La Voix De Sidi Bel Abbes

Les pages glorieuses du SCOUTISME local

Il faut souligner que l’exercice de cerner les pages glorieuses du SCOUTISME à Sidi Bel Abbes est exaltant mais nullement impossible, vu qu’au niveau du journal de la Voix de Sidi Bel Abbes, Mr Boudjakdji Mohamed, connu par Hamdane, va contribuer en se consacrant au dit exercice, auquel se joignent a coup sur de cet appel, d’autres frères et sœurs. Pour notre part, un petit survol est proposé, et n’a aucune prétention d’être exhaustif :

Les SMA locaux, un long combat méconnu. Toutefois pour bien tenter de cerner un des aspects émergents de la grève du 19 mai 1956, il est opportun d’évoquer le rôle du scoutisme à Sidi Bel-Abbès comme véritable vecteur du patriotisme. Pour cela, laissons parler Hadj Ali Nehari, SG de la section du 8 Mai 45, «Ce n’est que vers 1934-38 que sont nés les premiers groupes musulmans: El-Falah à Alger, Ibn Khaldoun à Miliana, Er-Radja et Es-Sebah à Constantine, El-Mouna à Annaba, El-Ikbal à Blida, El-Hayet à Sétif, El-Hilal à Tizi Ouzou, Er-Radja aussi à Batna, En-Noudjoum à Guelma, Er-Radja également à Laghouat, Al-Falah à Mostaganem, El-Mansourah à Tlemcen, d’autres à Oran et Saïda. L’association des Eclaireurs musulmans algériens d’Oranie, quant à elle, est déclarée en 1938. Elle rassemble alors tous les groupes existant dans cette partie du pays. Celui de Sidi Bel-Abbès sera donc affilié aux EMA», a d’abord indiqué le SG de la section du 8 Mai 45. Son premier local est alors situé rue de Bretagne, dans la ville arabe ; il est animé d’abord par les frères Menouar, feu El-Ghoul Bachir, Moulay… Auparavant, vers 1940, un jeune étudiant, Djamil Bendimered, avait créé le premier groupe scout de Sidi Bel-Abbès affilié aux SMA. Il en était le commissaire local et feu Saïm Lakhdar, le morchid, tandis que le comité sera successivement présidé par Omar Seguini, Abdeddaïm Bendouda et Boumediène Fardeheb. Cependant, le problème majeur à cette époque consiste à fédérer, à l’échelle nationale, l’ensemble de ces groupes. Au congrès d’El-Harrach, réuni à cet effet du 10 au 16 juillet 1939, le choix se situe entre ces deux appellations: Fédération des EMA, proposée par Omar Lagha, ou Fédération des SMA, avancée par Mohamed Bouras, deux pionniers du scoutisme algérien. Finalement, c’est la seconde qui est adoptée, démocratiquement, après un vote majoritaire. Cependant, il est évident qu’à travers le choix du nom, se profilaient d’autres questions, indique toujours le même Nehari Ali. «Quoi qu’il en soit, non sans heurt, le groupe El-Amal de Bel-Abbès, affilié aux SMA, s’impose. La famille Baraka lui offre l’asile dans le local qui restera toujours le sien, rue du Cimetière, jusqu’à l’indépendance. Il est alors pris en main par feu Mokadem, Mohamed Bendaoudi, Ben Ghazi Cheikh, Saïm Lakhdar, Djellil Hocine, Ben Barek, Amir Benaïssa, Taleb Mourad et Taleb Abderrahmane – cinq futurs médecins – puis Seguini Mohamed, Tabet Mohamed, Daouadji Mohamed, Sekkal Benali, Amir Ghaouti et Zine-El-Abidine, Abdeddaïm Mustapha, Bedjaoui Djilali… qui encadrent les louveteaux, les éclaireurs et les routiers. Notre source signale que des insignes, morse, noeuds, signaux, rose des vents, écussons et tout un bestiaire de fauves (loups, panthères noires, rapaces empaillés…) ornent les murs du local. Autant de symboles et des signes nouveaux pour la jeunesse locale, autant d’interrogations qui font «travailler» l’esprit des adolescents. De ce fait, Bel-Abbès sera donc présente au premier camp fédéral de juillet 1944 organisé par la ville voisine de Tlemcen qui a vu «le rassemblement historique» de plus de 450 scouts musulmans venus de toute l’Algérie.

