La Voix De Sidi Bel Abbes

Les jeunes et l’élection Une histoire qui ne tient pas debout

Une élection présidentielle, ce n’est pas tous les jours. Certes ! Aussi, en guise de couverture, nous avons décidé de tâter le pouls d’une population électorale plutôt jeune et souvent en décalage avec la réalité du pays. VOTE-ph-amine-b-0Contrairement à l’habitude, Alger était jeudi une ville qui a retrouvé, pour une journée, un calme et une fluidité que l’on ne lui connaissait plus. En cette journée électorale, nous avons visité quelques bureaux de vote et bavardé avec des jeunes, entre 20 et 25 ans, sur leur intention de vote et comment ils voient l’avenir du pays.  Pour une fois, les embouteillages ont déserté le centre d’Alger (place Audin et rue Didouche Mourad), c’est tellement rare que cela fait plaisir et d’aucuns de souhaiter que chaque jour soit un jour de vote. Sans doute ! Mais quel pays pourrait se payer ce luxe de voir les jours filer sans autre a priori que celui de se sentir bien dans sa peau. Mais là ne semble pas être le problème, dès lors que dès le lendemain chaque chose reprendra son cours normal et chacun vaquera à ses occupations quotidiennes marquées par le tracas des transports, dans le travail… Et les élections ? Elles ont plutôt démarré lentement en ce jeudi, chômé et payé. C’est connu, Alger prend tout son temps en période électorale pour entrer au rythme des élections.A vrai dire, c’est le seul jour de « vrai » repos au regard des jours de week-end (vendredi et samedi) où il est quasiment impossible de circuler dans la capitale, à croire que ce sont des journées ouvrables normales. Les journalistes qui travaillent les vendredi et samedi en savent quelque chose. Aussi, les Algérois qui sont devenus matinaux par nécessité, arriver à l’heure au travail est leur gymnastique quotidienne, mettant à profit les jours d’élections pour s’offrir, un tant soit peu, du repos. Cela explique qu’Alger – qui est la plus grande circonscription électorale du pays avec 2 millions d’électeurs –  soit une ville qui vote tard, très tard même, avec souvent un maigre taux de participation. Boycott ? Fainéantise ? Le fait est là, Alger, reste Alger.Nous l’avons constaté encore une fois ce jeudi où nous avons déambulé à travers quelques communes de la capitale. Le début du vote a été ainsi timide, et il n’y avait pas foule, jeudi, dans les bureaux que nous avons visités dans la matinée, tant à Bouzaréah, à Alger centre qu’à Hussein Dey, Sidi M’Hamed et Belouizdad… Si les « adultes », il faut entendre par là les citoyens de plus de quarante ans et surtout les « cheikhs », les vieillards,  semblaient plus enclins, car sans doute blasés, à accomplir leur devoir électoral, il n’en est pas de même pour les jeunes dont beaucoup nous ont avoué qu’ils n’étaient même pas inscrits sur le registre électoral. Mais leur sentiment était plutôt partagé, montrant une indécision quant à leur participation au choix d’un dirigeant pour le pays. Est-ce qu’ils travaillent ? Etudient ? Beaucoup ont dit qu’ils étaient sans travail et leur principale distraction était de « tuer le temps » comme ils disent. Et les élections ? Vers midi, cela s’est animé quelque peu et quelques files ont commencé à se former devant les bureaux de vote, notamment à Sidi M’Hamed où nous étions de passage vers midi passé.  