La Voix De Sidi Bel Abbes

LES PESEUSES ROUGES / Par Abdellah Ouldamer .

1916810_1270021556856_1242170_n    Quelle insouciance pendant l’époque d’Afras. Avec le recul, même l’ennui semble n’avoir été qu’une illusion. Le minimum était acquis, ce qui éloignait les gens des coups fatals, tel que le suicide, la Harga ou le penchant pour la violence. Tout était subventionné par l’état, la bouffe, le transport, les soins, le journal et la cigarette. Un paquet de cigarette, quelques sous suffisaient largement, pour vous retrouver faire des plongeants, dans une de nos innombrables plages indigo. Même les poissons jalousaient notre liberté. Le socialisme veillait au grain. Si ça ne tient qu’a cela : ne rien tenter en politique, et bien qui dit mieux, c’est même excellent, vive la planque, le bourlingage et la mer. L’état n’aimait pas qui le contredise. Il nous infantilisait pour ne pas dire bichonnait. Quand on insiste sur le pas trop vous en faire, donc on vous incite à vivre. Ce que nous faisions. Pourvu que l’on aime son pays. On s’instruisait, faisait du sport, travaillait. Nous achetions des livres pour une bouchée de pain. Le cinéma national était prospère, le sport au top niveau, le théâtre sous ses meilleurs jours. C’est pendant cette période que les arts plastiques avaient eu des géants comme Issiakhem, Khadda, Baya, Racim, Martinez, et bien d’autres encore. Même les journées semblaient s’étirer à l’infini. Au café du coin, vous n’arriviez jamais à bout d’un El Moudjahid, sans que le crépuscule ne vous surprenne. « Eh garçon, vous pourriez me dire l’heure ? Dix neuf heures ! ». Heureusement que la centrale des transports est juste à quelques encablures. Et ces peseuses rouges à pied d’estale, que l’on retrouvait devant les kiosques, dans lesquelles on glissait une pièce, malgré la panne. Vite, vite ! L’état papa n’aime pas le vagabondage. Juste le temps de rentrer chez soi, diner et regarder un film en noir et blanc. Quelle belle époque !

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Posté par le Avr 10 2015. inséré dans ACTUALITE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

10 Commentaires pour “LES PESEUSES ROUGES / Par Abdellah Ouldamer .”

  1. oulhissane

    Afras, avant lui Safy, 2A, Hoggar, Rym… il faut fumer pour encourager l’enfumage local. Et surtout pas de Gauloise la colonialiste, ni Malboro l’impérialiste.
    42 ans de cigarettes pour fumer comme les grands du tiers-monde.
    Churchill a bien fumé.
    En ce temps-là il n’y avait pas de tabagisme.
    Les jeunes fument aujourd’hui Légende.

  2. OUERRAD

    Quelle belle eoque certes , mais qu a t elle engendrer ?
    Toutes ces subventions ont elles ete benefiques pour les ZGHABA ?
    Les fumeurs , se permettaient le paquet de cigarettes voir plus , mais qu en est il aujouird hui , il achete a la cigarette .
    Une autre anecdote BEL ABBESIENNE ; toujours chez nous a la librairie , les livres etant subventionnes, qui en a profite ?On avait comme client un francais cooperant technique , il m a demande de n ouvrir les colis SNED , qu en sa presence ; il raflait la moitie des colis .
    Un jour par curiosite , je lui ai demande le pourquoi de la chose , il me reondit , en partant c est un tresor que je vais emmener avec moi en France .SI ma bibliotheque va me coutait 10 millions je l aurais payee 10fois plus chez moi .

  3. Amirouche

    Abdellah Ouldamer

    Merci pour ce retour nostalgique sur la période de l’Afras et du tabac à rouler , mais cette époque n’était pas tout à fait « belle » comme le dit mon ami OUERRAD ….Un petit retour en arrière nous fait aussi rappeler les pénuries dans les supermarchés (el debza pour acheter 5 litres de zite ou un plateau d’œufs ) , même la banane était un luxe .
    Qui ne se rappelle pas la police militaire qui patrouillait dans les rues et  » chkoune al rajelle  » qui ose sortir de la chaine pour voir le film Django ou Les Vacances de l’inspecteur Tahar au cinéma l’Empire …………Période d’amalgame de bons et mauvais souvenirs …..

