La Voix De Sidi Bel Abbes

Les Béni-Amer Dans L’état De L’émir Abdelkader (1ère partie).

A l’occasion de la célébration du 128e anniversaire de la mort de l’Emir Abdelkader, bâtisseur du 1er Etat algérien moderne, notre ami Kadiri M avait fait part d’un compte rendu suivit par une lettre adressé par l’Emir Aek, en faveur des Ouled Slimane, signalant à l’occasion que de nombreuses manifestations étaient prévues ici et là dans le pays, pour célébrer l’événement avec faste et ferveur à la dimension de cette grande personnalité de l’épopée héroïque de la lutte dans sa lutte héroïque contre l’occupant colonial. A Mascara par exemple, sa terre natale, a vu  dans la maison de la Culture Abi Ras Ennaciri abriter un important colloque national sous le haut patronage du ministère des Moudjahidine et en étroite collaboration avec la fondation de l’Emir Abdelkader avec le concours de la wilaya de Mascara
A Sidi Bel Abbes, alors qu’un nouveau bureau de la fondation Emir Abdelkader vient d’être installé et se prépare pour lancer un programme annuel nous disait monsieur bencheikh zouaoui. Pour sa part, La Voix De Sidi Bel Abbes avait ainsi contribué en publiant un récent travail mené par un autre confrère et ami Heni Abdelkader, et cela concerne la dite lettre de l’Emir Abdelkader en faveur d’une famille de nos Ouled Slimane de la ville de Sfisef, dépossédée de leurs terres, celles de leurs ancêtres.cette publication entraina de grands commentaires forts instructifs .ainsi et aprés la reception d’un courrier interne emanant d’etudiants sur les Beni Ameur dans L’état De L’émir Abdelkader, ainsi avions estimé nécessaire de présenter une contribution en deux parties, qui a pour source le duo Tabet Ainad Redouane qui est un historien issu de la ville de sidi bel abbes installé depuis des decenies a alger avec lui le cadre A.L.N Hadj Tayeb Nehari dans leur ouvrage consacré a sidi bel abbes .

Par O. Bechlaghem

Le 22 novembre 1832 peut être considéré, avec le recul du temps, comme étant le premier jour de la fondation de l’état algérienne moderne. Ce jour-la, dans la plaine de khessibia, prés de Mascara, « une dizaine de milliers de cavaliers attendaient pour accueillir et saluer leur souverain nouvellement désigné. Ils étaient disposés, groupé par tribu, en un croissant continu. Autour d’une tente somptueuse, érigée au centre de la plainte », écrit C.H Churchill, sous la dictée – ou presque – de l’Emir Abdelkader, à Damas dans The life of Abdelkader, ex-sultan of the Arabs of Algéria, édité en 1867 à Londres. Après avoir passé en revue la troupe ressemblée, il dicta sa première proclamation : Les citoyens des districts de Mascara, des Ghéris est et Ghéris ouest, leurs voisins et alliés, les beni-sokran, les borjia, les Béni-Abbés, les Yacoubia les Béni-amer, les Béni-mjaher et autres non dénommés, sont unanimement  convenus de nommer et, en conséquence, m’ont nommé au gouvernement de notre pays ; en s’engageant à me suivre dans la victoire comme dans la défaite, dans l’adversité comme dans la prospérité ; et à consacrer leurs personnes, leurs fils et leurs biens à la grande et sainte cause .

Ainsi, les beni amer figurent ici en bonne place parmi les premières confédérations de tribus ayant préparé et participé a cet acte fondateur en prêtant allégeance à l’Emir Abdelkader lors de cette mémorable cérémonie de la moubaya’a.

En résistant d’une façon héroïque à l’occupation française de l’Algérie pendant 15 ans, de ce jour de 1832 à 1847, l’Emir Abdelkader est devenu pendant plus d’un siècle, de génération en génération, un véritable mythe fondateur. Ses adversaires, même parmi les plus acharnés, comme ses partisans ont tous reconnu ses exceptionnelles qualités de chef militaire, de stratège ou d’homme d’état. En fait, il n’était comparable qu’aux créateurs d’Etat. De surcroit, un mythe et parfois plus fécond que la réalité elle-même. En effet, durant la longue nuit coloniale au cours de laquelle le peuple algérien était devenu analphabète à 90%, ce mythe et resté gravé dans la mémoire collective même si peut d’algériens connaissent les institution étatique qu’il a mises en place le découpage du pays fondation de plusieurs villes, l’organisation de la justice, la mise en place d’une diplomatie propre et active, le système des impôts généralisé ou celui de l’enseignement, la création de la première industrie militaire, la mise en pratique d’une idéologie nationale unificatrice par l’action ou, surtout l’organisation d’une armé régulière puisqu’il s’agit d’abord de la résistance à la conquête du pays.

Celle-ci était généralement estimée à 8.000 fantassins et 2.000 cavaliers, sans compter les  volontaires occasionnels. Abdelkader Boutaleb précise a ce sujet :

« Les premier soldats étaient recrutés parmi… sa propre tribu hachem et celle des Béni-amer ». Or, que représentaient ceux –ci dans cette « guerre de guérilla », caractérisée par une incessante mobilité et ou la cavalière va jouer un rôle moteur et prépondérant ?

Un recensement, opéré à titre préventif juste après cette guerre par les français, fixe les nombres de chevaux et de cavaliers de Béni-Amer à plus de 2.400

Cette indication chiffrée permet alors d’apprécier, fut-ce approximativement, l’apport et l’engagement des Béni-Amer dans cet armé combattant. L’importance numérique de leur cavalerie s’explique, sociologiquement par leur mode de vie semi-normale pour certaines tribus ; économiquement par la richesse de la plaine de la Mekerra permettant de nourrir et d’enlever des milliers de chevaux ; culturellement par une tradition multiséculaire associant souvent l’amour du coursier et celui de la bien aimée.

Quant à leur bravoure légendaire, seule la muse d’un poète, comme Mostefa Ben Brahim (1800-1867), ce chantre de la « verte tribu » et témoin direct de sa résistance, peut l’évoquer en ces termes :

« Les Oulad Khaled, les H’ssasna, les Oulad Brahim, les Zdama et les Beni Meryana qui savent monter rigoureusement à l’assaut… »  « Ainsi que les M’hazedj, chevalier de race arabe, et les Zayer, semblables a des aigles.