«Mine Djibalina» sur les hauteurs de Lala Setti .C’est à Lala Setti qu’a été appris «Min Djibalina» pour la première fois ; c’est avec ce chant patriotique qui deviendra un hymne national avant la lettre que défilent les scouts à travers la cité des Zianides, indique Hadj Ali Nehari qui signale que «De l’organisation et de l’accueil des habitants, ils en conserveront tous un souvenir impérissable et stimulant et, ce d’autant plus que trois leaders, Messali Hadj, Ferhat Abbas et Cheikh Bachir Ibrahimi ont tour à tour rendu visite à ce premier camp fédéral et se sont entretenus avec ces jeunes scouts représentant la continuité et la modernité, l’espoir et l’avenir du pays. La délégation belabbésienne, comme les autres, en est revenue plus enrichie et plus déterminée à continuer sa tâche d’éducation civique de la jeunesse. Mais que signifie ‘éducation civique’ quand l’article 2 de la loi scoute stipule que ‘le scout est loyal et fidèle envers Dieu, sa patrie, ses chefs et ses subordonnés’ et que l’article 3 de la Route déclare que ‘le routier est un patriote modèle’ ? Dans ce cas, qu’est-ce que ‘la patrie’» ? souligne Hadj Nehari. Face à l’hostilité et aux manoeuvres d’intimidation de l’administration française, les SMA seront amenés à définir et identifier comme suit la patrie: «le pays où l’on naît, le pays des ancêtres», c’est-à-dire l’Algérie qu’ils doivent aimer et servir pour demeurer fidèles à leur loi. Dans cette optique, par leurs activités culturelles, leurs chants et défilés, ils clament haut et fort leur amour de la patrie qu’ils propagent par ce biais. «Mine Djibalina» Moyteni-»Hayou Chamel Ifriqiya» entre autres, indiquent clairement par leurs titre et contenu l’orientation patriotique, indépendantiste et maghrébine du scoutisme algérien dès cette époque. C’est tout un programme à long terme. Aussi le local de Sidi Bel-Abbès est surveillé et des pressions exercés, en vain, sur les chefs pour que de tels chants ne soient pas répétés. En attendant, survient le 8 mai 1945 qui a ébranlé la ville, comme toutes les autres en Algérie. Des scouts en civil ont pris part à la manifestation qui a regroupé quelque 4.000 musulmans environ, dont 600 mauresques… à travers les principales artères de la ville de Sidi Bel-Abbès, selon un rapport officiel confidentiel. Mais, c’est surtout l’arrestation de Djellil Hocine, jeune scout et lycéen structuré dans le PPA, parmi les militants engagés, qui a marqué ses camarades dans le milieu du scoutisme ; il passera son bac en prison mais il l’aura quand même. La répression et surveillance étroite du local imposent une pause momentanée. Cependant, la reprise de plus belle ne tarde pas car, ayant atteint un certain degré d’organisation, les Belabbésiens doivent maintenant préparer un camp-école. Celui-ci a lieu, en 1946, avec la participation de Kerouicha, un des rares Algériens qui s’étaient initiés aux techniques scoutes avec les EDF à Oran avant la guerre. Les activités, relève-t-on, sont intenses, le patriotisme et l’élan révolutionnaire aidant entraînent en 1947, la participation au jamboree de la paix qui devait avoir lieu à Moisson, près de Paris, au mois d’août. Une délégation belabbésienne est désignée pour y participer avec les autres groupes SMA d’Algérie. Aussitôt un d’entre eux, initié à la broderie, se porte volontaire pour confectionner le drapeau. A suivre