Aucun incident, du moins lors de notre tournée dans les quartiers des communes d’Alger, citées plus haut, n’a été signalé. Notons cependant, que des électeurs à Sidi M’Hamed (place de la Concorde, Champ de Manœuvre) et à Belouizdad, n’ont pas trouvé leurs noms sur les listes électorales. Dans l’ensemble toutefois, cela semble s’être bien passé, encore que, répétons le, sans enthousiasme.C’est plutôt une sorte de résignation qui semble habiter les gens, pour lesquels aller voter est un rituel qu’ils accomplissent, souvent mécaniquement. Très peu ont pu nous expliquer pourquoi ils votent, et encore moins comment ils font le choix pour la personne la plus apte à diriger le pays. Ce qui n’est pas un choix réfléchi, mais un choix par mimétisme, si ce n’est par besoin. A Hussein-Dey, un quinquagénaire, qui se dirigeait vers un bureau de vote, nous a dit qu’il a toujours voté, par principe souligne-t-il, sans pour autant dire ce que représente pour lui le vote et pour qui il compte voter. Un sentiment quelque peu partagé par nombre de personnes de la première génération de l’indépendance. C’est-à-dire ceux nés juste après l’indépendance qui ne semblent pas tellement désireux de commenter la situation du pays et une présidentielle à tout le moins controversée par la candidature du président sortant à un quatrième mandat. On leur a appris à baisser la tête.Moins inhibés, les jeunes de la seconde génération née dans la foulée de la « Révolution » d’Octobre 1988 assume tant ses idées – toutes faites ? –  que son ignorance de l’histoire du pays. C’est-à-dire leur propre histoire. Nombre de ces jeunes qui, par ailleurs, avouent ne pas avoir de carte électorale, affirment néanmoins qu’ils auraient voté pour Bouteflika,  car, expliquent-ils, il a instauré la paix dans le pays, et c’est grâce à lui que l’Algérie dispose de grandes réalisations. En fait, leur connaissance de l’histoire de l’Algérie s’arrête, plutôt commence, avec ladite décennie noire, qui a marqué du sceau de la fitna le pays. En fait, ces jeunes répètent à l’envi ce qu’ils estiment être la réalité du pays. Ces jeunes de vingt ans et vingt trois ans sont de fait la « génération Bouteflika », dès lors que c’est le seul chef d’Etat dont ils sont capables de citer le nom. Ils ne se souviennent pas du président Zeroual, ne connaissent pas le défunt président Chadli Bendjedid et encore moins le chef du Haut Comité d’Etat, le défunt Ali Kafi, lesquels, d’une manière ou une autre ont marqué l’histoire récente de l’Algérie qui s’étale au long des vingt quatre dernières années.Cette génération « Bouteflika » (ils étaient en 1999 des enfants quand M. Bouteflika fut élu pour la première fois président de la République) n’a donc connu que l’actuel chef d’Etat et n’a pas en conséquence des éléments de comparaison qui leurs auraient permis de se forger une opinion argumentée sur les bien-fondés d’un choix électoral. Nous avons tenté de tâter le pouls d’une population électorale à tout le moins démobilisée et qui ne semble pas apprécier à sa juste valeur un choix, éminemment politique, de l’homme appelé à diriger le pays pour cinq ans. C’est du moins l’impression que nous a laissée une journée électorale mi-figue, mi-raisin.

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Posté par le Avr 19 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

2 Commentaires pour “Les jeunes et l’élection Une histoire qui ne tient pas debout”

  1. OUERRAD

    C est la faute à personne ??
    Où plutot à l ecole ALGERIENNE qui ne sait apprendre leur HISTOIRE ;si l ecole n etait pas aussi mal prise en charge par les tenants du pouvoir , nos enfants auraient connu MASSINISSA , BENBADIS, L EMIR ABDELKADER , les MARTYRS , tous sans exclusive et à leur juste VALEUR . Et bien tous qui ont suivi depuis 62 ,mais l HISTOIRE DU PAYS la VRAIE ne fait pas leurs AFFAIRES alors le resultat on le connait ,,,

  2. gamra de sidi khaled

    Les jeunes sont en rupture ace tout y compris leurs ainés leurs parents Pour eux il nya que l’argent :pas d ‘histoire ;du temps perdu Cela ne rapporte rien

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