Un sociologue, originaire de la région, confirme en 1993 : « les oulad Khalfa, tribu de djouad, c’est –à –dire de guerriers, de cavaliers réputés pour leur bravoure, leur panache, leur parole d’honneur

Occupent la région située à l’Ouest de Sidi Bel Abbés, entre Lamtar, Sidi Ali Boussidi jusqu’à Sidi Daho, prés de Ain Témouchent. A plus d’un siècle de distance, la réputation est donc bien rétablie. Cependant, bien que les historiens n’appréhendent à juste titre que globalement l’armée de l’Emir tant il en a été pensante et le maître – d’œuvre la puissance de la cavalerie des Beni Amer permet de penser que celle –ci a été, auprès de H’chem. de toute les batailles livrées et, notamment, de celle de la Macta et de Sidi Brahim

La première a eu lieu a la fin de juin de l’année 1835, un an après la signature du traité avec le générale Desmichels (22/2/1934) qui reconnaissait l’autorité de l’Emir sur les Douairs et les Zmelas mais à qui le général Trézel imposa un autre traité les déclarant sujets français.

Aussitôt l’Emir, fort de son droit, protesta en termes énergiques, concluant sa lettre par cette phrase : « Sinon c’est le dieu des batailles qui devra décider pour nous ». Trézel prit alors la décision d’attaquer « a la tête d’une colonne qui comprenait 5.000 hommes d’infanterie, un régiment de chasseurs d’Afrique, quatre pièces de montagne et vingt voitures de ravitaillement ».

Après un sévère accrochage dans la foret de Moulay Ismail, prés de Sig et après que le renforts de l’armée algérienne, arrive à marche forcée de Tlemcen, eurent barrer la route d’Oran, Trézel décida de se replier sur Arzew. En s’apercevant de la direction que prenaient les français, Abdelkader devina immédiatement leur tactique et conçut sa contre attaque. Choisissant un millier de cavaliers, il donna l’ordre a chacun d’eux de prendre un fantassin en groupe, et de gagner le défilé au galop. Quant l’armée d’occupation aborda les défilés vers midi, les Algérien y avais déjà tendu la plus terrible des embuscades.

A la tombé de la nuit, « la masse de l’armé francise, écrasée, tronçonnée, se traîna vers Arzew en petites bandes désordonnées de fugitifs anéantis et hébétés ». Dans les marais, des centaines de têtes de français étaient empilées les unes sur les autres.

Le rôle de la cavalerie dans cette victoire de l’Emir, à laquelle étaient sûrement associés les Beni Amer au même titre que les autres tribus, a été sans aucun doute décisif comme l’atteste le relation de la bataille. A celle de Sidi Brahim, prés de Djemaa Ghazaouet (ex Nemours), qui a lieu dix ans plus tard, du 21 au 24 septembre 1845, les Beni Amer étaient également présent pour deux raisons au moins : ayant alors abandonné leur territoire pour rejoindre l’Emir au Maroc, certaines tribus de cette confédération faisaient partie de sa daïra et de sa garde personnelle composée de 1.200 cavaliers environ. En outre, le marabout de Sidi Brahim se trouve tout prés de la frontière Marocaine ou les Beni Amer s’étaient repliés.

Au cour de cette bataille fut anéanti le régiment du colonel Montagnac et 270 soldats et officiers furent faits prisonniers. Dix ans séparent donc ces deux grande victoires militaires.

L’objectif n’étant pas ici de relater dans le détail la langue résistance du peuple algérien, partout, le choix a délibérément porté uniquement sur ces deux batailles pour montrer, malgré certaines défections à partir de 1842, la fidélité des Béni Amer à l’Emir et leur résistance particulière jusqu’au bout.

Mais, militairement, pour un stratège averti, se fondant uniquement sur les données objectives d’une guerre classique, celle-ci étais déjà finie, depuis 1942. En effet, le rapport de force avait nettement évolué en faveur du corps expéditionnaire français qui avait reçu de grands renforts. Des la rupture du traité de la Tafna, en 1839, le maréchal Vallée disposait de 30.000 hommes. A son retour, en 1841, le général Bugeaud pouvait en aligner davantage encore. Les généraux de la conquête et leur lieutenants n’avais pas manqué de tirer cette conclusion hâtive et de la proclamer. Seules l’endurance, la ténacité et l’audace de l’Emir et de ses fidèles tribus feront durer la résistance jusqu’en 1847.

Outre la participation des Beni Amer aux deux faits d’armes relatés plus haut, quel a été leur rôle particulier ?

Trois épisodes au moins, marquent leur détermination. Le premier se situe en 1834, après la conclusion du traité Desmichels reconnaissant l’autorité de l’Emir sur toutes les provinces qui lui sont soumises (art.1), c’est adire sur toute l’Oranie, Médéa et Miliana (art.2), avec la possibilité de se déplacer dans la direction de Constantine (art.6) mais a l’exception des villes côtières occupées par les français.

Continuant alors l’organisation de l’état algérienne en guerre, l’Emir institue deux impôts d’essence coranique : el Ochour  et zekkat. Mais les Beni Amer estiment que la paix avais été conclue, s’abstinrent d’acquitter ces redevances envers le pouvoir central. C’est alors qu’un vendredi ou, comme a son habitude, Abdelkader prêchait dans la mosquée de Mascara, son regard tomba sur plusieurs cheikhs des Beni Amer. Interrompant soudain le cours de son serment, il les apostropha en ces termes :

« N’avez–vous pas été, O Beni Amer, les premiers à m’appeler à la fonction que je remplis en ce moment ?

N’avez–vous pas été les premier à me supplier d’établir un gouvernement régulier, qui put inspirer confiance aux honnêtes gens et crainte aux méchants ?

