La Voix De Sidi Bel Abbes

Les écrivains publics. Nous lançons un regard discret sur cette frange de notre société. Par notre ami le Docteur Douar H.b

Nous levons à peine le rideau pour jeter un regard furtif et discret sur une humble frange de notre société, bref ,ce sont ceux qui exercent la profession d’écrivain public. Nous les retrouvons dans les agences postales et à proximité des mairies des grandes villes. Si Mohamed que j’ai rencontré prés de la mairie de Sidi-Bel-Abbès et à qui, je me suis rapproché un moment ,est assis ,été comme hiver ,sur un petit tabouret en étayant son dos fragile contre le mur de la mairie, devant lui une petite table basse sur laquelle est posée une veille machine à écrire, armé d’un stylo et d’une rame de feuilles ,il écrit à autrui des demandes et des lettres et remplit des formulaires administratifs en échange de quelques dizaines de dinars, il maitrise parfaitement l’écriture en français puisqu’il est septuagénaire ayant fait l’école française et ne connaissant rien en langue arabe, retraité de la fonction publique depuis plusieurs années et perçoit une misérable pension « Je suis obligé de faire ce boulot, ma retraite ne me permet pas de joindre les deux bouts du mois» me dit-il après l’avoir interroger ,il ajouta en rigolant « Hamdoulah l’arabisation n’a pas atteint tout le fonctionnement de notre administration et heureusement ,il y a des administrés qui ne savent pas écrire le français ,sinon …» .A coté de Si Mohamed on retrouve d’autres qui ont eu le même sort ,presque une dizaine, tous alignés sur le trottoir le long du mur de la mairie ne craignant ni froid ni chaleur.


Dans les bureaux de poste, les écrivains publics sont autorisés à remplir les chèques CCP ou des mandats postaux, cette autorisation est parvenue de la direction générale d’Algérie Poste il y a de cela plus de 2 ans (12-05-2011) après avoir reconnaitre l’importance des écrivains publics dans ses établissements, nombreux y sont ses clients illettrés, ne pouvant pas remplir un chèque ou un mandat.


En fin on devra que rendre hommage à ce groupe de personnes que seuls les illettrés connaissent leur utilité dans la société, hommage à tous ceux qui ne goûteront jamais le repos de la retraite et continueront à battre le dénuement dans la dignité et la fierté en usant force et savoir jusqu’à l’ultime expiration. Sans doute, BESSMA ne manquera pas à honorer un préposé de cette profession du grand âge, ce sera le moindre geste de gratitude qu’on puisse le faire.

Douar.

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Posté par le Sep 23 2013. inséré dans ACTUALITE, SBA VILLE, SOCIETE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

29 Commentaires pour “Les écrivains publics. Nous lançons un regard discret sur cette frange de notre société. Par notre ami le Docteur Douar H.b”

  1. kerroucha

    je sais que les regards du doct douar sont brillants

  2. Ahmed Khiat

    La plupart de ces écrivains publics ne possèdent même pas le CEP ( Certificat de l’Enseignement Primaire ) et n’ont jamais mis les pieds dans un Collège ou un Lycée, et pourtant, ils maîtrisent assez bien le Français. Ils rendent service, non seulement aux illettrés, mais parfois aussi aux jeunes licenciés, ce qui paraît bizarre et même révoltant.
    Chaque fois que je passe devant eux, je leur tire chapeau, tout en me demandant ce qu’une large frange de notre société ferait lorsqu’ils cesseront d’activer.

    • Ahmed

      Nous avons des licenciés et des docteurs qui ne maîtrisent pas le français, alors qu’il nous faut trois langues pour se mettre au diapason de la mondialisation: l’arabe,le français ,et essentiellement l’anglais.
      N’avez vous pas constate le de déclin de la langue française dans vos écoles Mr Khiat. Qu’avez vous fait pour y remédier .
      Ne me répondez pas comme belamri, il n’y a pas eu de suivi, et puis khrot et chut.
      Dure est la chute.

