les demandes d’éventuels clients, il prend le temps d’annoncer les prix du jour. Ainsi, les carottes sont cédées à 40 DA avant de se retrouver à près de 100 DA chez les détaillants, les navets sont à 50 DA en gros pour finir dans le panier de la ménagère à 90 ou 100 DA, tandis que les fenouils sont à 40 DA, mais sont vendus 80 DA par les marchands de Belcourt ou Bouzaréah. Seuls les oignons (locaux) à 50 DA et l’inévitable pomme de terre à 50 DA échappent à cet enfer de la double tarification ; ils sont cédés à plus au moins 70 DA chez les détaillants. Pour comprendre l’état d’esprit des détaillants, nous en avons accosté certains, qui faisaient leurs emplettes. Tous disent se limiter à des marges «raisonnables». C’est le cas de Mohamed. Ce jeune marchand de légumes de Kouba (Alger) jure qu’il ne prend «jamais plus de 20 DA sur un produit». Cette profession de foi est également celle d’un autre commerçant, travaillant lui aussi sur les hauteurs de la capitale. Au-delà de la mercuriale, le maître mot qui revient sur toutes les lèvres dans ce mythique marché est «mandataire». Des agents rencontrés sur place, mais également des revendeurs, désignent du doigt ces commissionnaires qui profitent de «la naïveté des paysans pour s’enrichir». «Ils ne font rien. Ils vendent les récoltes des fellahs et partent avec 8% de commission sonnante et trébuchante sans prendre le moindre risque», s’indigne Mohamed, qui propose ses services comme transporteur aux détaillants qui ne disposent pas de véhicule. Pis, plusieurs personnes attestent que «lorsque les prix des fruits et légumes sont très bas, les mandataires préfèrent les jeter»… L’information est confirmée par Mohamed Medjber, représentant des mandataires.  «Oui, il nous arrive de jeter des produits qu’on n’arrive pas à vendre», répond-il sans hésitation. L’homme avoue même que les risques sont pris uniquement par les agriculteurs. Pourquoi ? «Je ne peux rien faire pour eux», dit-il sans hésitation. Et même lorsque nous demandons pourquoi ce ne sont pas les agriculteurs eux-mêmes qui vendent leur marchandise, l’homme répond sans gêne : «Leur travail est de cultiver la terre. Le nôtre est de vendre leur produit.»  Aux premières lueurs du jour, le marché des Eucalyptus grouille toujours du monde. Une autre journée commence tandis qu’à l’autre bout de la ville, certains détaillants affichent déjà des prix largement supérieurs à ceux d’achat.

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Posté par le Déc 16 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

11 Commentaires pour “Les raisons de la flambée des prix des fruits et légumes”

  1. madjid

    Depuis l’été passé c’est la mémé spirale Nous subissons un vrai dicdat des marchands musulmans premiers dans les rangs lors des prières.

  2. OUERRAD en squatteur

    C est l anarchie , due a la liberation du marche , mais ce n est une raison pour saigner le citoyen .L etat ne regule plus le marche , les opportunistes ont trouves leurs comptes bizness is bizness et le perdant c est le dernier maillon de la chaine .De plus devenu un oeusophage vivant il ne cherche pas a sortir du carcan de la cuisine de toujours , il changer ses habitudes culinaires , opter pour les pates et le riz .Bien des peuples n en sont pas morts ,et leurs poubelles choment , pas comme celles du BLED qui consomment meme du PAIN en exces ?

  3. Imène

    N’ACHETEZ PAS ! BOYCOTTEZ ! les prix chuteront fatalement ..c’est la loi du marché ….ah , Squatteur , attention il faut bien s’alimenter , jusqu’au rétablissement complet ensuite : BOYCOTT , ou soumou tassihou !!
    Salem khayical .

    • Mohand

      Bonsoir sœur imene,
      proposez nous des menus au lieu de ce tsunami digestif.
      moi je peux me contenter d’une khobiza et d’une omelette, pour les enfants pas évident.

      • Imène

        Azzul mohand !
        Le tsunami digestif ! ( lool ) est impérieux , violent , rien à faire !
        Pour les enfants , ( petits et ados ) ce n’est pas évident , je vous l’accorde : leurs besoins nutritionnels sont imporatnts ..ça les aide à grandir , à prévenir des maladies , à former leurs os et muscles ..pour les menus , je vous invité à suivre chef Selma sur fatafeat tv , elle présente des recettes nutritives , saines , healthy , et à petits prix ! mais même ! chez nous tout est cher !
        salem .

  4. OUERRAD en squatteur

    BONSOIR , Imene ,question bouffe , il faut reconnaitre que je ne fais que cela .Le boycott c est pour plus tard , d ailleurs ma devise quand un produit augment je
    m abstient d en manger comme la viande . Heureusement il y a ces fameux gueletons familliaux , mais c est trop de depenses .LE BONJOUR A MAM …

    • Imène

      Squatteur Bonsoir !
      La viande ( surtout rouge ) n’est pas si nécessaire pour notre santé , un faux mythe ..il serait même dangereux d’en abuser .. ( allez comprendre ! ).Lisez le rapport du Dr. C.Tal Schaller , sur les aliments dangereux pour la santé .
      Prompte guérison, fais attention à toi ! Mam t’embrasse . Salem .

  5. Mohand

    Avec un dinar fort ( nouveau dinar = 100 anciens dinars, à l-image du $ et de l’euro), le poivron sera à 1, 4 NDA, l’haricot vert à 2 NDA, la viande à 14 , et le smic à 150N DA!
    il faut voler, et voler très haut, ainsi tout paraîtra petit.

  6. N.Télaghi

    Les directions du commerce,l’association des consommateurs ne servent à RIEN. Alors dansons sur les  » pistes des Marchés en Gros » .Messieurs !!!!!!!!

  7. mouslim 100/100

    TOUT LE MONDE EST CORROMPU MEME LES CONTROLEURS DE PRIX « KAYENE RABI »

  8. mohamedDD

    les hommes (et femmes) avec un grand H (et F) les prix avec un petit p et l’inversemment comme c’est le cas à bon entendeur salut. attendont attendont zzzzz un état fort

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