N’avez–vous pas solennellement engagé vos vies, vos propriétés et tout ce que vous aviez de plus cher et de plus sacré, pour m’aider et me soutenir dans une tache aussi ardue ?… Comment un gouvernement peut-il subsister sans impôts, comment peut-il se maintenir sans entente sincère, sans le support de tous ?…

Ce que je réclame représente pour moi ce que la loi du prophète vous oblige, en bon musulmans, à donner ; et entre mes mains, je le jure solennellement, il sera considéré comme un dépôt sacré, pour le triomphe de la foi !.

Convaincus par la sincérité de l’Emir, son honnêteté et la justesse de ses arguments, les cheikhs présents promirent, au non de leur tribu, de payer dorénavant ces impôts. Ce qu’ils confirmeront le vendredi suivant, après consultation de leur confédération. Dés lors, et jusqu’à la fin des hostilités, leurs fidélités à l’Emir ne se démentira jamais.

De cet incident de parcours, outre la conception de l’Etat algérien par l’Emir, deux observations relatives aux Beni Amer peuvent être dégagées :

– Leurs notables fréquentent assidûment la mosquée de Mascara, pourtant éloignée de leur territoire ; ce qui fait ressortir une motivation de leur engagement : l’appartenance à la même confrérie des Quadiriya tant les tourouq (sing:tarîqa ou voie) jouaient un grand rôle dans la société précolonial. Ce n’était donc pas (encore) menacé. Ce n’est que plus tard que la terre spoliée deviendra, en étant l’unique moyen de production et de survie, une autre composante de leur patriotisme.

– La deuxième remarque a trait à la consultation des tribus, pour confirmation ; ce que caractérise un mode de fonctionnement au sein de la confédération et la prise de décision, relativement « démocratique » mais sans que l’acception du terme soit la même que celle d’aujourd’hui.

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Posté par le Juin 12 2011. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

25 Commentaires pour “Les Béni-Amer Dans L’état De L’émir Abdelkader (1ère partie).”

  1. D.Reffas

    Bonjour.
    Vous écrivez:
    « Quant à leur bravoure légendaire, seule la muse d’un poète, comme Mostefa Ben Brahim (1800-1867), ce chantre de la « verte tribu » et témoin direct de sa résistance, peut l’évoquer en ces termes :

    « Les Oulad Khaled, les H’ssasna, les Oulad Brahim, les Zdama et les Beni Meryana qui savent monter rigoureusement à l’assaut… » « Ainsi que les M’hazedj, chevalier de race arabe, et les Zayer, semblables a des aigles. »
    Je lis, et je saisi que M.BENBRAHIM, était engagé avec l’Emir (témoin direct de sa résistance). C’est ce que vous voulez insinuer?.Mes respects.

  2. louhibi reda

    il ya la une insunation du precedent premier commentaire de notre doct reffas sur le poete m ben brahim une clarification docteur