Il installe alors son matériel sous le balcon du Nadi (centre culturel), à cent mètres du commissariat de police, sur le trottoir de la principale avenue passante de la ville arabe. Tout en velours, le drapeau est moitié blanc, moitié vert.
Bekkoucha Abdelkrim, jeune scout et militant engagé, brode dessus en fil d’or le croissant et le jasmin à cinq branches. Ce dernier (Bekkoucha A.) fut d’ailleurs un grand sportif, souligne-t-on. La même source indique que «tous les passants citadins et campagnards s’arrêtent évidemment pour admirer et commenter. Beaucoup découvrent ainsi les couleurs nationales pour la première fois de leur vie. Des policiers attirés par l’attroupement s’interrogent, mais que peuvent-ils faire ? Le scénario se répète tous les jours et curieusement, tel l’ouvrage de Pénélope, ne veut pas finir et ce… jusqu’à la veille du départ pour le jamboree ! Les SMA ont trouvé par ce biais un moyen subtile de ‘rendre familier’ ce drapeau qui a été à l’origine des massacres du Nord-Constantinois, avec toutes les séquelles et les répercussions sur l’incontournable révolution du 1er novembre 1954 dans la wilaya profonde», indique M. Nehari, le scoutisme rayonne et pénètre, des sections scoutes à Sfisef, Sidi Lahcène ou Sidi Ali Benyoub accompagnent ainsi le mouvement national dans l’arrière-pays. Dans la même optique, malgré son orientation patriotique et indépendantiste et bien que certains de ses chefs locaux soient structurés dans le PPA-MTLD, le groupe SMA de Sidi Bel-Abbès ne fera aucune distinction doctrinaire entre les différentes composantes du mouvement national. Aussi, les scouts seront-ils de la fête lors de l’inauguration de la médersa Tarbia oua Taalim de la rue Palestro, parrainée par les oulémas, ou lors de l’ouverture de la médersa En-Nasr, initiée ensuite par le MTLD au quartier populeux et déshérité de «village Errih» partout, et à chaque fois, ils ont présenté des chants patriotiques et des sketchs ? Se faisant, de cette manière, les meilleurs propagandistes de l’unité nationale. Avec l’innocence et l’exubérance de la jeunesse en plus. Ils ne changeront pas d’attitude lorsqu’en 1948, survient la scission en leur sein. Les BSMA (Boy-scouts) n’arriveront pas à s’implanter ici. Mieux, le commissaire et le morchid Saïm Lakhdar, entre autres, entreprennent d’expliquer «le rôle éducatif et la position juste et légale» des SMA qui, à Sidi Bel-Abbès, continuent leurs activités jusqu’au déclenchement de la lutte de libération. Celle-ci les interpelle en premier lieu, certains comme Amir Benaïssa, Chiali Noredine, Fethi Baraka, les frères Aïned Tabet, les frères Châa Mohamed dit Miloud et Abdelkader, Baghdali Zine-El-Abidine, Sekkal, Feraoun… rejoignent l’ALN. D’autres comme Bekkoucha Abdelkrim, Tabet Mohamed, Sekkel Chaïb, Haffaf Noreddine, Abbès Lalout, les frères Amarouche activent dans le fida, d’autres encore comme Mohamed Seguini, Miloud Djellab, Daouadji Mohamed, Allal Mustapha, Amir Zine-El-Abidine, les Betsi, les Abdeddaïm… militent dans l’OCFLN ; tous s’engagent. Nombreux qui ont été arrêtés, emprisonnés et atrocement torturés comme Seguini Mohamed, Ben Daoudi, Lakhmès, Sabri Mohamed, Sekkal Ben Ali, son frère et leur père en même temps jusqu’à ce que mort s’ensuive, comme Abbès Lalout, indique la même source. Aussi le groupe SMA de Sidi Bel-Abbès comptera-t-il de nombreux chouhada tombés au champ d’honneur comme Baraka Fethi, Baghdadi Zine-El-Abidine, Lalout, feu Sekkek Chaïb, Aïned Tabet Mourad, Feraoun Miloud, Tahar Ben Djilali, Liabess Mohamed et Abderrahmane, Haffaf Noreddine, les frères Amarouche, Khaled Sahli, Senouci Salah-Eddine, Châa Abdelkader… ajoute la même source. Pratiquement tous les membres du groupe scout El-Amal de Sidi Bel-Abbès ont participé à la lutte de libération. Ils ont été fidèles jusqu’au bout à la loi scoute, aux articles 2 et 3 notamment. Ils ont sacrifié leur vie pour leur patrie, un Etat algérien uni et une société moderne. A l’indépendance le flambeau est repris par toute une génération dont une grande partie prendra part aux activités de l’UNJA (Union nationale de la jeunesse algérienne) qui a été créée le 19 mai 1975 à Alger (c’est pour cela qu’on a parlé d’un 19 mai à d’autres). C’est par le biais de l’historique conférence nationale de la jeunesse (CNJ) sous la présidence de feu Houari Boumediène et de l’ex-parti unique que sont unifiés tous les mouvements de jeunes. Mais depuis les événements d’Octobre 88, le pluralisme gagna lui aussi les sphères de la jeunesse avec la floraison d’une multitude d’organisations estudiantines. c’est toute une histoire ou une autre aventure… arrêtons nous là pour laisser Mr Boudjakdji prendre le relais.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=254

Posté par le Mar 6 2011. inséré dans SCOUTISME A SBA. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

10 Commentaires pour “Les pages glorieuses du SCOUTISME local”

  1. taki

    SALUT VOUS AVEZ OUBLIER NOTRE frére ancien scouts ellah yermah

  2. taki

    taki lakhdar a été oublier par les scouts de se site belabbesien

  3. senoucim

    je vous remercie pour ces renseignements sur le scoutisme à Sidi Bel Abbes, malgré que je connais la plupart de ces anciens scouts; celui que je ne connais pas comme scout c’est bien El Ghoul Bachir et pourtant je le connais bien mais je ne savait qu’il était scout.mercie.
    Senouci M.

