La Voix De Sidi Bel Abbes

L’enseigne McDonald’s remet le couvert anti-SDF

La chaîne de fast-food récidive. En 2000, son antenne de Lescure-d’Albigeois congédiait un salarié qui avait offert des hamburgers à une femme sans-abri. En 2015, McDo Hyères menace de « sanction pouvant aller jusqu’au licenciement » ses équipiers trop généreux.
« Venez comme vous êtes », assure la publicité de McDonald’s… mais surtout pas en guenilles. L’enseigne de restauration rapide, qui affirme accueillir tout le monde en rassasiant à petits prix, n’a pas la fibre aussi sociale qu’elle le laisse entendre par sa communication. Plusieurs salariés en ont fait les frais pour délit de solidarité envers des sans-abri. Et les excuses partielles formulées mardi par la direction de McDonald’s France n’y changeront rien.

La dernière affaire remonte au 25 juillet. Deux hommes alcoolisés s’échauffent devant l’enseigne fast-food d’Hyères (Var). Pour calmer le jeu, un salarié leur offre alors un hamburger issu de son « repas équipier », fourni par l’employeur. Un geste que la direction du restaurant a du mal à avaler, puisque « McDonald’s n’a pas vocation de nourrir tout (sic) les affamés du territoire ! » expliquera-t-elle plus tard dans une note. Cette note va faire le tour des réseaux sociaux. Indigné, un employé adresse au magazine 60 millions de consommateurs la photo d’une affichette placardée en interne dans l’entreprise varoise. « Suite à l’incident du 25 juillet au soir, il est formellement interdit de procurer de la nourriture aux clochards, pour rappel, la prise de repas équipiers doit être consommée sur place, le repas équipier est un avantage en nature personnel et ne doit profiter qu’au salarié en question. » Pire, la direction affirme que : « Tout manquement à la procédure citée plus haut entraînera une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. »

L’employeur condamné 
à des dommages et intérêts

Après quatre jours de commentaires sur la Toile, la direction de McDonald’s France reprend les choses en main et adresse son mea-culpa à demi-mot. « Après un incident grave impliquant deux sans-abri le soir du 25 juillet devant le restaurant McDonald’s d’Hyères, le restaurant a affiché des consignes pour prévenir ces incidents et préserver la sécurité de ses clients. Le procédé et la formulation s’étant révélés maladroits, la direction du restaurant a donc fait retirer l’affiche », développe-t-elle dans un communiqué. Localement et nationalement, les directions s’excusent et rappellent que « l’enseigne a vocation à servir tous ses clients sans aucune distinction et que les faits qui se sont produits, en réaction à l’événement, ne traduisent en aucune manière l’esprit de notre enseigne ».

Et pourtant… C’était un même esprit malin qui animait en 2000 l’enseigne McDonald’s de Lescure-d’Albigeois. Rémi Millet, salarié depuis quatre mois dans ce fast-food, osait offrir, en hiver, cinq cheeseburgers à une sans-abri affamée. La direction le licencie pour « non-respect du contrat de travail et du règlement intérieur de l’entreprise concernant la politique repas ». Quelques mois plus tard, le PDG de McDo France, Denis Hennequin, ose préciser dans une lettre envoyée à tous les maires qui abritent un de ses restaurants dans leur commune : « Il n’est pas acceptable à un employé de répondre à la générosité en se servant des biens ou des produits de son entreprise. » Et déjà en 2000, ce représentant de l’enseigne au logo jaune affirmait, dans une interview au quotidien le Figaro, que son entreprise « ne peut pas permettre à ses employés de régler le problème de la mendicité en France ». Une phrase qui fait douloureusement écho à celle de la direction du McDonald’s d’Hyères. Les affamés auront, en 2015, remplacés les mendiants. Un vaste mouvement de solidarité, porté par des associations, des syndicats, des élus comme Marie-George Buffet alors ministre, avait accompagné le combat de Rémi Millet aux prud’hommes. Un an après la procédure de licenciement, l’ex-salarié du fast-food obtenait réparation. « Le licenciement ne repose sur aucune cause réelle et sérieuse », concluaient les juges d’Albi qui condamnaient l’employeur à des dommages et intérêts. Il aura fallu un jugement à l’époque pour considérer que la générosité n’était pas un délit. Il aura fallu une loi au mois de juillet 2015, pour interdire aux chaînes de supermarché de déverser de l’eau de Javel sur leurs invendus alimentaires. Afin de ne pas empoisonner les mendiants et autres affamés contraints de glaner leur nourriture dans les poubelles des grandes surfaces. « Le monde ne tourne vraiment pas rond », a lui-même conclu l’équipier de McDonald’s d’Hyères après qu’on lui a reproché d’avoir partagé son sandwich.

37593.HR

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Posté par le Août 16 2015. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

1 Commentaire pour “L’enseigne McDonald’s remet le couvert anti-SDF”

  1. OUERRAD

    NO COMMENTS , chta ijjik men 3end les materialistes ?
    JOUMOU3AH MOUBARAKAH , toutes et tous .

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