    • Mohamed Senni

      A Monsieur Louhibi Réda,
      Votre demande de précision s’inscrit parfaitement dans ce qui constitue une soif de précision. Mostefa Ben brahim n’a jamais combattu avec l’Emir. J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, de publier un article sur le personnage sur « La Voix de l’Oranie » que je vais tenter d’ajouter à ce que je viens d’écrire:
      Depuis qu’Internet a envahi le monde, nous assistons, chez nous, à une radicale et dangereuse mutation des mœurs dans les modes de communication. Dangereuse parce qu’aucun contrôle n’est et ne peut-être opéré. De vieux antagonismes refont surface. Des régionalismes et même des tribalismes étroits ressurgissent. Chaque internaute pense détenir à lui seul la vérité vraie. Des kilomètres de lignes sont étalés sans la moindre référence aux sources. Des auteurs sont plagiés sans vergogne. Pour beaucoup de ceux qui constituent l’élite d’une nation, Internet « règle » les thèses de magisters et de doctorats au vu et au su de tout le monde alors qu’en Allemagne, deux excellents ministres ont été obligés de démissionner, sur leur propre initiative, parce qu’on a trouvé quelques lignes plagiées figurant dans leurs thèses soutenues dans les universités où ils ont poursuivi leurs études. L’Histoire est prise en otage, manipulée comme de la pâte à modeler, la morale fait partie désormais d’une autre époque, l’éthique est définitivement remisée et, plus grave, des pays entiers où l’encre coule au compte – gouttes pendant que le sang coule en rivières, sont ébranlés et des nuages menaçants pointent un peu partout à travers la planète, le plus gros restant à deviner et à venir.
      Parmi des textes que nous avons eu à croiser sur la toile, plusieurs ont retenu notre attention. Nous en avons choisi un aujourd’hui : il concerne le poète Mostefa Ben Brahim qu’on retrouve sur pratiquement tous les sites qui traitent des villes, des tribus, des régions ou d’événements de l’Ouest d’Algérie. N’étant pas qualifié pour parler de son œuvre car davantage versé sur la poésie arabe classique, nous n’aborderons donc pas cet aspect et nous limiterons à son seul itinéraire pour répondre à cette frénésie qui s’est emparée de certains, trop prompts à en faire le panégyrique cédant complaisamment aux instincts qui les animent. Nous ne doutons pas un instant que ce qui va suivre ne sera pas de leur goût. C’est leur droit. Nous convenons que la vérité est parfois amère. L’Histoire devant rester au-dessus des histoires, nous rassurons le lecteur que, pour tous nos écrits, nous mettons un point d’honneur à nous baser sur des sources non seulement crédibles mais aisément vérifiables. Que ceux qui ont trouvé l’aubaine d’user et abuser d’Internet étalent les leurs si tant est qu’ils en disposent. Nous les parcourrons avec intérêt.
      Notre poète y est représenté d’origine Mhaji (nous reviendrons sur cet aspect), qu’il serait né à Boujebha qui dépend d’El Gaada (ce qui est inexact), une commune qui se trouve à huit kilomètres à l’Est de la cimenterie de Zahana (Wilaya de Mascara), qu’il a refusé d’être Caïd au profit du colonialisme, ce qui l’a amené à s’exiler à Fès, qu’il aurait combattu avec l’Emir Abd-El-Kader… et j’en laisse. Qu’en est-il au juste ?
      Réponses générales.
      Venus du Maroc, les Mhaja sont des Chorfa Idrissides qui se sont installés en Algérie et plus précisément à El Mabtouh (actuellement dans la Wilaya de Sidi-Bel-Abbès), région qui englobe Boujebha entre autres. Le premier Mhaji à fouler le territoire algérien, Sidi Mimoun, le fit à la fin du XIVème / début du XVème siècle accompagné de son frère Ayoub avec lequel il fonda une école à l’endroit où ils ont élu domicile et se consacrèrent exclusivement à l’enseignement jusqu’à leur mort. Ils sont enterrés tous les deux dans un cimetière, mitoyen à leur école, appelé « Cimetière de Sidi Youb » du nom de l’un des frères et reposent ainsi dans l’endroit qu’ils ont choisi à leur arrivée c’est-à-dire El Mabtouh. Or, un professeur de renom, auteur de plus de cinquante livres et dictionnaires spécialisés dans les matières pointues qu’il enseigne, cédant à cette phobie des arbres généalogiques et totalement désemparé de ne voir y figurer son ascendance, a écrit, avec une assurance déconcertante, que ce cimetière « était situé dans la commune de Sidi Daoud » qui se trouve sur la route menant de Sidi-Bel-Abbès à Saïda ce qui est totalement faux. Sidi Daoud ou Sidi Youb concernent une seule et même commune prénommée « Berthelot » au temps de la colonisation. Le petit-fils de Sidi Mimoun, prénommé Brahim est l’aïeul des dix familles qui en sont issues, connues par le qualificatif de Mhaja, et disséminées à travers le territoire d’El Gaada (pour trois d’entre elles), les sept autres se trouvant sur les territoires de M’Cid, Sfisef, Mascara, Sig, Ouled Mimoun etc. Avant leur arrivée, ces territoires étaient-et le sont toujours- occupés, entre autres, par les Ouled Ali, tribus arabes hilaliennes faisant partie des Béni Amer qui démolirent Kairouan en 1051 pour le compte des Fatimides menacés par les Sanhadja après quoi ils essaimèrent à travers la presque totalité des pays du Maghreb (1 et 2) ravageant tout sur leur passage.
      On trouve sur la Toile que les Mhaja étaient au Maghreb avant les Omeyyades de Cordoue et les Fatimides. Ceux qui ont pondu cette ineptie – qu’ils soient Mhaja ou autres, et pour des motivations similaires ou diamétralement opposées- pensent redorer, avec de telles assertions, le blason de ces dix familles alors que celles-ci n’en ont que faire. Certains leur attribuent la construction de la ville d’Oran alors que d’autres font de l’un de leur village-El Gaada-« la Porte d’Oran ». Or en examinant les villes du pourtour méditerranéen –dont les nôtres-, les portes qui portent généralement les noms des lieux vers où leurs sorties mènent font partie intégrante des cités et sont généralement situées sur leur périphérie. Pour d’autres, ce village était un « caravansérail » par où passaient toutes les caravanes qui partaient de /ou vers Oran. Il est scientifiquement, mathématiquement et géométriquement impossible de démontrer que le plus court chemin qui mène d’Oran à Tlemcen, le Maroc, le Touat, Bel-Abbès, Saïda, Tombouctou, Mascara, Mostaganem, Alger ou la Mecque est celui qui passe