  4. fezfouz

    IL EST AUSSI TEMPS D EVOQUER LE GROUPE ENNASR AVEC LES FRERES BENDEDOUCHE LES FRERES OTHMAN TANI LES FRERES FEKIH TOUMI MD FEU CHERCHEB AEK KHELLOUFI AEK KERBOUB ETC a vous de nous rememorer la memoire et de developper encore cela ne fera que plaisir a notre entourage et surtout a nos enfants a bientot et saha ramdankoum

  5. Hamdane

    Je n’ai pas grand chose sur le groupe En Nasr ,mais je me permet de vous rappeler que Aek Kerboub n’a jamais été au groupe En Nasr mais au groupe El Amal . Feu Bendedouche mohamed a été le chef de groupe ,il y avait aussi son frère Abdelrahmane qui est avicat à Oran.pour votre information ,une réunion des parents et amis scout du groupe en nasr c’est tenue le 28 avril 1965 au local de l’Avenue falière siege du groupe en présence du morchid régional Amari el hadj , et de la maitrise du groupe avec à leur tête Bendadouche mohamed
    Président d’honneur :Bouregba khaled
    Président actif; Nassh mohamed
    vice président :Moulesshoul chafaÎ
    Secrétaire:Khelloufi aek
    Trésorier: Djemah mohamed
    Trésorier Adjoint :Othmane kamel
    Agent de liaison: Bouhafs Bouhafs
    Conseillers: Bouhkari kouider,Djamil Amar, Fékhih el hadj bénaouda
    Assesseurs: Bekhaouda et Adim bénali.
    Le morchid Amari El hadj présenta son rapport sur la récente réunion des cadres SMA qui s’est déroulé à Alger en présence du président Ahmed Ben Bella.
    une copie du pv de réunion du 28/04/1965 est en ma possession .
    Bendadouche mohamed a été tué au maroc .
    Dans tout les cas de figures à part le groupe El Amel qui a une histoire d’avant et après indépendance ,tout les autres groupes ont été créer en 62 et refermés quelques années plus tard (cinq ans au maximum)

    • un ex patrouilleur

      ouah ya hamdane heureusement que t’es là pour parler de l’histoire des SMA .Crois-tu qu’aujourd’hui les jeunes s’interessent à cestte discipline qu’est le scoutisme? je te dirai que non.
      Donc le peu de gens qui ont fréquenté le groupe el-amal sont d’un certain age et que parmis eux beaucoup se sont expatriés pour des raisons personnelles et plus encore sociales de l’époque post-indépendance.
      Continu à nous gratifier de tes connaissances en scoutisme et dis-moi à quand une belle Jamborée pour vétérans .
      Hamdane BADEN POWEL ,avit dit ,je cite :

      Vous devez toujours essayer de compter sur vous-mêmes et non pas sur ce que les autres peuvent faire pour vous.

      et la plus belle de ses citations sur laquelle bon nombre devrait méditer c’est:
      Le sel est âcre quand on le goûte à part ; mais c’est le parfait assaisonnement qui donne aux mets toute leur saveur. Ainsi les difficultés sont-elles le sel de la vie.
      AMICALEMENT

  6. Hamdane

    Merci patrouilleur pour ton commentaire
    Il n’y a pas longtemps que j’avais écris :Etre scout,est-ce démodé? A quoi ça sert ? qu’est-ce qu’on y fait?pourquoi choisir d’être scout aujourd’hui? Faut il croire pour adhérer actuellement au scoutisme.
    Moi je vous dirai que toute éducation a pour objectif l’épanouissement de la personnalité .
    L’Islam, la langue arabe, l’histoire, à côté d’autres valeurs spécifiques dont l’ensemble constitue l’Algériannité. Ceux sont là les facteurs dominants qui ont permis au peuple Algérien de sauvegarder et de défendre son entité et son unité.
    Baden powell a aussi dit :il faut tenter votre poisson par l’appât d’un ver succulent et non par celui d’un biscuit sec.
    Si bel abbes Mokadem nous a toujours dit élevez vos enfants à la vie dure car la vie de luxe ne dure pas.
    AIDE MOI A AGIR SEUL.

  7. hellal

    je tiens a remercier ,mon frere taki ils ont oublier beaucoup de nos freres scouts mais je suis entrain de regrouper nos freres scouts notre local est toujours ouvert

  8. Ruedudauphiné

    Salam,
    on n’aurait pu trouver meilleur article pour raviver un vieux et douloureux souvenir,nous connaissions toutes ces familles respectables,mon oncle figure parmi ces chouhadas ALLAH yerhamhoum, 50 ans apres ils y’en a qui s’en souviennent…
    Merci, Mr.Kadiri.M

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