La Voix De Sidi Bel Abbes

Les deux Tanks « obusiers » du village de Sidi Brahim… il fut un temps !

Deux obusiers, que l’on appelait populairement les Tanks, ornaient les flancs de la place publique de Sidi Brahim durant une partie de la colonisation française et quelques années de l’indépendance. Ce sont le type des obusiers français à canon 155C Schneider modèle 1917, développés par la société Schneider et Cie pendant la Première guerre mondiale (1914-1918). Une guerre qui a siphonné toutes les ressources matérielles et humaines de l’Algérie. Les indigènes étaient très nombreux à contribuer à la victoire de la France contre l’Allemagne dont 85 500 jeunes algériens appelés et 86 519 engagés (en réalité désignés par les caïds), soit un total de 172 019 soldats. Les pertes étaient lourdes : 25 711 morts (14,5% de l’ensemble des morts dans l’armée française) et 72 035 blessés, dont 8779 invalides à 100%. L’incorporation massive des indigènes dans l’armée française a engendré une rareté de la main d’œuvre agricole qui s’est aggravée par la sécheresse de 1917 provoquant une récolte catastrophique et au paroxysme des réquisitions des denrées alimentaires faites par l’armée, la population indigène succomba dans des famines effroyables qui firent plusieurs dizaines de milliers de victimes (la famine 1917-1918 à l’est et au centre et la famine de 1920 à l’ouest). (*)
Ces deux Tanks de la place publique nous rappelaient une funeste guerre que nos aïeux y étaient favorables après avoir été séduits par le charme des sirènes coloniales qui ont promis tous les droits politiques aux musulmans d’Algérie en échange de leurs vies. Ces deux Tanks étaient bien là sur place. Ils continuaient, pendant un certain temps, à rappeler le monde de la misère, de la famine et du deuil qu’avait enduré l’indigène… jusqu’au environ de 1977 où un bon matin, les habitants ouvrirent leurs yeux sur une place vidée de sa mémoire par une décision sans scrupule venant d’une assemblée communale amblyope qui ne voyait que d’un seul œil. Et nos deux Tanks déracinés prirent le chemin de l’inconnu, de celui qui ne reviendra plus.
Si, nous, les anciens, nous nous souvenons de ces obusiers, et que personne n’avait raté l’occasion de les grimper un jour surtout les écoliers en allant en classe ou en sortant, nos enfants ignorent complètement que des Tanks existaient un jour dans leur village.
Mes enfants… Voici des photos inédites du tank de la place publique de Sidi Brahim w. de Sidi Bel Abbes.

(*) Les dates et les chiffres tirés du livre« Histoire de l’Algérie à la période coloniale » de Gilbert Meynier.

sb anc8
sb anc 1
tank

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=55609

Posté par le Oct 20 2014. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

7 Commentaires pour “Les deux Tanks « obusiers » du village de Sidi Brahim… il fut un temps !”

  1. HBF

    Bravo pour votre boulot mémorable

  2. abbes

    Un rappel que j’ignorais pourtant à huit km de chez moi

  3. un belabbesien

    Vraiment malheureux d’enlever cela

  4. OUERRAD en squatteur

    ah si ce n etait que ces deux tanks ils ont effacee toute la memoire d un peuple au nom du SOCIALISME ?

  5. Abbassi

    Douar est à féliciter pour faire barrage à l’oubli qui guette la première base de la société qui est donc sa mémoire usurpée

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