par El Gaada. Bientôt, nous ne serons pas étonnés de lire que les satellites qui seront envoyés vers Mars passeront par cette région que beaucoup s’entêtent à vouloir s’approprier pour des raisons diverses mais connues. Et c’est un enfant de ce village qui écrit cela. Certains auteurs, dits historiens, ont écrit sur le sujet sans avoir jamais mis les pieds dans ce lieu enclavé à quelque quatre cents mètres d’altitude qui contribua, avec ses moyens, dans l’écriture de l’histoire du pays et qui fut spécialement connu comme étant un haut lieu de savoir et de résistance : aucun Mhaji ne servit les Ottomans, beaucoup répondirent à l’appel de l’Emir et tous combattirent le maraboutisme avec une extrême rigueur bien qu’on leur colle la fondation, en 1860, de la Tariqa derkaouïa alors que cette dernière a été fondée, en Algérie, vers 1800, par Abdelkader Ben Cherif, originaire du Sud de Ghriss (3) et qui fut à ses origines élève du Cheïkh Mohieddine, père de l’Emir et pour lequel nous renvoyons le lecteur à notre article sur le sujet paru dans la Voix de l’Oranie des 6, 7, 8 et 9 mars 2011. El Gaada et Mhaja sont devenus un juteux fonds de commerce et des dizaines de livres-tous édités à compte d’auteurs – ont constitué, ces dernières années, un rachitique et pâle enrichissement de notre culture. Le savoir avance chez nous à reculons au point où un adage, bien de chez nous, dit : « l’année qui passe est meilleure que celle qui la suit ».
      A travers une partie de ce qui est écrit plus haut, il faut reconnaître qu’il y a là de quoi laisser dubitatifs ou faire sourire les historiens les plus sérieux et les plus intègres et pour cause : C’est Abderrahmane Ben El Hakam ben Hicham Ben El Hakam dit « Ed-Dakhil », émir omeyyade, (756-788), qui ordonna la construction d’Oran qui débuta en 902 ce qui prouve que les Omeyyades ont foulé le Maghreb quelque sept siècles avant les Mhaja alors que les Fatimides ont pris Kairouan en 910. En d’autres termes, ils étaient en Ifriqiya et le Maghreb Central, cinq siècles avant les concernés.
      Mostefa Ben Brahim.
      Pour bien cerner le personnage, nous informons les aimables lecteurs qu’il existe trois sources essentielles pour parler de ce poète : la tradition orale en prenant la précaution de vérifier que les transmetteurs sont dignes de foi, le remarquable livre sur l’histoire de Sidi-Bel-Abbès (4) écrit par Léon Bastide (1834 -1921) – Maire de la ville de Sidi-Bel Abbès en 1874 et de 1892 à 1907, et celui (5) du Docteur Abdelkader Azza (1905 – 1967), intellectuel , enseignant qui figura aux rangs de l’UDMA. Fils des Ouled Ali, faction des Béni Amer, Arabes hilaliens qui occupaient de vastes régions dont Boujebha qui se trouve en contrebas de Sidi Hmadouche et plus exactement à El Mabtouh, le Docteur Azza, s’inspirant du livre de Léon Bastide a gratifié la postérité d’un livre de bonne facture scientifique, entièrement consacré à notre poète. En page 9 et sous le titre de « Mostefa Ben Brahim 1800-1867 », il note : « Mostefa Ben Brahim a vécu dans le douar de Boujebha, dans la région de Sidi-Bel-Abbès aux environs de l’an 1800. Son père, descend du vénérable Saint Sidi En-Nacer (Lion de l’Alfa). Au début, il-le père- vivait parmi Al-Ahrar, habitants d’Aflou puis vint à Boujebha où il exerça comme maître coranique. Et parce qu’il était un exilé, de nombreux vers furent répandus liant son fils, poète, à diverses tribus de la région de Sidi-Bel-Abbès ». En marge et en bas de la même page, l’auteur note que « certains le rattachent aux Béni Mériana ou Mérianène, à Bani Tala, à Ouled M’rah et certains le rattachent à la population de Ghriss et même à M’Hadja.» Lors de l’entrée en vigueur du nom de famille (loi du 23 mars 1882), une partie de sa descendance allait se nommer Brahmi pendant qu’une autre prit le nom de Nacer en souvenir du Saint cité précédemment ce qui confirme, si besoin est, ses origines d’Aflou qu’il a quitté alors qu’il avait un an. De plus il est prouvé que Mostefa Ben Brahim a, sur ses propres deniers, levé des contingents pour mater la rébellion, en 1848, de Mohamed Ben Abbou El Hachmi, dit « Boucif », qui leva les Ouled Slimane dès leur retour du Maroc contre les Français. Celui qui combat ses coreligionnaires ou ses compatriotes pour le compte de leurs ennemis communs est un traître. C’est lui qui harangua les Spahis qui avaient marqué leur tiédeur à s’emparer de Figuig pour le compte de la France. Comme nous l’avons déjà signalé Azza, dans son livre a écrit qu’il s’était inspiré de celui de Léon Bastide dont une partie comprend une remarquable étude sur les tribus de la région où nous n’avons relevé qu’une erreur d’importance secondaire. Selon un internaute du nom de Nasro qui a investi la toile, Ben Brahim s’est exilé au Maroc après son hypothétique refus d’exercer la fonction de Caïd, à Sidi-Bel-Abbès, pour le compte des Français ce qui est contraire à la vérité. Et il ajoute que juste après cet exil (dont la durée est estimée à cinq ans par le Docteur Azza), et précisément en 1832, il rejoignit l’Emir Abd-El-Kader. Cela veut dire que les Français occupaient la ville de Sidi-Bel-Abbès en 1827 ! ce qui est historiquement impossible. La capitale de la Mekerra a connu sa première occupation en 1843/1844. De plus on peut avancer toutes les inepties sur l’Emir mais que ceux qui le font sachent que, par sa noble naissance (Idrisside), par son immense savoir et sa rigoureuse observance des préceptes divins, l’Emir ne pouvait jamais tolérer ou s’accommoder de la présence d’un homme aux mœurs douteuses, d’un « Don Juan invétéré », porté sur le vin et la cupidité, parmi ses troupes. Partout sur le net, on raconte que l’Emir a exigé une Fatwa de 40/50 marabouts que chacun, aujourd’hui affilie à la confrérie qui l’inspire ou pour laquelle il a un penchant, pour mener le combat contre les Français. Ceux qui avancent cela sont à quelques années lumière de leur Religion. En effet, une Fatwa n’a besoin que d’une sommité religieuse reconnue par la Communauté pour la prononcer. Or un acte d’allégeance بيعة se fait sans fatwa. Pour que cet acte soit valide, il suffit qu’il y ait des personnes qui le demandent à charge pour celui qui doit en être investi de l’accepter dans le strict respect des préceptes divins. Une infinité de Oulama, quels que soient leurs niveaux, leurs degrés d’observance de la religion et leur nombre, ne peuvent l’invalider. S’agissant de Djihad spécialement, les Oulama sont ceux qui doivent les premiers souscrire à l’acte d’allégeance si l’on se réfère aux textes sacrés. Par chance, la liste de ceux, parmi eux, qui ont été les premiers à bénir l’Emir et prier pour son succès, existe.