  4. OUERRAD

    En effet , c est cette periode qui aurait due etre determinante pour notre avanir et surtout celui de nos enfants.De bons souvenirs , oui c etait l adolescence et l innocence .De mauvais , beaucou trop a mon sens et avec le recul je me pose la question de savoir ; et si c etait a refaire ?
    Je l ai dit a maintes reprises et je le redit , sans PROJET DE SOCIETE depuis 62 on navigue dans l incertitude , sauf our les gouvernants .Il s arreter un moment , faire le bilan et repartir avec de bonnes bases .Les ressources existent tant materielles qu humaines , il suffit de faire confiance aux generations post independance .
    EL ousrah etthaouria

  5. OUERRAD

    ,,,suite ,, EL OUSRAH THAOURIAH EST UN LEURRE ; cessons de nous voiler la face et ouvrons nous sur le onde .

  6. OUERRAD

    LIRE LE ,, monde .

  7. chaibdraa tani djamel

    Oui je me souviens de ces peseuses rouges où l’on introduit je pense une piéce de 20 centimes et on reçoit le ticket pour s’apecevoir du poids .Ah c’était le bon vieux temps ou la culture était reine ,personne ne touchait ou casser ces peseuses

  8. un abbassi d'ailleurs

    désolé l’ami , mais c’est bien à cette époque que j’ai fuit l’Algérie ( et pourtant j’aimais mon pays ) . J’y retourne 2 fois par an maintenant et je préfère de loin l’époque actuelle. Je me sent plus libre . Je ne fume plus des 2afras avec leur bâtonnet qu’on retirait de la cigarette, je n’arrive jamais à bout d’un El Moudjahid tout simplement parce que je ne lis plus tellement j’ai d’autres choix avec la presse plurielle. Si pour toi la télé « unique » en n&b c’est la belle époque , je te la laisse

  9. oulhissane

    abbassi, bonsoir.

    Tu as bien mis entre parenthèses ce formidable cri d’amour pour la patrie ( et pourtant j’aimais bien mon pays).C’est ta phrase entre parenthèses qui faisait notre belle époque. Merci de nous l’avoir laissée.
    Si le destin a voulu que tu »fuies » ton pays, personne ne t’en voudra pour ce choix, car il est le tien. Tu restes toujours, comme tu te prénommes, un  » abbassi d’ailleurs ».

  10. Hamid

    La fuite, les fuites est (sont) généralement la conséquence d’un phénomène plutôt que le produit d’une réflexion personnelle. L’Algérie est une jeune nation en construction qui se cherche, sa jeunesse est l’objet de recherche minutieuse de certaines officines étrangères faiseuses d’agendas. Les modèles véhiculés par des médias « parabolisés » ne relatent pas forcément la réalité du terrain, ils vendent plus un modèle idéalisé aux jeunes non avertis pour imposer la dépendance. Les tentatives citoyennes d’EL MOUDJAHID dérangeaient beaucoup les nostalgiques de l’Algérie Française, ses enseignements poussaient le jeune Algérien à l’indépendance culturelle et idéologique. Il se trouve dans le débat politique d’aujourd’hui une précipitation effrénée à la dénégation plutôt qu’à l’interrogation et le respect dans le discours contradictoire documenté. Le doute est semi partout, il n’y a de place à la reconnaissance des réalisations. Afraz était l’époque qui a suivi la décolonisation, à l’époque les jeunes étaient heureux de sortir d’une très longue nuit de colonisation sauvage. Ils savaient donc de quelle situation inhumaine ils sortaient, le repère était facile à établir. Aujourd’hui? Nos repères sont dictés ailleurs par des concepteurs d’agendas aux seuls profits d’une nouvelle colonisation des esprits. Les intellectuels occidentaux débattent sans jamais exacerber les tensions dans leurs pays, ils maîtrisent le langage et ses conséquences. Les nôtres (pas tous) sont adoubés par la pensée unique occidentale pour empêcher l’éclosion d’une véritable culture démocratique en Algérie. Nos jeunes sont avides de connaissance, mais ils manquent amèrement de recul historique et d’expérience dans le débat public. L’interrogation devant les phénomènes nouveaux est tout à fait légitime, le doute systématique peut être un problème d’ordre psychologique et paranoïaque. Que doit on dire alors de l’insulte systématique? Une mauvaise éducation.

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