      • Ahmed Khiat

        Cher M. Ahmed. Effectivement, j’avais constaté le déclin de la langue française dans nos écoles à partir des années 80 et je n’ai rien pu faire pour redresser la situation, pour la seule raison que j’étais Inspecteur d’Arabe à partir de 1975, quoique je fusse Instituteur en langue française dans les années 60. Puis, quand j’ai remarqué que l’Enseignement en général n’était plus promettant, et que je ne servais pas à grand-chose pour y remédier, j’ai rendu mon tablier en 1998, soit 7 ans avant l’âge de la retraite, me contentant d’une pension de misère, et sans attendre les augmentations de salaires promises.
        Quoi qu’il en soit, nous sommes tous responsables de la situation, à des degrés, bien sûr, différents.

  3. Belamri abdelkader

    Mr Khiat , Bonjour
    je peux être d’accord avec vous pour le service qu’ils (écrivains publics ) peuvent rendre à leurs concitoyens de plus en plus analphabètes ,malgré le taux de scolarisation et des milliers qui achèvent ,chaque année, leurs différentes études ,mais l’écrivain public est un métier qui obéit à une déontologie qui nécessite la discrétion et surtout la connaissance des lois dans toute sa complexité et la réglementation qui en découle ,pour traduire les doléances des citoyens et les orienter en cas de besoin.Or ,la plupart des écrivains se trouvent là ,à exercer ce métier pour des raisons strictement alimentaires .

  4. Oui Mr Khiat ,avant de les autoriser par une circulaire ,Algérie Poste les a renvoyé puis elle a vite rendu compte de leur utilité au niveau de ses établissements où une grande partie de ses clients est illettrée et n’avait pas trouver aide pour remplir les chèques. Oui comment ferait cette large frange de notre société (illettrée) si Algérie Poste interdira encore une fois ces écrivains !!

  5. hamid

    Une abérration de chasser ce complément

  6. Ahmed

    Doc gynéco ne maîtrise pas le français , mais malgré tout il est devenu
    Député . Vous l’avez vu et lu sur cette voie.
    Demain il nous parlera de son suivi, des affaires et des affaires.
    Pauvres écrivains publiques qui brûlent sous le soleil de juillet et d août .
    À la mémoire de l’algérien inconnu.

  7. hamou

    le docteur auteur de ces articles s ‘illustre avec succès bonne continuation

  8. Merci à tous pour ces mots qui m’encouragent à continuer .

  9. anonymos

    Salem,des étudiants qui ne savent pas remplir un chèque alors la messieurs franchement c’est trop.Ces jeunes ne veulent rien apprendre et pourtant ils ont tout à leur disposition.Pour moi un étudiant qui ne sait pas remplir un chèque ou faire une demande est un étudiant FACHILLLLLLLLLLLLLL.

  10. Hakim

    Ces écrivains publics,c’est le poumon de la large majorité de nos compatriotes qui hélas ne maitrisent ni la langue de molière, Idem pour l’arabe,des générations hybrides qui soi-disant licenciés en tous genres et le résultat zéro pointé.Ce qui m’horripile pourquoi ne leurs octroi-t-ont pas des bureaux au sein de l’administration puisqu’ils sont très utiles pour le bien-être de nos compatriotes ? Je serai enchanté de voir ses visages burinés par le temps ayant un strict minimum de respect ne serait-ce que par leur dévouement,et sincèrement je compati du fond de mon âme,qu’Allah leurs donnent courage et surtout la santé ad vitam eaternam.