      Mostefa Ben Brahim, « après avoir étudié le Fiqh auprès de Sidi Mohamed El Bethioui qui exerçait comme Cadi chez Ouled Slimane, commença par exercer la charge de Cadi à Boujebha. L’administration française le promut au poste de Khalifa puis Caïd des Ouled Slimane ». C’est là qu’il se lia d’amitié avec Charles de Lacretelle, lieutenant, nommé Chef du Bureau Arabe de Sidi-Bel-Abbès en octobre 185l qui lui fut d’un grand soutien.
      Pendant l’exercice de ses fonctions de Caïd chez Ouled Slimane, il construisit, à Boujebha sa maison qui portera le nom de « Bordj » connue jusqu’à nos jours. C’est chez les Ouled Slimane qu’il fut impressionné par les Béni Amer auxquels il se lia étroitement. Il accomplit sa mission de Caïd avec rigueur et extrême sévérité ce qui n’était pas pour déplaire aux responsables du « Bureau Arabe ». Il aurait aimé rester parmi les Ouled Slimane mais Lacretelle le transféra au même poste chez Ouled Balegh, descendants de Balegh, un des quatre enfants de Chafe’, lequel avec ses deux frères, Hamid et Yacoub, étaient les enfants directs de Amer. Ainsi les Ouled Balegh étaient des Arabes hilaliens faisant intimement partie des Béni Amer. Ils refusaient de payer les impôts à l’administration coloniale. « Diverses sources », selon le Docteur Azza, « attribuent cette nomination à son désir de progresser dans sa carrière pendant que d’autres l’attribuent au résultat du coup fomenté contre lui par l’Agha Ahmed Ould Ezzine qui voulait débarrasser Ouled Slimane d’un Caïd impitoyable ». Mostefa Ben Brahim accepta mal cette décision d’autant plus que celui qui hérita de son poste chez Ouled Slimane faisait partie du clan qui lui était opposé.
      « Il imposa à Ouled Balegh de payer les impôts et convola en justes noces chez eux. Malgré cela, il accomplit sa mission de manière si terrible que la majeure partie de Ouled Balegh fut obligée de changer de point de chute et ils ne revinrent à leurs maisons que sur intervention de sa belle-famille».
      Il multiplia ses visites à la capitale de la Mekerra pour y noyer son chagrin au milieu de nombre d’amis et de sympathisants.
      L’exil au Maroc.
      Plusieurs thèses sont avancées pour le motif de cet exil :
      Des sources rapportent qu’au cours d’une nuit bien arrosée à Sidi – Bel –Abbès, il dilapida toute la recette des impôts collectés le jour et qu’il se savait en danger face à l’autorité qu’il servait.
      D’autres lui prêtent une aventure avec l’épouse d’un membre du « Bureau Arabe » aggravée par une tentative de corruption, ce qu’il reconnaît lui-même dans un de ses poèmes. Afin de fuir le courroux du mari et les démêlés avec la justice, il s’enfuit à Fès. « A son arrivée, il commença par épouser Tamou de la Tribu des Hiyaïna des environs de Fès ». Il exerça le métier de « Yekkache », écrivain de talismans et même de la sorcellerie s’adonnant à une forte consommation du kif. Il avait un employé à son service chargé spécialement de lui remettre à niveau le « sebsi ». On rapporta au Sultan Mohamed IV qu’il aurait écrit :
      Une djellaba, avec Honneur à Bel-Abbès,
      vaut mieux que le pouvoir, dans l’humiliation, à Fès.
      Il fut présenté pour cela au Sultan à qui il répondit qu’on avait déformé ce qu’il avait réellement écrit et qui était :
      Une djellaba à Fès vaut mieux que le pouvoir à Bel-Abbès.
      Le Sultan, fasciné par son talent, en fit un intime et lui assura une rente, avec liberté totale de circuler à travers son Empire. Mais le poète était resté en contact continu avec ses amis de Sidi-Bel-Abbès ainsi que les membres de sa famille qui insistèrent pour qu’il retournât chez lui. Il prit sa décision, revoit le Sultan pour l’autoriser à rentrer en Algérie et Mohamed IV accepta son départ. A la frontière un spectacle grandiose s’offrit à lui : les plus grands cavaliers de Ouled Slimane l’attendaient. Avec son épouse Tamou et son beau frère, ils rejoignirent Boujebha où il s’installa dans le calme, l’amertume causée par sa gloire passée et la déprime. C’est là qu’il fut contacté pour rejoindre Dhaya au Sud de Bel-Abbès où on lui fit la promesse de le rétablir dans ses fonctions antérieures s’il parvenait à haranguer les troupes arabes qui devaient livrer bataille pour le compte des Français ce qu’il réussit avec maestria. Il fut rétabli dans ses fonctions de Caïd des Ouled Slimane. « Il retourna à Boujebha et se retira au milieu des siens et, suite à la sécheresse et la famine qui furent suivies par la peste en 1867, il se rendit à Makedra pour secourir ses habitants et, ce faisant, il s’évanouit, rendit l’âme et fut enterré à M’Cid. Le Docteur Azza ajoute, en marge de son livre, en page 20 : « En réalité, une Goubba lui a été construite dernièrement près de son Bordj à Boujebha où ses ossements furent transférés ».
      Sources.
      (Les passages tirés du livre de Azza, écrit en arabe, ont été traduits en français par l’auteur de l’article).
      1. Si Tayeb El M’Hadji, « Les précieux bienfaits et les mémorables souvenirs de ce que j’ai vécu d’important au passé et au présent », 1ère édition, Société Algérienne d’Edition et de Papeterie, Oran, 1966.
      2. Sidi Abderrahmane El Fassi, « جوهرة العقول في ذكر آل الرسول » (Jacques Berque in l’Intérieur du Maghreb XV-XIXe siècles, Gallimard, Paris, 1978). Une copie du manuscrit de Sidi Abderrahmane El Fassi ayant appartenu au Fqih Si Taïeb El Mhadji, manuscrit cité également par le fils de l’Emir.
      3. Mohamed Ben Abdelkader (Mohamed fils aîné de l’Emir Abdelkader) « La perle du chercheur en histoire d’Algérie et de l’Emir Abdelkader » (1905). Editeur : Maison de l’Eveil Arabe : du Livre, de la Traduction et de l’Edition. Année 1384-1964. Commentaire et annotations de Mamdouh Hakki.
      4. Léon Bastide, « Histoire de Sidi Bel-Abbès » (1882-3). « Précis de l’histoire et de la géographie de Bel-Abbès », (1881).
      5. Abdelkader Azza, « Mostefa Ben Brahim, chantre des Béni Amer et panégyriste des tribus oranaises », SNED, Alger, 1977.

  3. D.Reffas

    Bonjour Réda.
    J’ai posé une question précise.J’attends une réponse pour ouvrir un débat sur ce personnage, qui semble-t-il était témoin de la résistance de l’Emir face à l’occupant Français.Cordialement.

  4. louhibi reda

    dans ce cas de papier monsieur o bechlaghem cite une source deux personnages vont ils répondre pas forcement sont ils connectes a ce journal. moi je n ai pas de réponse j attend votre avis

  5. l reda

    ou est passee votre rubrique l’hote du journal ,,

  6. lectrice assidue

    bonjour m senni le professeur diaf aek nous evoqua en classe au lyccee azza ce que vous venez de dire sur mosfefa benbrahim sur la djellaba de fes…sans pretendre vous contredire ne confondiiez vous pas daoud ex berthelot aves sidi youb c’est aumoins 70km de difference et sidi youb rase par la france est dans la commune de boutin 20 km au sud de sba.vous dites sources celui qui a fait cer article cite dex personnes de sidi bel abbes est c que vous ne partagez pas ce qui est dit,je voue respect avotre personne mons ieur senni repondes si vous avez le temps

  7. D.Reffas

    Bonjour.
    Oui, je viens de me rendre compte que le texte est repris intégralement de l’ouvrage de Mr Redouane Ainad Tabet , intitulé « Histoire d’Algérie » de la colonisation à la guerre d’Algérie en Zone V (1830-1962),chapitre-III- pages 53-54-55.
    Mon avis sur Mostéfa Ben Brahim pendant l’épopée de l’Emir Abdelkader a été publié le jeudi 15 décembre 2005 (voix de l’oranie) page 12 sous le titre « Que cette nuit est longue bien longue….). Mon ami Réda, Obstinés, il ya des hommes qui sont convaincus qu’ils ont plus de vérité qu’ils n’en trouvent des mots. En réalité, l’homme perspicace admire l’incompréhensible pouvoir des mots qui ancre les vérités.Elles ne sont que d’humbles étiquettes collées aux bouteilles dans lesquelles mûrit l’ivresse des mots où se grave l’histoire d’un naufrage. La vérité, c’est le mot juste, qui égaie, et qui blesse parfois.Mostéfa Benbrahim était au service de l’administration Française en tant que Caïd et membre du bureau arabe dont le chef était le lieutenant Delacretelle Charles.Le « poète » s’est distingué aux yeux de ses chefs militaires du bureau arabe par la sévérité qu’il apportait dans ses missions, la sécurité et la perception des impôts(A.Aek- M.B.B- Barde…et chantre des Beni…).L’Emir Aek n’a jamais rencontré ce personnage, poète lyrique qui était loin de la cause. Le « témoin direct » de la résistance de l’Emir, comme relaté dans le texte, a mis en valeur Delacretelle dans son poème « Meyloud » (vers 63): »…seul Delacretelle est chef de groupe, placé aux arrières, il tient bien en main ses hommes ». Dans aucun de ses poèmes , l’Emir Aek n’est cité, et ce dernier n’avait pas besoin d’être louangé par un individu pareil.Mon ami Réda je cite les vers 42 et 43 du fameux poème du Ramier(elgoumri):
    -Je me trouvais là bas, à Sidi Bel Abbès.Des autorités et des soldats vinrent à ma rencontre.
    -Des goumiers, des arabes et des Spahis, tous ensemble, m’accueillir; tandis que je trônais dans un palanquin.
    Son fils Hachemi, était officier dans les Spahis, corps d’armée d’auxiliaires au service de la france. ce sont les spahis qui ont participé à la prise de la smala d’Abdelkader. Je préfère m’arrêter, pour dire, laissons le puits avec son couvercle,en faveur d’un débat responsable.

    • D.Reffas

      Rebonjour Réda.
      Monsieur Senni a été plus explicite. Je pense que tuas trouvé la réponse que tu cherchais.Cordialement

    • AEK sultan des arabes

      @Dr reffas «  »Je préfère m’arrêter, pour dire, laissons le puits avec son couvercle,en faveur d’un débat responsable. » »
      merci monsieur pour votre sagesse .

  8. Mohamed Senni

    Chère lectrice assidue,
    Suite à votre commentaire, je vous informe que lorsque j’ai lu la remarque du professeur dont j’ai parlé, j’ai eu l’occasion de faire la connaissance d’un personne qui habite ex-Berthelot appelée indifféremment, selon elle, Daoud ou Youb, deux Martyrs de la Révolution. Je crois qu’il existe quelques villages en algérie qui connaissent le même phénomène. Ainsi en est-il d’ El Goléa que la majotité appelle El M’néaa. De toutes manières, dans la source « Les précieux bienfaits etc. », Sidi Youb est le nom du cimetière où sont entérrés Sidi Mimoun et son frère Sidi Youb à El Mabtouh. Un poème d’un grand Alem de Mazouna confirme cela. Ceci n’a cependant pas d’incidence sur l’itinéraire de Mostefa Ben Brahim. Quant à Sidi Youb d’ex-Bouthin (actuellement Hassi Daho dans la Daïra de Ténira), il s’agit du Saint autour duquel se trouve le cimetière de ce village où ce prénom est très répandu.
    Chère Madame, je n’ai pas bien saisi ce que vous avez voulu dire dans votre dernière phrase, mais si je vous ai bien comprise, les sources que j’ai citées sont celles sur lesquelles je me suis basé pour faire mon travail. Je demeure attentif à vos remarques. Croyez à l’expression de mes cordiales salutations. Mohamed Senni.

  9. taibi abbes education

    je crois si senni que la dame ou demoiselle veut confirmer la veracite des sources.je pense que la redaction de ce journal a indique messieurs ainad tabet et hadj nehari qu en pensez vous monsieur.

    • Mohamed Senni

      Cher Monsieur Taïbi Abbès.
      Je vous suis sincèrement redevable de m’avoir éclairé sur ce qu’a voulu dire note Lectrice Assidue. Malheueusement, je ne peux vous dire ce que je pense pour la simple raison que je n’ai pas lu le livre des deux auteurs cités. Cordialement. Mohamed Senni

  10. messafeur

    donc le poete n a jamais vu notre emir aek en plus il a ete tout ce que jeviens de lire

  11. AEK sultan des arabes

    EH oui monsieur messafeur et avec la benediction des cagoulés

  12. Abdelkader BRAHMI

    je trouve que beaucoup de gens racontent n’importe quoi sur le poéte Mustapha ben brahim Brahmi,pour des raisons régionalistes,Notre poéte n’a jamais servi ni méme vue l’Emir Abdelkader.En 1830 il exerçait en qualité de cadi, a l’arrivée des français ils le nomment khalifa puis caid des ouled -Slimane ,puis relevé de ses fonctions pas le capitaine Lacretelle chef du bureau arabe sur intervention de l’Agha Abdelkader oudl zine,il fut mutté caid a ouled- Balegh. Au cours d’un déplacement a Sidi-Bel-Abbes,il a été surpris en flagrant délit d’adultère avec l’épouse du Capitaine Lacretelle.Il a pris la fuite volontairement et se refugia a fés où il est résté pendant 05 ans ,ce n’est que sur intervention de son fils Hachemi officier de l’armée francaise,qu’il est revenu a boudjebha,puis ila été repris comme caid des ouled slimane jusqu’à sa mort par le choléra à Sidi-Bel-Abbes.