  11. lecteur

    @ Hakim votre remarque concernant un point de chute pour ces braves citoyens pour leur affecter des bureaux n’est pas faite malheureusement! je salue vos bonne idées

    • Hakem Abderrahmane

      Seuls les étudiants en droit ou les juristes en général apprennent à rédiger des lettres administratives durant leur cursus scolaire!Le reste apprennent à le faire sur le tas durant leur vie professionnelle et au contact du traitement du courrier!Il faut rappeler que même en arabe beaucoup de nos enfants ne savent pas rédiger une lettre administrative!Il faudra penser un jour à combler cette lacune en introduisant une leçon de rédaction de courrier dans le programme scolaire!

  12. azaiza

    les écrivains publics sont plus lettrés que les élus

  13. a,dennoun

    Tres bon sujet de Mr Douar,je suis de gre avec Hakim concernant l’attribution de locaux bien amenages avec salle d’attente confortable equipee de cafetiere,toilette,journeaux,magazines pour les clients.
    Avant et juste apres 62,les fameux ecrivains public etaient Hadj Mokhtar Fekih et Mr Bendekkiche,ils avaient chacun un local,pres de la mairie.
    A.D

  14. anonymos

    Salem ,ya si hakim !!! La société veut faire travailler les jeune qui sont au chommage depuis longtemps et vous, vous voulez que ces retraités continus à travailler,n3alou chaytan stop aux sentiments ,prenez des décisions avec la réalité et pas avec ( hada ychefni w hada meskin ) allah raleb , c’est comme ça .

  15. Hakim

    Chers lecteurs(ces) sbah-el-kheïr aâlikom la moindre des choses quand à « anonymos » je trouve que c’est inapproprié d’utiliser un pseudo de la sorte on ne sais pas à qui on a à affaire ? Quand à laisser le travail pour les jeunes y’a pas photo c’est des bracaillons ou plutôt bras cassés je souhaiterai que ses retraités comme tu l’a si-bien mentionné ils méritent leurs place dans notre société qui son utiles pour le bien-commun de toutes et tous.Les jeunes algériens(nes) singent la société occidentale et en particulier les fils de ronds-de-cuir donc c’est peine perdu,je comprends ta démarche mais c’est voué à l’échec il est fort possible que je me trompe.

  16. hamid

    vous raisonnez bien HAKIM On ressent des mots sincéres

  17. BADISSI

    @Mémoria
    Salam ont aimerais vous lire plus souvent vos commentaires sont bénéfique pour nous , en plus vous commentez avec l « art et la manière salam khayi

  18. Mémoria

    Hommage à ces avocats du petit peuple mais aussi de toutes les couches d’une socièté déculturée et « fixée » par une civilisation orale tout à coup « audiovisualisée » par la rente pétrolière en phase de dérive populiste comme le suggère mon camarade Karim10.Les traces du processus lecture/écriture ne sont plus visibles chez l’étudiant et l’Algérien lambda;heureusement que le lecteur écrivain est là pour centraliser la plainte…publique et la verbaliser à des institutions en panne de gestionnaires de cette rumeur populaire puisque ayant déserté l’estrade de l’euphorie de l’autodétermination des peuples…Seul le staccato des vieilles Japy et Olympia continue de meubler l’agora dès l’ouverture des bureaux « autochtones »….! A un doigt ou à deux mains,c’est selon les vécus et compétences des vecteurs de la plainte publique! La majorité de nos écrivains publics est francophone un demi siècle après l’Indépendance sans avoir pourtant fréquenté les pupitres de l’école française .Un indicateur statistique pour les linguistes de notre Université….en rupture d’enquêtes sur l’Agora ! Bonne soirée!

    • mohamed

      ce n’est pas un simple commentaire mais une magistrale plaidoirie que doivent longtemps méditer ces sourds aux commandes des destinées d’une nation meurtrie merci khiwani

  19. BADISSI

    toujours a la hauteur Docteur DOUAR

  20. wahiba lacarne

    merci docteur !!!!! tres bel hommage pour les ecrivains publics , vous aviez pas fini de nous etonné par vos sujets , bonne continuation
    .

  21. abbes

    OUI MADAME il est intarissable

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