  13. hazedje

    bonjour,
    est ce que le nom:hazedj ou bien hazedje existe aujourd’hui dans la (w) de sidi bel abbes, ou prés de ses environs? merci

  14. Bonjour,

    Votre poète n’a aucun lien avec Mhadja ou El Gaada. Je voudrais signaler à tous une publication sur les Mhadja d’El Gaada que j’ai réalisée en 2011, qui existe en version électronique avec accès libre : http://mhadja.elgaada.free.fr. Cette étude très documentée (utilisation de nombreuses archives et documents historiques) remis de l’ordre dans le discours sur les Mhadja, El Gaada et les « chorfa ». Voici la 4e de couverture de cette étude, édition 2013. La bibliothèque nationale d’Alger et les bibliothèques municipales de plusieurs villes de l’ouest possèdent chacune un exemplaire de l’étude (El Gaada, Sig, Mascara, Chorfa, Oran bibliothèque régionale, Mostaganem, Oued Imbert, Zahana, Tafraoui, Bel-Abbès, Oggez, etc.).

    Bien cordialement

    Mokhtar LAKEHAL

    L’objet de l’étude
    « Il faut être deux pour découvrir la vérité, l’un pour la dire et l’autre pour la comprendre » (Khalil Gibran, Le Prophète). L’identité d’une tribu ne se construit pas à coup de fables, mythes, légendes, exagérations, … Elle se révèle avec des pensées, actes et comportements attestés, au travers desquels les observateurs peuvent noter la manifestation des valeurs identitaires. Si la réputation d’une tribu se construit sur plusieurs générations, une seule suffira pour la ternir dès lors que certains de ses membres persévèrent dans l’erreur de vouloir placer leurs aïeux au rang de « sommités », par un recours systématique aux fables, légendes et impostures. « Il faut chasser le démon du mensonge avec la lumière de la raison », disait Ibn Khaldoun (Discours sur l’Histoire universelle).
    L’impression de livres à compte d’auteur depuis 1966 et la prolifération récente d’articles, blogs et sites Internet au contenu fort douteux ont rendu nécessaire cette étude anthropologique pour cerner l’identité de Mhadja d’El Gaada. En effet, la Guerre d’Algérie (1954-1962) a endeuillé plus d’une centaine de familles de Mhadja d’El Gaada, dont certaines redoutent, pour leurs enfants et petits-enfants, les bidouillages des récits dont sont coutumiers les faussaires et toutes les assertions non étayées par des preuves tangibles, qui provoquent de graves altérations de la mémoire collective de Mhadja. Ces faussaires et manipulateurs passent outre l’avertissement d’Allah: « Ne suivez pas la passion plutôt que la justice. Si vous éludez, ou vous dérobez, Dieu est Informé de vos agissements » (Coran, sourate 4. An-Nisaa (les femmes), verset 135).
    Animé de probité et armé de rigueur scientifique, le chercheur mhadji a le devoir d’aider Mhadja à reconstituer leur identité débarrassée des fables, mythes, légendes et impostures. Car les nouvelles générations ont besoin d’entendre une parole franche qui explique rationnellement comment certains Mhadja ont honoré la lignée pendant que d’autres la souillaient en collaborant avec l’occupant. A priori dès qu’on évoque leur région, tribu ou famille, les individus trop conditionnés s’attendent aux seuls récits évoquant splendeurs et majestés pour en tirer fierté. C’est bien par ignorance qu’ils oublient qu’on trouve des vers même dans les plus belles pommes. Malheur à leurs parents qui leur ont caché la Vérité (El haq) jusqu’au jour où ils finiront par la découvrir. Savent-ils que seules la Foi et la Raison permettent de comprendre que le Savoir libère l’esprit de tous ces mythes, légendes, fables, occultations, impostures et mensonges qui dénaturent l’authentique identité ? Se rappellent-ils que nul n’a décidé de ses origines et que Dieu ne jugera personne sur cet élément fatal mais sur les intentions exprimées ou occultées, et sur les oeuvres accomplies en faveur d’autrui, de la faune et de la flore ?

    Ses trois objectifs
    1) Le premier objectif est de faire sortir de l’ignorance ceux qui ne connaissent ni la région ni ses populations, et surtout ceux qui continuent par ignorance à colporter légendes, fables, mythes et clichés sur Mhadja et El Gaada.
    2) Le second objectif est de faire sortir de l’erreur ceux qui ont une connaissance déformée d’El Gaada et de Mhadja, à force de répétition de fables et légendes, transmises par ceux qui n’ont aucune rigueur scientifique.
    3) Le troisième objectif est de suggérer des pistes de recherches aux jeunes universitaires qui s’intéressent à El Gaada et Mhadja ou aux caractéristiques tribales des Arabes du Maghreb.

    L’auteur
    Mokhtar Lakehal est né à Aïn Farḍ (Commune d’El Gaada, ancien département d’Oran), le 10 avril 1949. Il vit à Paris depuis le 6 janvier 1974. Il est docteur d’État ès Sciences économiques (Université de Paris X-Nanterre), licencié ès Sciences sociales, professeur de Sciences économiques et sociales. Il a travaillé en entreprise (1968-1979), collaboré à des revues et journaux français et étrangers (1979-2001), créé en 1984 LARMISES (Laboratoire de recherches en Sciences économiques et sociales, 1984-2009) et publié six dictionnaires et une cinquantaine d’études et d’ouvrages d’économie, de sociologie, d’histoire et de politique. Il a enseigné dans de nombreux établissements: l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences-Po), l’Université de Paris III-Sorbonne-Nouvelle, l’Université de Paris IV-Sorbonne, l’UPEC (Université

  15. Djellouli

    Bjr, on m’a tjrs dit que mon grand père maternel qui s’appelait Bouali Elhatek servait comme Caid ferqua ds la cavalerie de l’Emir AEK dans la région de Bogari Chellalet laadhaoura. ex Aumale). Merci de me renseigner

  16. Ouas Ziani

    A l’origine, le douar s’appelait Daoud. devenu village colonial, les français l’ont baptisé Bertholot et à l’indépendance, il est rebaptisé Youb, du nom d’un chahid. Sans être sûr, Daoud est le nom d’un israélite qui tenait commerce à cet endroit-là.

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